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Espèces sauvages 2005: la situation générale des espèces au Canada

Poissons

Poisson : Vertébré hétérotherme pourvu de branchies et de nageoires vivant entièrement dans l'eau - The Canadian Oxford Dictionary.

Image d’un Sébaste aux yeux jaunes
Photo: sébaste aux yeux jaunes, (Sebastes ruberrimus) © Pêches et Océans Canada

En bref

  • Il existe environ 29 400 espèces de poisson connues dans le monde, ce qui est supérieur à tout autre type de vertébrés.
  • Près de 1 400 espèces de poisson sont présentes dans les eaux canadiennes, ce qui représente environ 60 p. 100 de toutes les espèces de vertébrés du Canada; 11 p. 100 se trouvent dans des habitats d'eau douce, 85 p. 100, dans des habitats marins et 4 p. 100, dans les deux types d'habitat.
  • Au total, 60 p. 100 des espèces de poisson du Canada sont classées indéterminées ou non évaluées. Il s'agit pour la plupart d'espèces marines, ce qui reflète la mesure dans laquelle il est nécessaire d'en apprendre davantage sur les ecosystèmes marins, en particulier dans l'Arctique.
  • À l'échelle nationale, la majorité des poissons d'eau douce (64 p. 100) est classée en sécurité. Cependant, 10 p. 100 sont classés en péril.
  • Parmi les 206 espèces de poisson classées en 2002 et en 2005, la cote de 30 espèces a changé depuis la première évaluation. Dans 43 p. 100 des cas, l'espèce a été classée dans une catégorie ayant un niveau de risque moindre; en conséquence, la proportion des espèces en sécurité a augmenté.

Contexte

Les poissons constituent un groupe important et diversifié, présent dans une vaste gamme d'habitats, des profondeurs des océans aux estuaires en changement constant, des étangs peu profonds d'eau chaude aux lacs et rivières profonds et froids. Les poissons modernes se divisent en trois principaux groupes : la superclasse des agnathes, la classe des chondrichtyens et la superclasse des ostéichtyens (classification tirée du Système d'information taxonomique intégré). Les agnathes comprennent les lamproies et les myxines, des poissons primitifs dépourvus de mâchoire ressemblant à des anguilles. Les requins, les raies, les chimères et les spatules font partie de la classe des chondrichtyens; le squelette de ces espèces est constitué de cartilage plutôt que d'os. Enfin, les ostéichtyens comprennent les poissons à squelette osseux et incluent la majorité des poissons vivants. La moitié des espèces connues de vertébrés dans le monde appartient à la superclasse des ostéichtyens!

Il existe des poissons de toutes les tailles et de toutes les formes, de l'énorme laimarque atlantique (Somniosus microcephalus) aux curieuses et primitives lamproies (famille des Petromyzontidae), en passant par les thons au corps en forme de torpille (famille des scombridés). Cependant, tous les poissons ont des caractéristiques communes. Par exemple, tous les poissons vivent sous l'eau et respirent en déplaçant l'eau autour de leurs branchies, où l'oxygène dissous pénètre dans le sang et le dioxyde de carbone est expulsé. La plupart des poissons sont hétérothermes (ectothermes), ce qui signifie que leur température corporelle est déterminée par la température de l'eau. Les poissons se propulsent dans l'eau par des mouvements du corps et de la queue et se dirigent à l'aide de leurs nageoires. La peau de tous les poissons est couverte de sécrétions glandulaires visqueuses et presque tous comportent des écailles. Les sécrétions et les écailles fournissent un revêtement lisse presque imperméable qui réduit la friction et qui permet aux poissons de glisser doucement dans l'eau. En outre, la peau de tous les poissons possède un système d'organes sensoriels appelé le système de lignes latérales. Ce système est sensible aux changements de la pression de l'eau, qui peuvent être produits par les mouvements de l'eau, ou lorsqu'un poisson change de profondeur ou s'approche d'un objet immobile. Ces renseignements permettent aux poissons de naviguer dans leur monde sous marin en trois dimensions.

Les poissons consomment une variété d'aliments : des algues et plantes vasculaires aux invertébrés et autres poissons. Chez la plupart des espèces, l'alimentation change avec l'âge; les juvéniles et les adultes se nourrissent donc différemment. Peu d'espèces ne se nourrissent que d'une seule source alimentaire. Les poissons sont dotés de nombreuses adaptations qui les aident à trouver et à capturer leur nourriture. Par exemple, les prédateurs actifs comme les requins (famille des lamnidés, notamment) possèdent un corps très aérodynamique et sont capables de nager à grande vitesse pendant d'assez longues périodes afin de chasser leurs proies. D'un autre côté, certains prédateurs qui attendent leurs proies comme le grand brochet (Esox lucius) et le lépisosté tacheté (Lepisosteus oculatus) ont un long corps flexible ainsi qu'une longue bouche à préhension, et comptent sur une petite pointe de vitesse lorsque la proie est à leur portée. Les poissons qui se nourrissent à la surface de l'eau, tels que le fondule rayé noir (Fundulus notatus), possèdent généralement une bouche pointée vers le haut, alors que les poissons qui se nourrissent dans le fond de l'eau, par exemple, la barbue de rivière (Ictalurus punctatus), possèdent souvent une bouche située sur le dessous de la tête et ils sont dotés de barbillons qui les aident à repérer la nourriture dans les eaux sombres et troubles. D'autres poissons se nourrissent de plancton, de minuscules plantes (phytoplancton) ou animaux (zooplancton) qui flottent dans l'eau (notamment, le spatulaire [Polyodon spathula] et le hareng, famille des clupéidés). Ces poissons filtrent le plancton à l'aide de branchicténies, semblables à un tamis, situées sous l'opercule.

Il existe une variété de modes de reproduction chez les poissons. La plupart sont gonochoristiques, c'est à dire qu'il existe des individus mâles et des individus femelles, mais certaines espèces sont hermaphrodites, ce qui signifie que les individus changent de sexe pendant leur vie (p. ex. bars, famille des serranidés). La majorité des espèces de poissons pondent des oeufs et s'occupent peu de leurs petits. Par exemple, les grands corégones mâles et femelles (Coregonus clupeaformis) se réunissent en vastes bancs où ils pondent leurs oeufs et libèrent leur sperme dans l'eau, en se préoccupant peu de ce qui arrivera aux oeufs ou aux jeunes par la suite. Ce mode de reproduction s'appelle « ensemencement à la volée ». Les espèces fournissant peu de soins parentaux tendent à produire un grand nombre d'oeufs afin d'accroître les chances que certains survivent. Par exemple, une merluche blanche (Urophycis tenuis) femelle peut libérer jusqu'à trois millions d'oeufs! D'autres espèces en produisent beaucoup moins, mais déploient davantage d'énergie à choisir un compagnon et à prendre soin des oeufs et des jeunes. Par exemple, l'épinoche à trois épines mâle (Gasterosteus aculeatus) construit un « nid » de végétation aquatique et met en oeuvre un rituel de pariade complexe pour attirer une compagne; la femelle pond les oeufs dans le nid avant que le mâle la chasse et s'occupe des oeufs et des petits jusqu'à ce qu'ils soient indépendants. Les raies et certaines espèces de requin offrent à leurs oeufs une protection supplémentaire en les plaçant dans une bourse ou un sac coriace qui peut reposer dans le fond pendant une année ou plus avant l'éclosion des oeufs. Chez la plupart des espèces de requins, la protection des jeunes va encore plus loin, car elles donnent naissance à des jeunes en vie (juvéniles entièrement formés), ce qui permet à la mère d'offrir aux embryons en développement un environnement stable et de les protéger contre la prédation, mais après la naissance, peu de soins sont généralement prodigués. Les poissons donnant habituellement naissance à des jeunes en vie utilisent généralement la fécondation interne, comme les mammifères et les oiseaux.

État des connaissances au Canada

L'état des connaissances sur les poissons canadiens varie grandement selon l'espèce. Celles qui revêtent une importance commerciale, telles que le grand corégone, les espèces de saumon du Pacifique et la morue franche (Gadus morhua), et celles qui font l'objet de pêche récréative, par exemple le doré jaune (Sander vitreus), ont été particulièrement bien étudiées, et on en sait beaucoup sur leur biologie et leur écologie. Les espèces d'intérêt ou d'importance scientifique ont également été bien étudiées. Par exemple, les membres de la famille des épinoches (gastérostéidés) ont été utilisés dans l'étude du comportement reproducteur et alimentaire, des adaptations, de la diète, des effets de la pollution, du cycle vital, de la prédation, de la concurrence, de la sélection naturelle et de la génétique. En outre, certaines espèces exotiques ont été relativement bien étudiées en raison des préjudices qu'elles causent aux collectivités et aux espèces indigènes. Cependant, les autres espèces sont moins bien comprises, en particulier les poissons marins vivant en eaux profondes ou dans l'océan Arctique.

De nombreux projets de recherche sont en cours au Canada, les scientifiques visant à combler les lacunes en matière de compréhension des poissons. Dans le cadre du projet de collaboration avec le Pacific Ocean Shelf (POST), diverses stations d'écoute ont été mises en place le long de la côte ouest de l'Amérique du Nord afin de surveiller les déplacements des animaux marins. Les résultats du POST fourniront des données très importantes sur les aspects peu connus de la biologie des espèces menacées et prisées commercialement ainsi qu'un aperçu sans précédent de la migration des poissons. Sur la côte est, le Centre pour la biodiversité marine étudie notamment les liens entre les pêches et l'habitat ainsi que les répercussions des espèces exotiques sur les poissons marins. De récentes recherches ont porté sur l'étude de toutes les espèces d'un écosystème afin de comprendre son fonctionnement. Ces études permettront d'obtenir l'information nécessaire à la gestion des pêches et d'autres activités de façon durable.

Richesse et diversité au Canada

La répartition des poissons du Canada est régie par de nombreux facteurs, y compris la salinité (quantité de sel dans l'eau), la température et la disponibilité de l'habitat. Il existe environ 1 389 espèces de poissons dans les eaux canadiennes, la majorité se trouvant uniquement dans les eaux marines (1 178 espèces). Le nombre de poissons présents uniquement en eau douce (160 espèces) ou en eau marine et douce (51 espèces) est beaucoup plus faible.

Parmi les provinces et les territoires, l'Ontario compte la diversité d'espèces de poissons la plus élevée (154 espèces) et le Québec arrive au deuxième rang (117 espèces, figure 2-6 i, tableau 2 6 i). Beaucoup d'espèces ontariennes d'eau douce sont des poissons d'eaux chaudes qui ne sont présents que dans le sud de la province et dont la plus grande partie de leur aire de répartition se situe aux États Unis. La richesse en espèces des territoires est inférieure à celle des provinces, mais de nombreux poissons qui s'y trouvent sont des poissons d'eaux froides dont l'aire de répartition est limitée ou inexistante dans le sud du Canada ou aux États Unis continentaux [par exemple, le corégone tschir (Coregonus nasus) et le cisco sardinelle (Coregonus sardinella)].

Les eaux marines canadiennes sont principalement la zone côtière et la plateforme continentale de l'océan, qui sont riches en nutriments et très productives. Le littoral atlantique du Canada, et sa plateforme massive d'une largeur de 110 à 520 km des rives, abrite la plus grande diversité d'espèces (835 espèces, figure 2-6-i, tableau 2-6-i). En comparaison, les plateformes des littoraux pacifique et arctique sont beaucoup moins larges, environ 65 km, et la diversité d'espèces y est moindre.

Plein feux sur l'omble chevalier (Salvelinus alpinus)

L'omble chevalier (classification de la situation générale au Canada : en sécurité) est un proche parent des saumons et des truites. Il fréquente les rivières, les lacs et les cours d'eau froids du Canada. Ce grand poisson souvent coloré est un example d'une espèce anadrome, c'est à dire qu'il se déplace entre les eaux douces (où il fraye) et les eaux marines (où il se nourrit et croît). L'aire de répartition de l'omble chevalier est la plus septentrionale de toutes les autres espèces canadiennes d'eau douce. Espèce indigène du Yukon, des Territoires du Nord Ouest et du Nunavut, l'omble chevalier est également présent dans les Régions est et ouest de l'Arctique, la Région de l'océan Atlantique, au Manitoba, en Ontario, au Québec, au Nouveau Brunswick ainsi qu'à Terre Neuve-et-Labrador.

Le cycle vital de l'omble chevalier présente deux variations : certains migrent entre les habitats d'eau douce et marins (anadromes) et d'autres demeurent en eaux douces en permanence. Dans l'Arctique, les habitats marins sont beaucoup plus riches en nutriments que les habitats d'eau douce; la nourriture y est donc plus accessible. L'omble chevalier anadrome bénéficie de cette situation en passant l'été dans l'océan pour se nourrir et retourne ensuite en eau douce à l'automne, avant le gel de l'eau. Il hiverne en eau douce, généralement au fond de lacs profonds, et retourne à la mer au printemps suivant.

L'omble chevalier d'eau douce demeure toute l'année en eau douce, dans des lacs ou des rivières. Cette variété croît beaucoup plus lentement et est généralement plus petite que l'omble chevalier anadrome; cependant, elle atteint sa maturité sexuelle beaucoup plus rapidement (1 à 3 ans dans le cas de l'omble chevalier d'eau douce comparativement à 10 à 25 ans pour l'omble chevalier anadrome). Ces cycles vitaux différents constituent un casse tête fascinant pour les scientifiques, car, dans certaines zones de l'Arctique, les deux variétés sont présentes dans les mêmes lacs. Les scientifiques étudient également la façon dont les changements climatiques affectent le nombre et le succès relatifs des ombles chevaliers anadromes et d'eau douce.

Depuis des siècles, l'omble chevalier constitue une importante source alimentaire pour les collectivités du Nord. Plus récemment, la pêche sportive de cette espèce a pris une importance commerciale dans le nord du Canada et l'aquaculture a été mise en place dans le sud du pays. L'omble chevalier est un mets fin et coûteux, encore plus prisé que les meilleurs saumons.

Plein feux sur les raies (famille des rajidés)

Les raies, de même que les requins, appartiennent à la classe des chondrichtyens. À l'instar de tous les membres de cette classe, le squelette des raies est fait de cartilage, qui est robuste, souple et deux fois moins dense que les os, ce qui rend les raies légères et flexibles. Le corps des raies est plat, en forme de disque et elles possèdent de larges nageoires pectorales ou « ailes » caractéristiques. Les raies nagent en ondulant doucement leurs nageoires, comme si elles volaient dans l'eau, et leur longue queue mince sert de gouvernail. La plupart des raies sont des poissons des grandes profondeurs qui se tiennent souvent partiellement enfouis sous le sable ou le gravier. La bouche et les branchies sont situées sur le dessous du poisson et deux orifices respiratoires, les spiracles, sont situés sur le dessus. Les raies respirent en inhalant de l'eau par les spiracles et en l'expulsant par les branchies. Carnivores, elles se nourrissent de crabes, de crevettes, de petits crustacés, de petits poissons et de céphalopodes (calmars et pieuvres). Une raie ne peut habituellement pas capturer un animal actif en l'attaquant directement en raison de la position de sa bouche; elle capture plutôt sa proie en s'élançant vers l'avant subitement et en s'installant au dessus d'elle.

Il existe plus de 100 espèces reconnues de raies dans le monde, dont 29 sont présentes en eaux canadiennes. Dans l'est du pays, l'espèce la plus commune est la raie épineuse (Amblyraja radiata). La raie épineuse est de brune à grise, et comporte plus d'épines que les autres espèces de raies. Elle vit au moins 16 ans et peut atteindre 100-110 cm de longueur. Elle vit en eaux froides (surtout 2-7 °C), de 20 à 1 000 m de profondeur. À l'échelle mondiale, les populations de plusieurs espèces de raies, y compris la raie épineuse, seraient en déclin. À l'échelle nationale, la raie épineuse est classée possiblement en péril.

Plein feux sur le sébaste (genre Sebastes)

Les sébastes sont membres de la grande famille des scorpénidés. Il existe 42 espèces de sébastes dans les eaux canadiennes, dont 38 ne sont présentes que dans la région de l'océan Pacifique, 2 dans la région de l'océan Atlantique seulment et 2 dans les régions de l'océan Atlantique et de l'est de l'Arctique. Les sébastes ont des formes, des tailles et des couleurs diverses, mais ils possèdent tous certaines caractéristiques communes, y compris une large bouche, une saillante épine dorsale légèrement empoisonnée et de petites épines qu'ils portent sur la tête. La reproduction a lieu par fécondation interne, et les sébastes donnent naissance à des petits en vie. Leur croissance tend à être lente et leur maturation, tardive; il s'agit d'une espèce longévive au taux de succès du recrutement variable. Le sébaste aux yeux jaunes (Sebastes ruberrimus) constitue un exemple extrême : il atteint sa maturité sexuelle à 18 ans, et peut vivre plus de 110 ans! En raison de ces caractéristiques du cycle biologique, la croissance de la population est lente, ce qui rend les populations de sébastes vulnérables à la mortalité accrue chez les adultes, attribuable notamment à la pêche.

Ces créatures fascinantes sont grandement recherchées, car elles constituent un mets délicieux. De récents programmes de surveillance et de recherche ont indiqué que l'abondance de certains stocks de sébastes du détroit de Georgie, au large de la côte ouest canadienne, est très faible en raison des pressions de récolte des pêches commerciales, récréatives et autochtones. Pour répondre aux préoccupations croissantes à l'égard des déclins de sébaste, Pêches et Océans Canada a annoncé en 2002 la Stratégie de conservation des sébastes. Cette stratégie, comprend de nouveaux règlements limitant les prises commerciales et récréatives ainsi que l'établissement d'aires de conservation des sébastes (ACS), visent à protéger l'habitat du sébaste, à en réduire le déclin attribuable à la pêche et aux prises accessoires ainsi qu'à remettre en état les stocks de sébaste. À l'échelle nationale, la plupart des espèces canadiennes de sébastes sont classées indéterminées ou sensibles, mais une espèce [bocaccio (Sebastes paucispinis)] est classée en péril, et trois, possiblement en péril.

Résultats des évaluations

À l'échelle nationale, la plupart des 1 389 espèces de poissons du Canada sont classées non évaluées (434 espèces, 31 p. 100) ou indéterminées (395 espèces, 28 p. 100), alors que seulement 17 p. 100 sont classées en sécurité (238 espèces, figures 2-6-i, 2-6-ii, tableau 2-6-i). Cependant, toutes les espèces classées non évaluées et la majorité de celles classées indéterminées (391 espèces) sont des espèces marines (tableau 2-6-ii). L'aire de répartition de bon nombre de ces espèces se situe en grande partie dans l'océan Arctique, où il existe peu de données sur la répartition, la taille des populations et les menaces. Il peut s'agir également d'espèces d'eaux profondes, qui ne sont pas bien couvertes par les programmes de recherche actuels.

Il est à noter que, lorsque des espèces marines sont présentes dans plusieurs régions océaniques, la classification nationale se fonde souvent sur la cote de la région où la situation est la mieux comprise. Par exemple, le lançon gourdeau (Ammodytes hexapterus) est présent dans la région de l'océan Pacifique (en sécurité), la région ouest de l'Arctique (non évalué) et la région est de l'Arctique (non évalué). Par conséquent, la classification nationale de cette espèce est en sécurité, mais il est possible qu'une analyse approfondie de la situation de l'espèce entraîne une modification de la classification nationale.

Parmi les 1 178 espèces canadiennes de poissons marins, 70 p. 100 sont classées indéterminées (391 espèces) ou non évaluées (434 espèces) à l'échelle nationale, ce qui reflète la mesure dans laquelle il nous en reste à apprendre sur les systèmes marins (figure 2-6 iii, tableau 2-6 ii). De plus, à l'échelle nationale, 17 p. 100 des espèces de poissons marins sont classées occasionnelles (200 espèces), 8 p. 100, en sécurité (94 espèces), 3 p. 100, sensibles (41 espèces) et 2 p. 100, possiblement en péril (11 espèces) et en péril (7 espèces).

La situation est relativement différente en ce qui concerne les espèces d'eau douce (figure 2-6-iii, tableau 2-6-ii). À l'échelle nationale, seules 2 p. 100 des espèces sont classées indéterminées (3 espèces), et aucune, non évaluée. La majorité des espèces d'eau douce est classée en sécurité (64 p. 100, 103 espèces), 13 p. 100, sensibles (20 espèces), 10 p. 100, en péril (16 espèces) et 2 p. 100, possiblement en péril (3 espèces). Deux espèces, le gravelier (Erimystax x-punctatus) et le spatulaire, sont disparues du Canada et une espèce, le cisco de profondeur (Coregonus johannae), est disparue. Ces trois espèces étaient auparavant présentes en Ontario. Enfin, 8 p. 100 des espèces d'eau douce sont classées exotiques (12 espèces).

La situation des poissons présents dans les régions d'eau douce et marines (51 espèces) est semblable à celle des poissons d'eau douce. À l'échelle nationale, 80 p. 100 de ces espèces sont classées en sécurité (41 espèces), 8 p. 100, sensibles (4 espèces), 6 p. 100, en péril (3 espèces) et 4 p. 100, possiblement en péril (2 espèces) (figure 2-6 iii, tableau 2-6 ii). Seules 2 p. 100 des espèces sont classées indéterminées (1 espèce).

Figure 2-6-i: Résumé de la richesse en espèces et des classifications de la situation générale des espèces de poissons au Canada en 2005. ROP = Région de l'océan Pacifique, ROA = Région ouest de l'Arctique, REA = Région est de l'Arctique, ATL = Région de l'océan Atlantique.
bar chart (see long description below)
Description longue pour la figure 2-6-i

La figure 2-6-i résume la richesse en espèces et les classifications de la situation générale des espèces de poissons au Canada et par région en 2005. Au Canada, 2 espèces étaient disparues du Canada, une disparue, 26 en péril, 16 possiblement en péril, 65 sensibles, 238 en sécurité, 395 indéterminées, 434 non-évaluées, 12 exotiques et 200 occasionnelles, pour un total de 1389 espèces de poissons. Au Yukon, 3 espèces étaient sensibles, 18 en sécurité, 12 indéterminées, une non-évaluée et 2 exotiques, pour un total de 36 espèces. Dans les Territoires du Nord-Ouest, une espèce était en péril, une possiblement en péril, 9 sensibles, 13 en sécurité, 18 indéterminées, 2 non-évaluées et 5 occasionnelles, pour un total de 49 espèces. Au Nunavut, 4 espèces étaient sensibles, 7 en sécurité, 11 indéterminées et 2 non-évaluées, pour un total de 24 espèces. En Colombie-Britannique, 4 espèces étaient en péril, 10 possiblement en péril, 7 sensibles, 43 en sécurité, 3 indéterminées et 14 exotiques, pour un total de 81 espèces. En Alberta, 5 espèces étaient en péril, 2 possiblement en péril, 7 sensibles, 26 en sécurité, 11 indéterminées, une non-évaluée et 9 exotiques, pour un total de 61 espèces. En Saskatchewan, 6 espèces étaient en péril, 4 possiblement en péril, 15 sensibles, 32 en sécurité, 17 exotiques et une occasionnelle, pour un total de 75 espèces. Au Manitoba, 3 espèces étaient en péril, 9 possiblement en péril, 8 sensibles, 60 en sécurité, une indéterminée, une non-évaluée et 9 exotiques, pour un total de 91 espèces. En Ontario, 5 espèces étaient disparues du Canada, une disparue, 10 en péril, 3 possiblement en péril, 21 sensibles, 86 en sécurité, 7 indéterminées, une non-évaluée, et 20 exotiques, pour un total de 154 espèces. Au Québec, une espèce était disparue, une en péril, 11 possiblement en péril, 15 sensibles, 76 en sécurité, une indéterminée, une non-évaluée, 10 exotiques et une occasionnelle, pour un total de 117 espèces. Au Nouveau-Brunswick, une espèce était en péril, 5 sensibles, 37 en sécurité, une indéterminée, une non-évaluée et 6 exotiques, pour un total de 51 espèces. En Nouvelle-Écosse, 2 espèces étaient en péril, 3 possiblement en péril, 5 sensibles, 23 en sécurité, une indéterminée, une non-évaluée et 7 exotiques, pour un total de 42 espèces. À l’Île-du-Prince-Édouard, une espèce était en péril, 2 possiblement en péril, 2 sensibles, 12 en sécurité, une indéterminée, une non-évaluée, 5 exotiques et 3 occasionnelles, pour un total de 27 espèces. À Terre-Neuve et Labrador, 4 espèces étaient sensibles, 18 en sécurité, 6 indéterminées, une non-évaluée, 2 exotiques et une occasionnelle, pour un total de 32 espèces. Dans la région de l’océan Pacifique, 2 espèces étaient en péril, 7 possiblement en péril, 23 sensibles, 75 en sécurité, 275 indéterminées, 3 non-évaluées et 40 occasionnelles, pour un total de 425 espèces. Dans la région de l’océan Arctique Est, 2 espèces étaient en péril, 4 sensibles, 6 en sécurité, 13 indéterminées et 130 non-évaluées, pour un total de 155 espèces. Dans la région l’océan Arctique Ouest, une espèce était en péril, une sensible, 9 en sécurité, 6 indéterminées, 50 non-évaluées et 4 occasionnelles, pour un total de 71 espèces. Dans la région de l’océan Atlantique, 8 espèces étaient en péril, 11 possiblement en péril, 24 sensibles, 55 en sécurité, 135 indéterminées, 430 non-évaluées et 172 occasionnelles, pour un total de 835 espèces.

Tableau 2-6-i : Résumé des classifications de la situation générale des poissons au Canada en 2005. ROP = Océan Pacifique, ROA = Ouest de l'Arctique, REA = Est de l'Arctique et ATL = Océan atlantique.
RankCAYTNTNUBCABSKMBONQCNBNSPENLPACEAOWAOATL
Disparue au Canada200000005000000000
Disparue100000001100000000
En péril26010456310112102218
Possiblement en péril1601010249311032070011
Sensible653947715821155524234124
En sécurité2381813743263260867637231218756955
Indéterminée39512181131101711116275136135
Non-évaluée4341220101111111313050430
Exotique12200149179201067520000
Occasionnelle20025000100100314004172
Totale1389364924816175911541175142273242515571835
Figure 2-6-iii: Comparaison des classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des poissons en 2005, par habitat.
bar chart (see long description below)
Description longue pour la figure 2-6-iii

La figure 2-6-iii compare les classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des poissons en 2005, par habitat (poissons marins, poissons d'eau douce, poissons classés dans les deux catégories). Pour les poissons marins au Canada, 1% des espèces étaient classées possiblement en péril, 4% sensibles, 8% en sécurité, 33% indéterminées, 37% non-évaluées et 17% occasionnelles. Pour les poissons d’eau douce, 1% des espèces étaient classée disparues, 1% disparues du Canada, 10% en péril, 2% possiblement en péril, 13% sensibles, 64% en sécurité, 2% indéterminées et 8% exotiques. Pour les espèces classées dans les deux catégories, 6% des espèces étaient classées en péril, 4% possiblement en péril, 8% sensibles, 80% en sécurité et 2% indéterminées.

A = Poissons marins B = Poissons d'eau douce C = Poissons classés dans les deux catégories (marins et d'eau douce)

Tableau 2-6 -ii : Résumé des classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des poissons en 2005, par habitat.
Classification nationalePoissons marinsPoissons d'eau doucePoissons classés dans les deux catégories (marins et d'eau douce)
Disparue010
Disparue au020
En péril7163
Possiblement1132
Sensible41204
En sécurité9410341
Indéterminée39131
Non-évaluée43400
Exotique0120
Occasionnelle20000
Totale117816051

Comparaison avec les classifications de 2002

Les poissons d'eau douce ont d'abord été classés à l'échelle provinciale et territoriale dans Les espèces sauvages 2000. Cependant, les classifications nationales n'étaient pas terminées à ce moment. Le Groupe de travail national sur la situation générale les a effectuées en 2002 pour les 232 poissons d'eau douce du Canada, en se fondant uniquement sur les classifications provinciales et territoriales publiées dans Les espèces sauvages 2000.

Depuis 2002, 26 espèces ont été retranchées de la liste des espèces de poissons d'eau douce du Canada en raison de nouvelles publications ayant précisé la taxinomie et la répartition des poissons nord américains. Par conséquent, 206 espèces ont été classées en 2002 et en 2005. En 2000 et en 2002, les poissons ont été classés uniquement selon leur occurrence et leur situation en eau douce. Cependant, de nombreuses espèces sont présentes en eau douce et en eaux marines. Donc, 49 espèces qui n'avaient d'abord été classées que dans les provinces et les territoires ont maintenant une classification de la région océanique. La classification nationale de la majorité de ces espèces (84 p. 100) n'a pas changé depuis 2002. La classification nationale a été modifiée pour huit espèces (16 p. 100) : cinq modifications sont attribuables à un changement des procédures1 et trois, à de nouvelles évaluations par le COSEPAC.

Parmi les 157 autres espèces, classées uniquement comme espèces d'eau douce en 2002 et en 2005, la classification nationale de 22 espèces a été modifiée en 2005 (14 p. 100) : onze modifications sont attribuables à des changements de procédures (45 p. 100), six, à de nouvelles évaluations par le COSEPAC (27 p. 100), deux, à une amélioration des connaissances sur l'espèce (9 p. 100), une, à des changements de procédures et à l'amélioration des connaissances (5 p. 100), une, à l'amélioration des connaissances et à des changements biologiques (5 p. 100) et une, à des changements biologiques (5 p. 100).

Au total, 30 modifications de classification nationale ont été effectuées; 8 espèces présentent maintenant un niveau de risque accru et 13, un niveau de risque moindre (tableau 2-6-iii). Dans les neuf autres cas, les espèces étaient en 2002 dans les catégories indéterminée, non évaluée, occasionnelle ou disparue du Canada/disparue. À la suite des modifications apportées aux classifications nationales, la proportion d'espèces en sécurité a augmenté (tableau 2-6-iv).

Tableau 2-6-iii: Résumé des changements dans les classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des espèces de poissons, entre 2002 et Les espèces sauvages 2005.
Classification nationale en 2005Classification nationale en 2002Nom communNom scientifiqueustification du changementa
At RiskExtirpated/ExtinctShortnose CiscoCoregonus reighardiC
At RiskMay be at riskRedside DaceClinostomus elongatusI/B
At RiskMay be at riskWhite SturgeonAcipenser transmontanusC
At RiskMay be at riskStriped BassMorone saxatilisC
At RiskMay be at riskWestern Silvery MinnowHybognathus argyritisC
At RiskMay be at riskSpeckled DaceRhinichthys osculusC
May be at riskUndeterminedBlackfin CiscoCoregonus nigripinnisI
May be at riskUndeterminedMargined MadtomNoturus insignisP
SensitiveAt RiskKiyiCoregonus kiyiP
SensitiveMay be at riskAtlantic SturgeonAcipenser oxyrinchusP
SensitiveMay be at riskSilver LampreIchthyomyzon unicuspisP
SensitiveSecureAmerican Brook LampreyLampetra appendixB
SensitiveSecureChain PickerelEsox nigerP
SensitiveSecureGhost ShinerNotropis buchananiP
SensitiveUndeterminedBering CiscoCoregonus laurettaeC
SecureSensitiveChiselmouthAcrocheilus alutaceusC
SecureSensitiveBigmouth ShinerNotropis dorsalisC
SecureSensitiveDolly VardenSalvelinus malmaP
SecureSensitiveGreenside DarterEtheostoma blennioidesP
SecureSensitiveRedbreast SunfishLepomis auritusP
SecureSensitiveArctic GraylingThymallus arcticusP
SecureSensitiveBloaterCoregonus hoyiP
SecureSensitiveFourhorn SculpinMyoxocephalus quadricornisP
SecureSensitiveAtlantic SalmonSalmo salarP
SecureSensitiveBigmouth BuffaloIctiobus cyprinellusP
SecureUndeterminedDeepwater SculpinMyoxocephalus thompsoniiI
SecureUndeterminedPygmy WhitefishProsopium coulteriiP
SecureUndeterminedArctic LampreyLampetra camtschaticaP
SecureNot AssessedRedfin PickerelEsox americanusP/I
UndeterminedAccidentalFlathead CatfishPylodictis olivarisP

aC: change due to new COSEWIC assessment. B: change due to biological change in species' population size, distribution or threats. I: change due to improved knowledge of the species. P: change due to procedural change.

Tableau 2-6-iv : Comparaison des classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des espèces de poissons d'eau douce évaluées en 2002 et dans Les espèces sauvages 2005.
Classification nationaleNombre et pourcentage d'espèces dans chaque classification en 2002Nombre et pourcentage d'espèces dans chaque classification dans Les espèces sauvages 2005Résumé du changementJustification du changement
07 (3%)-- a-COSEWIC assessment c
Disparue-- a1 (<1%)-Taxonomy b
Disparue au Canada-- a2 (1%)-Taxonomy b
En péril22 (9%)18 (9%)Taxonomy b, COSEWIC assessment c, Biological change d
Possiblement en péril10 (4%)5 (2%)COSEWIC assessment c, Process e, Improved knowledge f, Combination of improved knowledge and biological change g, Combination of improved knowledge and biological change h
Sensible30 (13%)23 (11%)Taxonomy b, Process e, COSEWIC assessment c, Biological change d, Combination of process and improved knowledge h
En sécurité131 (56%)142 (69%)Taxonomy b, Secure e, COSEWIC assessment c, Improved knowledge f, New species g, Combination of process and improved knowledge h
Indéterminée10 (4%)3 (1%)Taxonomy b, Process e, New species g
Non-évaluée1 (<1%)0Undetermined
Exotique20 (9%)12 (6%)Taxonomy b, Improved knowledge f
Occasionnelle1 (<1%)0Process e

Légende : ↑ Le nombre d'espèces de cette catégorie a augmenté. ↓ Le nombre d'espèces de cette catégorie a diminué. ↔ Le nombre d'espèces ajoutées et d'espèces retirées est égal; aucun changement net. = Aucune espèce n'a été ajoutée ou retirée de cette catégorie.

a La catégorie disparue/disparue du Canada des Espèces sauvages 2000 a été scindée en deux en 2005 : disparue et disparue du Canada. Voir la section Contexte pour obtenir des précisions.

b Un changement taxinomique a entraîné l'ajout ou le retrait d'une espèce de la liste nationale.

c Le COSEPAC a mené une évaluation officielle, ce qui permet d'étayer le changement de classification. Il ne s'agirait pas d'un changement biologique (relatif à la population, à la répartition ou aux menaces) depuis 2000.

d Un changement biologique dans la taille de la population, la répartition, les menaces ou les tendances a entraîné la modification de la classification.

e Des procédures différentes ont été suivies pour l'attribution des classifications, ce qui a entraîné la modification de la classification.

f De nouveaux renseignements ont été recueillis ou mis en lumière, ce qui permet d'étayer le changement de classification. Il ne s'agirait pas d'un changement biologique (relatif à la population, à la répartition ou aux menaces) depuis 2000.

Menaces envers les poissons canadiens

Parmi les principales menaces envers les populations de poisson, on trouve la surpêche, la pollution et les changements climatiques. En outre, les interactions entre les espèces sauvages et d'aquaculture, notamment la concurrence pour l'obtention de la nourriture et de l'habitat, le croisement et l'introduction de maladies et de parasites, continuent d'être une source de préoccupation.

La dégradation et la destruction de l'habitat constituent d'importantes menaces envers de nombreuses espèces. La plupart des poissons utilisent plusieurs habitats au cours de leur cycle vital, et la perte de l'un d'entre eux risque d'entraîner des déclins de population. La perte d'habitat, telle que l'assèchement de milieux humides, représente souvent une cause manifeste de déclin. La dégradation de l'habitat, par la canalisation, l'établissement de barrages, l'envasement, la modification de sa structure par l'enlèvement de débris et de végétation, la modification du substrat ou du plancher océanique ou les prélèvements d'eau aux fins d'utilisation humaine, constituent des facteurs de déclin des populations de poissons moins évidents, mais néanmoins importants.

Les espèces de poisson exotiques peuvent avoir des répercussions négatives sur les espèces indigènes et les écosystèmes par la concurrence, la prédation, le parasitisme, l'introduction de nouveaux parasites ou maladies, la modification de l'habitat et l'hybridation, ce qui risque de modifier la structure génétique des populations indigènes. Depuis de nombreuses années, les poissons exotiques causent des problèmes au Canada. Par exemple, la lamproie marine (Petromyzon marinus), qui constitue une importante cause des déclins massifs de l'abondance et de la diversité des poissons des Grands Lacs, a été découverte pour la première fois dans le lac Érié en 1921. L'introduction de poissons exotiques se produit de diverses façons, y compris délibérément, habituellement pour améliorer la pêche commerciale ou sportive, la libération ou la fuite de poissons captifs d'aquarium et de fermes piscicoles, ainsi que la propagation de populations de poissons le long de nouvelles voies navigables. Les poissons exotiques ont été directement liés à la disparition d'au moins une espèce au Canada : le cisco de profondeur. Les tentatives de lutte contre les espèces exotiques ou d'éradication de celles ci sont très coûteuses. Par exemple, le Canada et les États Unis dépensent des millions de dollars annuellement pour lutter contre les populations de lamproie marine dans la région des Grands Lacs.

La surpêche constitue l'une des principales menaces envers les poissons marins. Dans certaines régions, de récentes recherches donnent à penser que l'exploitation commerciale a fait diminuer des populations de poissons marins à des niveaux historiquement faibles et qu'elle risque d'entraver le rétablissement de celles ci. La surpêche affecte autant les espèces ciblées que les espèces non visées, c'est à dire celles dont la capture dans le cadre des activités de pêche commerciale est fortuite (prises accidentelles). En outre, certaines méthodes de pêche peuvent avoir des répercussions sur la structure des populations et la composition des espèces prises, en récoltant sélectivement certaines espèces ou groupes d'âge.

Les menaces présentées ci dessus sont immédiates et relativement faciles à mesurer et à étudier. Cependant, les changements climatiques pourraient se révéler la menace la plus importante envers les poissons canadiens. Leurs effets sont difficiles à mesurer ou à prévoir, souvent parce qu'ils sont indirects, survenant par des modifications de l'habitat ou de l'approvisionnement alimentaire. En outre, les changements climatiques risquent d'accroître les conséquences négatives des autres menaces (par exemple, en créant un environnement propice à l'envahissement par les espèces exotiques). Néanmoins, ces changements pourraient modifier énormément la diversité et l'abondance des poissons indigènes canadiens, en particulier dans l'Arctique, où leurs répercussions seront les plus importantes.

Conclusion

Les résultats de la présente évaluation de la situation montrent clairement que les connaissances sur les poissons d'eau douce du Canada sont de loin supérieures à celles des poissons marins du pays, en raison des difficultés relatives à la surveillance des populations en mer, en particulier dans l'océan Arctique. Il est donc difficile de tirer des conclusions sur la situation générale des poissons marins. Nous espérons que la présente évaluation de la situation sensibilisera les scientifiques à la nécessité de mener davantage de recherches sur les poissons marins de l'Arctique, car cette région risque d'être grandement affectée par les changements climatiques.

Les classifications actualisées donnent à penser que la situation des poissons d'eau douce n'a pas changé de façon notable depuis 2000, bien que la proportion de poissons classés en sécurité ait légèrement augmenté. Il est à noter que la plupart des modifications sont attribuables à des changements de procédures et à de nouvelles évaluations du COSEPAC.

Pour en savoir plus

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Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Pour tous les groupes évalués dans le cadre du présent rapport, les classifications nationales se fondent généralement sur la classification régionale ayant le niveau de risque le moins élevé. Par exemple, si l'espèce était classée sensible dans des provinces et territoires et en sécurité dans d'autres, la classification nationale était, par défaut, en sécurité (voir la section principale Contexte pour obtenir des précisions, notamment sur les exceptions à cette règle générale). Ce processus empirique n'a pas été appliqué à toutes les espèces au moment de la classification des poissons d'eau douce en 2002. Par conséquent, certaines modifications apportées aux classifications canadiennes de ce groupe d'espèces sont principalement attribuables aux changements de procédures entre 2002 et 2005. Ces modifications visent à assurer la comparabilité des classifications nationales entre les taxons et au sein de ceux ci.

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