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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Renard véloce Vulpes velox au Canada – 2009


COSEPAC Résumé

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Renard véloce Vulpes velox

Information sur l’espèce

Le renard véloce (Vulpes velox), qui présente une hauteur d’épaule de 30 à 32 cm et une masse corporelle de 1,6 à 3 kg, est le plus petit canidé d’Amérique du Nord. Les mâles sont légèrement plus gros que les femelles. En hiver, le renard véloce possède un pelage long et dense dont les parties supérieures sont généralement gris chamois foncé, tandis que les côtés, les pattes et le dessous de la queue sont roux orangé et que le ventre est chamois ou blanc pur. En été, le pelage est plus court et plus roux. L'espèce se reconnaît également au bout noir de sa queue et aux taches noires qui ornent chaque côté de son museau.

Répartition

L’aire de répartition historique du renard véloce s’étend du centre de l’Alberta au centre du Texas, et du Dakota du Nord au centre du Colorado. Au Canada, à l’origine, on trouvait ce renard depuis les collines Pembina du Manitoba jusqu’aux contreforts des Rocheuses en Alberta, en passant par le sud de la Saskatchewan. Comme il a disparu du Canada dans les années 1930, sa présence actuelle dans les Prairies résulte d’un programme de réintroduction lancé en 1983. On trouve actuellement la plupart des renards véloces dans la partie la plus méridionale des Prairies, près de la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan, dans le parc national du Canada des Prairies et ses environs. Le parc est situé dans le centre–sud de la Saskatchewan.

Habitat

Les renards véloces occupent généralement des prairies à graminées courtes ou mixtes, sur un terrain plat ou des pentes doucement vallonnées. Ils choisissent habituellement des zones à végétation rase et clairsemée et comportant peu d’accidents de terrain comme des canyons, des pentes raides et des coulées. La qualité de leur habitat est liée à la disponibilité des proies (particulièrement des mammifères fouisseurs) et à l’abondance des prédateurs. Ils préfèrent des zones relativement sèches, et ils évitent les terres cultivées, les milieux fragmentés et les régions présentant d’importantes variations d’altitude. L’aire de répartition des renards véloces comprend certains des paysages les plus modifiés en Amérique du Nord, et la conversion des prairies indigènes en terres cultivées est considérée comme la principale cause de contraction de l’aire de répartition historique de l’espèce. Les estimations actuelles indiquent qu’il ne reste que de 25 à 30 % de l’habitat des prairies d’origine au Canada, et qu’au moins 70 % de la prairie indigène du pays a été convertie en terres agricoles. Le développement énergétique et les réseaux routiers qui y sont associés constituent actuellement le facteur principal de changement d’affectation des terres.

Biologie

Les renards véloces sont des prédateurs opportunistes qui se nourrissent de petits mammifères, d’oiseaux, d’insectes, de végétaux et de charogne, ainsi que d’œufs d’oiseaux. Leur régime alimentaire témoigne de la diversité et de l’abondance des espèces proies locales, et il varie grandement selon les saisons. Les renards véloces peuvent creuser leurs propres terriers ou modifier ceux d’autres espèces. Ils constituent l’une des espèces de canidés les plus dépendantes de leurs terriers. En effet, ils utilisent leurs terriers tout au long de l’année pour se protéger des prédateurs, des conditions météorologiques extrêmes et de la déshydratation ainsi que pour se reposer et élever leurs petits. Au Canada, la période de reproduction des renards véloces commence à la mi-février et, après une gestation de 51 jours, les femelles donnent naissance à des portées de 2 à 6 petits. Ceux-ci quittent leur terrier de 9,5 à 18 mois après la mise bas et se dispersent généralement à moins de 15 km de leur lieu de naissance. Les renards véloces qui survivent à leur première année vivent habituellement de 3 à 7 ans. Ce sont des animaux territoriaux et la taille moyenne de leur domaine vital est de 32 km². Cette superficie est plus grande que ce qu’on trouve au cœur de l’aire de répartition des renards véloces, ce qui témoigne du caractère marginal de l’habitat de ces animaux en périphérie de leur aire de répartition. Le coyote (Canis latrans) est le principal prédateur du renard véloce, suivi de l’aigle royal (Aquila chrysaetos) et du blaireau d’Amérique (Taxidea taxus).

Taille et tendances des populations

Les plus récentes estimations des populations indiquent qu’il y a environ 647 renards véloces au Canada, répartis entre la population de la frontière entre l’Alberta et la Saskatchewan (population frontalière) (513 individus) et la population du parc national du Canada des Prairies (population du PNCP) (134 individus). Avec le temps, les populations de ces deux sites de réintroduction ont formé une métapopulation, avec celle du nord du Montana, à l’intérieur de laquelle il existe des preuves de dispersion à grande distance. De façon générale, les populations de renards véloces au Canada ont connu une hausse de 130 % entre 1996 et 2006, mais les estimations sont trop précises faute d’intervalles de confiance associés aux données. La densité des populations de renards véloces au Canada (population frontalière et population du PNCP seulement) est d’environ 5,5 renards par 100 km², et le rapport des sexes est de 52 mâles pour 48 femelles.

Menaces et facteurs limitatifs

Le principal facteur naturel bien documenté limitant l’abondance et la répartition des renards véloces au Canada est la prédation par les coyotes et les aigles royaux. Les activités de développement qui entraînent la perte, la dégradation et la perturbation de l’habitat dans l’aire de répartition du renard véloce sont de plus en plus préoccupantes. Jusqu’ici, rien ne permet d’établir que la maladie ait fait périr beaucoup de renards véloces, mais c’est une possibilité, en raison de la séroprévalence élevée de plusieurs maladies, de la petite taille des populations, de la proximité de celles-ci et de l’incidence bien documentée de maladies ayant soudainement décimé d’autres populations de canidés en voie de disparition. La compétition avec les coyotes et les renards roux (Vulpes vulpes) constitue un autre facteur limitatif potentiel. Les autres menaces pour les renards véloces au Canada sont l’empoisonnement, le piégeage et les collisions avec les véhicules.

Importance de l’espèce

Capables de courir à des vitesses de plus de 60 km/h, les renards véloces font partie des animaux les plus rapides en Amérique du Nord. Comme ce sont des mésoprédateurs, ils sont importants pour la biodiversité des Prairies. Ils jouent également un rôle vital dans la spiritualité de certaines cultures des Première nations du Canada.

Protection actuelle

À l’échelle internationale, le renard véloce entre dans la catégorie « préoccupation mineure » de la Liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). En mai 2000, le COSEPAC l’a désigné comme espèce en voie de disparition. Le renard véloce figure actuellement à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). À l’échelle provinciale, ce renard est considéré en voie de disparition aux termes de la Wildlife Act de l’Alberta et de la Wildlife Habitat Protection Act de la Saskatchewan. Environ 45 % des captures de renards véloces, au cours du recensement de 2005 et 2006, ont été réalisées à l’intérieur du domaine vital de l’espèce, sur des terres fédérales comportant divers niveaux de protection.

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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale–provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions
(2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.