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Paruline à capuchon (Wilsonia citrina)

Habitat

La Paruline à capuchon niche dans des forêts de feuillus matures qui abritent de grands arbres et un couvert forestier relativement dense. L’espèce occupe de petites clairières envahies par de denses touffes d’arbustes bas, telles que celles que créent les arbres morts. Elle s’y installe d’un à cinq ans après que la clairière a été créée naturellement ou artificiellement par coupe sélective. Les oiseaux occupent la même clairière pendant 10 à 12 ans, jusqu’à ce que les arbustes dépassent les 5 m et qu’ils commencent à ombrager le sol (Gartshore, 1988).

Pour favoriser la croissance des populations, il est possible de recourir à la récolte individuelle d’arbres ou à la coupe sélective dans les forêts qui ne sont pas encore parvenues à maturité (Annand et Thompson, 1997; Gartshore; 1988). Cependant, l’abattage ne peut soutenir une population à long terme que s’il est répété à intervalles de plusieurs années. Quant aux brèches naturelles, elles sont éparpillées aléatoirement et ne servent d’habitat à l’espèce que si elles sont créées dans de grandes parcelles de forêt (McCracken, 1999).

En outre, la Paruline à capuchon est considérée comme une espèce sensible à la superficie de son habitat : elle a besoin de vastes parcelles de forêt. Au Maryland, Robbins (1979) a estimé à 30 ha la superficie minimale requise pour soutenir une population. En Ohio, les terrains boisés occupés faisaient entre 18 et 22 ha (Peterjohn et Rice, 1991). Il s’agit d’une espèce de l’intérieur de la forêt. Elle évite les corridors riverains étroits, même si ce type d’habitat semblerait lui convenir (Peterjohn et Rice, 1991). Dans les forêts hautement fragmentées, les taux de prédation pourraient atteindre 80 p. 100 (Robinson et al., 1995) et les taux de parasitisme du nid, 75 p. 100 (Annand et Thompson, 1999; Robinson, 1990; Robinson et al., 1995; Stutchbury, 1997; Terborgh, 1992). En l’absence de grands blocs de forêt où elle peut s’installer à plus de 200 m de la lisière, cette espèce a sans doute de faibles chances de survie à long terme.

Avant la colonisation, le sud de l’Ontario renfermait de grandes superficies de terrain propice à la Paruline à capuchon – de vastes forêts de feuillus matures couvrant l’essentiel du territoire situé au sud du Bouclier canadien (Lorimer, 1989). Aujourd’hui, dans la plupart des comtés de la région, la couverture forestière occupe moins de 20 p. 100 de la superficie totale du territoire. Dans la plupart des comtés de la région carolinienne, près du lac Érié, ce pourcentage baisse encore davantage. Les secteurs les mieux adaptés aux besoins de la Paruline à capuchon se trouvent dans les comtés d’Elgin et de Haldimand-Norfolk, où la couverture forestière occupe de 15 à 17 p. 100 du territoire (Riley et Mohr, 1994; Riley, 1999). En 1891, la forêt n’occupait plus que 19 p. 100 de la superficie de la région carolinienne, et, en 1981, ce chiffre était passé à 6,6 p. 100 (Page et Cadman, 1993).

La forêt du sud de l’Ontario a essentiellement disparu, et les parcelles qui subsistent sont très fragmentées. Dans un des secteurs les plus boisés de la région carolinienne, soit dans la municipalité régionale de Haldimand-Norfolk, 99 p. 100 des forêts font moins de 100 ha, et l’habitat de l’intérieur de la forêt, c’est‑à‑dire un territoire situé à plus de 200 m de la lisière de la forêt, ne représente que 0,39 p. 100 du couvert forestier (Pearce, 1992; Hounsell, 1999). L’intérieur de la forêt ne couvre qu’environ 2 p. 100 de la superficie du territoire de la région carolinienne (Cadman, 1999). Cette fragmentation représente la plus grande menace à la diversité biologique de la région et la principale cause des disparitions observées localement et à plus grande échelle (Wilcox et Murphy, 1985).

Même si certaines forêts de feuillus de l’est de l’Amérique du Nord s’agrandissent par suite de l’abandon des exploitations agricoles et de travaux de reboisement, ce n’est pas le cas d’une bonne partie du sud-ouest de l’Ontario. En effet, la forêt continue de perdre du terrain dans de nombreux comtés (Pearce, 1993; Riley, 1999). Là où elle s’agrandit, c’est principalement grâce à des plantations de pins ou d’autres essences qui ne répondent pas aux besoins de l’espèce.

En Ontario, le territoire qui sert encore d’habitat à la Paruline à capuchon se trouve dans la région où l’agriculture est la plus intensive, et, dans de nombreux secteurs, les terres agricoles continuent d’empiéter sur la couverture forestière (Riley et Mohr, 1994; Riley, 1999). Les lotissements urbains et résidentiels s’agrandissent, chacun favorisant l’essor des populations de prédateurs dans les forêts restantes (Friesen et al., 1995). La plupart des forêts font l’objet d’une forme quelconque d’exploitation forestière, et, à moins que la coupe ne se fasse de manière à tenir compte des espèces de l’intérieur de la forêt, il est probable que les pratiques forestières en vigueur soient préjudiciables à la Paruline à capuchon (Robinson et al., 1995; Annand et Thompson, 1997; McCracken, 1999).

Le gouvernement de l’Ontario dispose d’une politique de protection des terrains boisés, mais il semble que les municipalités qui s’y conforment soient plutôt rares. Les administrations municipales ne se sont pas non plus préoccupées d’adopter des règlements municipaux sur la coupe d’arbres en vertu de la Loi sur les municipalités. De même, le Programme d’encouragement fiscal pour les forêts aménagées n’a incité que peu d’entreprises à adopter des pratiques de coupe sélective durables qui puissent profiter à des espèces comme la Paruline à capuchon (Riley, 1999). La qualité de l’habitat ne s’est apparemment pas améliorée, et la situation pourrait même s’être dégradée.