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Paruline à capuchon (Wilsonia citrina)

COSEPAC Résumé

Paruline à capuchon

Wilsonia citrina

Description 

Ce petit oiseau chanteur se reconnaît à son dos de couleur olive ainsi qu’à sa face et à son ventre jaune vif. Le mâle porte une cagoule noire qui encadre un masque et un front jaune vif. L’œil paraît gros et les lores sont de couleur foncée. D’habitude, la femelle n’a qu’une petite quantité de noir sur la calotte et n’en a presque pas sur la gorge ou les côtés de la tête. Chez les oiseaux des deux sexes, le dessous de la queue est blanc, et le dessus, vert olive, le blanc paraissant sur le dessus uniquement lorsque l’oiseau ouvre la queue en éventail. Les mâles immatures ressemblent aux adultes, à la différence que les plumes noires de la calotte sont abondamment colorées d’olive ou de jaune à leur extrémité. Les femelles immatures n’ont pas de noir du tout. Chez certaines femelles, la cagoule entoure une bonne partie de la face, mais elle n’est jamais aussi complète que chez les mâles. La Paruline à capuchon mesure environ 13 cm de longueur. Son chant consiste en un sifflement fort et mélodieux : ta-wit ta-wit ta-wit tee-yo. Cette paruline se distingue des autres par sa cagoule noire bien définie ainsi que par sa face et son ventre jaune vif.

Répartition

La Paruline à capuchon niche sur une bonne partie du territoire de l’est des États-Unis, depuis le sud du Wisconsin et l’est du Texas jusqu’à la côte de l’Atlantique. Au Canada, elle niche presque exclusivement dans l’extrême sud de l’Ontario, près du lac Érié. Cet oiseau migrateur passe l’hiver sur la côte caraïbe du Mexique et de l’Amérique centrale, à Cuba, dans quelques îles des Antilles et peut-être aussi à l’extrémité nord-ouest de l’Amérique du Sud. En Ontario, il se peut que cette Paruline ait été plus répandue avant le 19e siècle, époque où les Européens ont colonisé le territoire et déboisé les forêts environnantes. Les chercheurs ont récemment découvert que l’espèce nichait aussi au nord de son territoire de nidification connu, dans le secteur de la baie Georgienne, où a survécu une parcelle de forêt relativement petite. Ils savent également qu’elle passe l’été dans la région de Kingston. Il se peut donc que la Paruline à capuchon ait autrefois occupé un territoire non fragmenté qui s’étendait jusqu’à ces endroits.

Taille et tendances des populations

Dans l’est des États-Unis, la Paruline à capuchon se porte bien : l’espèce occupe un vaste territoire et l’effectif est important. Depuis 1966, on observe une lente croissance de la population juste au sud de l’Ontario, soit en Ohio, en Pennsylvanie et dans l’État de New York. Au Michigan, la population a connu un déclin comme en Ontario, mais elle semble connaître une légère progression depuis quelques années. En Ontario, cette espèce du fond de la forêt a vraisemblablement été négligée par le passé, et nous pouvons uniquement présumer que l’effectif était autrefois beaucoup plus important, lorsqu’un habitat propice à l’espèce couvrait l’essentiel de la partie sud de la province, au sud du Bouclier canadien. Les premières estimations démographiques n’ont été produites qu’au début des années 1980, dans le cadre du programme d’atlas des oiseaux nicheurs. À l’époque, on a estimé que la province ne comptait plus que de 25 à 53 couples de Parulines à capuchon. Cependant, comme le recensement ne visait qu’une partie du territoire de l’espèce, il se peut que l’effectif réel se rapprochait davantage de 100 couples. À l’issue de recensements plus rigoureux effectués quelques années plus tard, il a été établi que la population comptait de 80 à 176 couples. Ces chiffres ne témoignent pas nécessairement d’une croissance de la population, mais plutôt d’un recensement plus complet. En 1997, 88 couples ont été dénombrés lors d’un recensement détaillé réalisé dans 51 anciens lieux de nidification connus, et on a alors estimé que l’effectif total était de l’ordre de 145 à 300 couples. À la lumière d’un recensement réalisé l’année suivante, la fourchette de population établie allait de 144 à 207 couples. Ces estimations donnent à penser que la population croît également au Canada et que l’effectif a peut-être doublé dans la dernière décennie.

Habitat

La Paruline à capuchon niche dans les forêts de feuillus matures qui renferment de grands arbres et un couvert forestier relativement dense. Elle fréquente les petites clairières envahies par de denses touffes d’arbustes bas, telles que celles que créent les arbres tombés. L’espèce élit résidence dans ce type d’habitat d’un à cinq ans après la création de la brèche dans la forêt, et elle ne l’occupe que pendant 10 à 12 ans, jusqu’à ce que les arbustes soient devenus trop grands. Espèce sensible à la superficie de l’habitat, la Paruline à capuchon a besoin de grandes forêts d’au moins 20 à 30 ha et préfère des superficies beaucoup plus grandes. Il s’agit aussi d’une espèce de l’intérieur de la forêt. Les taux de prédation et de parasitisme sont plus élevés près de la lisière de la forêt, de sorte qu’elle a de la difficulté à y survivre. La Paruline à capuchon a absolument besoin de vastes parcelles de forêt pour assurer sa survie.

Dans la plupart des comtés du sud de l’Ontario, il subsiste moins de 20 p. 100 du couvert forestier original. Ce chiffre chute à environ 6 ou 7 p. 100 dans la région carolinienne. Les forêts qui subsistent sont en grande partie fragmentées en petites parcelles. Dans l’ensemble de la région carolinienne, l’intérieur de la forêt ne couvre qu’environ 2 p. 100 de la superficie du territoire, et, dans bien des cas, les parcelles restantes ne sont pas assez grandes pour soutenir une population de Parulines à capuchon. Il serait possible de recourir à la coupe sélective pour créer un habitat dans de vastes parcelles de forêt, mais le processus devrait être répété tous les dix ans pour être efficace. De plus, il faudrait que l’abattage des arbres se fasse de façon très sélective, de manière à ce que le couvert forestier demeure essentiellement intact – mesure que la plupart des sociétés forestières ne sont pas prêtes à accepter.

Biologie

Les jeunes oiseaux accèdent à la maturité en un an et regagnent tôt leur territoire estival, soit entre la mi‑mars et la fin d’avril. Après avoir choisi leur territoire, les mâles chantent pour attirer une compagne. Une fois le couple formé, la femelle choisit le lieu de nidification et bâtit le nid, tâche qu’elle accomplit en une semaine environ, après quoi elle peut pondre ses œufs au début de juin. Le nid consiste en une dépression lisse et dégagée, tissée d’écorce interne douce, d’herbe fine et de duvet végétal et recouverte d’herbe fine. Le nid se trouve dans un arbuste ou un arbrisseau à feuilles caduques, habituellement à moins d’un mètre du sol. D’ordinaire, la femelle pond un œuf par jour et produit une couvée de quatre œufs. Elle s’occupe seule de l’incubation, qui dure environ 12 jours. Les oisillons nidicoles sont nourris par les deux parents, mais la femelle est la seule à couver le nid pendant les jours qui suivent l’éclosion des œufs. En Ontario, le taux de parasitisme du nid par le Vacher à tête brune atteint 47 p. 100, ce qui représente un pourcentage élevé. Les couvées qui deviennent la proie des prédateurs sont remplacées, mais les Parulines à capuchon de l’Ontario ne produisent habituellement qu’une couvée par année lorsqu’elles parviennent à élever quelques oisillons jusqu’au premier envol. Les pertes attribuables aux prédateurs varieraient de 40 à 75 p. 100, le pourcentage le moins élevé ayant été enregistré dans les parcelles de forêt les plus vastes.

Les oisillons quittent le nid de huit à neuf jours après leur naissance, et ils peuvent voler de deux à trois jours plus tard. Les juvéniles acquièrent progressivement de l’autonomie dans les quatre à cinq semaines qui suivent leur naissance. Chaque parent s’occupe de la moitié de la couvée. La durée de vie de l’espèce est généralement courte, mais certains individus peuvent vivre jusqu’à l’âge de dix ans. La Paruline à capuchon se nourrit principalement d’insectes de toutes sortes, qu’elle trouve dans le feuillage d’arbustes et d’arbrisseaux. Elle contribue ainsi à la suppression des insectes forestiers.

Le territoire estival de chaque couple ne dépasse parfois pas un hectare, et les deux adultes se chargent de le défendre. Dans l’aire d’hivernage, mâles et femelles occupent des habitats différents, et chacun défend un petit territoire. Les couples sont monogames, mais les mâles ont l’habitude d’errer dans des territoires adjacents où ils s’accouplent avec les femelles voisines. En raison de ce système d’accouplement, les oiseaux évitent les petites forêts où les possibilités de copulation hors couple sont grandement limitées par le faible nombre de couples. Tout au long de leur vie, les oiseaux sont très fidèles au territoire qu’ils ont occupé au cours des années précédentes. Ils quittent généralement leur lieu d’estivage entre la fin d’août et la fin de septembre et effectuent des vols de nuit, bon nombre au-dessus du golfe du Mexique, pour se rendre à leur territoire d’hivernage.

Facteurs limitatifs

Au Canada, l’effectif est limité principalement par le faible nombre de grandes forêts matures encore relativement intactes. L’espèce a besoin d’un territoire entouré d’une bande d’au moins 200 m de forêt, suffisamment grand pour servir d’habitat à plusieurs couples. Les oiseaux évitent carrément les parcelles de forêt fragmentées qui ne répondent pas à ces deux besoins. S’ils tentaient de nicher plus près de la bordure de la forêt, les taux de prédation et de parasitisme seraient vraisemblablement trop élevés. La Paruline à capuchon doit partager son habitat de nidification avec d’autres espèces relativement rares, telles que le Moucherolle vert, la Paruline azurée, la Paruline hochequeue et la Paruline orangée. La plupart des forêts qu’elle occupe sont gérées pour la production de bois d’œuvre, activité qui, à long terme, nuit à sa survie et à celle d’autres espèces. Les véhicules de plaisance, les plantes exotiques envahissantes et les lotissements résidentiels pourraient eux aussi contribuer à la dégradation des habitats existants. La perte du territoire d’hivernage pourrait aussi avoir certaines incidences sur les populations, mais les effets précis demeurent pour l’instant inconnus. Comme l’espèce semble progresser ailleurs, il est possible que ces incidences soient minimes.

Protection

Les oiseaux et leurs nids sont protégés par la Convention concernant les oiseaux migrateurs. Les règlements municipaux sur la coupe d’arbres devrait protéger quelque peu les habitats; malheureusement, ils sont souvent mal appliqués ou mal interprétés, de sorte qu’ils n’offrent en substance aucune protection.

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MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.