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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier tacheté (Minytrema melanops) au Canada

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Meunier tacheté
Minytrema melanops
au Canada

meunier tacheté

Espèce préoccupante 2005

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le meunier tacheté (Minytrema melanops) au Canada - Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa, vi + 19 p.

Rapports précédents :

Campbell, R.R. 1994. Update COSEWIC status report on the spotted sucker Minytrema melanops in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa . 12 p.

Parker P., et P. McKee. 1983. COSEWIC status report on the spotted sucker Minytrema melanops in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 16 p.

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier Scott M. Reid et Nicholas E. Mandrak qui ont rédigé le rapport de situation sur le meunier tacheté (Minytrema melanops) au Canada, en vertu d’un contrat avec Environnement Canada. Robert Campbell, coprésident du Sous-comité de spécialistes des poissons d’eau douce du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Fax : (819) 994-3684

Courriel du COSEPAC
Site web de COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the spotted sucker Minytrema melanops in Canada.

Photo de la couverture :

Meunier tacheté – Illustré par Joe Tomelleri. Utilisé avec la permission de Pêches et Océans Canada.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005.

PDF : CW69-14/36-2005F-PDF

ISBN 0-662-74231-1

HTML : CW69-14/36-2005F-HTML

ISBN 0-662-74232-X

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun : Meunier tacheté

Nom scientifique : Minytrema melanops

Statut : Préoccupante

Justification de la désignation : Cette espèce de poisson d’eau douce a une distribution limitée au sud-ouest de l’Ontario. La menace la plus importante pesant sur cette espèce est la dégradation de son habitat causée par l’érosion accrue et la turbidité. L’espèce est également en péril en Pennsylvanie, mais n’est pas en péril au Michigan (où elle se classifie comme étant S3-vulnérable), rendant l’immigration de source externe modérée tout au plus.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1983. Réexamen et confirmation du statut en avril 1994, en novembre 2001 et en mai 2005. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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COSEPAC Résumé

Meunier tacheté
Minytrema melanops

Information sur l’espèce

Le meunier tacheté est un Catostomidé de taille moyenne, d’une longueur variant entre 230 et 380 mm. Sa face dorsale est de couleur brune à vert foncé, ses flancs sont de couleur argent à bronze et sa face ventrale est blanche et argentée. Le meunier tacheté se distingue des autres espèces de Catostomidés par la présence de 8 à 12 rangées parallèles de taches foncées à la base des écailles.

Répartition

On ne trouve le meunier tacheté que dans les eaux douces du centre et de l’est de l’Amérique du Nord. Dans le bassin des Grands Lacs, il occupe les bassins des lacs Huron, Michigan, Érié et Sainte-Claire. L’espèce est également présente dans la plupart du bassin du Mississippi et le long de la basse plaine côtière, du Texas à la Caroline du Nord. Au Canada, le meunier tacheté n’est présent que dans l’extrême sud-ouest de l’Ontario. Moins de 5 p. 100 de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada.

Habitat

Le meunier tacheté occupe généralement de longues fosses profondes au substrat d’argile, de sable ou de gravier dans des rivières de petite à moyenne taille. Il a également été observé dans une variété d’autres habitats, notamment de grands cours d’eau, des méandres abandonnés et des bras morts, des retenues et de petits ruisseaux turbides.

Biologie

Entre la fin du printemps et le début de l’été, les meuniers tachetés frayent sur des radiers aux eaux propres. Au Missouri, ils atteignent la maturité à l’âge de trois ans. Il n’existe aucune description de l’âge de maturité ou d’autres paramètres démographiques concernant les populations canadiennes. Le meunier tacheté se nourrit d’une variété d’invertébrés, comme des mollusques, des copépodes et des chironomes, ainsi que de diatomées.

Taille et tendances des populations

Aucune étude sur la taille ou les tendances des populations canadiennes n’a été menée. Entre 1962 et 1992, au moins 24 meuniers tachetés ont été capturés dans les eaux canadiennes. Depuis 1992, plus de 67 spécimens ont été capturés. Certaines de ces captures ont été effectuées dans quatre nouveaux sites : la rivière aux Canards, le ruisseau Maxwell (bassin du lac Sainte-Claire), le rigolet Whitebread (bassin du lac Sainte-Claire) et le ruisseau Bear (bassin de la rivière Sydenham Nord).

Facteurs limitatifs et menaces

La dégradation de l’habitat, la pollution, l’envasement et la construction de barrages nuisent vraisemblablement au bien-être du meunier tacheté. Dans la partie nord de son aire de répartition, la température représente probablement un facteur limitatif.

Importance de l’espèce

Le meunier tacheté n’a aucune valeur commerciale au Canada; il ne constitue pas non plus une espèce de poisson fourrage d’une valeur économique significative. Sa persistance, tout comme celle d’autres espèces à l’extrémité nord de leur aire de répartition au Canada, demeure un indicateur de la qualité de l’eau et de la bonne condition de l’habitat.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

En 1983, le COSEPAC avait accordé au meunier tacheté le statut d’espèce vulnérable (l’équivalent d’espèce préoccupante) au Canada. Ce statut a été confirmé en 1994 et de nouveau en 2001. En Ontario, l’espèce a été désignée espèce vulnérable en 2000. À l’échelle mondiale, elle est considérée comme non en péril. On signale cependant des déclins démographiques dans la partie nord de son aire de répartition étatsunienne. L’espèce est désignée comme préoccupante (special concern) au Kansas et en Pennsylvanie.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Classe :
Actinoptérigiens (poissons à nageoires rayonnées)
Ordre :
Cypriniformes
Famille :
Catostomidés
Nom scientifique :
Minytrema melanops (Rafinesque, 1820)
Nom commun anglais :
Spotted sucker (Robins et al., 1991)
Nom commun français :
meunier tacheté (Coad, 1995)

Toutes les récentes phylogénies des Catostomidés d’Amérique du Nord classent le meunier tacheté dans le genre Erimyzon (Smith, 1992; Harris et Mayden, 2001; Harris et al., 2002). Harris et al. (2002) recommandent le rétablissement de la tribu des Erimyzonini, qui comprend le meunier tacheté, le sucet de lac (E. sucetta), de même que les sucets E. oblongus et E. tenuis.

Description

Le meunier tacheté est un Catostomidé de taille moyenne, d’une longueur variant généralement entre 230 et 380 mm à l’âge adulte. On en a cependant déjà capturé des individus qui mesuraient jusqu’à 500 mm de longueur. La plupart des spécimens ont un poids inférieur à 1 000 g, mais certains individus capturés pesaient plus de 1 300 g. Le meunier tacheté se distingue des autres espèces de Catostomidés par la présence de 8 à 12 rangées parallèles de taches foncées à la base des écailles (Dextrase et al., 2003) (figure 1). Les juvéniles ont la forme d’une torpille et ressemblent au meunier noir (Catostomus commersoni). En vieillissant, le corps du meunier tacheté devient plus haut et comprimé, comme celui des suceurs (Moxostoma spp.) (Campbell, 1994). La coloration de la face dorsale varie du brun au vert foncé et celle des flancs, de l’argent au bronze, et la face ventrale est blanche et argentée. Les mâles reproducteurs ont deux étroites bandes latérales foncées séparées par une bande rosâtre le long des flancs. Les mâles ont des tubercules sur le museau, la nageoire anale et les deux lobes de la nageoire caudale. Quelques tubercules sont également présents sur la partie inférieure de la joue et de l’œil, ainsi que sur la face ventrale de la tête.

Figure 1. Meunier tacheté (Minytrema melanops). Illustration de Joe Tomelleri, publiée avec la permission du MPO.

Figure 1. Meunier tacheté (Minytrema melanops)

Unités désignables

Toutes les populations canadiennes occupent l’écozone des Grands Lacs et de l’ouest du Saint- Laurent, selon la classification des écozones d’eau douce adoptée par le COSEPAC (2003). La structure de la population est inconnue.

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Répartition

Aire de répartition mondiale

On ne trouve le meunier tacheté que dans les eaux douces du centre et de l’est de l’Amérique du Nord (figure 2; Lee et al., 1980). Dans le bassin des Grands Lacs, l’espèce occupe les bassins des lacs Huron, Michigan, Érié et Sainte-Claire. Elle est également présente dans la plus grande partie du bassin du Mississippi et le long de la basse plaine côtière, du Texas à la Caroline du Nord. On a observé sa présence dans 23 États des États-Unis et dans la province de l’Ontario.

Figure 2. Aire de répartition mondiale du meunier tacheté (Minytrema melanops) (d’après Lee et al., 1980).

Figure 2. Aire de répartition mondiale du meunier tacheté (Minytrema melanops) (d’après Lee et al., 1980).

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le meunier tacheté est rare et occupe seulement l’extrême sud-ouest de l’Ontario (figure 3). Moins de 5 p. 100 de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada (Dextrase et al., 2003). La première capture documentée a eu lieu dans le lac Sainte-Claire en 1962 (Campbell, 1994); depuis, on en a capturé dans la rivière Sainte-Claire, la rivière Détroit, le cours inférieur de la rivière Thames, le bassin de la rivière Sydenham, de même que dans plusieurs de leurs tributaires. Dans le lac Érié, les captures se limitent au bassin ouest, les seuls sites signalés se trouvant près de la pointe Pelée, dans le comté d’Essex.

Figure 3. Aire de répartition canadienne du meunier tacheté (Minytrema melanops).

Figure 3. Aire de répartition canadienne du meunier tacheté (Minytrema melanops).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Dans l’ensemble de son aire de répartition, le meunier tacheté occupe généralement de longues fosses profondes, dans des rivières de petite à moyenne taille au substrat d’argile, de sable ou de gravier. La fraye se fait sur les radiers (McSwain et Gennings, 1972). Des meuniers tachetés ont également été capturés dans une variété d’autres habitats, comme de grands cours d’eau (le fleuve Mississippi), des méandres abandonnés et des bras morts, des retenues et de petits ruisseaux turbides (Trautman, 1981; Lehnen et al., 1997). Au Canada, on en a capturé dans une variété d’habitats semblables : dans des rivières de petite à moyenne taille, comme les rivières Thames et Sydenham, dans les vastes habitats riverains des rivières Sainte-Claire et Détroit, de même que le long des berges des lacs Érié et Sainte-Claire.

On estime que le meunier tacheté privilégie les substrats fermes à durs. Dans les sites où l’on a capturé l’espèce en Ontario, les substrats de fond étaient composés d’argile dure, de sable, de gravier ou de cailloux (Parker et McKee, 1984). On a déjà signalé la présence d’individus dans des secteurs riches en macrophytes aquatiques, mais comme les relevés des mentions canadiennes ne décrivent pas l’habitat; il est impossible de s’avancer sur la relation entre l’espèce et les macrophytes aquatiques (Parker et McKee, 1984). Dans les bras morts et le chenal principal du cours supérieur du Mississippi, le meunier semble préférer les sites jonchés de chicots de bois (Lehnen et al., 1997).

Le meunier tacheté fréquente surtout les eaux claires, chaudes et de faible turbidité (Trautman, 1981). Au Canada, on l’a cependant capturé aussi dans des rivières de turbidité moyenne à élevée (p. ex. dans la rivière Sydenham Est). L’espèce est considérée comme plus tolérante à l’envasement que d’autres espèces de Catostomidés, en particulier si le phénomène n’est prononcé que par intermittence (Parker et McKee, 1984). Les seuils de tolérance d’oxygène et de température du meunier tacheté sont inconnus.

Tendances en matière d’habitat

Dans l’aire de répartition canadienne, l’habitat du meunier tacheté a subi des transformations historiques considérables. La perte des milieux humides et de la végétation riveraine, l’altération des berges, le dragage, la chenalisation des cours d’eau, les déversements de substances chimiques toxiques et l’augmentation de la charge en sédiments et en nutriments sont autant de phénomènes qui ont été associés à l’altération de la composition et à la baisse de la productivité des communautés de poissons de la région (Dextrase et al., 2003; MacLennan et al., 2003; Ryan et al., 2003). Pendant la période qui s’est écoulée entre la rédaction des deux premiers rapports de situation sur le meunier tacheté (Parker et McKee, 1984; Campbell, 1994), l’invasion des Grands Lacs par les dreissénidés (moule zébrée et moule couagga) a profondément transformé la production primaire et la disponibilité des substrats rocheux (Ryan et al., 2003). L’accroissement parallèle de la clarté de l’eau s’est traduit par une augmentation spectaculaire de l’abondance de macrophytes aquatiques dans le lac Sainte-Claire et la rivière Détroit (Environnement Canada et EPA, 2003). On ignore les conséquences de ces changements sur les populations de meuniers tachetés.

Pour remédier à ces impacts historiques et actuels, on met actuellement en place des plans d’assainissement et des programmes de rétablissement de l’écosystème. Les populations de meuniers tachetés des rivières Détroit et Sainte-Claire vivent dans 2 des 43 secteurs préoccupants des Grands Lacs. Un plan d’assainissement a été adopté pour rétablir les éléments touchés, notamment les populations de poissons et d’autres espèces sauvages en déclin et leurs habitats (Hartig et al., 1996). Si sa mise en œuvre est réussie, ce plan d’assainissement devrait améliorer la qualité de l’eau et de l’habitat et, donc, être bénéfique pour les populations de meuniers tachetés. Le meunier tacheté figure parmi les neuf espèces de poissons visées par le programme de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Sydenham (Dextrase et al., 2003). L’un des objectifs clés du programme est d’améliorer la qualité de l’eau et de l’habitat en réduisant les charges sédimentaires et les apports en nutriments et en substances chimiques, et en maintenant les débits de base. Pour y arriver, il est indispensable d’adopter des pratiques agricoles exemplaires, comme l’aménagement de zones tampon riveraines, le travail de conservation du sol et la restriction de l’accès des animaux domestiques. Le meunier tacheté est également visé par le programme préliminaire de rétablissement de l’écosystème aquatique de la rivière Thames (Thames River Recovery Team, 2003). Les objectifs d’amélioration de l’habitat de la rivière Thames pour les populations de meuniers tachetés prévoient la réduction de l’apport en sédiments, en nutriments et en substances chimiques toxiques.

Protection et propriété

L’habitat du meunier tacheté pourrait bénéficier de la protection conférée par la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, la Loi sur les pêches fédérale, la Loi sur les ressources en eau du Canada, la Loi sur la protection de l’environnement de l’Ontario, la Loi sur les évaluations environnementales de l’Ontario, la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario et la Loi sur les ressources en eau de l’Ontario. La plupart des terrains adjacents aux occurrences situées à l’intérieur des terres sont des propriétés privées agricoles.

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Biologie

Reproduction

Entre la fin du printemps et le début de l’été, les meuniers tachetés frayent sur les radiers aux eaux propres. Les œufs sont semi-flottants et éclosent de 7 à 12 jours après la fécondation (Becker, 1983). En Géorgie, les meuniers tachetés frayent dans des eaux dont la température varie entre 12 et 19 °C (McSwain et Gennings, 1972). La fraye est plus précoce dans le sud de l’aire de répartition (p. ex. en mars en Géorgie, en mai au Wisconsin). Elle s’effectue par groupes de trois : une femelle et deux mâles. On n’a jamais observé la fraye dans les eaux canadiennes. Au Missouri, le meunier tacheté atteint la maturité à trois ans (Pflieger, 1975), alors que les formes naines capturées en Ohio sont matures à une longueur de 150 mm (Trautman, 1981). L’âge de maturité des populations canadiennes est inconnu. L’âge d’une femelle reproductrice capturée dans la rivière Thames a été évalué à cinq ans (Parker et McKee, 1984).

L’injection de gonadotropine chorionique humaine (HCG) a induit la fraye chez des individus en captivité à 18 °C (Ludwig, 1997).

Taux de survie

Il n’existe aucune information sur la démographie des populations canadiennes de meuniers tachetés. En Ohio, à la fin de la première saison de croissance, les juvéniles de l’année ont une longueur variant entre 51 et 102 mm. Les adultes ont une longueur de 229 à 381 mm; le plus grand spécimen capturé mesurait 450 mm (Trautman, 1981). En Oklahoma, les meuniers tachetés atteignent une longueur de 155 mm après la première année et des longueurs moyennes de 290 mm (1+), 340 mm (2+), 410 mm (3+) et 440 mm (4+) les années subséquentes (Pflieger, 1975). L’âge maximum signalé dans une population américaine est de six ans (Carlander, 1969). On a estimé l’âge de deux spécimens (longueur totale de 358 mm et 373 mm) capturés au Canada à sept et huit ans, d’après leurs écailles (McAllister et al., 1985).

Alimentation et relations interspécifiques

Les meuniers tachetés adultes et les juvéniles se nourrissent d’une variété de proies, comme des diatomées, du zooplancton, des chironomes et des mollusques (Pflieger, 1975; White et Haag, 1977). White et Haag (1977) ont décrit des variations ontogénétiques dans les habitudes alimentaires des populations du Kentucky. Les larves du meunier tacheté (longueur totale de 12 à 15 mm) se nourrissent de zooplancton et de diatomées entre la surface et la mi-profondeur. Lorsqu’ils atteignent une longueur totale de 25 à 30 mm, les individus se nourrissent près de bancs de sable et dans les bras morts des ruisseaux. À une longueur totale d’environ 50 mm, ils commencent à se nourrir d’organismes benthiques, et on peut trouver du sable dans leur intestin. Les individus de plus de 50 mm et les adultes ont des habitudes alimentaires similaires. On ne possède aucune information sur les habitudes alimentaires des populations du bassin des Grands Lacs.

Les poissons et les oiseaux piscivores chassent probablement les meuniers tachetés juvéniles (Parker et McKee, 1984).

Les parasites du meunier tacheté sont identifiés dans Hoffman (1967), Mackiewicz (1968) et Christensen et al. (1982).

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Taille et tendances des populations

Aucune étude sur la taille ou les tendances des populations canadiennes n’a été menée. Entre 1962 et 1992, au moins 24 meuniers tachetés ont été capturés dans les eaux canadiennes. Depuis 1992, plus de 67 spécimens y ont été capturés, dont 54 en 2002 et en 2003. Presque tous les spécimens capturés étaient des adultes. Des meuniers tachetés ont été capturés dans de nouveaux sites depuis le dernier rapport de situation, mais l’aire de répartition de l’espèce demeure inchangée au sud-ouest de l’Ontario alors que les relevés récents mentionnés aux paragraphes suivants ont été effectués à l’intérieur de l’aire de répartition canadienne décrite précédemment pour cette espèce. On a toutefois noté d’importants changements dans la répartition dans les limites de cette aire, comme en témoignent les nombreuses captures effectuées depuis 1990.

On estime que le nombre relativement élevé d’individus capturés au cours des deux dernières années est attribuable à l’intensification des travaux d’échantillonnage à l’utilisation d’embarquations pour l’échantillonnage et à l’utilisation de matériel de pêche électrique portable. Le recours à la pêche électrique a permis de recueillir de précieux renseignements sur la répartition de certaines espèces rares de Catostomidés (M. carinatum et M. valenciennesi) dans les rivières Ohio (Yoder et Beaumier, 1986) et Illinois (Retzer et Kowalik, 2002). Le manque d’intérêt de la part des gestionnaires des ressources ou les lacunes dans l’identification des espèces pourraient expliquer le faible nombre de meuniers tachetés mentionné dans les rapports de situation précédents. Par exemple, les rapports historiques des pêches commerciales concernant toutes les espèces de Catostomidés dans les lacs Érié et Sainte-Claire portent uniquement la mention « suckers » (Baldwin et al., 2000).

La répartition du meunier tacheté dans les bassins des rivières Détroit, Sainte-Claire, Sydenham et Thames s’est étendue depuis 1990. En juin 1996, un spécimen a été capturé à la senne dans le ruisseau Maxwell (bassin du lac Sainte-Claire), ce qui représente une nouvelle occurrence de l’espèce. En 1997, un juvénile a été capturé dans le ruisseau Bear, dans le bassin de la rivière Sydenham Nord (Dextrase et Holm, 2001). Bien qu’on ait capturé des spécimens dans des tributaires de la rivière Sydenham Nord pendant les années 1980, il s’agissait de la première occurrence du meunier tacheté dans la partie de ce bassin située au ruisseau Bear. En 2002 et en 2003, 27 meuniers tachetés ont été capturés dans 14 endroits de la rivière Sydenham, et neuf autres dans six endroits de la rivière Détroit. En 2002, on en a capturé neuf dans deux nouveaux sites de la rivière aux Canards. En 2003, on en a capturé dans trois sites du bassin de la rivière Thames, jusqu’à 75 km en amont des occurrences historiques. Des individus ont également été capturés pour la première fois en 2003 dans le rigolet Whitebread, un tributaire de la rivière Sainte-Claire.

Un meunier tacheté a été capturé au filet maillant à l’automne 2000 dans le centre-ouest du lac Érié (MRNO, 2001). Il s’agissait de la seule occurrence du meunier tacheté sur plus de 187 000 poissons échantillonnés en 11 ans (de 1990 à 2001). Aucun meunier tacheté n’a été signalé récemment dans le lac Sainte-Claire (la dernière mention remonte à 1984).

La possibilité d’une immigration de source externe provenant des populations voisines des États-Unis est considérée comme modérée. Il y a bien quelques populations sources dans l’ouest du lac Érié et le corridor Huron-Érié, mais l’espèce y est peu commune. Le statut du meunier tacheté dans le Michigan voisin est vulnérable (vulnerable, S3), alors qu’en Pennsylvanie l’espèce est considérée comme en péril (imperiled, S2) (NatureServe, 2004). L’espèce n’a pas été classée en Ohio. Son abondance dans le lac Érié et ses tributaires est estimée à une fraction de l’abondance historique (Trautman, 1981).

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Facteurs limitatifs et menaces

Comme l’ont noté Parker et McKee (1984) ainsi que Campbell (1994), les données sur les populations canadiennes sont insuffisantes pour connaître ces facteurs. On peut présumer que la permanence d’un habitat convenable est indispensable à la survie des populations de meuniers tachetés. Faute d’information suffisante sur la distribution et les caractéristiques de cet habitat, les gestionnaires ne peuvent le protéger adéquatement. La dégradation de l’habitat par l’envasement est la cause du déclin de quelques populations des États-Unis (Trautman, 1981). Selon Trautman (1981), le meunier tacheté ne tolérerait pas les eaux turbides, les polluants industriels et les lits de rivière couverts d’argile ou de limon floconneux. Dextrase et al. (2003) estiment que l’augmentation de l’érosion et de la turbidité constituent la plus lourde menace pour les populations de la rivière Sydenham. De nombreux auteurs sont d’avis que les barrages ont des impacts négatifs sur les Catostomidés. Kelly et al. (1981) ont signalé une diminution du nombre de meuniers tachetés après la construction de retenues le long du ruisseau Shoal, en Alabama. De grandes augmentations artificielles de débit ont également provoqué des réductions à court terme de l’abondance locale de populations de meuniers tachetés occupant des ruisseaux (Paller et al., 1992). La température de l’eau pourrait aussi jouer un rôle important dans la répartition de l’espèce au Canada, qui constitue l’extrémité nord de l’aire de répartition (Dextrase et al., 2003). Les meuniers tachetés sont essentiellement capturés par accident dans le bassin des Grands Lacs, en général dans des filets-trappes ou à la pêche à la ligne. Les spécimens capturés par les pêcheurs commerciaux de l’Ontario sont regroupés avec d’autres poissons communs, et vendus sous le nom anglais de « mullet » ou utilisés à des fins agricoles.

Les populations de l’intérieur des terres vivent en milieu agricole, avec les problèmes d’apport en nutriments et en sédiments qui y sont associés. Les populations des rivières Détroit et Sainte-Claire sont exposées à un risque de déversement de substances chimiques toxiques provenant de la « Chemical Valley ».

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Importance de l'espèce

Comme l’indiquent Parker et McKee (1984), le meunier tacheté n’a aucune valeur commerciale au Canada et ne constitue pas non plus une espèce de poisson fourrage d’une valeur économique significative. Aux États-Unis, l’aquaculture du meunier tacheté pour l’industrie du poisson appât est en cours de développement (Ludwig, 1997). La persistance du meunier tacheté, tout comme celle d’autres espèces à l’extrémité nord de leur aire de répartition au Canada, demeure un indicateur de la qualité de l’eau et de la bonne condition de l’habitat. Comme toutes les espèces de Catostomidés, le meunier tacheté joue un rôle important dans le recyclage des nutriments. Il transfère l’énergie (c’est-à-dire les nutriments) du réseau trophique benthique (où il se nourrit) au réseau trophique pélagique (où il est une proie).

 

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Les cotes de conservation attribuées par la Association of Biodiversity Information figurent au tableau 1.

Tableau 1. Cotes attribuées au meunier tacheté selon NatureServe (2004) à l’échelle du monde, des États-Unis, du Canada, des États américains et des provinces canadiennes
MondeG5
É.-U.N5
CanadaN1
États
  • Alabama (S5)
  • Arkansas (S4)
  • Floride (S?)
  • Géorgie (S5)
  • Illinois (S3)
  • Indiana (S4)
  • Iowa (S3)
  • Kansas (S3)
  • Kentucky (S4S5)
  • Louisiane (S5)
  • Michigan (S3)
  • Minnesota (S?)
  • Mississippi (S5)
  • Missouri (S?)
  • Caroline du Nord (S4)
  • Ohio (S?)
  • Oklahoma (S4)
  • Pennsylvanie (S2)
  • Caroline du Sud (S?)
  • Tennessee (S5)
  • Texas (S3)
  • Virginie Occidentale (S4)
  • Wisconsin (S5)
ProvinceOntario (S2)

Canada

En 1983, le COSEPAC avait accordé au meunier tacheté le statut d’espèce préoccupante au Canada. Ce statut a été confirmé en 1994 (Campbell, 1994) et de nouveau en 2001. En Ontario, il a été désigné espèce préoccupante en 2000. En 1996, le meunier tacheté a obtenu la cote N1 et, en 1997, la cote S2.

L’espèce bénéficie d’une protection limitée en vertu de la Loi sur les espèces en péril. Il incombera aux instances responsables des territoires que fréquente le meunier tacheté d’élaborer des plans de gestion pour cette espèce. Le meunier tacheté et/ou son habitat peuvent également être protégés en vertu de la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale, de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, de la Loi sur les pêchesfédérale, de la Loi sur les ressources en eau du Canada, de la Loi sur la protection de l’environnement de l’Ontario, de la Loi sur les évaluations environnementales de l’Ontario, de la Loi sur l’aménagement du territoire de l’Ontario et de la Loi sur les ressources en eau de l’Ontario. Le meunier tacheté est l’une des neuf espèces de poisson couvertes par le « National Recovery Strategy for Species at Risk in the Sydenham River: An Ecosystem Approach » (Dextrase et al., 2003) et l’une des dix espèces de poisson visées par la Thames River Aquatic Ecosystem Recovery Strategy proposée (Thames River Recovery Team, 2003).

États-Unis

À l’échelle mondiale, le meunier tacheté n’est pas en péril (G5), mais des déclins de populations ont été signalés dans la partie nord de son aire de répartition au cours du siècle dernier (Becker, 1983). L’espèce est désignée comme préoccupante (special concern) au Kansas et en Pennsylvanie.

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Résumé technique

Minytrema melanops

Meunier Tacheté – Spotted Sucker

Répartition au Canada : Ontario -- Rivière Détroit (incluant la rivière aux Canards), rivière Sydenham Est, rivière Sydenham Nord, lac Sainte-Claire, rivière Ste-Claire, rivière Thames, bassin ouest du Lac Érié

Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km²) : 6 600
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence
(ordre de grandeur > 1)?
Non

Superficie de la zone d’occupation (km²)
Pour les rivières ayant des sites multiples, zone calculée selon la longueur de la rivière entre l’endroit le plus en aval et l’endroit le plus en amont multipliée par la largeur moyenne.

  • Rivière Détroit (+ rivière aux Canards) : 25
  • Rivière Ste-Claire : 39
  • Rivière Sydenham Est : 14
  • Rivière Sydenham Nord : 16
  • Rivière Thames : 7,5
  • Lac Sainte-Claire : 880
  • Lac Érié : 110
  • Total : 1 090
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).Stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation
(ordre de grandeur > 1)?
Non
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).7
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin,
stable, en croissance, inconnue).
En croissance
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)? Non
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Inconnue

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.).3 ans
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). Inconnu
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures
en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
Inconnue
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures
(ordre de grandeur > 1)?
La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)? Non, mais le degré du taux de migration entre les emplacements est inconnu.

Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

  • Rivière Détroit : inconnu
  • Rivière Ste-Claire : inconnu
  • Rivière Sydenham Est : inconnu
  • Rivière Sydenham Nord : inconnu
  • Rivière Thames : inconnu
  • Lac Sainte-Claire : inconnu
  • Lac Érié : inconnu
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Inconnue
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)? Non

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

Dégradation de l’habitat (pollution), envasement.

Effet d’une immigration de source externe :Modéré
L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)? Oui
Statut ou situation des populations de l’extérieur :Michigan (S3), Ohio (S?), Pennsylvanie (S2)
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? Oui
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre au Canada? Oui
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants? Oui

Analyse quantitative

Données non disponibles

Statut actuel

Classification selon Nature Conservancy (NatureServe 2004)

  • Mondiale : G5
  • Nationale
    • États-Unis : N5
    • Canada : N2
  • Régionale
    • États-Unis :  S5 (AL), S4 (AR), SNR (FL), S5 (GA), S4 (IL), S4 (IN), S3 (IA), S3 (KS), S4S5 (KY), S5 (LA), S3 (MI), SNR (MN), S5 (MS), SNR (MO), S4 (NC), SNR (OH), S2 (OK), S2 (PA), SNR (SC), S5 (TN), S3 (TX), S4 (WV), S5 (WI)
    • Canada : S2 (ON)

Autres

  • AFS : SC (KS), SC (PA)
  • Les espèces sauvages 2000 (Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril -- 2001)
    • Canada : 3
    • Ontario : 3
  • COSEPAC : Espèce préoccupante (mai 2005)

Statut et justification de la désignation

Statut : Préoccupante

Code alphanumérique : Aucun ne s’applique

Justification de la désignation : Cette espèce de poisson d’eau douce a une distribution limitée au sud-ouest de l’Ontario. La menace la plus importante pesant sur cette espèce est la dégradation de son habitat causée par l’érosion accrue et la turbidité. L’espèce est également en péril en Pennsylvanie, mais n’est pas en péril au Michigan (où elle se classifie comme étant S3-vulnérable), rendant l’immigration de source externe modérée tout au plus.

Application des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Ce critère ne s’applique pas, puisque les tendances de la population totale sont inconnues et que les zones d’occurrence et d’occupation sont stables.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : L’espèce répond au critère espèce menacée en raison de sa zone d’occurrence (6 600 km²), de sa zone d’occupation (1 090 km²) et du nombre de sites (sept plans d’eau). Aucun déclin ou fluctuation extrême ne peut toutefois être démontré.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Les données ne sont pas disponibles.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Sans objet. La zone d’occupation est de plus de 20 km².

Critère E (Analyse quantitative) : Les données ne sont pas disponibles.


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Remerciements et experts contactés

Remerciements 

Jason Barnucz, Pêches et Océans Canada, a fourni des données non publiées. Carolyn Bakelaar a offert une assistance pour le SIG. Dusan Markovic a préparé la carte de l’aire de répartition mondiale.

Le financement pour la préparation du présent rapport de situation a été fourni par le Service canadien de la faune d’Environnement Canada.

Experts contactés

Alan Dextrase. Species at Risk Project Co-ordinator, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough (Ontario).

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Sources d’information

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

Scott M. Reid est étudiant au doctorat de la Trent University, Peterborough, Ontario. Ses intérêts de recherche sont l’écologie des poissons de cours d’eau, les impacts des barrages sur les poissons d’eau douce et les effets de la construction d’ouvrages de franchissement pour des pipelines sur le biote aquatique. Scott est corédacteur de rapports du COSEPAC sur le suceur ballot (Moxostoma carinatum) et le suceur noir (M. duquesnei).

Nicholas E. Mandrak est chercheur scientifique au ministère des Pêches et Océans du Canada à Burlington, Ontario. Ses intérêts de recherche sont la biodiversité, la biogéographie et la conservation des poissons d’eau douce du Canada. Nick a corédigé six rapports du COSEPAC.

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