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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur lepsilocarphe nain au Canada

COSEPAC Résumé

Psilocarphe nain

Psilocarphus brevissimus

Information sur l’espèce

Le Psilocarphus brevissimus est une plante herbacée annuelle à courte racine pivotante. Les tiges sont couchées et entremêlées et mesurent de 8 à 20 cm de longueur. Les feuilles sont peu nombreuses, toutes caulinaires, opposées, de lancéolées-linéaires à lancéolées-oblongues ou lancéolées-triangulaires, longues de 4 à 15 mm, recouvertes d’une pubescence laineuse blanche. Les capitules sont discoïdes, dépourvus d’involucre, isolés à l’aisselle des feuilles ou à l’extrémité des rameaux. Les bractées du réceptacle sont longues de 2,4 à 4 mm, cucullées et gonflées en ballonnets. Les akènes sont plus ou moins cylindriques, longs de 1 à 2 mm, glabres, sans nervures ni aigrette, terminés par un petit style excentré.

Répartition

Le Psilocarphus brevissimus pousse depuis le centre-sud de la Colombie-Britannique jusqu’au Montana et à l’Utah, dans l’ouest des États-Unis, et à la Basse-Californie, au Mexique. Il est également présent au Chili et en Argentine, à l’état de populations disjointes. Au Canada, l’espèce n’a été observée que dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, dans la vallée de la Similkameen, au sud de Princeton, le long d’un tronçon de 2,6 km de la route 3.

Habitat

Le Psilocarphus brevissimus pousse en sol argileux calcaire compacté et asséché (mais mouillé au printemps), dans les mares printanières de grandes clairières dominées par le Plagiobothrys scouleri (plagiobotryde de Scouler) et le Polygonum polygaloides ssp. confertiflorum (renouée à fleurs entassées). Le Danthonia unispicata (danthonie à épillet solitaire), le Myosurus minimus (ratoncule naine) et l’Alopecurus carolinianus (vulpin de Caroline) sont également associés à ces milieux. Le Psilocarphus brevissimus pousse également au bord d’étangs éphémères, sur le même type de substrat.

Biologie

On dispose de peu d’information sur la biologie du Psilocarphus brevissimus en Colombie-Britannique, outre quelques données de base sur son cycle biologique et sa reproduction. En Colombie-Britannique, la floraison survient en juin. La plante est annuelle et se reproduit sans doute principalement par autopollinisation. Les principaux agents de dispersion des graines sont peut-être des animaux. Les oiseaux pourraient transporter les graines sur de petites ou de grandes distances, et les lapins à queue blanche du genre Sylvilagus contribuent peut-être aussi à leur dispersion. Le lapin de Nuttall (S. nuttallii) est présent dans les prairies de la Colombie-Britannique.

Taille et tendances des populations

Les trois populations de Psilocarphus brevissimusrécemment répertoriées en Colombie-Britannique occupent environ 0,9 ha de la vallée de la Similkameen, au sud de Princeton. Elles sont situées le long d’un tronçon de route d’environ 2,6 km. Les populations avaient un effectif élevé en 2002 (environ 900 000 individus), ce qui constituait une augmentation importante par rapport à 2000, mais l’effectif a subi une baisse appréciable en 2003, à cause de la sécheresse.

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur qui menace les populations de P. brevissimus de la Colombie-Britannique, et donc du Canada, est la petite superficie qu’elles occupent, qui les rend très vulnérables. Les populations se trouvent sur deux terrains privés faisant partie de la réserve de terres agricoles. Certaines des activités permises dans la réserve peuvent ne pas être compatibles avec la survie de l’espèce, car tout aménagement modifiant même légèrement le régime hydrologique local pourrait avoir sur elle un effet dévastateur. L’utilisation récréative de véhicules tout-terrain pourrait modifier suffisamment le milieu pour qu’il ne convienne plus à l’espèce et soit propice aux plantes envahissantes. Les mesures de lutte contre les mauvaises herbes constituent une autre menace potentielle.

Importance particulière de l’espèce

Les mares printanières de la région de Princeton, en Colombie-Britannique, ont une superficie restreinte et renferment un assemblage de plantes rares qu’on ne rencontre pas ailleurs dans la province. Ce milieu mérite donc d’être considéré comme une zone unique de grande valeur pour la conservation. Les populations canadiennes de Psilocarphus brevissimus sont également uniques en raison de leur position périphérique, étant situées à la limite nord de la répartition de l’espèce. En effet, par rapport aux populations centrales de l’espèce, les populations périphériques isolées peuvent présenter des différences morphologiques et génétiques ayant une importance évolutive et écologique beaucoup plus grande que ne laisse croire la faible contribution de ces populations à l’effectif total de l’espèce.

Protection actuelle ou autres désignations

À l’échelle de la province, le Conservation Data Centre a attribué au Psilocarphus brevissimus la cote S1, et l’espèce figure sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique. La cote S1 correspond à la catégorie de risque la plus élevée pouvant être attribuée à une espèce à l’échelle provinciale. Pourtant, à l’heure actuelle, aucune loi provinciale portant spécifiquement sur les espèces en péril ne protège les plantes vasculaires de la Colombie-Britannique auxquelles cette cote a été attribuée. Cependant, les populations de P. brevissimus de la Colombie-Britannique sont en partie protégées contre certains types d’aménagement des terres du fait qu’elles se trouvent sur deux terrains privés faisant partie de la réserve de terres agricoles. Comme certaines activités intensives ne sont pas interdites sur ces terrains, les populations de plantes rares qui s’y trouvent demeurent menacées.


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Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC(alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPACest un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPACest formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions

(depuis mai 2003)

Espèce :
Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D) :
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)* :
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)** :
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) :
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)*** :
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)**** :
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril

Données insuffisantes (DI)***** :
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

** : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

*** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

**** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

***** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.