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Espèces sauvages 2005: la situation générale des espèces au Canada

Odonates

Odonates : Ordre d'insectes qui comprend les libellules et les demoiselles. Il s'agit d'insectes carnivores ailés aux couleurs métalliques brillantes qui pondent leurs oeufs dans l'eau et qui se développent en passant par une étape de nymphe (larve) aquatique - Henderson's Dictionary of Biological Terms.

Photo d’un Caloptéryx à taches apicales perché sur une feuille.
Photo: Caloptéryx à taches apicales, (Calopteryx aequabilis) © Bev Wingey

En bref

  • Il existe plus de 6 500 espèces d'odonates dans le monde, dont 209 sont présentes au Canada
  • À l'échelle nationale, la majorité (69 p. 100) des odonates canadiens est classée en sécurité, 13 p. 100, possiblement en péril et 13 p. 100, sensibles. Aucune n'est classée en péril, car le COSEPAC n'a pas encore évalué d'espèces d'odonates.
  • Les odonates sont apparus il y a plus de 300 millions d'années, à peu près en même temps que les premiers reptiles; il s'agit donc de l'ordre d'insectes toujours vivant le plus ancien du monde.
  • L'envergure des ailes de la libellule fossile Meganeura, qui vivait il y a quelque 250 millions d'années, dépassait les 50 cm, ce qui en fait le plus grand odonate connu!
  • Les yeux des libellules peuvent posséder plus de 25 000 lentilles, ce qui leur confère une vision de presque 360 degrés.

Contexte

L'ordre des odonates se divise en trois sous ordres : les demoiselles ou Zygoptera, les libellules ou Anisoptera et les Anisozygoptera, qui sont représentés par deux espèces vivantes, toutes deux asiatiques. Au total, 209 espèces sont présentes au Canada, y compris 57 espèces de demoiselles et 152 espèces de libellules. Tous les odonates possèdent deux paires d'ailes, un corps long et effilé ainsi que de grands yeux. Les libellules sont généralement plus grandes et plus robustes que les demoiselles, et ont tendance à étendre leurs ailes horizontalement lorsqu'elles sont au repos, alors que les demoiselles les gardent fermées sur leur dos ou partiellement étendues. Les odonates ont besoin d'eau douce pour assurer le succès de leur reproduction et ils sont présents près d'habitats d'eau douce de divers types : petits cours d'eau, tourbières, marais, étangs marécageux, marécages, grands lacs et rivières.

Le cycle vital des odonates compte trois phases : oeuf, larve et adulte. Les oeufs sont pondus dans l'eau douce ou à proximité, éclosent et produisent des larves aquatiques qui respirent grâce à leurs branchies. Les branchies des larves de libellule sont situées dans la chambre rectale, à la fin de l'appareil digestif. Les larves de libellule se déplacent dans l'eau grâce à une propulsion par réaction, en faisant jaillir de l'eau de leurs branchies. Les larves de demoiselle sont plus fines et semblent plus élégantes que les larves de libellule. Elles respirent à l'aide de leurs branchies extérieures, qui ressemblent à deux plumes s'étendant à partir de l'extrémité de l'abdomen. La grande lèvre inférieure articulée, ou labium, constitue l'une des caractéristiques les plus inhabituelles des larves d'odonate. Le labium sert de grappin; il est projeté à la vitesse de la lumière pour capturer les proies avec des crochets ressemblant à une dague. Grâce à ce dispositif de capture hors du commun, les larves d'odonate sont des prédateurs très fructueux, qui se nourrissent d'une variété d'organismes aquatiques, y compris d'autres insectes et même de petits poissons. Elles sont également la proie d'un éventail étonnant d'animaux, des poissons et écrevisses aux oiseaux tels que le Plongeon huard (Gavia immer) et la Grue blanche (Grus americana).

Selon l'espèce, les larves d'odonate vivent dans l'eau pendant moins de deux mois ou plus de cinq ans. À sa maturité, la larve sort de l'eau, souvent en escaladant une plante émergente. Pendant sa métamorphose spectaculaire, l'exosquelette s'ouvre le long de la tête et du haut du thorax, et la libellule adulte émerge de la peau larvaire. L'adulte se repose ensuite pendant que ses ailes sèchent et s'étendent, et il prend ensuite son premier envol, laissant derrière lui la peau larvaire, ou exuvie. Après avoir émergé, les adultes passent habituellement quelques jours ou semaines à se reposer, à chasseret à engraisser dans des habitats hors des milieux humides avant de retourner dans l'eau pour se reproduire. Pendant cette période, les adultes atteignent leur maturité sexuelle et leur couleur change fréquemment, devenant plus brillante et saisissante.

À l'instar des larves, les odonates adultes sont des prédateurs voraces qui font leur proie d'insectes aériens, tels que les moustiques, les moucherons et même d'autres odonates. Leur succès est attribuable à leur acuité visuelle ainsi qu'à leur vitesse et à leur mobilité dans l'air. Les odonates sont extrêmement bien adaptés et peuvent capturer des proies, manger, se reproduire et pondre leurs oeufs en vol. Il a été signalé que de grandes libellules atteignaient une vitesse supérieure à 50 km/h! L'étape adulte est habituellement la phase la plus courte du cycle vital; elle dure seulement quelques semaines. Aucun odonate adulte canadien n'hiverne, mais au moins deux espèces sont migratrices.

Les odonates se reproduisent dans une grande variété d'habitats aquatiques. Leur répartition dépend de divers facteurs, dont l'acidité et le débit de l'eau, la végétation, le type de substrat, la concurrence avec d'autres organismes, la prédation, la perturbation et les niveaux de pollution. Les espèces généralistes, qui sont capables de survivre dans une variété d'habitats, tendent à être largement répandues. Les espèces spécialistes, dont les besoins en matière d'habitat sont précis, telles que l'Ophiogomphus howei, une espèce des cours d'eau clairs et rapides, tendent à être plus dispersées et localisées. Cette caractéristique rend les espèces spécialistes vulnérables aux déclins de population attribuables à la perturbation et à la destruction de l'habitat.

Les odonates constituent un groupe d'insectes fascinants qui, depuis les dernières années, attire de plus en plus l'attention des professionnels et des amateurs, y compris les enfants, tel que le montre le nombre croissant de publications scientifiques et de vulgarisation consacrées aux odonates. Ces espèces au comportement complexe et aux couleurs scintillantes sont très belles et intéressantes à observer. Les noms communs intrigants des odonates présentent également une diversité colorée, par exemple, Caloptéryx à taches apicales (Calopteryx aequabilis), Ophiogomphe bariolé (Ophiogomphus anomalus) et Voluptueuse (Libellula incesta). Comme les odonates sont des prédateurs voraces et qu'ils constituent également des proies importantes pour des poissons et des oiseaux, ils jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Certaines espèces d'odonates sont sensibles à la qualité de l'eau, ce qui en fait probablement d'importants indicateurs environnementaux.

État des connaissances au Canada

Les odonates constituent l'un de nos groupes d'insectes les mieux connus, mais le cycle vital, la répartition et les besoins en matière d'habitat de nombreuses espèces canadiennes d'odonates sont peu compris. Sans ces connaissances élémentaires, il est difficile d'établir des tendances de population et de prévenir le déclin ou la disparition de populations.

Au cours des 10 dernières années, les relevés d'odonates ont permis d'améliorer grandement les connaissances sur leur habitat et leur répartition dans plusieurs provinces et territoires. Par exemple, avant 1995, la cordulie de Robert (Somatochlora brevicincta) n'était rencontrée que dans quelques tourbières isolées du Québec, mais l'espèce a été observée au Nouveau Brunswick, en Nouvelle Écosse, à Terre Neuve-et-Labrador et en Colombie Britannique. Cet élargissement de l'aire de répartition n'est probablement pas récent, mais de nouveaux relevés et une meilleure compréhension de l'écologie de l'espèce ont favorisé la découverte de nouveaux emplacements. De même, un récent relevé mené dans les Territoires du Nord Ouest a permis d'ajouter cinq espèces d'odonates à la liste territoriale des espèces.

À l'avenir, il sera nécessaire de mener des relevés systématiques, de la surveillance à long terme et des projets de recherche ciblée sur la biologie, le cycle vital, les menaces et d'autres questions pertinentes afin d'améliorer les connaissances sur les odonates canadiens. Ces activités seront particulièrement importantes dans le Nord, où les odonates sont peu connus. Des projets bénévoles continus, tels que l'Ontario Odonata Survey and Atlas et le Manitoba Dragonfly Survey, permettront d'obtenir des données à long terme sur la répartition et la biologie des odonates. Les résultats de la présente évaluation de la situation générale ont aidé le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) à classer les espèces d'odonates par ordre de priorité en vue des évaluations détaillées de la situation du COSEPAC, qui porteront sur la situation de certaines espèces actuellement classées possiblement en péril.

Richesse et diversité au Canada

Au Canada, la richesse en odonates est plus élevée dans les provinces de l'Est, de la Nouvelle Écosse à l'Ontario (figures 2-4 i et 2-4 ii, tableau 2-4 i), en particulier en Ontario, où 168 des 209 espèces canadiennes d'odonates sont présentes. Bien que la richesse en espèces soit moindre dans le Nord canadien comparativement au sud du pays, les abondants milieux humides vierges du Nord offrent une vaste variété d'habitats pour les espèces spécialistes de cette région, dont le Somatochlora sahlbergi, qui n'est présent au Canada que dans les trois territoires et dans le nord de la Saskatchewan. Toutes les espèces d'odonates du Canada sont présentes dans d'autres pays.

Plein feux sur la libellule Neurocordulia michaeli

Les scientifiques savent parfaitement que toutes les espèces du monde n'ont pas été découvertes ou nommées, mais, en 1993, un biologiste de terrain canadien a permis de retrancher une espèce à cette liste. Dans la rivière Canoose, dans le sud ouest du Nouveau Brunswick, Paul Michael Brunelle a trouvé par hasard une exuvie qu'il a été incapable d'identifier. Les exuvies sont abandonnées par les larves métamorphosées en adulte et elles permettent d'identifier les espèces d'odonates. Malgré la participation de plusieurs spécialistes, il a été impossible d'identifier l'espèce. L'année suivante, des mâles et des femelles adultes d'une espèce inconnue ont été trouvés au même endroit. Le mystère s'épaississait... Enfin, en 1996, on a observé les adultes inconnus émerger des exuvies non identifiées, et il a été confirmé qu'il s'agissait de la même espèce, nouvelle : le Neurocordulia michaeli. Cette espèce, qui passe facilement inaperçue, ne vole qu'au crépuscule. Elle a par la suite été observée dans le Maine et en Ontario, mais les mentions dans cette province n'ont pas été incluses dans Les espèces sauvages 2005, car l'espèce a été découverte après le classement des odonates, en 2003. À l'échelle nationale, la libellule Neurocordulia michaeli est classée sensible.

Ce sont de telles possibilités de découvrir de nouvelles espèces qui attirent les passionnés vers l'étude des odonates. Il est fréquent que de nouvelles mentions d'odonates soient signalées dans des comtés et il n'est pas inhabituel que de nouvelles mentions territoriales ou provinciales soient effectuées. Néanmoins, la découverte d'une espèce est une sensation que peu de gens ont l'occasion d'éprouver dans leur vie.

Plein feux sur le caloptéryx à taches apicales (Calopteryx aequabilis)

D'une longueur de plus de 5 cm, le caloptéryx à taches apicales est l'une des demoiselles canadiennes les plus grandes et les plus spectaculaires. Cette espèce (classification nationale : en sécurité) est présente dans toutes les provinces et au Nunavut. Fréquemment observée le long des berges de rivières et de larges ruisseaux, cette demoiselle vole élégalement, à la manière d'un papillon.

Le caloptéryx à taches apicales pond ses oeufs dans les tiges de plantes aquatiques submergées, à 30 cm ou plus de la surface de l'eau; pendant la ponte, les femelles peuvent demeurer submergées pendant 30 minutes ou plus! Après l'éclosion, les larves passent au moins deux ans dans l'eau, avant de se métamorphoser en adulte. Les caloptéryx à taches apicales adultes se distinguent par leur spectaculaire corps vert métallique et leurs larges ailes, dont on dirait que l'extrémité a été trempée dans l'encre noire. Les femelles adultes passent la majeure partie de leur temps à se nourrir dans des habitats hors des milieux humides et ne retournent vers l'eau que pour s'accoupler et pondre leurs oeufs. Cependant, les mâles passent la majeure partie de leur temps à défendre leur territoire le long des berges de rivières et de larges ruisseaux. Lorsqu'une femelle pénètre dans le territoire du mâle, ce dernier commence une danse de parade nuptiale complexe. D'abord, il effectue un vol de parade au dessus d'un éventuel site de ponte de son territoire pendant lequel il affiche les beaux motifs de ses ailes postérieures, ce qui pourrait assurer à la femelle qu'il est un compagnon approprié de son espèce. Ensuite, le mâle papillonne devant de la femelle jusqu'à ce qu'elle accepte l'accouplement. Enfin, la femelle pond ses oeufs, et le cycle vital recommence.

Ces demoiselles constituent une excellente espèce d'étude relativement à un éventail de questions comportementales et écologiques étant donné qu'elles sont faciles à observer et à manipuler, que leur aire de répartition est vaste et que eurs modèles de comportement sont complexes. Les caloptéryx à taches apicales en ont appris beaucoup aux scientifiques sur les déplacements des demoiselles dans les milieux secs, les comportements de pariade et la reconnaissance de l'espèce pendant la pariade. Pour les amateurs comme pour les professionnels, ces magnifiques demoiselles seront toujours fascinantes à observer.

Résultats des évaluations de la situation générale

Dans Les espèces sauvages 2005, les odonates ont été évalués pour la première fois à l'échelle nationale. Les classifications ont été terminées en novembre 2003 et reflètent les données connues jusqu'alors.

À l'échelle nationale, la majorité des 209 odonates canadiens sont classés en sécurité (145 espèces, 69 p. 100, figures 2-4 i et 2-4 ii, tableau 2-4 i); 27 espèces sont classées sensibles (13 p. 100) et 28 espèces, possiblement en péril (13 p. 100). Aucune espèce n'est classée en péril à l'échelle nationale, car le COSEPAC n'a achevé aucune évaluation de la situation d'odonates. Cependant, des évaluations de situation du COSEPAC visant deux espèces d'odonates, le Gomphus quadricolor et l'Ophiogomphus howei, sont en cours, et neuf autres espèces figurent dans la liste des espèces candidates du COSEPAC en vue d'une évaluation.

À l'échelle nationale, sept espèces d'odonates sont classées indéterminées (3 p. 100), mais cette proportion est beaucoup plus élevée dans certaines provinces et territoires, ce qui reflète le besoin d'augmenter les efforts de relevés. Enfin, deux espèces sont classées occasionnelles (1 p. 100).

Figure 2-4-i: Résumé de la richesse en espèces et des classifications de la situation générale des espèces d'odonates au Canada en 2005.
bar chart (see long description below)
Description longue pour la figure 2-4-i

La figure 2-4-i résume la richesse en espèces et les classifications de la situation générale des espèces d'odonates au Canada et par région en 2005. Au Canada, 28 espèces étaient possiblement en péril, 27 sensibles, 145 en sécurité, 7 indéterminées et 2 occasionnelles, pour un total de 209 espèces d’odonates. Au Yukon, une espèce était non-évaluée, pour un total d’une espèce. Dans les Territoires du Nord-Ouest, 7 espèces étaient en péril, 6 sensibles et 20 en sécurité, pour un total de 33 espèces. Au Nunavut, 42 espèces étaient indéterminées, pour un total de 42 espèces. En Colombie-Britannique, 2 espèces étaient en péril, 9 possiblement en péril, 11 sensibles, 63 en sécurité et 2 occasionnelles, pour un total de 87 espèces. En Alberta, 16 espèces étaient sensibles, 44 en sécurité, 10 indéterminées et 2 occasionnelles, pour un total de 72 espèces. En Saskatchewan, 42 espèces étaient en sécurité et 46 indéterminées, pour un total de 88 espèces. Au Manitoba, 33 espèces étaient possiblement en péril, 10 sensibles, 36 en sécurité, 13 indéterminées et une non-évaluée, pour un total de 96 espèces. En Ontario, 43 espèces étaient possiblement en péril, 39 sensibles, 79 en sécurité, 5 indéterminées et 2 occasionnelles, pour un total de 168 espèces. Au Québec, 10 espèces étaient possiblement en péril, 20 sensibles, 103 en sécurité, une indéterminée, une exotique et 3 occasionnelles, pour un total de 138 espèces. Au Nouveau-Brunswick, 16 espèces étaient possiblement en péril, 20 sensibles, 79 en sécurité, 15 indéterminées et une occasionnelle, pour un total de 131 espèces. En Nouvelle-Écosse, 10 espèces étaient possiblement en péril, 6 sensibles, 77 en sécurité et 27 indéterminées, pour un total de 120 espèces. À l’Île-du-Prince-Édouard, 25 espèces étaient possiblement en péril, 12 sensibles, 24 en sécurité, 4 indéterminées et une occasionnelle, pour un total de 66 espèces. À Terre-Neuve et Labrador, 16 espèces étaient en sécurité, 24 indéterminées et une occasionnelle, pour un total de 41 espèces.

Tableau 2-4-i : Résumé des classifications de la situation générale des odonates au Canada en 2005.
RankCAYTNTNUBCABSKMBONQCNBNSPENL
Disparue au Canada00000000000000
Disparue00000000000000
En péril00000000000000
Possiblement en péril287409003343101610250
Sensible2763011160103920206120
En sécurité14520170634442367910379772416
Indéterminée7011420104613511527424
Non-évaluée00500001000000
Exotique00000000010000
Occasionnelle20002203231011
Totale209334042877288961681381311206641

Menaces envers les odonates canadiens

Afin de mener à bien leur cycle vital, les odonates ont besoin d'habitats aquatiques et terrestres; ils sont donc vulnérables à la dégradation et à la destruction de l'habitat sur terre et dans l'eau. Dans les systèmes aquatiques, la destruction et la dégradation des zones humides, l'établissement de barrages, la canalisation de rivières et de cours d'eau ainsi que la pollution de l'eau risquent d'affecter les populations d'odonates. L'utilisation des voies de navigation à des fins récréatives peut réduire l'abondance et la diversité des odonates, car des individus risquent d'être tués par des sillages de bateau pendant la période d'émergence, durant laquelle ils sont vulnérables. Les odonates sont en outre sensibles aux modifications des écosystèmes attribuables à l'invasion d'espèces exotiques. Les modifications des terres adjacentes aux habitats aquatiques peuvent affecter les odonates directement, par la dégradation des milieux secs dont ils se servent pour atteindre leur maturité et chasser, et indirectement, en affectant la qualité de l'eau.

Conclusion

L'évaluation de la situation générale montre que, bien que plus des deux tiers des odonates canadiens soient classés en sécurité à l'échelle nationale, 13 p. 100 sont classés possiblement en péril. Les odonates et les insectes ne reçoivent généralement pas autant d'attention des biologistes et des agents de conservation que des groupes bien étudiés, par exemple les oiseaux et les mammifères. Cependant, la présente évaluation de la situation générale, qui a été rendue possible grâce à la coopération de biologistes de terrain amateurs et professionnels, a permis au COSEPAC de choisir un certain nombre d'espèces prioritaires en vue d'évaluations détaillées de la situation. Celles ci consolideront nos connaissances des espèces classées possiblement en péril, et les biologistes de terrain amateurs et professionnels continueront à accroître nos connaissances sur le cycle vital et la répartition des odonates au Canada. Puisque dans de vastes régions du pays, personne n'a jamais recherché d'odonates, la découverte de nouvelles espèces constitue donc une excitante possibilité!

Pour en savoir plus

CANNINGS, R. Introducing the Dragonflies of British Columbia and the Yukon, Royal British Columbia Museum, Victoria (Colombie Britannique), 2002, 96 p.

CANNINGS, R. « Resources for the study of Odonata in Canada », Newsletter of the Biological Survey of Canada (Terrestrial Arthropods), vol. 23, no 1, 2004. (consulté le 8 février 2006). [en anglais seulement]

CANNINGS, R. A. et K. M. STUART. « The Dragonflies of British Columbia », British Columbia Provincial Museum Handbook no 35. British Columbia Provincial Museum, Victoria (Colombie Britannique), 1977, 256 p.

DUNKLE, S. W. Dragonflies Through Binoculars, Oxford University Press, New York, 2000, 266 p.

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PILON, J.-G. et D. LAGLACE. Les odonates du Québec, Entomofaune du Québec inc., Chicoutimi (Québec), 1998, 367 p.

PRATT, P. D. Regional Lists of Ontario Odonata, 2004.

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Références

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CANNINGS, S. G. Status of River Jewelwing (Calopteryx Aequabilis Say) in British Columbia, Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie Britannique, Biodiversity Branch et Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie Britannique, Centre de données sur la conservation, Victoria (Colombie Britannique), Wildlife Bulletin no B 110, 2003, 10 p.

CATLING, P.M., R.A. CANNINGS et P. M. BRUNELLE. « An Annotated Checklist of the Odonata of Canada », Bulletin of American Odonatology, vol. 9, no 1, 2005, p. 1 20.

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