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Espèces sauvages 2005: la situation générale des espèces au Canada

Plantes vasculaires

Plante vasculaire : Spermatophytes; plante caractérisée par ses racines, pousses et feuilles contenant des tissus vasculaires spécialisés dans lesquels circulent les liquides - Dictionary of the Environment.

Photo d’une branche et de fruits en forme de cône du Mélèze laricin
Photo: Mélèze laricin (Larix laricina) © B. T. Aniskowicz-Fowler

En bref

  • Il existe plus de 260 000 espèces de plantes vasculaires dans le monde. Plus de 95 p. 100 de celles ci sont des plantes à fruits, aussi appelées angiospermes (par exemple, herbacées graminées, orchidées, érables). Les autres types de plantes vasculaires sont les gymnospermes (conifères, tels que le pin et l'épinette) et les plantes dépourvues de graines (fougères, prêles, etc.).
  • Il existe 5 074 espèces de plantes vasculaires au Canada; à l'échelle nationale, 51 p. 100 sont classées en sécurité, 11 p. 100, possiblement en péril, 9 p. 100, sensibles et 2 p. 100, en péril.
  • À l'échelle nationale, 24 p. 100 des espèces de plantes vasculaires sont classées exotiques (non indigènes au Canada), ce qui représente la plus grande proportion d'espèces exotiques de tous les groupes évalués dans le présent rapport.
  • Au total, 194 espèces de fougères et d'orchidées ont été évaluées en 2000 et en 2005. À l'échelle nationale, la situation de 18 d'entre elles (9 p. 100) a changé depuis 2000 : 11 espèces présentent un niveau de risque plus élevé; 6, un niveau de risque plus faible; et 1 est disparue du Canada. La majorité des changements est attribuable à une amélioration des renseignements et aucune à des changements biologiques dans la répartition, l'abondance ou les menaces.

Contexte

Les plantes vertes jouent un rôle fondamental dans le maintien de la vie sur Terre, car elles constituent l'un des quelques groupes d'organismes pouvant produire leur propre nourriture. Par la photosynthèse, elles utilisent l'énergie du soleil pour transformer l'eau et le dioxyde de carbone en oxygène et en sucre, qui constituent une source alimentaire pour les plantes et les animaux herbivores. Les plantes vertes produisent donc deux des ressources nécessaires à la survie des animaux : la nourriture et l'oxygène. De plus, elles sont essentielles dans l'environnement, car elles aident à régulariser le climat, fournissent un habitat pour des espèces sauvages, contribuent aux cycles de nutriments et à la création du sol, améliorent la qualité de l'air et de l'eau et réduisent l'érosion du sol.

La plupart des végétaux que nous connaissons bien, tels que les fougères, les orchidées, les herbacées, les graminées, les arbustes et les arbres, sont des plantes vasculaires. Ces plantes possèdent des racines, des feuilles et un système vasculaire dans lequel l'eau, les sucres et les nutriments circulent. Les plantes vasculaires constituent le groupe de plantes vertes le plus important et forment la végétation dominante de la majorité de la masse continentale de la planète.

Les plantes qui ne produisent pas de graines, dont les fougères, les lycopodes et les prêles, constituent les plantes vasculaires les plus anciennes. Elles dominaient le monde pendant la période carbonifère, il y a environ 300 millions d'années. Des plantes mortes à cette époque ont formé les couches de houille dont on extrait le charbon encore de nos jours. Toutes les plantes dépourvues de graines se reproduisent à l'aide de spores. Pour de plus amples renseignements sur les plantes sans graines, consultez la section sur les fougères de la publication Les Espèces sauvages 2000.

Deux groupes de plantes à graines (phanérogames) ont évolué à partir des plantes sans graines : les conifères (gymnospermes, par exemple, pin et épinette) et les plantes à fruits (angiospermes, par exemple, herbacées, orchidées, érables, chênes). Comme leur nom l'indique, les plantes à graines se reproduisent à l'aide de graines, et non de spores. Les graines sont des embryons entourés d'une membrane qui les protège de la sécheresse, des températures extrêmes et des autres conditions difficiles. La plupart des graines contiennent une source alimentaire destinée à la plante en croissance.

Les angiospermes entourent leur graine d'une couche additionnelle de protection, le fruit, qui permet également aux graines de se déplacer sur de longues distances. Les fruits peuvent être charnus (par exemple, bleuets, canneberges) ou secs [les samares de l'érable à sucre (Acer saccharum) sont en réalité des fruits!.

L'une des différences marquées entre les plantes et les animaux est la relative immobilité de celles ci; la plupart des plantes vasculaires sont littéralement enracinées à un endroit. Comment les plants rencontrent ils un compagnon et se reproduisent ils? Les gymnospermes produisent du pollen (cellules reproductrices masculines) dans des cônes masculins et des oeufs dans des cônes féminins. Le pollen est libéré dans l'air et déplacé par le vent vers un cône femelle, où il féconde les oeufs. Ce processus s'appelle « pollinisation ». Puisque les chances de pollinisation fructueuse sont assez faibles, les gymnospermes produisent une grande quantité de pollen afin d'accroître leurs possibilités de féconder un cône femelle de la même espèce.

Chez les angiospermes, tous les organes reproducteurs sont situés dans les fleurs (même si les organes mâles et femelles ne se trouvent pas nécessairement dans la même fleur ni parfois dansle même plant). Certaines espèces d'angiospermes se reproduisent grâce à la pollinisation par le vent (par exemple, les graminées), mais la plupart compte sur des animaux, tels que les insectes, les oiseaux et même les chauve souris, pour transporter le pollen de fleur en fleur. Les angiospermes attirent les pollinisateurs potentiels grâce à leurs pétales colorés et à leur doux parfum ou par le nectar qu'ils produisent. Certaines espèces ont évolué de façon à attirer des pollinisateurs précis. Par exemple, les oiseaux mouches représentent les principaux pollinisateurs de la lobélie cardinale (Lobelia cardinalis), qui les attire grâce à ses fleurs rouge vif. Cette fleur longue et étroite a la forme parfaite pour que l'oiseau mouche puisse y insérer son bec et y puiser le nectar. Pendant que l'oiseau-mouche se nourrit, le pollen se dépose sur sa tête; il sera ainsi transporté à la prochaine fleur, où il fécondera les oeufs. En attirant des espèces ou des types particuliers de pollinisateurs, les plantes accroissent les chances que leur pollen atteigne une autre fleur de la même espèce.

Les plantes constituent de formidables usines chimiques qui fabriquent différents produits, des substances défensives qui les protègent contre la prédation, les maladies et les parasites, aux hormones qui régulent leur croissance. Les humains savent depuis longtemps que de nombreuses substances chimiques produites par les plantes possèdent des propriétés médicinales. Par exemple, on sait depuis longtemps que l'achillée millefeuille (Achillea millefolium) permet de guérir les plaies et de traiter la fièvre, le rhume et d'autres malaises. Aujourd'hui, plus de 20 produits pharmaceutiques vendus au Canada contiennent de l'achillée millefeuille.

État des connaissances au Canada

Bien avant leur domestication, il y a environ 10 000 ans, les plantes fournissaient aux humains des sources alimentaires et des matières premières. De nos jours, elles constituent la base de l'industrie agricole et forestière et jouent un rôle essentiel dans la fabrication de vêtements, de produits de papier et de médicaments, dans la construction d'édifices et dans la biotechnologie.

L'étude des plantes a une longue histoire au Canada, depuis les peuples autochtones qui s'en servaient pour se nourrir, s'abriter et se vêtir de même que comme matières premières et médicaments jusqu'à l'arrivée des premiers colons européens, dont certains étaient des botanistes réputés (par exemple, Catherine Parr Traill, John Macoun). Une grande partie de la recherche actuelle est axée sur les plantes importantes pour l'agriculture, la foresterie ou la médecine, à l'aide des nouveaux outils génétiques et moléculaires visant à étudier une grande variété de domaines, dont la physiologie et la génétique des plantes ainsi que les interactions entre les plantes et les ravageurs.

Comparativement à d'autres groupes d'espèces couverts dans le présent rapport, tels que les poissons marins, la répartition et la situation de nombreuses espèces de plantes vasculaires au Canada sont assez bien connues, en particulier dans le sud du pays. Néanmoins, les relevés systématiques permettent encore de mettre au jour de nouvelles données, par exemple la découverte d'une nouvelle essence d'arbre au Canada, à savoir le peuplier des marais (Populus heterophylla, voir la section Plein feux sur le peuplier des marais pour de plus amples renseignements). En plus de permettre la découverte de nouvelles espèces, les relevés systématiques améliorent les données sur la répartition et l'abondance des plantes vasculaires. Par exemple, au Nouveau Brunswick, le premier relevé 29 systématique de plantes rares mené dans la vallée supérieure de la rivière Saint Jean en 2001 et en 2002 a indiqué que deux espèces de graminées que l'on croyait rares dans la province, la muhlenbergie de Richardson (Muhlenbergia richardsonis) et le barbon à balais (Schizachyrium scoparium), étaient en fait plus communes que ce qu'on pensait. Au Nouveau Brunswick, elles sont respectivement classées en sécurité et sensible.

La répartition des plantes vasculaires dans les régions éloignées et dans le Nord canadien est moins bien connue que celle des plantes du sud du pays, notamment parce que moins d'amateurs et de professionnels étudient les plantes de ces régions malgré la présence de collectivités végétales et d'espèces endémiques que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. En outre, de nombreux spécimens du Nord canadien ont été inclus dans des collections nationales dans le sud du Canada. Certaines ont été bien documentées et cataloguées (par exemple, l'Herbier national du Musée canadien de la nature), mais d'autres n'ont été cataloguées que récemment, ce qui a permis de mettre au jour des renseignements sur les plantes vasculaires nordiques.

L'écologie végétale est l'étude des relations des plantes avec leur environnement physique (température, type de sol, luminosité, etc.) et « biologique » (interactions avec d'autres plantes, des animaux, des champignons, etc.). Cette science est importante pour comprendre une variété de questions, notamment la répartition des plantes, leur survie dans divers milieux et leur productivité. En outre, l'écologie végétale permet aux chercheurs de comprendre la façon dont les modifications du milieu (par exemple, changements climatiques, invasion d'espèces exotiques) affectent les communautés végétales. Par exemple, au Québec, des chercheurs étudiant des graminées dans des pâturages ont montré que l'exposition à des niveaux accrus de dioxyde de carbone influait sur la succession (changements dans la composition de la communauté dans le temps) et la richesse des espèces. Les connaissances en écologie végétale peuvent également permettre de préserver et de rétablir des comunautés végétales indigènes. Par exemple, des chercheurs canadiens travaillent actuellement à la remise en état de la végétation de surface de tourbières qui étaient exploitées pour l'extraction de la tourbe. Il s'agit de la première étape en vue de leur restauration en écosystème dynamique.

Richesse et diversité au Canada

Comparativement à d'autres groupes couverts dans le présent rapport, la richesse en espèces de plantes vasculaires est élevée dans tout le pays (figure 2-1-i, tableau 2-1-i), et atteint un sommet en Colombie Britannique (2 133 espèces indigènes). La flore de cette province est particulièrement variée dans le contexte canadien, car 557 espèces de plantes vasculaires indigènes qui s'y trouvent ne sont présentes nulle part ailleurs au pays. D'autres régions du Canada représentent des centres locaux de diversité des plantes vasculaires et sont reconnues pour leurs concentrations de plantes endémiques, dont le plateau du Yukon central, les îles Ellesmere et de Baffin, la région de dunes sablonneuses du lac Athabasca, en Saskatchewan, et le golfe du Saint Laurent. La proportion d'espèces de plantes exotiques est élevée dans tout le pays, mais elle tend à être supérieure dans les provinces de l'est du Canada (22 à 36 p. 100) et inférieure dans les territoires (2 à 11 p. 100).

Plein feux sur le cypripède royal (Cypripedium reginae)

Roi des orchidées, le cypripède royal, qui peut atteindre jusqu'à 80 cm de hauteur, possède de magnifiques fleurs rose et blanc qui comptent trois pétales. Son nom générique signifie littéralement « sabot de la Vierge » (genre Cypripedium), en allusion à son pétale inférieur replié vers l'intérieur, ce qui lui donne l'apparence d'un sabot. Le cypripède royal a besoin d'un sol très riche en nutriments et est présent dans les tourbières et les forêts humides ouvertes dans l'est et le centre du Canada.

À l'instar de toutes les orchidées, le cycle biologique du cypripède royal est intrigant et complexe. Les graines d'orchidées sont très petites, presque microscopiques, et ne contiennent aucune source alimentaire pour se nourrir pendant la germination. Afin de survivre et de croître, la graine doit entrer en contact avec un champignon tellurique particulier qui lui fournira les nutriments nécessaires. Lorsque la plante produit des feuilles, elle est en mesure de se nourrir par la photosynthèse. Cependant, cette plante, qui croît très lentement, peut prendre jusqu'à 12 ans avant de fleurir! Pour se protéger contre les prédateurs affamés au cours de son long cycle de vie, les pousses et les feuilles du cypripède royal sont couvertes de poils urticants qui découragent fortement les invertébrés et les grands prédateurs tels que le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus).

Le cypripède royal est pollinisé par des insectes, généralement des petites abeilles ou mouches. Cependant, contrairement à de nombreuses angiospermes, le cypripèdes royal ne produit pas de nectar pour attirer les insectes; ces derniers seraient plutôt attirés par la couleur et la forme de ses pétales ainsi que par son odeur. Lorsque l'insecte pénètre dans la fleur, il est emprisonné dans le « sabot », son pétale inférieur replié. Pour s'échapper, l'insecte doit passer par le pistil (l'organe femelle de la fleur), où le pollen est balayé du corps de l'insecte pour féconder les oeufs. Enfin, l'insecte passe par l'étamine (l'organe mâle de la fleur), où il recueille davantage de pollen avant de quitter la fleur.

En raison, notamment, de la longueur et de la complexité de son cycle biologique, l'espèce est particulièrement vulnérable à la hausse des taux de mortalité des plants adultes. Par exemple, la cueillette par des jardiniers ou des collectionneurs a entraîné la disparition de populations entières, malgré le fait que le cypripède royal ne pousse pas bien en milieu artificiel. La perte de l'habitat, les changements dans l'abondance et la répartition des insectes pollinisateurs ou des champignons telluriques, ainsi que le piétinement des jeunes pousses discrètes par des humains attirés par la beauté des plants adultes, constituent d'autres préoccupations relatives à l'espèce.

Le cypripède royal est répandu et commun localement dans la majeure partie de l'est du Canada, et il est classé en sécurité à l'échelle nationale. Cette classification n'a pas été modifiée depuis Les espèces sauvages 2000, ce qui n'a pas été le cas de trois classifications régionales : parmi les huit provinces où il est présent, le cypripède royal est classé à un niveau de risque inférieur dans deux provinces et un niveau de risque supérieur dans une province.

Plein feux sur les plantes carnivores

Les plantes carnivores possèdent la fascinante capacité de capturer et de tuer des insectes et d'autres petits animaux. Elles vivent principalement dans des tourbières pauvres en nutriments et des habitats aux sols acides et humides. Dans ces habitats, puisque les nutriments essentiels, comme l'azote, sont difficiles à obtenir, les plantes carnivores doivent compléter leur apport d'éléments nutritifs en se nourrissant des insectes qu'elles capturent. Fait intéressant, cette capacité de saisir et de digérer des proies a évolué de façon différente chez plusieurs familles végétales; la structure des plantes carnivores modernes et les méthodes de capture d'insectes sont donc assez variées.

Il existe 20 espèces de plantes vasculaires carnivores au Canada, réparties en quatre groupes : sarracénies (genre Sarracenia, une espèce), droséracées (genre Drosera, cinq espèces), grassettes vulgaires (genre Pinguicula, trois espèces) et utriculaires (genre Utricularia, 11 espèces). Chaque groupe possède son propre mode de capture et de digestion des proies. Par exemple, les feuilles modifiées des droséracées sont couvertes de structures rouges semblables à des poils garnis d'une gouttelette de mucus collant et brillant. Les insectes sont attirés par leur apparence colorée et leurs sécrétions odorantes, mais dès qu'ils se posent sur une feuille, ils y adhèrent. Plus l'insecte lutte, plus les poils fléchissent vers l'intérieur pour retenir l'insecte. Les glandes des poils secrètent des enzymes qui digèrent la proie, ce qui permet à la feuille d'absorber les nutriments.

Les utriculaires, qui capturent de minuscules proies aquatiques, possèdent les pièges actifs les plus complexes des plantes carnivores. Ces plantes flottent librement dans les eaux peu profondes, sans racines qui leur permettraient de tirer des nutriments du sol. Les feuilles sont très finement divisées et contiennent de nombreuses petites cavités, ou utricules. Ces utricules servent de pièges à succion; des structures ressemblant à des poils déclenchant l'ouverture de leur porte. Lorsqu'une proie frôle les poils, la porte de l'utricule s'ouvre et l'animal est entraîné vers l'intérieur avec la pénétration de l'eau. La succion étant relâchée, l'utricule reprend sa forme globuleuse et la porte se referme. La proie est ensuite digérée et l'eau est expulsée, recréant ainsi la succion et préparant le piège pour la prochaine victime. Fait étonnant, la porte de l'utricule s'ouvre en moins de 0,002 seconde; il s'agit de l'un des temps de réaction les plus rapides du règne végétal!

La majorité des plantes carnivores du Canada sont classées en sécurité ou sensible, mais, à l'échelle nationale, une espèce (utriculaire jaunâtre, Utricularia ochroleuca) est classée possiblement en péril et une autre (droséra filiforme, Drosera filiformis), en péril. Les plantes carnivores sont d'importantes composantes des milieux humides faibles en nutriments partout au pays. La principale menace envers ces espèces est la destruction de l'habitat attribuable à l'extraction de la tourbe, à l'assèchement et à la succession des zones humides; de même, la collecte à des fins commerciales constitue une préoccupation pour toutes les espèces de plantes carnivores.

Plein feux sur le mélèze laricin (Larix laricina)

Le mélèze laricin, aussi appelé mélèze d'Amérique, est présent dans l'ensemble des provinces et des territoires du Canada. Arbre emblème des Territoires du Nord Ouest, il est unique en son genre dans le règne végétal, car il s'agit d'un conifère à feuilles caduques! À l'instar des autres conifères, le mélèze laricin possède des cônes et des feuilles ressemblant à des aiguilles, mais, chaque automne, ses aiguilles molles et flexibles deviennent dorées et tombent, pour être remplacées au printemps.

Le mélèze laricin croît dans diverses conditions de sol, mais il est surtout présent dans les sols froids mal drainés, dans les terrains marécageux et dans d'autres types de tourbières. De taille petite à moyenne, les plants matures mesurent généralement entre 15 et 23 m de hauteur, jusqu'à 40 cm de diamètre et peuvent vivre de 150 à 180 ans. Le mélèze laricin est commun dans la forêt boréale et est considéré comme un arbre très résistant au froid. Afin de survivre à l'hiver, le mélèze laricin est doté d'un processus appelé « gel extracellulaire ». Durant le gel de l'eau, des cristaux de glace risquant de causer des dommages irréparables aux cellules se forment. Cependant, dans ce processus, le liquide cellulaire passe à travers la membrane de la cellule et se déverse dans les espaces vides entre les cellules, où le liquide peut geler sans endommager la structure interne des cellules, permettant ainsi au mélèze laricin de survivre aussi loin au nord que la limite de distribution des arbres.

Le mélèze laricin n'est pas une essence commerciale importante, mais il est récolté en vue de la fabrication de produits de pâtes et papiers. Son bois dur résistant à la pourriture est également utilisé pour produire des poteaux, des piquets de clôture et des traverses de chemin de fer. Auparavant, ses racines étaient utilisées dans la construction de navires. Les peuples autochtones utilisaient le mélèze laricin à de nombreuses fins, notamment alimentaires et médicales, ainsi que pour construire des canoës et des raquettes. Les racines peuvent être utilisées pour tisser des sacs et coudre des canoës d'écorce. Ses branches et ses brindilles permettent également de fabriquer des appelants de canards et d'oies utilisés pour la chasse traditionnelle chez les Cris. Divers animaux se nourrissent de ses feuilles, de ses cônes, de ses graines et de son écorce, notamment le Tétras à queue fine (Tympanuchus phasianellus), l'ours noir (Ursus americanus), le lièvre d'Amérique (Lepus americanus), le porc épic d'Amérique (Erethizon dorsatum) et l'écureuil roux (Tamiasciurus hudsonicus). Les principaux ravageurs du mélèze laricin comprennent le tenthrède du mélèze (Pristiphora erichsonii) et le dendroctone du mélèze (Dendroctonus simplex).

À l'échelle nationale et dans l'ensemble des provinces et des territoires, le mélèze laricin est classé en sécurité. Ses cousins indigènes, le mélèze subalpin (Larix lyallii) et le mélèze de l'Ouest (Larix occidentalis), qui ne sont présents qu'en Alberta et en Colombie Britannique, sont également classés en sécurité à l'échelle nationale.

Plein feux sur le peuplier des marais (Populus heterophylla)

En 2002, dans le cadre d'un relevé biologique dans la forêt Bickford, dans le sud de l'Ontario, des chercheurs ont été stupéfaits de découvrir une nouvelle espèce au Canada. Et il ne s'agissait pas d'une petite espèce passant facilement inaperçue, mais bien d'un peuplement de plus de 60 arbres matures pouvant atteindre 27 m de hauteur! Cette nouvelle espèce est le peuplier des marais, un arbre à feuilles caduques appartenant à la famille des saules (salicacées) et étroitement lié aux peupliers, aux trembles et aux liards (genre Populus). Le peuplier des marais est assez commun dans le sud est des États Unis, mais il est plus rare dans le nord est de ce pays.

Cet arbre décidu de taille moyenne peut atteindre 40 m de hauteur dans les sols humides de marais et de plaines inondables. Ses feuilles sont grandes et arrondies; son écorce rougeâtre est épaisse et rugueuse. À l'instar d'autres espèces de peupliers, les fleurs du peuplier des marais croissent très tôt au printemps, avant même l'apparition des feuilles. Elles prennent la forme de chatons tombants, et chaque arbre possède des fleurs mâles ou femelles, mais jamais de fleurs des deux sexes. Le pollen est dispersé par le vent, depuis les fleurs mâles jusqu'aux fleurs femelles, où les oeufs sont fécondés et les graines commencent à se développer. Ces dernières sont de couleur pâle et comportent des touffes de poils, ce qui leur permet d'être transportées par le vent ou de flotter sur l'eau. L'habitat du peuplier des marais est souvent inondé au début du printemps, au moment de la production des graines. Celles ci tombent alors dans l'eau et flottent jusqu'à ce que les niveaux d'eau diminuent; elles sont alors déposées sur le sol humide, où elles peuvent germer et croître. Le peuplier des marais a une meilleure croissance dans les zones ouvertes peu ombragées, et on le trouve souvent le long des berges de marais ou de rivières. Les arbres matures ne sont pas présents en grand nombre dans l'aire de répartition de l'espèce et ils ne constituent la composante principale d'aucun type de forêt.

La découverte du peuplier des marais au Canada nous rappelle qu'il nous en reste encore beaucoup à apprendre sur les espèces sauvages canadiennes, même dans des régions densément peuplées comme le sud de l'Ontario. En raison de son aire de répartition canadienne très limitée et de la petite taille de la population au pays, le peuplier des marais est classé possiblement en péril à l'échelle nationale.

Résultats des évaluations de la situation générale

À l'échelle nationale, 51 p. 100 des 5 074 espèces canadiennes de plantes vasculaires sont classées en sécurité (2 572 espèces), 11 p. 100, possiblement en péril (552 espèces); 9 p. 100, sensibles (460 espèces) et 2 p. 100, en péril (110 espèces) (figures 2-1 i et 2-1 ii, tableau 2-1 i). Moins de 1 p. 100 des espèces de plantes vasculaires sont disparues du Canada (22 espèces) et aucune n'est disparue. Toujours à l'échelle nationale, 24 p. 100 des espèces de plantes vasculaires sont classées exotiques (1 216 espèces), ce qui représente la proportion la plus élevée de tous les groupes évalués dans le présent rapport. Enfin, 2 p. 100 des espèces canadiennes de plantes vasculaires sont classées indéterminées (112 espèces) et 1 p. 100, non évaluées (30 espèces).

Figure 2-1-i: Résumé de la richesse en espèces et des classifications de la situation générale des plantes vasculaires au Canada en 2005.
Diagramme à bandes (see long description below)
Description longue pour la figure 2-1-i

La figure 2-1-i résume la richesse en espèces et les classifications de la situation générale des plantes vasculaires au Canada et par région en 2005. Au Canada, 22 espèces étaient disparues, 110 en péril, 552 possiblement en péril, 460 sensibles, 2572 en sécurité, 112 indéterminées, 30 non-évaluées et 1216 exotiques, pour un total de 5074 espèces de plantes vasculaires. Au Yukon, 249 espèces étaient possiblement en péril, 227 sensibles, 542 en sécurité, 36 indéterminées, 20 non-évaluées et 132 exotiques, pour un total de 1206 espèces. Dans les Territoires du Nord-Ouest, 167 espèces étaient possiblement en péril, 199 sensibles, 576 en sécurité, 63 indéterminées, 3 non-évaluées et 95 exotiques, pour un total de 1103 espèces. Au Nunavut, 148 espèces étaient possiblement en péril, 137 sensibles, 269 en sécurité, 86 indéterminées et 13 exotiques, pour un total de 653 espèces. En Colombie-Britannique, 2 espèces étaient disparues au Canada, 37 en péril, 323 possiblement en péril, 440 sensibles, 1265 en sécurité, 10 indéterminées, 56 non-évaluées et 657 exotiques, pour un total de 2790 espèces. En Alberta, une espèce était disparue au Canada, 6 en péril, 268 possiblement en péril, 220 sensibles, 923 en sécurité, 135 indéterminées, une non-évaluée et 298 exotiques, pour un total de 1852 espèces. En Saskatchewan, 7 espèces étaient en péril, 395 possiblement en péril, 90 sensibles, 649 en sécurité, 16 indéterminées, 104 non-évaluées et 330 exotiques, pour un total de 1591 espèces. Au Manitoba, 11 espèces étaient en péril, 364 possiblement en péril, 110 sensibles, 732 en sécurité, 161 indéterminées et 353 exotiques, pour un total de 1731 espèces. En Ontario, 22 espèces étaient disparues du Canada, 55 en péril, 441 possiblement en péril, 184 sensibles, 1255 en sécurité, 81 indéterminées et 1017 exotiques, pour un total de 3055 espèces. Au Québec, 11 espèces étaient disparues du Canada, 48 en péril, 259 possiblement en péril, 259 sensible, 974 en sécurité, 191 indéterminées, 5 non-évaluées et 745 exotiques, pour un total de 2491 espèces. Au Nouveau-Brunswick, 9 espèces étaient disparues du Canada, 8 en péril, 168 possiblement en péril, 126 sensibles, 774 en sécurité, 41 indéterminées, 2 non-évaluées et 536 exotiques, pour un total de 1664 espèces. En Nouvelle-Écosse, 14 espèces étaient disparues du Canada, 8 en péril, 127 possiblement en péril, 136 sensibles, 694 en sécurité, 96 indéterminées et 596 exotiques, pour un total de 1671 espèces. À l’Île-du-Prince-Édouard, 6 espèces étaient disparues du Canada, une en péril, 168 possiblement en péril, 70 sensibles, 383 en sécurité, 65 indéterminées et 359 exotiques, pour un total de 1052 espèces. À Terre-Neuve et Labrador, 4 espèces étaient en péril, 173 possiblement en péril, 161 sensibles, 291 en sécurité, 88 indéterminées, 280 non-évaluées et 284 exotiques, pour un total de 1281 espèces.

Table 2-1-i: Résumé des classifications de la situation générale des plantes vasculaires au Canada en 2005.
ClassificationCAYTNTNUBCABSKMBONQCNBNSPENL
Disparue au Canada220002100221191460
Disparue00000000000000
En péril11000037671155488814
Possiblement en péril552249167148323268395364441259168127168173
Sensible4602271991374402209011018425912613670161
En sécurité257254257626912659236497321255974774694383291
Indéterminée11236638610135161618119141966588
Non-évaluée302030561104005200280
Exotique121613295136572983303531017745536596359284
Occasionnelle00000000000000
Totale5074120611036532790185215911731305524911664167110521281

Comparaison avec les espèces sauvages 2000

Deux groupes de plantes vasculaires, les fougères et les orchidées, ont été évalués dans le cadre de la publication des Espèces sauvages 2000. Il y avait alors 122 espèces de fougères et 78 orchidées présentes au Canada. Depuis, trois nouvelles espèces de fougères, appartenant toutes au genre des botryches (Botrychium) ont été ajoutées à la liste nationale : le botryche linéaire (Botrychium lineare), le botryche de Tunux (Botrychium tunux) et le botryche Yaa Xu da Keit (Botrychium yaaxudakeit). De plus, la fougère Polystichum californicum, classée possiblement en péril en 2000, a été retirée de la liste nationale, car la seule collection canadienne a été identifiée comme une autre espèce, ce qui signifie qu'elle n'a jamais été documentée au Canada. Par conséquent, le nombre d'espèces de fougères classées en 2005 s'établit à 124.

Aucune nouvelle espèce d'orchidée n'a été ajoutée à la liste nationale depuis 2000, mais certains changements taxinomiques ont eu lieu, ce qui a entraîné la fusion de deux ensembles d'espèces : Dactylorhiza fuchsia et Dactylorhiza majalis, ainsi que Platanthera leucostachys et Platanthera dilatata. Le nombre total d'orchidées classées est donc passé de 78 en 2000 à 76 en 2005. Les espèces dont la taxinomie a été modifiée ou celles qui ont été ajoutées ou retranchées de la liste des espèces depuis 2000 ne sont pas incluses dans les autres discussions concernant des changements de classifications.

Au total, 195 espèces de fougères et d'orchidées ont été évaluées en 2000 et en 2005. La classification nationale de 18 d'entre elles (9 p. 100) a été modifiée : 11 espèces présentent maintenant un niveau de risque accru (61 p. 100), six espèces, un niveau de risque inférieur (33 p. 100) et une espèce est disparue du Canada (6 p. 100). Les changements aux classifications nationales sont attribuables à une amélioration des connaissances (67 p. 100, 12 changements), à une modification des procéduresNote 1 de bas de page (17 p. 100, 3 changements) ou à une évaluation détaillée de la situation par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (17 p. 100, 3 changements) et non à des changements biologiques dans la répartition, l'abondance ou les menaces (tableaux 2-1 ii et 2-1 iii). Les modifications des classifications nationales ont eu très peu d'effets sur la proportion globale des espèces classées dans chaque catégorie.

Table 2-1-ii: Comparaison des classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des fougères et des orchidées des Espèces sauvages 2000 et 2005.
NuméroClassifications nationalesNombre et pourcentage d'espèces dans chaque classification dans Les espèces sauvages 2000Nombre et pourcentage d'espèces dans chaque classification dans Les espèces sauvages 2005Résumé du changementJustification du ou des changements
0Disparue/disparue0--a- 
0.2Disparue--a0- 
0.1Disparue du--a1 (1%)Amélioration des connaissancesb
1En péril10 (5%)13 (7%)Évaluation du COSEPACc
2Possiblement en28 (14%)29 (15%)Amélioration des connaissancesb, espèces ajoutéesd
3Sensible26 (13%)25 (13%)Amélioration des connaissancesb, changement de procédurese
4En sécurité129 (65%)127 (64%)Amélioration des connaissancesb, changement de procédurese changement taxinomiquef
5Indéterminée00=-
6Non évaluée00=-
7Exotique6 (3%)5 (3%)changement taxinomiquef
8Occasionnelle1 (1%)0Amélioration des connaissancesb

Légende : ↑ Le nombre d'espèces de cette catégorie a augmenté. ↓ Le nombre d'espèces de cette catégorie a diminué. ↔ Le nombre d'espèces ajoutées et d'espèces retirées est égal; aucun changement net. = Aucune espèce n'a été ajoutée ni retirée de cette catégorie.

a La catégorie disparue/disparue du Canada des Espèces sauvages 2000 a été scindée en deux en 2005 : disparue et disparue du Canada. Voir la section Contexte pour obtenir des précisions.

b De nouveaux renseignements ont été recueillis ou mis en lumière, ce qui permet d'étayer le changement de classification. Il ne s'agirait pas d'un changement biologique (relatif à la population, à la répartition ou aux menaces) depuis 2000.

c Le COSEPAC a mené une évaluation officielle, ce qui permet d'étayer le changement de classification. Il ne s'agirait pas d'un changement biologique (relatif à la population, à la répartition ou aux menaces) depuis 2000.

d Trois nouvelles espèces ont été ajoutées à la liste nationale.

e Le changement est attribuable à une modification du processus d'attribution des classifications nationales; la classification régionale ayant le niveau de risque le moins élevé est attribuée à l'échelle nationale.

f Un changement taxinomique a entraîné la fusion de deux espèces. Voir la section Comparaison avec Les espèces sauvages 2000 du Résumé des évaluations de la situation générale des plantes vasculaires.

Table 2-1-iii: Résumé des changements dans les classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des espèces de fougère et d'orchidée, entre Les espèces sauvages 2000 et 2005.
Classification nationale en 2005Classification nationale en 2000Nom communNom scientifiqueeJustification du changementa
Disparue du CanadasOccasionnellePlatanthèrePlatanthera ciliarisA
En périlPossiblement en périlPolystic de LemmonPolystichum lemmoniiC
En périlPossiblement en périlPolystic des falaisesPolystichum scopulinumC
En périlPossiblement en périlPlatanthère blanchâtre de l'EstPlatanthera leucophaeaC
Possiblement en périlSensiblePlatanthère blanchâtre de l'EstBotrychium montanumA
Possiblement en péril périlSensiblePelléa de GastonyPellaea gastonyiA
Possiblement en péril périlSensible-Polystichum setigerumA
Possiblement en périlSensible-Botrychium ascendensA
Possiblement en périlSensible-Botrychium pedunculosumA
Possiblement en périlSecure-Marsilea vestitaA
SensiblePossiblement en périlPlatanthère à grandes feuillesPlatanthera macrophyllaA
SensiblePossiblement en périlSpirantheSpiranthes ochroleucaA
SensibleEn sécurité-Woodwardia fimbriataA
SensibleEn sécurité-Piperia elegansA
SensiblePossiblement en périlCypripède tête de bélierCypripedium arietinumP
SensiblePossiblement en périlMalaxide de maraisMalaxis paludosaP
En sécuritéSensibleGymnocarpe du Japon sous-espèce frèleGymnocarpium jessoenseA
En sécuritéSensiblePlatanthère grandiflorePlatanthera grandifloraP

a C: nouvelle évaluation du COSEPAC A: amélioration des connaissances sur l'espèce P: modification des procédures

Menaces envers les plantes vasculaires canadiennes

La diversité des plantes vasculaires étant si grande au Canada, il n'est pas surprenant que les menaces envers celles ci soient également variées. À l'instar des autres groupes d'espèces, la perte et la dégradation de l'habitat constituent de graves problèmes. La perte de l'habitat survient lorsque les habitats naturels sont transformés en raison de l'utilisation des sols par les humains, par exemple, l'agriculture et l'aménagement résidentiel, ou à la suite de processus naturels tels que la succession, un incendie ou une inondation. La dégradation de l'habitat peut revêtir de nombreuses formes, notamment la pollution, la modification du régime d'écoulement des eaux ou le piétinement par les humains ou des animaux. La surexploitation représente une autre menace envers quelques espèces, en particulier les plantes appréciées pour leur beauté (par exemple, le cypripède royal) ou celles qui ont des propriétés médicinales.

Depuis les dernières années, les répercussions des espèces exotiques sont considérées comme de sérieuses menaces envers les espèces sauvages indigènes. Les plantes exotiques concurrencent les espèces indigènes pour l'obtention de l'espace et des ressources. Par exemple, la salicaire commune (Lythrum salicaria), une espèce européenne introduite au XIXe siècle, a modifié de nombreuses zones humides qui, de systèmes à grande diversité végétale, sont devenues des milieux presque entièrement dominés par un petit nombre d'espèces exotiques. Cette modification affecte de nombreuses espèces, y compris les mammifères, les reptiles, les amphibiens et les invertébrés dont la survie dépend des zones humides. Par exemple, les rats musque commun (Ondatra zibethicus) ne se nourriront pas de salicaires pourpres et beaucoup d'oiseaux n'y nicheront pas. En outre, les espèces exotiques risquent d'introduire de nouvelles maladies qui nuiront à la santé des plantes indigènes. L'hybridation constitue également un problème. Dans ces cas, une espèce exotique se reproduit avec une plante indigène, ce qui affaiblit le fonds génétique de cette dernière. Le mûrier rouge (Morus rubra), une espèce indigène classée en péril, a décliné en partie en raison de l'hybridation avec le mûrier blanc (Morus alba), une espèce exotique. Chaque année, des millions de dollars sont dépensés afin de lutter contre la présence dans les habitats naturels d'espèces exotiques telles que la salicaire pourpre, la centaurée maculée (Centaurea biebersteinii) et le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica).

Conclusion

L'évaluation de la situation générale des 5 074 espèces canadiennes de plantes vasculaires constitue une réalisation importante, qui a fait appel aux botanistes de partout au pays et nécessité les données les plus actuelles en vue d'évaluer la répartition et la situation générale des plantes vasculaires du Canada. Cette compilation de connaissances servira de base à d'autres recherches et projets de suivi et permettra de souligner les lacunes en matière de connaissances. Les résultats de la présente évaluation de la situation générale indiquent que, à l'échelle nationale, la majorité (51 p. 100) des espèces de plantes vasculaires canadiennes est classée en sécurité, bien que 11 p. 100 d'entre elles soient classées possiblement en péril et 2 p. 100, en péril. Ces résultats mettent également en évidence la grande proportion d'espèces classées exotiques, soit 24 p. 100 des espèces de plantes vasculaires, une proportion beaucoup plus importante que pour tous les autres groupes évalués dans le cadre du présent rapport. Enfin, la mise à jour des classifications des fougères et des orchidées montre l'importance de l'amélioration des connaissances dans l'accroissement de notre compréhension de la situation des plantes vasculaires au Canada.

Pour en savoir plus

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Références

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Footnotes

Footnote 1

Pour tous les groupes évalués dans le cadre du présent rapport, les classifications nationales se fondent généralement sur la classification régionale ayant le niveau de risque le moins élevé. Par exemple, si l'espèce était classée sensible dans des provinces et territoires et en sécurité dans d'autres, la classification nationale est, par défaut, en sécurité (voir la section principale Contexte pour obtenir des précisions, notamment sur les exceptions à cette règle générale). Ce processus empirique n'a pas été appliqué à toutes les espèces au moment de la classification des fougères et des orchidées en 2000. Par conséquent, certaines modifications apportées aux classifications canadiennes de ces groupes d'espèces sont principalement attribuables aux changements de procédures entre 2000 et 2005. Ces modifications visent à assurer la comparabilité des classifications nationales.

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