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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur lepsilocarphe nain au Canada

Évaluation et Rapport
de situation du COSEPAC

sur le 

Psilocarphe nain

Psilocarphus brevissimus

au Canada

psilocarphe nain

Espèce en voie de disparition 2003

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. Ont peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l'information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer les auteurs); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l'évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l'évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 2003. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vii + 20 p.

(http://www.registrelep-sararegistry.gc.ca/sar/assessment/status_f.cfm).

DOUGLAS, G.W., J.L. PENNY et K. BARTON. 2003. Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus) au Canada, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-20.

Note de production :

Le COSEPAC reconnaît le travail de rédaction de George W. Douglas, de Jenifer L. Penny et de Ksenia Barton pour le rapport de situation sur le psilocarphe nain,(Psilocarphus brevissimus) au Canada. Le COSEPAC reconnaît également et apprécie le soutien financier apporté par le British Columbia Conservation Data Centre dans la préparation de ce rapport. Le rapport a été édité par Erich Haber, coprésident du Sous-comité de spécialistes des plantes vasculaires du COSEPAC.

 

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC

a/s Service canadien de la faune

Environnement Canada

Ottawa (Ontario)

K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215

Téléc. : (819) 994-3684

Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca

http://www.cosepac.gc.ca

 

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the Dwarf Woolly-heads Psilocarphus brevissimus in Canada.

Illustration de la couverture :

Psilocarphe nain – dessin au trait d’Elizabeth J. Steven, tiré de Douglas et al., 1998, 2002b.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004

PDF : CW69-14/367-2004F-PDF

ISBN 0-662-76811-6

HTML : CW69-14/367-2004F-HTML

ISBN 0-662-76812-4

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COSEPAC Sommaire de l’évaluation

 

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2003

Nom commun : Psilocarphe nain

Nom scientifique : Psilocarphus brevissimus

Statut : Espèce en voie de disparition

Justification de la désignation : Une plante herbacée annuelle présente dans trois sites seulement à la limite septentrionale de son aire de répartition, dans de très petites mases printanières d’occurrence limitée. Sa population est sujette à des fluctuations extrêmes par suite de la variation saisonnière des précipitations. Cette espèce se trouve sur des terres privées où des perturbations humaines résultant de l’utilisation récréative des VTT, de la lutte contre les mauvaises herbes en bordure des routes et d’autres formes d’utilisation des terres permises sur les propriétés de la réserve de terres agricoles sont possibles.

Répartition : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en novembre 2003. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.


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COSEPAC Résumé

Psilocarphe nain

Psilocarphus brevissimus

Information sur l’espèce

Le Psilocarphus brevissimus est une plante herbacée annuelle à courte racine pivotante. Les tiges sont couchées et entremêlées et mesurent de 8 à 20 cm de longueur. Les feuilles sont peu nombreuses, toutes caulinaires, opposées, de lancéolées-linéaires à lancéolées-oblongues ou lancéolées-triangulaires, longues de 4 à 15 mm, recouvertes d’une pubescence laineuse blanche. Les capitules sont discoïdes, dépourvus d’involucre, isolés à l’aisselle des feuilles ou à l’extrémité des rameaux. Les bractées du réceptacle sont longues de 2,4 à 4 mm, cucullées et gonflées en ballonnets. Les akènes sont plus ou moins cylindriques, longs de 1 à 2 mm, glabres, sans nervures ni aigrette, terminés par un petit style excentré.

Répartition

Le Psilocarphus brevissimus pousse depuis le centre-sud de la Colombie-Britannique jusqu’au Montana et à l’Utah, dans l’ouest des États-Unis, et à la Basse-Californie, au Mexique. Il est également présent au Chili et en Argentine, à l’état de populations disjointes. Au Canada, l’espèce n’a été observée que dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, dans la vallée de la Similkameen, au sud de Princeton, le long d’un tronçon de 2,6 km de la route 3.

Habitat

Le Psilocarphus brevissimus pousse en sol argileux calcaire compacté et asséché (mais mouillé au printemps), dans les mares printanières de grandes clairières dominées par le Plagiobothrys scouleri (plagiobotryde de Scouler) et le Polygonum polygaloides ssp. confertiflorum (renouée à fleurs entassées). Le Danthonia unispicata (danthonie à épillet solitaire), le Myosurus minimus (ratoncule naine) et l’Alopecurus carolinianus (vulpin de Caroline) sont également associés à ces milieux. Le Psilocarphus brevissimus pousse également au bord d’étangs éphémères, sur le même type de substrat.

Biologie

On dispose de peu d’information sur la biologie du Psilocarphus brevissimus en Colombie-Britannique, outre quelques données de base sur son cycle biologique et sa reproduction. En Colombie-Britannique, la floraison survient en juin. La plante est annuelle et se reproduit sans doute principalement par autopollinisation. Les principaux agents de dispersion des graines sont peut-être des animaux. Les oiseaux pourraient transporter les graines sur de petites ou de grandes distances, et les lapins à queue blanche du genre Sylvilagus contribuent peut-être aussi à leur dispersion. Le lapin de Nuttall (S. nuttallii) est présent dans les prairies de la Colombie-Britannique.

Taille et tendances des populations

Les trois populations de Psilocarphus brevissimusrécemment répertoriées en Colombie-Britannique occupent environ 0,9 ha de la vallée de la Similkameen, au sud de Princeton. Elles sont situées le long d’un tronçon de route d’environ 2,6 km. Les populations avaient un effectif élevé en 2002 (environ 900 000 individus), ce qui constituait une augmentation importante par rapport à 2000, mais l’effectif a subi une baisse appréciable en 2003, à cause de la sécheresse.

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur qui menace les populations de P. brevissimus de la Colombie-Britannique, et donc du Canada, est la petite superficie qu’elles occupent, qui les rend très vulnérables. Les populations se trouvent sur deux terrains privés faisant partie de la réserve de terres agricoles. Certaines des activités permises dans la réserve peuvent ne pas être compatibles avec la survie de l’espèce, car tout aménagement modifiant même légèrement le régime hydrologique local pourrait avoir sur elle un effet dévastateur. L’utilisation récréative de véhicules tout-terrain pourrait modifier suffisamment le milieu pour qu’il ne convienne plus à l’espèce et soit propice aux plantes envahissantes. Les mesures de lutte contre les mauvaises herbes constituent une autre menace potentielle.

Importance particulière de l’espèce

Les mares printanières de la région de Princeton, en Colombie-Britannique, ont une superficie restreinte et renferment un assemblage de plantes rares qu’on ne rencontre pas ailleurs dans la province. Ce milieu mérite donc d’être considéré comme une zone unique de grande valeur pour la conservation. Les populations canadiennes de Psilocarphus brevissimus sont également uniques en raison de leur position périphérique, étant situées à la limite nord de la répartition de l’espèce. En effet, par rapport aux populations centrales de l’espèce, les populations périphériques isolées peuvent présenter des différences morphologiques et génétiques ayant une importance évolutive et écologique beaucoup plus grande que ne laisse croire la faible contribution de ces populations à l’effectif total de l’espèce.

Protection actuelle ou autres désignations

À l’échelle de la province, le Conservation Data Centre a attribué au Psilocarphus brevissimus la cote S1, et l’espèce figure sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique. La cote S1 correspond à la catégorie de risque la plus élevée pouvant être attribuée à une espèce à l’échelle provinciale. Pourtant, à l’heure actuelle, aucune loi provinciale portant spécifiquement sur les espèces en péril ne protège les plantes vasculaires de la Colombie-Britannique auxquelles cette cote a été attribuée. Cependant, les populations de P. brevissimus de la Colombie-Britannique sont en partie protégées contre certains types d’aménagement des terres du fait qu’elles se trouvent sur deux terrains privés faisant partie de la réserve de terres agricoles. Comme certaines activités intensives ne sont pas interdites sur ces terrains, les populations de plantes rares qui s’y trouvent demeurent menacées.


COSEPAC logo

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC(alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPACest un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPACest formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions

(depuis mai 2003)

Espèce :
Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement ou génétiquement distincte.

Espèce disparue (D) :
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du pays (DP)* :
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)** :
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) :
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas inversés.

Espèce préoccupante (P)*** :
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)**** :
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril

Données insuffisantes (DI)***** :
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* : Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

** : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

*** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

**** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

***** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique : Psilocarphus brevissimus var. brevissimus Nutt.[1]

Synonymes :  Psilocarphus oreganus Nutt. var. brevissimus (Nutt.) Jeps.; Bezanilla chilensis Remy in Gay; Psilocarphus chilensis Remy; Psilocarphus globiferus Nutt.

Nom commun : psilocarphe nain

Famille : Astéracées (Composées)

Grand groupe végétal : Dicotylédones

Description

Le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus var. brevissimus Nutt.) appartient à un genre qui compte cinq espèces poussant dans les Amériques (Cronquist, 1950), dont trois au Canada et en Colombie-Britannique (Douglas, 1998; Douglas et al., 2002a). Deux variétés de l’espèce (var. brevissimus et var. multiflorus Cronq.) sont reconnues. La variété multiflorus ne pousse qu’en Californie (Morefield, 1993). Le Psilocarphus brevissimus var. brevissimus Nutt. a été signalé au Canada pour la première fois par Douglas et al. (1998a). Comme l’espèce n’est représentée au Canada que par sa variété typique, le nom P. brevissimus sera généralement utilisé sans mention de la variété dans le reste du présent rapport.

Le Psilocarphus brevissimus est une plante herbacée annuelle à courte racine pivotante (figure 1; Douglas, 2002a). Les tiges sont couchées et entremêlées et mesurent de 8 à 20 cm de longueur. Les feuilles sont peu nombreuses, toutes caulinaires, opposées, de lancéolées-linéaires à lancéolées-oblongues ou lancéolées-triangulaires, longues de 4 à 15 mm, recouvertes d’une pubescence laineuse blanche. Les capitules sont discoïdes, dépourvus d’involucre, isolés à l’aisselle des feuilles ou à l’extrémité des tiges. Les bractées du réceptacle sont longues de 2,4 à 4 mm, cucullées et gonflées en ballonnets. Les akènes sont plus ou moins cylindriques, longs de 1 à 2 mm, glabres, sans nervures ni aigrette, terminés par un petit style excentré.

Dans le cas des spécimens d’herbier récoltés en Colombie-Britannique, le P. brevissimus peut être distingué du P. elatior par ses tiges couchées et entremêlées et par ses feuilles beaucoup plus étroites. Il peut être distingué du P. tenellus var. tenellus par les bractées plus longues de son réceptacle (2,5-4 mm par rapport à 1,3-2,5 mm) et par ses feuilles beaucoup plus étroites. En Colombie-Britannique, les aires des trois espèces ne se chevauchent pas.

Figure1. Le Psilocarphus brevissimus (dessin au trait d’Elizabeth J. Steven, tiré de Douglas et al., 1998, 2002b).

Figure1. Le Psilocarphus brevissimus (dessin au trait d’Elizabeth J. Steven, tiré de Douglas et al., 1998, 2002b).


[1] Nous avons utilisé la taxinomie et la nomenclature de Douglas et al. (1998b, 1998c, 1999, 2001).

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Répartition

Répartition mondiale

L’aire de répartition du Psilocarphus brevissimus s’étend depuis le centre-sud de la Colombie-Britannique jusqu’au Montana et à l’Utah, dans l’ouest des États-Unis, et à la Basse-Californie, au Mexique (Morefield, 1993; Cronquist, 1994; figure 2). Il en existe également des populations disjointes au Chili et en Argentine (Cronquist, 1950, 1955 et 1994). Le site connu situé le plus près des populations canadiennes se trouve à quelques centaines de kilomètres au sud, dans l’État de Washington, dans le comté de Lincoln. En Colombie-Britannique, les mares printanières où vit l’espèce sont de superficie limitée (environ 0,06 hectare), tandis qu’aux États-Unis, elles sont beaucoup plus grandes. On ne connaît pas les agents de dispersion de l’espèce, mais il pourrait s’agir de la sauvagine, ou des lapins à queue blanche. Dans le cas de la sauvagine, ces oiseaux utilisent souvent les mares printanières situées au sud de la frontière, mais il est peu probable qu’ils s’arrêtent dans celles situées en Colombie-Britannique, car elles sont beaucoup plus petites. Dans le cas des lapins à queue blanche, il est peu probable que ces animaux se déplacent sur de grandes distances, ce qui rend très improbable un sauvetage par immigration à partir des Etats-Unis.

Répartition canadienne

Au Canada, l’espèce n’a été vue que dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, dans la vallée de la Similkameen, au sud de Princeton, le long d’un tronçon de 2,6 km de la route 3 (figure 3; Douglas, 1998; Douglas et al., 1998a, 2002a et b).

L’espèce a été découverte en Colombie-Britannique en 1996. Elle pousse en milieu naturel (dans des mares printanières), dans un secteur non aménagé abritant une variété d’autres espèces indigènes; il est donc improbable qu’elle ait été introduite à cet endroit. De plus, comme la région a été dans l’ensemble peu explorée sur le plan botanique, l’espèce est sans doute passée inaperçue. Une seule des dix autres espèces végétales rares de la région de Princeton a été récoltée (en une autre occasion) avant 1996. Il se peut que la région ait été négligée par les nombreux herborisateurs qui l’ont traversée alors qu’ils se rendaient, partis de la côte, à des lieux de récolte situés plus à l’est, dans la vallée de l’Okanagan, plus riche sur le plan biologique. Un autre argument appuyant le caractère indigène de l’espèce est l’existence de nombreux taxons ayant une répartition semblable dans le nord-ouest des États-Unis et ayant leur limite nord en Colombie-Britannique. La steppe arbustive et les forêts claires du sud de la province font partie d’un ensemble écologique beaucoup plus vaste qui s’étend vers le sud à l’État de Washington, à l’Oregon et aux États de la région intermontagnarde.

Finalement, le paragraphe 2(2) de la Loi sur les espèces en péril précise que « dans la définition de "espèce sauvage" au paragraphe (1), une espèce, une sous-espèce, une variété ou une population géographiquement ou génétiquement distincte est, sauf preuve contraire, réputée être présente au Canada depuis au moins cinquante ans » (Gouvernement du Canada, 2003). Par conséquent, comme rien n’indique qu’il puisse d’agir d’une espèce non indigène, il faut présumer qu’elle est indigène.

Frank Lomer a été le premier herborisateur à explorer intensivement la région. Depuis qu’il y a découvert le Psilocarphus brevissimus, en 1996, il cherche à trouver de nouveaux sites de l’espèce dans la région (Lomer, comm. pers., 2003). Il herborise régulièrement dans toute la partie intérieure de la Colombie-Britannique, dans des milieux uniques ou intéressants, dans l’espoir de faire de nouvelles découvertes, et il garde l’œil ouvert pour plusieurs espèces rares, dont le P. brevissimus. Or, durant cette période, il n’a découvert aucun nouveau site de l’espèce. En 2002 et en 2003, dans le cadre d’un contrat, il a entrepris des recherches visant spécifiquement à découvrir de nouveaux sites des espèces rares déjà signalées dans la région de Princeton. Il a exploré en vain la rive est de la Similkameen, en face des sites connus. Il a pu constater que les marécages et autres milieux humides calcaires sont relativement communs dans le secteur mais que les terrains présentant les conditions particulières propices aux mares printanières demeurent rares.

Figure 2.  Répartition du Psilocarphus brevissimus var. brevissimus en Amérique du Nord. La variété multiflorus n’est présente qu’en Californie.

Figure 2.  Répartition du Psilocarphus brevissimus var. brevissimus en Amérique du Nord. La variété multiflorus n’est présente qu’en Californie.

Figure 3. Répartition du Psilocarphus brevissimus en Colombie-Britannique.

Figure 3.  Répartition du Psilocarphus brevissimus en Colombie-Britannique

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Habitat

Besoins de l’espèce

Le Psilocarphus brevissimus se rencontre principalement dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, dans la vallée de la rivière Similkameen, dans la partie montagnarde inférieure de la zone biogéoclimatique intérieure à douglas (Hope et al., 1991). Cette région jouit d’un climat continental caractérisé par des étés secs et très chauds, par une saison de végétation assez longue et par des hivers frais. La région est protégée des pluies par la chaîne Côtière et la chaîne des Cascades, situées à l’ouest.

À l’intérieur de cette zone, les sites sont situés dans une matrice de terrains plats à légèrement inclinés, occupés par une steppe arbustive dominée par l’Artemisia tridentata (armoise tridentée), où poussent également des individus éparpillés de Pinus ponderosa (pin ponderosa) et de Pseudotsuga menziesii (douglas). Le secteur constitue la limite ouest des steppes arbustives ouvertes poussant à cette altitude. Le P. brevissimus pousse en sol argileux calcaire, dans les mares printanières de grandes clairières dominées par le Plagiobothrys scouleri (plagiobotryde de Scouler) et le Polygonum polygaloides ssp. confertiflorum (renouée à fleurs entassées). Les autres espèces associées à ces milieux comprennent le Danthonia unispicata (danthonie à épillet solitaire), le Myosurus minimus (ratoncule naine), l’Alopecurus carolinianus (vulpin de Caroline), le Gnaphalium palustre (gnaphale des marais) et le Deschampsia danthonioides (deschampsie fausse-danthonie); voir tableau 1. Le Psilocarphus brevissimus pousse également au bord d’étangs éphémères, sur le même type de substrat. Dans les mares printanières et au bord des étangs éphémères, le sol est mouillé au printemps mais s’assèche et se compacte durant l’été.

Le Psilocarphus brevissimus est considéré comme une espèce spécialiste des mares printanières (Schlising et Sanders, 1982; Keeley et Zedler, 1998; Bauder, 2000). Au printemps, la tolérance du P. brevissimus à l’inondation lui permet de supplanter les espèces de la prairie; durant la sécheresse estivale, sa tolérance à l’assèchement du sol et à la chaleur lui permet de supplanter les plantes aquatiques ou palustres (Bauder, 2000). Keeley et Zedler (1998) définissent les mares printanières (vernal pools) comme étant des « milieux humides saisonniers alimentés par les précipitations et caractérisés par une période d’inondation où la température est assez élevée pour la croissance des plantes, suivie d’une brève période d’exondaison où le terrain demeure saturé d’eau, suivie enfin d’une longue période d’assèchement extrême du sol. »

Tendances de l’habitat

Il semble que dans le passé les sites ont fait l’objet d’un pâturage modéré. Un pâturage intensif pourrait perturber les conditions hydrologiques, qui sont particulièrement importantes pour le maintien des sites dans un état optimal. Rien n’indique cependant que l’intensité actuelle du pâturage soit appelée à changer.

Protection et propriété des terrains

Les populations de P. brevissimus de Colombie-Britannique sont situées dans des terrains privés faisant partie de la réserve de terres agricoles (Agricultural Land Reserve) de la province.

Tableau 1. Position géographique des populations de Psilocarphus brevissimus de Colombie-Britannique et plantes vasculaires associées à chacune.
PopulationPlantes vasculaires associées
(y compris les espèces dominantes et co-dominantes de la communauté)
No 1 : Princeton, au SE du lac TraceyGnaphalium palustre
No 2 : Princeton, à l’ESE du lac TraceyPlagiobothrys scouleri, Myosurus minimus, Polygonum aviculare et Alopecurus carolinianus
No 3 : Princeton, au SE du lac StevensonPlagiobothrys scouleri, Myosurus minimus, Polygonum polygaloides ssp. confertiflorum, Alopecurus carolinianus, Deschampsia danthonioides et Danthonia unispicata

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Biologie

Généralités

On manque d’information sur la biologie du Psilocarphus brevissimus en Colombie-Britannique, notamment sur divers aspects de sa physiologie et sur ses relations avec les autres espèces. On ne possède que certaines données de base sur son cycle biologique et sa reproduction.

Keeley et Zedler (1998) distinguent quatre périodes dans le cycle annuel des mares printanières : (1) la période de mouillage ; (2) la période d’inondation, ou stade aquatique; (3) la période d’exondaison avec saturation d’eau, ou stade terrestre; (4) la période de sécheresse. Normalement, chez les plantes des mares printanières, la germination débute durant la période de mouillage ou la période d’inondation, tandis que la floraison débute durant la transition entre les périodes d’inondation et d’exondaison. Dans la région de Princeton, dans le sud de la Colombie-Britannique, la floraison a lieu en juin, et la fructification a lieu durant la période de sécheresse.

Reproduction

Le Psilocarphus brevissimus est une plante herbacée annuelle qui se reproduit sans doute principalement par autopollinisation, puisque la plante ne possède aucune structure servant à attirer les pollinisateurs et que ses stigmates sont situés à proximité des fleurs centrales productrices de pollen. De plus, l’abondante pubescence laineuse de la plante et l’absence d’aigrette sur l’akène doivent limiter la dispersion du pollen par le vent. Il est également possible que la plante produise des graines sans pollinisation, par voie asexuée (Cronquist, 1950).

Déplacement et dispersion

Les animaux sont peut-être les principaux agents de dispersion des graines du Psilocarphus brevissimus. Les oiseaux peuvent disperser les graines sur de grandes ou de petites distances. L’utilisation des mares printanières par diverses espèces d’oiseaux migrateurs, particulièrement la sauvagine et les oiseaux de rivage, a été amplement observée dans d’autres régions (Silveira, 1998). Les lapins à queue blanche de la sous-espèce Sylvilagus pourraient également disperser les graines. En effet, une étude menée an Californie a permis de constater que les graines du P. brevissimus sont souvent présentes dans les crottes des lapins à queue blanche et germent bien par la suite. Les lapins à queue blanche pourraient être des agents de dispersion importants entre les mares printanières peu distantes (Zedler et Black, 1992). Les sites du P. brevissimus de Colombie-Britannique pourraient offrir un habitat au lapin de Nuttall (Sylvilagus nuttallii), qui vit dans les prairies de la région.

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Taille et tendances des populations

Les trois sites du Psilocarphus brevissimus récemment répertoriés en Colombie-Britannique occupent une superficie d’environ 0,96 ha dans la vallée de la Similkameen, au sud de Princeton (tableau 1). Ces populations sont situées le long d’un tronçon d’environ 2,6 km de la route 3 (figure 3). En 2002, elles comptaient entre 450 et environ 900 0000 individus, soit plus qu’en 2000. On ne connaît pas la tendance à long terme de ces populations. Cependant, à court terme, on peut s’attendre à des fluctuations marquées, étant donné les variations annuelles des taux de germination des graines et de survie des semis. L’effectif de la population du lac Stevenson a connu une augmentation fulgurante de 2000 à 2002 (Lomer, comm. pers., 2002). En 2002, le nombre d’individus a atteint environ 900 000, mais il est retombé à seulement 300 en 2003 (Lomer, comm. pers., 2003).

Chez cette plante annuelle, l’effectif des populations est fortement lié au régime annuel des précipitations (Bauder, 2000), ce qui est typique des plantes des mares printanières (Griggs et Jain, 1983). La baisse spectaculaire d’effectif, au lac Stevenson, est sans doute due à la sécheresse qu’a connue la province en 2003.

Tableau 2. Emplacements et taille des populations de Psilocarphus brevissimus au sud de Princeton.
Site de collecteDernière observationHerborisateursEffectif / superficie
No 1 - Princeton, au SE du lac Tracey
1996
Lomer
30 individus / superficie inconnue
No - Princeton, à l’ESE du lac Tracey
2002
Douglas et Penny
450 individus / 392 
No 3 - Princeton, au SE du lac Stevenson
2003
Lomer
de 330 à 340 individus / 570 

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Facteurs limitatifs et menaces

En gros, seulement 2 p. 100 des secteurs de prairie de la Colombie-Britannique étaient officiellement protégés en 1992 (The Land Conservancy of B.C., 2002). Or, les prairies et les forêts claires de cette province sont menacées par plusieurs facteurs, dont la pression d’aménagement exercée par la population humaine en expansion, la fragmentation du milieu, son envahissement par les mauvaises herbes et l’utilisation des véhicules tout-terrain (BC WLAP, 2002).

Le facteur qui constitue la menace la plus immédiate pour les populations de Psilocarphus brevissimus est leur faible zone d’occupation (0,96 ha). En effet, les populations qui occupent une si petite superficie sont extrêmement vulnérables aux variations démographiques et environnementales (Primack, 1998). De plus, comme les milieux convenant à l’espèce sont extrêmement restreints, les possibilités de colonisation et d’expansion sont également limitées.

Une autre menace est l’incidence éventuelle de l’utilisation récréative des véhicules tout-terrain (VTT). Nous avons nous-mêmes observé en 2002 des signes de l’utilisation de VTT et de motos hors-route à proximité des sites. Heureusement, au moins une des populations se trouve dans un terrain bien clôturé qui n’a pas encore été perturbé. Lorsque le milieu est mouillé, il devient très sensible à l’impact des VTT, et c’est justement à ce moment-là qu’il est le plus recherché par les adeptes de ces véhicules. L’utilisation excessive des VTT dans l’habitat du P. brevissimus pourrait perturber suffisamment le terrain pour en modifier radicalement le substrat et ainsi favoriser l’établissement d’espèces exotiques.

Les terrains privés où se trouvent les populations de P. brevissimus font partie de la réserve de terres agricoles (RTA), dont la vocation principale est l’agriculture. Ces terrains semblent donc relativement protégés contre les pressions de l’aménagement pour le moment. Aucune demande visant à soustraire les terrains de la RTA aux fins de développement n’a encore été présentée (Wallace, comm. pers., 2003), mais les propriétaires pourraient décider d’en présenter une dans l’avenir. Les ventes de maisons ont connu une hausse au cours des 12 à 18 derniers mois dans la région de Princeton, suivant en cela la tendance observée dans la vallée de l’Okanagan (Fabri, comm. pers., 2003).

Le fait que les terrains fassent partie de la RTA peut empêcher le lotissement, mais non certaines autres activités qui peuvent également menacer les populations de P. brevissimus. Par exemple, il est permis d’y prélever de la terre ou des matériaux de remblayage sans en faire la demande à la Commission des terres agricoles (Provincial Agricultural Land Commission, 2003). Or, toute forme d’aménagement modifiant même légèrement le régime hydrologique du milieu peut être dévastatrice pour l’espèce. Au cours des dernières années, dans le sud de la province, de nombreuses parcelles de la RTA ont été converties en lotissements résidentiels, en centres commerciaux et en terrains de golf, à la suite de décisions prises par la Commission ou, dans de très rares cas, par l’assemblée législative provinciale.

De plus, l’agrotourisme pourrait être autorisé dans l’avenir, puisque cette industrie est en expansion dans la région (Town of Princeton, 2003). Selon le Small Farm Centre de la University of California, les exploitations agrotouristiques permettent de créer des liens entre les citadins et les ruraux (University of California Small Farm Centre, 2003). Parmi les nombreuses activités agrotouristiques possibles, mentionnons les festivals, les foires agroalimentaires, les expositions d’artisanat, l’hébergement à la ferme, les balades sur VTT, moto hors-route ou bicyclette de montagne, les rodéos, les circuits touristiques et l’équitation. Toutes ces activités peuvent générer une utilisation intensive des terres. Les motos, les VTT et les chevaux peuvent avoir de lourdes répercussions sur les plantes rares s’ils passent dans les secteurs occupés par celles-ci.

Les mesures de lutte contre les mauvaises herbes constituent une autre menace potentielle. En vertu de la loi provinciale (Weed Control Act), l’occupant d’un terrain est tenu de détruire les mauvaises herbes nuisibles qui y poussent ou s’y trouvent. Or, les produits peu spécifiques utilisés contre les mauvaises herbes à feuilles larges peuvent sans doute également tuer le P. brevissimus. Le fait que les populations de cette espèce se trouvent à proximité d’une route et d’une ligne de transport d’électricité augmente également le risque d’impact dû à la lutte contre les mauvaises herbes.

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Importance de l'espèce

Les mares printanières de la région de Princeton, en Colombie-Britannique, ont une superficie restreinte et renferment un assemblage de plantes rares qu’on ne trouve pas ailleurs dans la province, dont le Psilocarphus brevissimus. Ce milieu, de plus en plus reconnu pour son intérêt écologique et floristique, mérite donc d’être considéré comme une zone unique de grande valeur pour la conservation. Des études ont permis de répertorier des assemblages complets d’espèces végétales tolérant les conditions extrêmes d’inondation et d’assèchement qui caractérisent le cycle annuel des mares printanières (Schlising et Sanders, 1982; Keeley et Zedler, 1998; Bauder, 2000). Ces mares hébergent souvent des espèces devenues rares à cause de pertes d’habitat. Le régime hydrologique particulier des mares printanières est généralement suffisant pour en empêcher l’envahissement par la plupart des espèces exotiques.

Les populations canadiennes de Psilocarphus brevissimus sont également uniques en raison de leur position périphérique, à la limite nord de la répartition de l’espèce. Cette dernière n’est peut-être pas menacée à l’échelle mondiale, mais ses populations périphériques isolées peuvent présenter, par rapport aux populations centrales, des différences morphologiques et génétiques ayant une importance évolutive et écologique beaucoup plus grande que ne laisse croire la faible contribution de ces populations à l’effectif total de l’espèce (Mayr, 1982; Lesica et Allendorf, 1995). De plus, le mode de reproduction autogame du P. brevissimus a pu favoriser une différentiation génétique de ses populations. La protection des populations périphériques génétiquement distinctes peut être importante pour la survie à long terme de l’ensemble de l’espèce (Lesica et Allendorf, 1995).

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Protection actuelle ou autres désignations

Situation à l’échelle internationale 

À l’échelle mondiale, on a attribué au Psilocarphus brevissimus la cote G4T?, qui signifie que l’espèce est apparemment hors de danger dans la plus grande partie de son aire, parce qu’elle n’est pas rare, bien que peu commune, et parce qu’elle est généralement répandue, même si elle peut soulever des préoccupations à long terme (NatureServe, 2001). On ne connaît pas la situation particulière de la variété. 

Situation à l’échelle du Canada et de la Colombie-Britannique 

À l’échelle du Canada, comme le Psilocarphus brevissimus ne se rencontre qu’en Colombie-Britannique, on lui a attribué la cote N1. À l’échelle de la province, le Conservation Data Centre lui a attribué la cote S1, et l’espèce figure sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique (Douglas et al., 2002b). La cote S1 correspond à la catégorie de risque la plus élevée pouvant être attribuée à une espèce à l’échelle provinciale et signifie que l’espèce est « très menacée en raison de son extrême rareté (généralement cinq sites ou moins, ou très petit nombre d’individus) ou parce qu’un ou plusieurs facteurs risquent tout particulièrement de la faire disparaître du pays ou disparaître entièrement ».

À l’heure actuelle, aucune loi provinciale portant spécifiquement sur les espèces en péril ne protège les plantes vasculaires de la Colombie-Britannique auxquelles cette catégorie a été attribuée. Cependant, les populations de P. brevissimus de la Colombie-Britannique sont en partie protégées contre certains types d’aménagements des terres du fait qu’elles se trouvent sur des terrains privés faisant partie de la réserve de terres agricoles. La vocation avant tout agricole de ces terres est reconnue, mais certaines des activités permises risquent d’être incompatibles avec les besoins du P. brevissimus en matière d’habitat. Par conséquent, à moins que des mesures actives d’intendance soient adoptées, les populations de plantes rares se trouvant sur ces terrains privés demeurent menacées.

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Résumé du rapport de situation

Le Psilocarphus brevissimus ne compte actuellement que trois populations connues en Colombie-Britannique, et toutes sont situées le long d’un tronçon de 2,6 km de la route 3, au sud de Princeton. Les milieux convenant au P. brevissimus sont extrêmement restreints au Canada, n’étant présents que dans la région de Princeton. Par conséquent, les possibilités de colonisation sont extrêmement limitées. Les populations canadiennes risquent de disparaître en raison de la faible superficie qu’elles occupent, qui les rend vulnérables aux fluctuations démographiques et environnementales ainsi qu’aux pertes de diversité génétique. L’utilisation récréative de véhicules tout-terrain, dont des signes ont été observés à proximité des sites, menace également l’intégrité de l’habitat. De plus, certaines activités permises dans la réserve de terres agricoles (RTA) où se trouvent les populations pourraient être incompatibles avec les besoins de l’espèce en matière d’habitat. La région de Princeton a connu une hausse de la construction domiciliaire, ce qui laisse présager un lotissement futur pouvant exiger que des terrains privés soient soustraits de la RTA. Finalement, comme les populations de P. brevissimus de Colombie-Britannique sont situées à la limite nord de la répartition de l’espèce, elles pourraient être génétiquement distinctes et donc importantes pour sa survie et son évolution à long terme.


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Résumé technique

Psilocarphus brevissimus

Psilocarphe nain – Dwarf Woolly-heads

Répartition canadienne : Colombie-Britannique

Information sur la répartition

Zone d’occurrence km²). Superficie délimitée par le polygone formé par les trois sites. Moins de 3 km²
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Inconnue, probablement stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)? C’est peu probable, car il y a très peu de milieux propices où l’espèce pourrait se propager.
Zone d’occupation km²). Estimation de la superficie occupée. Beaucoup moins de 1 km² (moins de 1 ha)
Préciser la tendance (en déclin, stable, en croissance,inconnue). Inconnue, probablement stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation? C’est peu probable, car il y a très peu de milieux propices où l’espèce pourrait se propager.
Nombre d’emplacements existants : 3
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Inconnue, probablement stable
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements? C’est peu probable, car il y a très peu de milieux propices où l’espèce pourrait se propager.
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire,
de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin,
stable, en croissance ou inconnue).
Inconnue, probablement stable

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans
la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
Un an
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). Environ 1 000 à 1 000 000
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue). Il y a fluctuation naturelle, mais il n’existe pas de données sur la tendance proprement dite.
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/ prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte). s.o.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre
d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Oui, en raison de fluctuations annuelles des conditions climatiques et du régime hydrologique des sites.
La population totale est-elle très fragmentée (la
plupart des individus se trouvent dans de petites
populations relativement isolées [géographiquement
ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges,
c.-à-d. migration réussie de  < 1 individu/année)?
Oui.
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue). Inconnue, probablement stable.
Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)? C’est peu probable, mais il y a peut-être des fluctuations annuelles liées aux conditions climatiques et au régime hydrologique des sites.
Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures présents dans chacune.  No 1 : ~30
No 2 : ~450
No 3 : ~330-340

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Activités telles que le remblayage, permises dans la réserve de terres agricoles.
  • Utilisation de véhicules tout-terrain, favorisant l’établissement de mauvaises herbes.
  • Mesures de lutte contre les mauvaises herbes.

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur? Situation inconnue aux États-Unis
Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible? On ne sait pas.
Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question? On ne sait pas.
Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question? C’est peu probable.
Probabilité d’un rétablissement à partir de
populations de l’extérieur.
Peu probable

Analyse quantitative

n.d.

Statut actuel

COSEPAC : Espèce en voie de disparition

Statut et justification de la désignation

Statut : Espèce en voie de disparition
Cote alphanumérique : B1ac(iv)+2ac (iv)
Justification de la désignation:

Une annuelle présente en trois sites seulement à la limite septentrionale de son aire de répartition, dans de très petites flaques printanières d’occurrence limitée. Sa population est sujette à des fluctuations extrêmes par suite de la variation saisonnière des précipitations. Cette espèce se trouve sur des terres privées où des perturbations humaines résultant de l’utilisation récréative des VTT, de la lutte contre les mauvaises herbes en bordure des routes et d’autres formes d’utilisation des terres permises sur les propriétés des réserves de terres agricoles sont possibles.

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Remerciements

Nous souhaitons remercier Frank Lomer, qui nous a aidés à retrouver les populations de Psilocarphus brevissimus en 2002 et en 2003.

La rédaction du présent rapport de situation a été financée par le British Columbia Conservation Data Centre.

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Ouvrages cités

Bauder, E.T. 2000. Inundation effects on small-scale plant distributions in San Diego, California vernal pools. Aquatic Ecology 34:43-61.

BC WLAP. 2002. South Okanagan Lower Similkameen Habitat Atlas for Wildlife at Risk. British Columbia Ministry of Water, Land and Air Protection, Penticton (Colombie-Britannique). http://wlapwww.gov.bc.ca/sir/fwh/wld/atlas/introduction/intro_index.html [consulté le 3 juin 2002].

Cronquist, A. 1950. A review of the genus Psilocarphus. Research Studies of the State College of Washington 18: 71-89.

Cronquist, A. 1955. Vascular plants of the Pacific Northwest. Part 5: Compositae. University of Washington Press, Seattle WA. 343 p.

Cronquist, A. 1994. Intermountain flora - Vascular plants of the Intermountain West, USA, Volume five: Asterales. New York Botanical Garden, New York NY. 496 p.

Douglas, G.W. 1998. Asteraceae. Pages 96-392, in G.W. Douglas, G.B. Straley et D. Meidinger (éd.). Illustrated flora of British Columbia Volume 1. Gymnosperms and Dicotyledons (Aceraceae through Asteraceae). British Columbia Ministry of Environment, Lands and Parks et British Columbia Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique). 436 p.

Douglas, G.W., F. Lomer et H.L. Roemer. 1998a. New or rediscovered native vascular plant species in British Columbia. Canadian Field-Naturalist 112: 276-279.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J.L. Penny. 2002a. Rare Native Vascular Plants of British Columbia. Second edition. Province of British Columbia. Victoria (Colombie-Britannique). 359 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 1999. Illustrated flora of British Columbia. Volume 4. Dicotyledons (Orobanchaceae through Rubiaceae). British Columbia Ministry of Environment, Lands and Parks et British Columbia Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique). 427 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar.2001. Illustrated flora of British Columbia. Volume 7. Monocotyledons (Orchidaceae to Zosteraceae). British Columbia Ministry of Sustainable Resource Management et British Columbia Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique). 379 p.

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Douglas, G.W., G.B. Straley et D. Meidinger. 1998b. Illustrated flora of British Columbia. Volume 1.Gymnosperms and Dicotyledons (Aceraceae through Asteraceae). British Columbia Ministry of Environment, Lands and Parks et British Columbia Ministry of Forests. Victoria (Colombie-Britannique). 436 p.

Douglas, G.W., G.B. Straley, D. Meidinger et J. Pojar. 1998c. Illustrated flora of British Columbia. Volume 2. Dicotyledons (Balsaminaceae through Cuscutaceae). British Columbia Ministry of Environment, Lands and Parks et British Columbia Ministry of Forests. Victoria (Colombie-Britannique). 401 p.

Fabri, P. (comm. pers.). 2003. Analyste de marchés. Société canadienne d’hypothèques et de logement, Suite 103, 1708 Dolphin Avenue, Kelowna (Colombie-Britannique) V1Y 9S4.

Gouvernement du Canada. 2003. Registre public de la Loi sur les espèces en péril.. La Loi.

Griggs, F.T., et S.K. Jain. 1983. Conservation of vernal pool plants in California, II. Population biology of a rare and unique grass genus Orcuttia. Biological Conservation 27: 171-193.

Hope, G.D., W.R. Mitchell, D.A. Lloyd, W.R. Erickson, W.L. Harper et B.M. Wikeem. 1991. Interior Douglas-fir zone. Pages 153-166 in Ecosystems of British Columbia. Sous la direction de D. Meidinger et J. Pojar. British Columbia Ministry of Forests Special Report Series No. 6, Victoria (Colombie-Britannique). 330 pages. [consulté le 22 février 2001].

Keeley, J.E., et P.H. Zedler. 1998. Characterization and global distribution of vernal pools, in Ecology, Conservation, and Management of Vernal Pool Ecosystems: Proceedings from a 1996 Conference. Sous la direction de C.W. Witham, E.T. Bauder, D. Belk, W.R. Ferren Jr. et R. Ornduff. California Native Plant Society, Sacramento CA. (Format PDF, 385 Ko, disponible en anglais seulement) [consulté le 26 mars 2002].

Lesica, P., et W. Allendorf. 1995. When are peripheral populations valuable for conservation? Conservation Biology 9: 753-760.

Mayr, E. 1982. Adaptation and selection. Biologisches Zentralblatt101:161-174.

Morefield, J.D. 1993. Psilocarphus. Page 329,in The Jepson manual: Higher plants of California. Sous la direction de J.C. Hickman. University of California Press, Berkeley CA. 1400 p.

NatureServe. 2001. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application web]. Version 1.6. Arlington VA: NatureServe.

Primack, R.B. 1998. Essentials of Conservation Biology. Sinauer Associates Inc., Sunderland (Massachusetts).

Provincial Agricultural Land Commission. 2003. Agricultural Land Reserve – Frequently Asked Questions. Provincial Agricultural Land Commission. 133-4940 Canada Way, Burnaby (Colombie-Britannique) V5G 4K6.

Schlising, R.A., et E.L. Sanders. 1982. Quantitative analysis of vegetation at the Richvale vernal pools, California. American Journal of Botany 69:734-742.

Silveira, J.G. 1998. Avian uses of vernal pools and implications for conservation practice, in C.W. Witham, E.T. Bauder, D. Belk, W.R. Ferren Jr. et R. Ornduff (éd.). Ecology, Conservation, and Management of Vernal Pool Ecosystems. Proceedings from a 1996 Conference. Sous la direction de California Native Plant Society, Sacramento CA. [consulté le 8 mai 2002].

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University of California Small Farm Centre. 2003. Agricultural Tourism. http://www.sfc.ucdavis.edu/agritourism/agritour.html.

Zedler, P.H., et C. Black. 1992. Seed dispersal by a generalized herbivore: rabbits as dispersal vectors in a semiarid California vernal pool landscape. American Midland Naturalist 128:1-10.

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

George W. Douglas détient une M.Sc. en foresterie de la University of Washington ainsi qu’un Ph.D. en botanique de l’Université d’Alberta, à Edmonton. Il étudie les plantes rares depuis plus de 20 ans. Il a été auteur principal des Plantes vasculaires rares du Yukon (1981), co-auteur de The Rare Vascular Plants of British Columbia (1985), auteur principal desRare Native Plants of British Columbia (1998 et 2002) ainsi qu’éditeur principal de la publication Illustrated Flora of British Columbia (de 1998 à 2002). Il a été botaniste de programme au British Columbia Conservation Data Centre de 1991 à 2003. Il dirige actuellement une firme de consultation en écologie. George W. Douglas a rédigé, a co-rédigé ou est en train de rédiger 33 rapports de situation du COSEPAC.

Jenifer L. Penny détient un B.Sc. en biologie de la University of Victoria. Depuis 1995, elle travaille à titre de botaniste au British Columbia Conservation Data Centre. Elle a effectué beaucoup de travaux de terrain dans le domaine de la botanique et est auteure principale de trois rapports de situation du COSEPAC ainsi que de la section traitant des Primulacées dans l’Illustrated Flora of British Columbia (1999). Elle est co-auteure de la deuxième édition des Rare Native Vascular Plants of British Columbia (2002).

Ksenia Barton détient une M.Sc. en biologie de l’Université McGill. Spécialiste de l’écologie végétale, elle effectue depuis sept ans des travaux de recherche et d’inventaire des ressources dans toute la Colombie-Britannique. Elle a rédigé des fiches sur quatre espèces de plantes rares dans le cadre de la British Columbia Identified Wildlife Strategy. Elle vient de terminer, pour le U.S. Forest Service, des relevés à grande échelle sur les plantes rares des Black Hills, au Dakota du Sud et au Wyoming.

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Experts consultés

Lomer, F. Juin 2002. 711, rue Colborne, New Westminster (Colombie-Britannique) V3L 5V6

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Collections consultées

Nous avons examiné et vérifié les spécimens déposés à l’herbier du Royal British Columbia Museum (V), à Victoria.

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Travaux de terrain

En 2002 et en 2003, nous avons effectué des travaux de terrain sur plusieurs espèces rares, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. Nous n’avons pas eu le temps de retrouver ni de recenser celle des trois sites du Psilocarphus brevissimus qui était la moins accessible (Penny, comm. pers., février 2003).

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