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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Renard véloce Vulpes velox au Canada – 2009


Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le COSEPAC a établi en 1978 que le renard véloce était une espèce « disparue du pays ». En mai 2000, à la suite d’une première réintroduction réussie, l’espèce a été évaluée de nouveau et désignée comme étant « en voie de disparition » (COSEPAC, 2000). Le renard véloce est protégé en vertu de l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) (Registre public de la LEP, 2008). La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN classe le renard véloce dans la catégorie « préoccupation mineure » (UICN, 2008b). NatureServe (2008) range l’espèce dans la catégorie G3 (vulnérable; dernier examen en juin 2006) à l’échelle mondiale, et dans la catégorie N1 (en voie de disparition) à l’échelle nationale. Le centre d'information sur le patrimoine naturel de l'Alberta (Natural Heritage Information Centre [ANHIC]) et le centre de données sur la conservation de la Saskatchewan (Conservation Data Centre [SCDC]) classent le renard véloce dans la catégorie S1 (gravement en péril; ANHIC, 2008; SCDC, 2008).

Le renard véloce est désigné en voie de disparition selon la Wildlife Act de l’Alberta, qui protège les individus et leurs terriers en interdisant la chasse et le piégeage. La législation protège le terrier, mais non l’ensemble des caractéristiques de l’habitat de l’espèce. Cette protection est plutôt assurée pas des lignes directrices visant l’utilisation des terres, qui sont des politiques gouvernementales sans fondement juridique. Elles constituent les pratiques de gestion recommandées pour aider les gestionnaires, les propriétaires et les utilisateurs de terres à éviter ou à limiter les effets éventuels de diverses utilisations des terres pouvant être néfastes pour les espèces sauvages. Les lignes directrices concernant le renard véloce indiquent que toute utilisation des terres devrait être interdite à 500 m d’un terrier (Alberta Fish and Wildlife, 2001) pendant la période de reproduction et de croissance des petits (du 15 février au 31 juillet). En dehors de cette période, les lignes directrices donnent des conseils sur la façon de s’approcher des terriers, de perturber la végétation et d’appréhender les modifications de l’habitat à long terme (Alberta Fish and Wildlife, 2001).

En 1999, le renard véloce a été reconnu « en voie de disparition » aux termes du Wild Species at Risk Regulations pris en application de la Wildlife Act de la Saskatchewan. Ce règlement protège les terriers (paragraphe 5(1)) et interdit aux propriétaires fonciers de tuer les renards véloces pour protéger leur propriété ou leur bétail (paragraphe 6(3)). Des lignes directrices provinciales recommandent également que toute perturbation humaine soit évitée à proximité des terriers. Pendant la saison de reproduction et de croissance des petits (du 15 février au 31 août), les perturbations mineures (p. ex. circulation à pied, utilisation de petits véhicules) et modérées (p. ex. utilisation de gros véhicules, construction de petits pipelines, exploitation de stations de compression) sont interdites à 500 m d’un terrier, et les perturbations majeures (p. ex. construction, prospection sismique, récolte forestière) sont interdites dans un rayon de 2 km (SCDC, 2003). Le reste de l’année, la distance minimale des terriers de renards véloces à respecter est de 100 m, 500 m et 2 km pour les activités entraînant respectivement des perturbations mineures, modérées et majeures (SCDC, 2003).

La majeure partie de l’aire de répartition du renard véloce au Canada n’est pas protégée. Comme son habitat essentiel n’a pas été établi, celui-ci n’est pas encore protégé aux termes du paragraphe 58(1) de la LEP. Environ un sixième de la population canadienne de renards véloces vit à l’intérieur des limites du PNCP (Moehrenschlager et Sovada, 2004), ce qui la protège sur le plan fédéral. En ce qui concerne la population frontalière, 40 % (38 sur 84) de l’ensemble des captures et 73 % (38 sur 52) des captures en Saskatchewan ont eu lieu dans des cantons englobant des terres de l’ARAP (Moehrenschlager et Moehrenschlager, 2006). Quant à la population du PNCP, 90 % (18 sur 20) des captures ont eu lieu dans des cantons comprenant des terres gérées par l’ARAP et/ou par Parcs Canada. Des activités de développement énergétique ont toutefois pu être réalisées sur des terres relevant de l’ARAP.

Aux États-Unis, on a demandé que le renard véloce soit inscrit à la liste figurant dans la Endangered Species Act. En 2001, le Fish and Wildlife Service des États-Unis (USFWS) a toutefois jugé que l’inscription de l’espèce n’était pas justifiée (USFWS, 2001). Les renards véloces sont protégés juridiquement dans dix États des États-Unis. L’espèce a déjà été désignée « disparue » dans le Dakota du Nord, mais des observations récentes ont poussé le Fish and Game Department de cet État à désigner le renard véloce comme espèce dont la conservation est prioritaire (niveau II) (Fecske, 2008).