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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la physe des fontaines de Banff au Canada – Mise à jour

Répartition

Aires de répartition mondiale et canadienne

L’aire de répartition du P. johnsoni se limite à seulement quelques sources thermales. Toutes ces sources se trouvent dans la portion sud des Rocheuses, dans le voisinage immédiat de la ville de Banff, dans le Parc national du Canada Banff, en Alberta (figures 4 et 5). Burch (1989) inclut à tort l’Alberta, le Montana, le Wyoming et le Colorado dans l’aire de répartition de l’espèce, vraisemblablement d’après les données de collecte de spécimens de musée. D’autres auteurs ne mentionnent pas la présence du P. johnsoni au Montana (NatureServe, 2006), au Colorado (Wu, 1989) ou au Wyoming (Wu et Beetle, 1995). Toutes les sous-populations historiques et existantes de l’espèce se trouvent au Canada.


Figure 4 : Aire de répartition mondiale de la physe des fontaines de Banff (Physella johnsoni)

Figure 4 : Aire de répartition mondiale de la physe des fontaines de Banff (Physella johnsoni).

Le point correspond au Parc national du Canada Banff en Alberta.

 


Figure 5 : Sources thermales abritant ou ayant déjà abrité la physe des fontaines de Banff (Physella johnsoni)

Figure 5 : Sources thermales abritant ou ayant déjà abrité la physe des fontaines de Banff (Physella johnsoni) près de Banff, dans le Parc national du Canada Banff (Alberta)

Près de Banff, dans le Parc national du Canada Banff (Alberta) : 1 : source Upper Hot (population disparue); 2 : source Kidney (sous-population réintroduite en novembre 2003); 3, 4 et 5 : sources Gord’s (population disparue), Upper Middle (sous-population réintroduite en novembre 2002) et Lower Middle (population présente); 6, 7, 8 et 9 : sources Basin, Cave, Lower C&B et Upper C&B, au lieu historique national Cave and Basin (populations présentes); 10 : sources Vermilion Cool (actuellement occupées par le Physella gyrina); 11 : site de l’hôtel Banff Springs (fort probablement issu d’un pompage d’eau; n’existe plus); I, II et III : lacs Vermilion. Photographie reproduite avec l’autorisation de Lepitzki et Pacas (2007).

Les spécimens types proviennent de la source Middle (Hot Sulphur Springs), Banff, Alberta (Clench, 1926) (figure 5). Un deuxième lot ne contenant que des coquilles décolorées a été récolté par E.C. Case dans un dépôt en aval du bassin de natation (Clench, 1926). Clarke (1973) rapporte la collecte de l’espèce dans les endroits suivants : Upper Hot Springs, Banff, Alberta (1927, T. Ulke), source Middle (Hot Sulphur Springs), Banff, Alberta (lot type), source Kidney (Hot Sulphur Springs), sources de Cave and Basin, et source Cold (lac Vermilion), Banff (tous les spécimens récoltés en janvier 1927 et janvier 1929, O. Bryant). Comme les sources Middle et de Cave and Basin englobent un certain nombre de sources (figure 5), on ne peut déterminer avec certitude quelles sources abritaient l’espèce. En outre, les dates des expéditions de collecte de Bryant, 1927 et 1929, sont vraisemblablement erronées, car les spécimens ont été reçus en août 1926 par Clench au Museum of Comparative Zoology, de la Harvard University (Cambridge, MA). Ces spécimens ont donc été récoltés avant 1926 (Baldinger, comm. pers., 2001; Clarke, comm. pers., 2001).

Depuis ces premières collectes, l’espèce a été récoltée à deux reprises : dans un exutoire de la source Middle, à 0,8 mi à l’est de la source Middle (c.-à-d. 300 verges au sud de l’hôtel Banff Springs), par H.D. Athearn, le 23 juillet 1965 (Clarke, 1973), et dans les « sources Middle », le 1er octobre 1975 (Iredale, comm. pers., 1975). Selon Clarke, la description du site de l’exutoire est exacte (Clarke, comm. pers., 1996); Athearn a confirmé l’exactitude des renseignements se rapportant au site (Athearn, comm. pers., 1996). Comme aucune autre source n’a été examinée en 1965 (Athearn, comm. pers., 1996), on ignore combien des sites originaux abritaient toujours l’espèce lorsque Athearn a effectué son expédition de collecte.

En 1996, l’espèce était encore présente à deux endroits, dans cinq des sites historiques, soit la source Lower Middle et les quatre sources thermales du lieu historique national Cave and Basin (LHNC&B) ‑ Cave, Basin, Upper C&B et Lower C&B (Lepitzki, 1997a,b). On considère que toutes ces sources thermales distinctes abritent une seule et même population, même si tout indique que l’espèce ne peut franchir l’habitat terrestre qui sépare les sources à moins d’être transportée par des oiseaux ou des humains, dans des conduites ou des contenants (voir la sous-section Déplacements et dispersion). L’exutoire qui coulait à proximité de l’hôtel Banff Springs n’existe plus et se trouve actuellement sous une aire de stationnement. On soupçonne également que ce site avait été créé par pompage vers l’hôtel Banff Springs d’eau de la source Kidney (Lepitzki, obs. pers.; Van Everdingen, 1972), et non des sources Middle, dont l’exutoire coule au nord de l’hôtel.

De nombreuses coquilles de P. johnsoni sont présentes le long de l’exutoire de la source Upper Middle (figure 5) (Lepitzki, obs. pers.), ce qui porte à croire que l’espèce s’y rencontrait encore récemment avant 1996. Moins de 10 coquilles de Physidé, fort probablement deP. johnsoni, ont été trouvées par Lepitzki dans la source Gord’s, source thermale jusque-là non décrite qui coule dans le secteur des sources Middle (figure 5). Moins de 10 coquilles ont également été découvertes dans la source Kidney, et moins de 5 coquilles ont été trouvées incrustées dans le tuf à la source Upper Hot au cours des 10 dernières années. Ces observations donnent à croire que la disparition de ces sous-populations remonte à un certain nombre d’années. On ignore également si les spécimens récoltés à la source Upper Hot au cours des années 1920 étaient vivants ou morts (coquilles vides). Une espèce de Physidé vit actuellement dans les sources Cool, au lac Third Vermilion (figure 5), mais il s’agit duP. gyrina (Lepitzki, 1997a,b; Hebert, 1997; Remigioet al., 2001). Il y a lieu de douter que le P. johnsoni ait déjà habité les sources Cool, car celles-ci sont actuellement occupées par le P. gyrina, et leur physicochimie diffère de celle des sources qui abritent actuellement le P. johnsoni (voir la sous-section Besoins en matière d’habitat).

L’existence d’autres sources thermales abritant l’espèce paraît extrêmement improbable, étant donné la fascination des humains pour les sources thermales et l’utilisation intensive des sources existantes au Parc national du Canada Banff. Toutes les sources thermales connues qui coulent le long de la faille de chevauchement du mont Sulphur (Grasby et Hutcheon, 2001; Grasby et Lepitzki, 2002), point d’origine des sources thermales du mont Sulphur (figure 5), incluant la source Forty Mile (qui coule entre les monts Brewster et Norquay, au nord) et six sources thermales moins chaudes jusque-là non décrites qui coulent dans le secteur des sources Middle (Lepitzki, données inédites), ont été inspectées (Lepitzki, obs. pers.). Lepitzki (données inédites) a également examiné les sources thermales Miette dans le Parc national du Canada Jasper (Grasby et al., 2000), et d’autres auteurs ont inspecté la source Mist Mountain (Grasby et al., 2000). Toutes ces recherches se sont révélées vaines (Lepitzki, données inédites; Grasby, comm. pers., 2001).

La zone d’occurrence de l’espèce a été calculée à l’aide du logiciel Oziexplorer GPS Mapping Software (D & L Software Pty Ltd., Australie, 2002) à partir de coordonnées GPS obtenues au moyen d’un récepteur GPS portatif (±10 m) (figure 5). Si l’on inclut dans le polygone tous les sites historiques (manuel des opérations et des procédures du COSEPAC, 2006), à l’exception du site de l’hôtel Banff Springs et de la source Vermilion Cool, la zone d’occurrence s’établit à 345 409 m2 (=0,345 km2). En 1996, la zone d’occurrence ne couvrait plus que 32 579 m2 (=0,0326 km2), et l’espèce n’occupait plus que 5 sources. En 2006, par suite de la réintroduction de 2 sous-populations autosuffisantes (sources Upper Middle et Kidney, voir la section Taille et tendances des populations), la zone d’occurrence s’élevait à 176 755 m2 (=0,177 km2). Si l’espèce était réintroduite dans les sources Upper Hot et Gord’s (Lepitzki et Pacas, 2007), la zone d’occurrence se rétablirait à son niveau historique.

En plus de présenter une répartition extrêmement limitée, comme l’indique la faible valeur de la zone d’occurrence, leP. johnsoni présente une microrépartition très restreinte à l’intérieur des sources thermales où il vit (Lepitzki, 2002a) (voir la prochaine section). En incluant les 2 sous-populations réintroduites, la zone d’occupation, telle que calculée à l’aide d’une grille de 1 × 1 km, s’élève à 5 km2 (A. Filion, avril 2008). La zone d’occupation réelle, biologiquement plus défendable, s’établit à 595,4 m2 (= 0,0006 km2) (tableau 1). L’espace entre la ligne bleue et la bande arrière la plus proche d’une patinoire de hockey sur glace de dimensions nord-américaines couvre approximativement la même superficie (595,25 m2) (Wikipedia, 2006). Cet habitat occupé correspond à l’habitat essentiel de la physe des fontaines de Banff (Lepitzki et Pacas, 2007).

 

Tableau 1 : Zone d’occupationNote de bas de page a et données sommaires sur les sous-populations de physes des fontaines de BanffNote de bas de page b, de janvier 1996 à mai 2007
SourceZone d’occupation
(m2)
Population
annuelle minimale 10 ans+
Population
annuelle maximale 10 ans+
Kidney25,688 852
Upper Middle176,21616 247
Lower Middle22,4304 221
Cave190,44745 657
Basin80,516210 242
Upper C&B31,31473 268
Lower C&B69,0434 619
5 sous-populations initiales combinées393,61 56116 427
5 sous-populations initiales combinées + 2 sous-populations réintroduites595,41 56133 915

Les sous-populations des sources Upper Middle et Kidney ont été réintroduites en novembre 2002 et 2003, respectivement. La sous-population de la source Basin comprend les physes ajoutées dans l’exutoire en automne 2005.

Notes de bas de page

Note de bas de page A

La zone d’occupation a été calculée à l’aide du logiciel SigmaScan Pro (Systat, 2004), à partir de cartes détaillées établies à l’aide de rubans à mesurer et de boussoles. La superficie de tous les microsites où au moins une physe des fontaines de Banff a été observée entre 1996 et 2006 a été mesurée trois fois; la moyenne du total de tous les microsites dans chaque source est indiquée.

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Note de bas de page B

Les nombres indiqués pour chaque sous-population correspondent aux nombres totaux d’individus observés au cours des dénombrements; la plupart de ces individus étaient matures.

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