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Espèces sauvages 2005: la situation générale des espèces au Canada

Reptiles

Reptile : Tout animal hétérotherme écailleux de la classe des Reptilia, y compris les serpents, les lézards, les crocodiles, les tortues, etc. - The Canadian Oxford Dictionary

Photo d’une Tortue des bois sur la terre
Photo: Tortue des bois, (Glyptemys insculpta) © Ryan M. Bolton

En bref

  • Il existe plus de 8 000 espèces de reptiles dans le monde, dont 47 sont présentes au Canada. Parmi ces dernières, on trouve 4 espèces d'habitats marins et 43 espèces d'habitats d'eau douce et terrestres.
  • À l'échelle nationale, des 47 espèces de reptiles, uniquement 26 p. 100 sont classées en sécurité et 32 p. 100 sont classées en péril ou possiblement en péril.
  • Comparativement au rapport Les espèces sauvages 2000, la classification nationale de 13 espèces de reptiles (28 p. 100) a été modifiée : le pourcentage d'espèces classées en péril a augmenté (22 p. 100 en 2000 contre 28 p. 100 en 2005) et celui d'espèces classées en sécurité a diminué (39 p. 100 en 2000 contre 26 p. 100 en 2005). Toutefois, les modifications sont principalement attribuables à de nouvelles évaluations du COSEPAC (69 p. 100) et à l'amélioration des connaissances sur les espèces (8 p. 100); aucune modification n'est attribuable à des changements biologiques dans l'abondance et la répartition de l'espèce ou les menaces envers celle ci. Par conséquent, ces modifications ne représentent pas une détérioration de la situation des reptiles au Canada, mais plutôt un portrait plus précis que celui de 2000.

Contexte

Au total, 47 espèces de reptiles sont présentes au Canada, dont 25 serpents, 7 lézards, 11 tortues palustres et 4 tortues marinesNote 1 de bas de page. Ce groupe relativement petit est divers et compte des espèces vivant dans des habitats variés : de l'environnement souterrain aux cimes des arbres, ainsi que des profondeurs des océans aux bad-lands arides. Les reptiles se distinguent facilement par leur peau écailleuse sèche ou, dans le cas des tortues, par leur dure coquille osseuse. Les écailles de reptiles sont une partie continue de la peau et, chez certaines espèces, elles revêtent des formes uniques, telles que les épines et les spicules du grand iguane à petites cornes (Phrynosoma hernandesi) et les écailles du nez qui donnent son nom à la couleuvre à nez plat (Heterodon platirhinos). Tous les reptiles sont hétérothermes (ectothermes), ce qui signifie que, plutôt que d'utiliser l'énergie alimentaire pour produire de la chaleur corporelle (comme les mammifères et les oiseaux), ils dépendent de sources de chaleur externes, telles que le soleil. Dans le but de conserver une température interne adéquate, de nombreux reptiles se prélassent au soleil et se cachent à l'ombre, en alternance.

Les reptiles descendent des amphibiens mais, à la différence de ces derniers, ils possèdent une peau imperméable et ne dépendent pas de l'eau ou des conditions d'humidité pour se reproduire, ce qui leur a permis de devenir les premiers vertébrés complètement terrestres, il y a environ 300 millions d'années. La formation d'un oeuf complexe muni d'une coquille lisse constitue l'une des adaptations importantes permettant aux reptiles de se reproduire sur le terre ferme. La coquille protège l'embryon et l'empêche de s'assécher, mais elle est assez molle pour s'étendre à mesure que l'embryon se développe. De nos jours, la majorité des espèces de reptiles pondent encore des oeufs, mais un petit nombre, tel que le lézard-alligator du Nord (Elgaria coerulea), donne naissance à des petits entièrement formés, ce qui permet à la mère de protéger les jeunes en croissance des conditions extrêmes de chaleur et de froid, ainsi que des prédateurs.

Tous les reptiles terrestres et d'eau douce du Canada hibernent afin d'échapper au long hiver froid, mais les espèces possèdent des méthodes uniques pour survivre à l'hibernation. Les grands iguanes à petites cornes s'enterrent simplement à quelques centimètres dans le sol, souvent sur une pente exposée au sud afin de profiter de la chaleur du soleil. Les tortues palustres, telles que la tortue peinte (Chrysemys picta) et la tortue mouchetée (Emydoidea blandingii), passent leurs hivers sous l'eau en profondeur, où elles sont protégées des froids intenses. Afin de survivre pendant plusieurs mois sans air, ces tortues aspirent de l'eau dans leur bouche, où un tissu spécialisé de la gorge échange de l'oxygène et du dioxyde de carbone avec l'eau, et la rejettent.

Les reptiles sentent le monde d'une façon très différente des humains et certains sont même munis d'organes sensoriels supplémentaires qui leur fournissent de l'information additionnelle sur leur environnement. Par exemple, bon nombre de serpents et de lézards utilisent leur langue pour détecter des substances chimiques dans l'air (ce qui équivaut à notre sens de l'odorat). Lorsque la langue d'un serpent sort de sa bouche et y rentre, de petites particules aérogènes sont récoltées et analysées par l'organe de Jacobson situé dans le palais. Ce dispositif peut être incroyablement sensible; une couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis) mâle peut connaître la taille et probablement la productivité d'une femelle par un simple tremblement de la langue, en détectant les phéromones qu'elle libère. Les crotalidés, tels que le crotale de l'Ouest (Crotalus oreganus), sont munis de détecteurs de chaleur concentrés dans de petites fossettes entre la narine et l'oeil, lesquels leur permettent de détecter des changements de température de moins de 0,1 °C et, ainsi, des proies à sang chaud, même dans le noir. Les tortues marines entreprennent de vastes migrations tous les ans; elles possèdent une capacité remarquable de retourner à des endroits précis tels que des plages de nidification ou des aires d'alimentation. Dans le but d'accomplir cet exploit, les tortues marines font probablement appel à un éventail de sens, y compris la vue et la capacité de sentir le champ magnétique terrestre.

État des connaissances au Canada

L'état des connaissances sur les reptiles canadiens varie énormément selon les espèces. Bien que certaines espèces de reptiles aient été bien étudiées, la répartition, les tendances des populations et le cycle biologique de certains reptiles canadiens demeurent mal connus, en partie en raison du manque de données de référence et en partie à cause des difficultés à détecter les reptiles, qui sont souvent de nature solitaire et secrète. Des initiatives volontaires, telles que l'Atlas de l'herpétofaune de NouvelleÉcosse et celui de l'Ontario, recueillent des renseignements précieux sur la répartition ainsi que l'abondance des reptiles, et sensibilisent le public envers ce groupe. Jusqu'à présent, le COSEPAC a évalué 40 espèces, sous espèces et populations de reptiles, consolidant ainsi les connaissances sur des espèces dont on soupçonne déjà qu'elles sont en péril.

Le Canada constitue le foyer de l'une des populations de serpents les plus étudiées au monde, la couleuvre rayée à flancs rouges (Thamnophis sirtalis parietalis) de la Zone de gestion de la faune de Narcisse, dans le sud du Manitoba. Ces serpents, une sous espèce de la couleuvre rayée, hibernent dans des tanières communes, connues sous le nom de « hibernaculum ». Dans le sud du Manitoba, les sites d'hibernaculum appropriés sont rares; les serpents s'entassent alors dans les quelques sites existants, où jusqu'à 10 000 serpents passent l'hiver ensemble. Cette grande concentration de serpents a permis aux chercheurs d'étudier les stratégies d'accouplement, leur réussite, le comportement thermorégulateur et la migration d'une façon relativement facile.

Récemment, certaines recherches sur les reptiles canadiens se sont concentrées sur des espèces dont on sait qu'elles sont en déclin. En fournissant de l'information sur les motifs des déclins, ces études peuvent également fournir des données précieuses sur le cycle biologique et la répartition des reptiles canadiens. Par exemple, des études récentes sur la tortue des bois (Glyptemys insculpta, classification nationale : sensible) ont examiné le cycle biologique et la taille des populations, les répercussions de l'agriculture sur le recrutement et la survie des populations, la sélection de l'habitat et la génétique des populations isolées.

La plupart des reptiles sont représentés au Canada par des populations situées à l'extrémité de l'aire de répartition géographique de l'espèce. Cette situation offre des possibilités d'étudier les facteurs qui restreignent l'aire d'une espèce et de comparer les populations périphériques avec celles se trouvant au centre de l'aire de répartition. L'écologie thermique des reptiles constitue un autre sujet important de recherches sur les reptiles canadiens; il s'agit de la façon dont les reptiles utilisent différents habitats pour réguler leur température corporelle et l'importance de ce mécanisme dans leur cycle vital et leur état.

Richesse et diversité au Canada

Les reptiles terrestres et d'eau douce sont concentrés dans le sud du Canada; l'Ontario possède la richesse la plus élevée (27 espèces), suivi du Québec (19 espèces) et de la Colombie Britannique (16 espèces) (figure 2-8-i, tableau 2-8-i). La Colombie Britannique abrite le nombre le plus élevé (9 espèces) qui ne se trouvent nulle part ailleurs au Canada. Deux régions du Canada (Yukon, Terre Neuve-et-Labrador) ne comptent aucune espèce de reptiles. Tous les reptiles canadiens sont également présents aux États Unis, mais l'aire de répartition de plusieurs espèces, telles que la couleuvre fauve de L'Est (Elaphe gloydi) et le lézard alligator boréal, se situe en grande partie au Canada.

Les quatre tortues marines canadiennes se trouvent dans les régions des océans Atlantique ou Pacifique; aucune n'a été trouvée dans les eaux de l'Arctique, où les conditions pourraient être trop extrêmes pour la survie des reptiles (figure 2-8-i, tableau 2-8-i).

Plein feux sur la tortue luth (Dermochelys coriacea)

La tortue luth est le reptile vivant le plus grand du monde; elle atteint une longueur de 2 m et pèse jusqu'à 900 kg. Les tortues luth vivent dans les océans Atlantique, Pacifique et Indien, et nichent dans les plages sablonneuses des eaux tropicales chaudes. Entre les saisons de reproduction, elles migrent vers le nord et peuvent être observées sur les côtes est et ouest du Canada, dans les régions de l'océan Atlantique et de l'océan Pacifique. La tortue luth est la seule tortue marine sans carapace dure. Son dos est plutôt couvert d'une substance semi flexible faite de tissu conjonctif et de nombreux petits os, ce qui lui permet de plonger à des profondeurs plus grandes que d'autres tortues marines. L'aliment préféré de la tortue luth est la méduse, et elle est dotée d'épines pointues orientées vers l'arrière dans la gorge afin de l'aider à avaler cette nourriture glissante. Les populations mondiales de tortues luth ont décliné d'environ 70 p. 100 entre 1980 et 1995; cette espèce est classée en péril à l'échelle nationale.

Ces surprenantes tortues sont difficiles à étudier, car elles passent très peu de temps sur terre. Après la ponte, les femelles retournent à la mer, car elles ne viennent sur la plage que pour y déposer leurs oeufs. Quant aux mâles, ils ne retournent jamais sur la terre ferme, ce qui complique l'étude des modèles de répartition ou de migration de ces tortues. Toutefois, les chercheurs canadiens travaillant près de la côte de la Nouvelle Écosse ont été les premiers à utiliser une nouvelle méthode d'étude des tortues luth. Les tortues sont capturées en mer, et un petit émetteur satellite est attaché à leur carapace avant qu'elles soient libérées, ce qui évite de blesser les tortues et permet aux chercheurs de suivre leurs déplacements par satellite. Des adultes mâles et femelles ainsi que des juvéniles ont été suivis de cette façon; il s'agit de la première fois que des chercheurs sont en mesure de suivre les déplacements de tortues luth mâles et juvéniles. Les résultats de l'étude sont incroyables : les adultes et les juvéniles ont effectué des migrations d'environ 10 000 km, un aller retour des eaux froides de la Nouvelle Écosse à la mer des Caraïbes et aux zones adjacentes de l'océan Atlantique, dans une période de 12 mois. Cette étude et d'autres recherches similaires nous fournissent l'information nécessaire à la conservation de ces reptiles géants.

Plein feux sur le grand iguane à petites cornes (Phrynosoma hernandesi)

De nombreux Canadiennes et Canadiens sont surpris d'apprendre que sept espèces différentes de lézards sont présentes au Canada. Les grands iguanes à petites cornes sont l'un des lézards canadiens les mieux connus. Au Canada, ces lézards sont dispersés dans l'habitat de prairie mixte du sud est de l'Alberta et du sud-ouest de la Saskatchewan, où ils préfèrent les pentes protégées exposées au sud. Ce lézard, qui se déplace lentement, est la proie d'un bon nombre de prédateurs potentiels, y compris les rapaces et d'autres oiseaux, des serpents et des mammifères. Lorsqu'un prédateur s'approche, le lézard gèle et compte sur sa couleur cryptique afin de lui échapper. Le grand iguane à petites cornes se nourrit de fourmis, de sauterelles et d'autres petits invertébrés, et utilise son excellente vue pour localiser ses proies.

Au Canada, les grands iguanes à petites cornes se trouvent à la limite septentrionale de leur aire de répartition. Afin d'échapper à l'hiver froid, ils hibernent sous le sol mince des pentes exposées au sud. Pendant l'été, ces lézards conservent leur énergie et leur chaleur en bougeant lentement, ainsi qu'en passant une grande partie de leur temps sur les pentes exposées au sud. De plus, les femelles donnent naissance à des jeunes formés, ce qui permet aux mères de garder les oeufs au chaud et à l'abri des prédateurs.

Les grands iguanes à petites cornes sont dispersés dans l'aire de répartition canadienne et la plupart des populations sont petites. La répartition et la taille des populations sont énormément restreintes par les variables environnementales; le pâturage et l'aménagement menacent leur habitat. À l'échelle nationale, les grands iguanes à petites cornes sont classés possiblement en péril.

Résultats des évaluations de la situation généraleNote 2 de bas de page

Depuis Les espèces sauvages 2000, une espèce, la tortue de Floride (Trachemys scripta, classification nationale : exotique), a été ajoutée à la liste nationale des espèces, ce qui a porté le nombre total d'espèces de reptiles au Canada à 47. Toutefois, le nombre total d'espèces indigènes demeure inchangé, à savoir 45. On considère que la tortue de Floride est établie et persistante en Colombie Britannique, en Ontario, au Québec et en Nouvelle Écosse.

En 2004, les classifications de 46 espèces de reptiles terrestres et d'eau douce classées en 2000 ont été revues; 10 espèces (22 p. 100) ont été classées dans une catégorie ayant un niveau de risque supérieur, 3 espèces (7 p. 100) sont passées à la catégorie disparue du Canada, 33 espèces (72 p. 100) ont gardé la même classification et aucune espèce n'est passée à une catégorie ayant un niveau de risque inférieur (tableaux 2-8-ii et 2-8-iii). Le nombre d'espèces classées à l'échelle nationale disparues du Canada et en péril a donc augmenté et le nombre d'espèces classées à l'échelle nationale en sécurité a diminué. Cependant, tous les changements se sont produits en raison d'évaluations détaillées du COSEPAC ou de l'amélioration des connaissances sur les espèces, et ne sont pas attribuables à des changements biologiques dans l'abondance, la répartition ou les menaces. Par conséquent, le pourcentage accru d'espèces dans la catégorie en péril n'indique pas nécessairement que les reptiles terrestres et d'eau douce constituent un groupe exposé à un niveau de risque de disparition ou de disparition du Canada plus élevé qu'il ne l'était en 2000. Les cotes actualisées sont simplement un reflet plus précis de la situation actuelle des reptiles à l'échelle nationale que celui dont on disposait dans Les espèces sauvages 2000.

Figure 2-8-i : Résumé de la richesse en espèces et des classifications de la situation générale des espèces de reptiles au Canada en 2005. ROP = Région de l'océan Pacifique, ROA = Région ouest de l'Arctique, REA = Région
diagramme à bandes (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 2-8-i

La figure 2-8-i résumé la richesse en espèces et les classifications de la situation générale des espèces de reptiles au Canada et par région en 2005. Au Canada, 3 espèces étaient disparues du Canada, 13 en péril, 2 possiblement en péril, 12 sensibles, 12 en sécurité, une indéterminée, 2 exotiques et 2 occasionnelles, pour un total de 47 espèces de reptiles. Dans les Territoire du Nord-Ouest, une espèce était possiblement en péril, pour un total d’une espèce. Au Nunavut, une espèce était non-évaluée, pour un total d’une espèce. En Colombie-Britannique, 2 espèces étaient disparues du Canada, 2 en péril, 2 possiblement en péril, 4 sensibles, 4 en sécurité et 2 exotiques, pour un total de 14 espèces. En Alberta, 3 espèces étaient possiblement en péril et 5 sensibles, pour un total de 8 espèces. En Saskatchewan, 2 espèces étaient en péril, 6 sensibles et 4 en sécurité, pour un total de 12 espèces. Au Manitoba, une espèce était en péril, une possiblement en péril, 2 sensibles et 4 en sécurité, pour un total de 8 espèces. En Ontario, 12 espèces étaient en péril, 5 sensibles, 8 en sécurité, une indéterminée et une exotique, pour un total de 27 espèces. Au Québec, 4 espèces étaient en péril, 4 possiblement en péril, 3 sensibles, 4 en sécurité, 2 indéterminées et 2 exotiques, pour un total de 19 espèces. Au Nouveau-Brunswick, une espèce était sensible et 6 en sécurité, pour un total de 7 espèces. En Nouvelle-Écosse, 2 espèces étaient en péril, une sensible, 6 en sécurité et une exotique, pour un total de 10 espèces. À l’Île-du-Prince-Édouard, 2 espèces étaient en sécurité et une indéterminée, pour un total de 3 espèces. Dans la région de l’océan Pacifique, une espèce était en péril et une occasionnelle, pour un total de 2 espèces. Dans la région de l’océan Atlantique, une espèce était en péril, une sensible, une indéterminée et une occasionnelle, pour un total de 4 espèces.

 

Tableau 2-8-i : Résumé des classifications de la situation générale des reptiles au Canada en 2005. ROP = Région de l'océan Pacifique, ROA = Région ouest de l'Arctique, REA = Région est de l'Arctique et ATL = Région de l'océan Atlantique.a
RankCANTNUBCABSKMBONQCNBNSPEPACATL
Disparue au Canada30020000000000
Disparue00000000000000
En péril1300202112402011
Possiblement en péril21023010400000
Sensible120045625311001
En sécurité120040448466200
Indéterminée10000001200101
Non-évaluée00100000000000
Exotique20020001201000
Occasionnelle20000000000011
Totale47111681282719710324

a Dans Les espèces sauvages 2000, les résultats des évaluations des espèces étaient présentés en tant que proportion d'espèces résidantes (ce qui exclut les espèces classées disparues du Canada, disparues et occasionnelles). Dans le présent rapport, nous présentons plutôt les résultats en tant que proportion de la richesse en espèces totales. Il est donc impossible de comparer directement ces chiffres avec ceux présentés dans le texte des Espèces sauvages 2000. Pour comparer directement les résultats des reptiles terrestres et d'eau douce entre le texte des Espèces sauvages 2000 et le présent rapport, veuillez vous servir des chiffres suivants, lesquels représentent les résultats de 2000 en tant que proportion de la richesse en espèces totales (46 espèces) : disparues/disparues du Canada, 0 p. 100; en péril, 22 p. 100; possiblement en péril, 4 p. 100; sensibles, 26 p. 100; en sécurité, 39 p. 100; indéterminées, 2 p. 100; non évaluées, 0 p. 100; exotiques, 2 p. 100; occasionnelles, 4 p. 100.

Comparaison avec Les espèces sauvages 2000

Depuis Les espèces sauvages 2000, une espèce, la tortue de Floride (Trachemys scripta, classification nationale : exotique), a été ajoutée à la liste nationale des espèces, ce qui a porté le nombre total d'espèces de reptiles au Canada à 47. Toutefois, le nombre total d'espèces indigènes demeure inchangé, à savoir 45. On considère que la tortue de Floride est établie et persistante en Colombie Britannique, en Ontario, au Québec et en Nouvelle Écosse. En 2004, les classifications de 46 espèces de reptiles terrestres et d'eau douce classées en 2000 ont été revues; 10 espèces (22 p. 100) ont été classées dans une catégorie ayant un niveau de risque supérieur, 3 espèces (7 p. 100) sont passées à la catégorie disparue du Canada, 33 espèces (72 p. 100) ont gardé la même classification et aucune espèce n'est passée à une catégorie ayant un niveau de risque inférieur (tableaux 2-8 ii et 2-8 iii). Le nombre d'espèces classées à l'échelle nationale disparues du Canada et en péril a donc augmenté et le nombre d'espèces classées à l'échelle nationale en sécurité a diminué. Cependant, tous les changements se sont produits en raison d'évaluations détaillées du COSEPAC ou de l'amélioration des connaissances sur les espèces, et ne sont pas attribuables à des changements biologiques dans l'abondance, la répartition ou les menaces. Par conséquent, le pourcentage accru d'espèces dans la catégorie en péril n'indique pas nécessairement que les reptiles terrestres et d'eau douce constituent un groupe exposé à un niveau de risque de disparition ou de disparition du Canada plus élevé qu'il ne l'était en 2000. Les cotes actualisées sont simplement un reflet plus précis de la situation actuelle des reptiles à l'échelle nationale que celui dont on disposait dans Les espèces sauvages 2000.

Tableau 2-8-ii : Comparaison des classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des espèces de reptiles dans Les espèces sauvages 2000 et 2005.
NuméroClassification nationaleNombre et pourcentage d'espèces dans chaque classification dans Les espèces sauvages 2000Nombre et pourcentage d'espèces dans chaque classification dans Les espèces sauvages 2005Résumé du changementJustification du ou des changements
0Disparue au0- a--
0.2Disparue- a0--
0.1Disparue au- a3 (6 %)Évaluation du COSEPACb
1En péril10 (22 %)13 (28 %)Évaluation du COSEPACb
2Possiblement en2 (4 %)2 (4 %)Amélioration des connaissancesc
3Sensible12 (26 %)12 (26 %)Évaluation du COSEPACb, Amélioration des connaissancesc
4En sécurité18 (39 %)12 (26 %)Évaluation du COSEPACb, Amélioration des connaissancesc
5Indéterminée1 (2%)1 (2%)=-
6Non-évaluée00=-
7Exotique1 (2%)2 (4 %)Espèces ajoutéesd
8Occasionnelle2 (4 %)2 (4 %)=-

a La catégorie disparue/disparue du Canada de Les Espèces sauvages 2000 a été scindée en deux en 2005 : disparue et disparue du Canada. Voir la section Contexte pour obtenir des précisions.

b Le COSEPAC a mené une évaluation officielle, ce qui permet d'étayer le changement de classification. Il ne s'agirait pas d'un changement biologique (relatif à la population, à la répartition ou aux menaces) depuis 2000.

c De nouveaux renseignements ont été recueillis ou mis en lumière, ce qui permet d'étayer le changement de classification. Il ne s'agirait pas d'un changement biologique (relatif à la population, à la répartition ou aux menaces) depuis 2000.

d Une nouvelle espèce a été ajoutée à la liste nationale.

Légende : ↑Le nombre d'espèces de cette catégorie a augmenté. ↓Le nombre d'espèces de cette catégorie a diminué. ↔ Le nombre d'espèces ajoutées et d'espèces retirées est égal; aucun changement net. = Aucune espèce n'a été ajoutée ou retirée de cette catégorie.

Tableau 2-8-iii : Résumé des changements dans les classifications de la situation générale au Canada (« classification nationale ») des espèces de reptiles, entre Les espèces sauvages 2000 et 2005.
Classification nationale en 2005Classification nationale en 2000Nom communNom scientifiqueJustification du changementa
Disparue au CanadaEn périlIguane pygmée à petites cornesPhrynosoma douglasiiC
Disparue au CanadaEn périlCrotale des boisCrotalus horridusC
Disparue au CanadaPossiblement en périlTortue de l'OuestActinemys marmorataC
En périlSensibleCouleuvre à petite têteThamnophis butleriC
En périlSensibleCouleuvre à nez platHeterodon platirhinosC
En périlSensibleScinque des prairiesEumeces septentrionalisC
En périlSensibleTortue ponctuéeClemmys guttataC
En périlEn sécuritéTortue musquéeSternotherus odoratusC
Possiblement en périlEn sécuritéTortue mouchetéeEmydoidea blandingiiA
SensibleEn sécuritéTortue géographiqueGraptemys geographicaC
SensibleEn sécuritéCouleuvre minceThamnophis sauritusC/A
SensibleEn sécuritéCouleuvre tachetéeLampropeltis triangulumC/A
SensibleEn sécuritéScinque de l'OuestEumeces skiltonianusC/A

a C: nouvelle évaluation du COSEPAC. I: amélioration des connaissances sur l'espèce.

Menaces envers les reptiles

La fragmentation et la destruction de l'habitat constituent les principales menaces envers les reptiles terrestres et d'eau douce. Par exemple, on pense que les populations de scinques des Prairies (Eumeces septentrionalis) ont décliné à mesure que l'habitat de prairies se transformait en terres agricoles et que l'habitat dans les aires protégées se fragmentait en raison de successions.

La mort sur les routes constitue une grave menace envers certaines populations de reptiles, en particulier pour les espèces longévives qui misent sur les taux de survie élevés des adultes pour maintenir leurs populations. Les reptiles sont peut être attirés par les routes, qui leur semblent des endroits adéquats pour s'exposer au soleil ou des substrats de nidification appropriés, et risquent ainsi d'être tués par les voitures. En outre, les routes peuvent créer des obstacles que les reptiles doivent traverser afin d'atteindre des habitats d'hibernation et de reproduction. Enfin, il est possible que les routes fragmentent les populations en empêchant les individus de se déplacer entre les populations ou en réduisant les déplacements.

Les reptiles sont des animaux de compagnie prisés partout dans le monde et, bien que des fournisseurs éthiques ne vendent que des animaux reproduits et élevés en captivité, des reptiles sauvages sont encore capturés pour être vendus comme animaux de compagnie. La collecte non viable d'animaux peut entraîner des déclins de populations et ajoute une pression supplémentaire sur les popul ations qui font possiblement face à la perte de l'habitat ou à d'autres menaces. Les deux espèces de reptiles exotiques présentes au Canada ont été introduites par la libération d'animaux captifs, et elles possèdent le potentiel d'entrer en concurrence avec les reptiles indigènes. Parmi d'autres menaces importantes envers les reptiles terrestres et d'eau douce, notons les prédateurs exotiques, la pollution, les maladies, l'exploitation et la crainte des humains envers les reptiles.

Les menaces envers les reptiles marins comprennent la pollution ainsi que les blessures et les morts causées par le contact avec le matériel de pêche. De plus, certains reptiles marins font face à la perte de l'habitat et à une surexploitation provoquées par les collectes illégales ou le braconnage dans les plages de nidification. Le rétablissement de l'habitat des plages de nidification peut être entravé par le retrait de sable.

Conclusion

Le présent rapport montre que 32 p. 100 des espèces de reptiles sont classées en péril ou possiblement en péril à l'échelle nationale, ce qui constitue la proportion la plus élevée de tous les groupes couverts dans le présent rapport. Le rapport Les espèces sauvages 2005 présente un portrait plus précis de la situation des reptiles au Canada que celui de 2000, en raison d'une augmentation de la quantité et de la précision de l'information existant sur les reptiles canadiens.

Pour en savoir plus

Amphibiens et reptiles de l'Ontario. (consulté le 13 septembre 2005).

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COOK, F. R. Introduction aux amphibiens et reptiles du Canada. Musée national des sciences naturelles, Ottawa (Ontario), 1984, 211 p.

LAURIN, M. et J. A. GAUTHIER. Diapsida. The Tree of Life Web Project, 2000. (consulté le 13 septembre 2005). [en anglais seulement]

OLDHAM, M. J. et W. F. WELLER. Ontario Herpetofaunal Atlas, Centre d'information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, 2000. (mis à jour le 15 janvier 2001, consulté le 13 septembre 2005).

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RESE. 2004. État des populations d'amphibiens et de reptiles au Canada. (consulté le 13 septembre 2005).

Réseau canadien de conservation des amphibiens et des reptiles [PDF, 688 Ko]. (consulté le 13 septembre 2005).

The Centre for North American Herpetology. (consulté le 13 septembre 2005).

The Reptiles of British Columbia. (consulté le 13 septembre 2005). [en anglais seulement]

Références

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BARBER, K. Éd. The Canadian Oxford Dictionary, Oxford University Press, Toronto, Oxford, New York, 1998, 1 707 p.

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Note de bas de page

Note 1 de bas de page

Au cours des 10 dernières années, de nombreux débats scientifiques ont eu lieu sur les relations évolutives entre les tortues, les lézards, les serpents, les crocodiles et les oiseaux, à la suite desquels il a été suggéré que les tortues devraient être considérées comme une classe distincte des autres reptiles. Certaines organisations ont déjà adopté cette démarche, mais le programme sur la situation générale suit actuellement la méthode plus prudente en maintenant les tortues, les serpents et les lézards dans la classe traditionnelle des Reptilia, jusqu'à ce que le débat scientifique soit clarifié.

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