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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Pic de Williamson (Sphyrapicus thyroideus) au Canada

Répartition

Aire de répartition mondiale

Dobbs et al. (1997) ont compilé les lieux de nidification de l’espèce. L’aire de nidification a été cartographiée (figure 2) d’après le sommaire de Dobbs et al. (1997), les données de Sauer et al. (2004) ainsi que les données présentées dans la section « Aire de répartition canadienne » ci-dessous. L’espèce nidifie principalement dans les montagnes de l’ouest des États-Unis et jusque dans le sud de la Colombie-Britannique. Elle est absente des chaînons montagneux du centre du Nevada. Le Mexique en abrite une population nicheuse isolée, dans le nord de la Basse-Californie.

L’espèce est en partie migratrice, puisque les populations des latitudes septentrionales des zones de nidification, soit des régions situées au nord de la Californie, au nord des monts Mogollon d’Arizona et au nord des montagnes de la région de Santa Fe, au Nouveau-Mexique, descendent vers le sud pour l’hiver. L’espèce hiverne dans le sud de l’Oregon parfois, à de basses altitudes en Californie, dans le sud de l’Arizona et du Nouveau-Mexique et au Mexique, dans les montagnes de l’ouest jusqu’à Jalisco et dans le nord du Michoacan, au nord-ouest de Mexico.

Figure 2. Aire nord-américaine de nidification du Pic de Williamson, d’après Dobbs et al. (1997), Sauer et al. (2004) ainsi que Gyug (données inédites) pour la partie de l’aire se trouvant en territoire canadien.

Figure 2. Aire nord-américaine de nidification du Pic de Williamson, d’après Dobbs et al. (1997), Sauer et al. (2004) ainsi que Gyug (données inédites) pour la partie de l’aire se trouvant en territoire canadien.

Aire de répartition canadienne

Au Canada, l’espèce nidifie uniquement dans le sud de la Colombie-Britannique, où elle est considérée comme résidente d’été rare. Les registres renferment trois mentions accidentelles pour l’Alberta (Pinel, 1993) et trois pour la Saskatchewan (Godfrey, 1986). Deux des trois spécimens répertoriés pour l’Alberta ont été observés dans le parc national des Lacs-Waterton, à proximité de l’aire connue de la sous-espèce nataliae, et le troisième, à Calgary.

L’aire de répartition et la situation du Pic de Williamson en Colombie-Britannique ont été décrites par Cooper (1995). Depuis, une quantité importante d’information a été découverte ou recueillie sur toutes les populations de l’espèce dans la province. L’information contenue dans le rapport de Cooper (1995) a été intégrée à la description de l’aire et de la situation de l’espèce présentée ci-après, et l’auteur est cité lorsqu’il y a lieu.

Au Canada, les deux sous-espèces de Pic de Williamson occupent des aires disjointes. La localité la plus à l’est pour laquelle la sous-espèce thyroideus est répertoriée est Greenwood, qui se trouve à environ 200 km à l’ouest de la région de Kimberley, localité la plus à l’ouest où la sous-espèce nataliae a été observée. Il n’y a jamais eu de mention de l’espèce pour la région comprise entre Greenwood et Kimberley. Ni le sommaire de 230 mentions de Campbell et al. (1990), ni les mentions ultérieures répertoriées par Cooper (1995), ni les échanges entre amateurs d’ornithologie (BCINTBIRD; WKBIRDS; EKOOTENAYBIRDS) entre 1997 et 2004, ni aucune autre source connue ne signalent le Pic de Williamson pour cette région.

Conformément aux définitions du COSEPAC (2004), nous considérons comme « population totale » le nombre total d’individus de l’espèce au Canada, à l’exclusion des individus errants. Au sein de la population totale, le COSEPAC définit une population comme suit : « groupe géographiquement ou autrement distinct au sein d’une espèce qui a peu d’échanges démographiques ou génétiques avec des autres groupes. Théoriquement, les populations maintiennent une distinction génétique s'il y a normalement moins d'une gamète ou d'un individu immigrant réussissant à se reproduire par génération. » Nous n’avons trouvé aucune information concernant les échanges génétiques entre les populations canadiennes du Pic de Williamson, mais on peut penser qu’ils sont relativement rares vu le caractère apparemment hautement philopatrique de l’espèce (voir la section « Survie et mortalité »). D’après les sites de nidification connus, la population totale a été divisée en cinq populations géographiquement séparées, soit quatre populations de la sous-espèce thyroideus (Okanagan-Greenwood, Princeton, Merritt, et ruisseau Hat [à l’ouest de Cache Creek]) et une population de la sous-espèce nataliae (sillon des Rocheuses, près de Cranbrook). Au sein de chacune des populations, nous avons considéré comme autant de sites de nidification les lieux occupés ou supposés comme tels (milieu apparemment favorable) et séparés par une distance de plus de 2 km, distance convenable pour les pics en général selon NatureServe (2004). D’autres sites de nidification ont été signalés à l’intérieur de la zone d’occurrence de l’espèce, mais en dehors des zones occupées par les populations définies ci-dessus; cependant, tous sont fréquentés de façon irrégulière et, semble-t-il, par un seul couple chacun.

Figure 3. Zone d’occurrence (délimitée par les traits noirs) et aire de nidification (zones ombrées) englobant tous les sites de nidification occupés, ou supposés comme tels, par le Pic de Williamson en Colombie-Britannique jusqu’en 2004 inclusivement.

Figure 3.   Zone d’occurrence (délimitée par les traits noirs) et aire de nidification (zones ombrées) englobant tous les sites de nidification occupés, ou supposés comme tels, par le Pic de Williamson en Colombie-Britannique jusqu’en 2004 inclusivement.

S. t. thyroideus

La sous-espèce thyroideus nidifie dans le sud de la Colombie-Britannique (figure 3) depuis les lacs Lightning, dans le parc provincial Manning, jusqu’aux ruisseaux Botanie et Hat, au nord (Cooper, 1995; Wayne Campbell, comm. pers., 2004), et au ruisseau Scottie (Cooper, 1995), au ruisseau Louis (CDC) et à Greenwood (Gyug, données inédites), à l’est. La zone d’occurrence de la sous-espèce, déterminée à partir du plus petit polygone convexe renfermant tous les sites de nidification répertoriés, est de 34 659 km² (figure 3).

Nous avons rejeté pour insuffisance d’information une mention de nid répertoriée en 1956 pour une localité du nord de la Colombie-Britannique (Nest Record Scheme de la Colombie-Britannique, désigné ci-après par le sigle BCNRS), située à environ 240 km à l’ouest de Prince George et plus de 500 km au nord de la localité la plus proche où la présence de l’espèce est attestée. Cooper (1995) mentionne d’autres observations hors de l’aire connue de l’espèce : au lac Carpenter (Jones et Gates, 1973), situé à 40 km à l’ouest de la population du ruisseau Hat, et, en 1984, à Pemberton Meadows, situé à 90 km à l’ouest de la population du ruisseau Hat. Aucune activité de reproduction n’est mentionnée pour ces observations.

Dans le passé, l’aire du S. t. thyroideus en Colombie-Britannique s’est probablement étendue vers l’ouest et le nord. Selon Cowan (1938), l’aire canadienne du taxon s’étendait depuis la frontière canado-américaine jusqu’au mont Schoonover, près d’Okanagan Falls, et depuis la rivière Similkameen jusqu’à Midway. En 1970, le taxon s’était dispersé vers l’ouest jusqu’à la limite est du parc provincial E.C. Manning (Guiguet, 1970), et, en 1978, des couples nichaient à l’intérieur du parc (BCNRS; Campbell et al., 1990).

Il est plus difficile de déterminer précisément à quelle époque l’aire du S. t. thyroideus s’est étendue vers le nord. Aux alentours de 1977, l’espèce a été observée dans le même arbre trois années consécutives à environ 16 km au nord-ouest de Kelowna (Harry Almond, comm. pers., 2004; Cooper, 1995; Cannings et al., 1987). En 1969, un nid a été signalé à l’ouest du Cache Creek (BCNRS). La présence de l’espèce au ruisseau Hat, à l’ouest de Cache Creek, remonte donc au moins aux années 1960. Des nids ont été observés dans la région de Kamloops pour la première fois dans les années 1990; l’un d’eux était encore occupé en 2003.

La zone d’occupation du S. t. thyroideus est estimée à 1 016 km².

L’aire de nidification du S. t. thyroideus n’est pas continue : une population principale nidifie entre le lac Okanagan et la ville de Greenwood (Gyug et Peatt, 2000; Gyug, données inédites), et trois populations plus petites nidifient séparément près de Princeton (Cooper, 1995; Gyug, données inédites), de Merritt (Cooper, 1995; Gyug, données inédites) et du ruisseau Hat (Cooper, 1995; Wayne Campbell, comm. pers., 2004). Il existe également quelques mentions d’activité de reproduction en dehors de ces secteurs (Cooper, 1995; Campbell et al., 1990; Gyug, données inédites). Il n’y a que trois populations pour lesquelles les mentions d’activité de reproduction sont accompagnées d’une indication géographique assez précise pour permettre une estimation de la continuité (Okanagan-Greenwood, Princeton et Merritt). Ainsi, il a pu être déterminé que ces trois populations ne sont pas continues, mais occupent plutôt des parcelles séparées de milieu favorable. La population d’Okanagan-Greenwood est dispersée entre au moins 15 sites (occupés et séparés par une distance de plus de 2 km), celle de Merritt est dispersée entre au moins trois sites, et celle de Princeton occupe actuellement un seul site, mais en a déjà occupé plusieurs.

S. t. nataliae

La sous-espèce S. t. nataliae est confinée à l’extrême sud-est de la province, où on la rencontre dans le sillon des Rocheuses (région de Cranbrook) et dans les Rocheuses. Son aire de nidification historique s’étendait probablement depuis la région de Cranbrook jusqu’à Newgate, à la frontière canado-américaine (Johnstone, 1949; Guiguet, 1970); cependant, la sous-espèce n’y a jamais été très abondante. Nous avons trouvé des spécimens et des mentions seulement pour Newgate et Cranbrook (Cowan, 1938; Munro et Cowan, 1947). Comme la sous-espèce n’a plus été mentionnée pour cette région après 1938 (Johnstone, 1949; Campbell et al., 1990) et que le site de nidification où elle avait été observée en 1937-1938 a été détruit par la coupe forestière l’année suivante (Johnstone, 1949), on a cru qu’elle était devenue rare ou qu’elle était disparue de la province. En 11 jours de recherches, Cannings (1997) n’a pas vu un seul Pic de Williamson entre Cranbrook et Newgate. Cependant, lors de ses recherches pour l’évaluation de la situation de l’espèce en Colombie-Britannique commandée par le gouvernement provincial, Cooper (1995) a trouvé quelques mentions pour les années postérieures à 1939. Ces dernières ainsi qu’une mention de nid pour une localité au sud de Cranbrook en 1979 donnent à croire que la présence de la sous-espèce au Canada a été ininterrompue. Une mention de nid en 1999 pour la région du lac Whiteswan (Campbell et al., 2000), à 70 km au nord de Cranbrook, confirme que la sous-espèce est toujours présente et que son aire est peut-être plus étendue qu’on ne le croyait ou qu’elle est en voie de s’étendre vers le nord. Cooper (1995) mentionne des observations pour la vallée de la Flathead entre 1986 et 1992, et il y a eu d’autres mentions pour ce secteur à la fin des années 1990 (Fred Hovey, comm. pers. avec Ted Antifeau, 2003). Il y a eu une mention de nid en 2004 pour le parc naturel de Kimberley, où on avait déjà aperçu une femelle en 2001 (EKOOTENAYBIRDS, 2001-2004).

La zone d’occurrence du S. t. nataliae, déterminée à partir du plus petit polygone convexe renfermant les localités approximatives des mentions, est de 8 399 km² (figure 3).

L’aire de nidification, lorsqu’on exclut les grandes étendues de milieu ne répondant pas aux besoins de l’espèce, couvre environ la moitié de la superficie de la zone d’occurrence, soit 4 532 km² (figure 3). La zone d’occupation a été estimée à partir des seuls quatre sites de nidification répertoriés, en traçant un cercle de 500 m de rayon autour de chacun, ce qui donne une superficie de 3,1 km². Cooper (1995) mentionne un spécimen observé à Brisco (Kaiser et al., 1978), à 130 km au nord de Cranbrook; il ne s’agissait peut-être pas d’un nicheur.