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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cicutaire de Victorin au Canada – Mise à jour

Généralités

La cicutaire de Victorin est une plante herbacée vivace atteignant de 0,5 à 2 m de hauteur. Sa période de floraison s’étire de juin à septembre, tandis que sa période de fructification débute en août et se poursuit jusqu’en septembre (octobre selon Legault, 1986). Les graines des cicutaires sont entourées par des côtes spongieuses qui permettent aux fruits de flotter jusqu’à leur imprégnation complète par l’eau et d’être ainsi disséminées par l’eau (Mulligan et Munro, 1981).

Reproduction

La cicutaire de Victorin est une plante herbacée vivace issue d’un court rhizome surmontant un faisceau de 5 à 10 tubercules. Malgré la multiplication des tubercules formant le rhizome, aucun signe de reproduction végétative n’a été observé. La reproduction semble donc assurée par la production de graines.

Une vernalisation (un traitement à froid) est nécessaire pour induire la floraison de la cicutaire de Victorin qui se produit entre juin et septembre (Legault, 1986). Les fleurs sont considérées comme des entomophiles généralistes, ce qui signifie qu’elles ne sont pas spécifiquement adaptées à un insecte particulier (Bell, 1971). Le pollen est répandu par les insectes qui rampent sur les inflorescences. Garni de glandes nectarifères, le stylopodium est brillamment coloré (Heywood, 1971), ce qui attire vraisemblablement les insectes qui se nourrissent du nectar. Mulligan et Munro (1981) ont observé le développement d’une ombelle de Cicuta maculata var. maculata. Ce sont les fleurs du pourtour qui s’épanouissent en premier. Leur stylopodium n’exsude pas encore de nectar, les étamines ne sont pas encore déhiscentes et le stigmate comprend alors deux protubérances rudimentaires. Les cinq étamines se déroulent les unes après les autres, s’étendent en dehors de la fleur et la déhiscence des anthères individuelles se fait à l’extérieur de la fleur, loin de son centre. À la déhiscence de la première étamine, le stylopodium vert‑blanchâtre commence à exsuder du nectar et le stigmate bilobé s’allonge jusqu’à la maturité des étamines. Le pourcentage de fructification varie d’une ombelle à l’autre et d’une plante à l’autre, et il dépend en partie de l’activité des pollinisateurs non spécialisés. Plusieurs inflorescences sont produites au cours d’une saison mais les plus tardives portent moins de fruits (Mulligan et Munro, 1981).

Survie

Aucune donnée n’est disponible sur les facteurs touchant la survie de l’espèce. La principale cause de mortalité de la cicutaire de Victorin est actuellement la circulation des véhicules tout‑terrain sur l’hydrolittoral supérieur et moyen.

Dans plusieurs des localités visitées en 1997 et en 2002, les ombelles et les fruits de la cicutaire de Victorin étaient couverts de centaines de pucerons. L’impact de ces invasions est inconnu pour l’instant, mais la maturation des fruits doit être affectée. Ce phénomène n’avait pas été remarqué dans les sites d’échantillonnage en 1995 ou en 1996. Par ailleurs, il est possible que la cicutaire de Victorin soit l’hôte des champignons pathogènes Puccinia cicutae et Uromyces lineolatus que Ginns (1986) a trouvés sur la cicutaire maculée.

Physiologie

La cicutaire de Victorin est une plante herbacée vivace qui, lors de sa première année de croissance, forme une rosette à partir de la graine. Durant la saison de croissance, de nouveaux rhizomes et des racines de stockage se forment autour du vieux rhizome. À l’automne, le vieux rhizome, les feuilles et la tige meurent et seuls les nouveaux rhizomes et les organes de stockage persistent durant l’hiver et produisent de nouvelles pousses l’année suivante. Les rhizomes se forment principalement sous la terre. Malgré la multiplication des tubercules formant le rhizome, aucun signe de reproduction végétative n’a été observé. La reproduction semble donc assuré par la production de graines.

Une vernalisation est requise pour induire la floraison de la cicutaire de Victorin, qui se produit entre juin et septembre (octobre selon Legault, 1986). La fructification débute en août et se poursuit jusqu’en septembre (octobre selon Legault, 1986). Les graines sont entourées de côtes spongieuses qui permettent aux fruits de flotter jusqu’à leur imprégnation complète par l’eau et d’être ainsi disséminés par l’eau (Mulligan et Munro, 1981).

Déplacements et dispersion

Il n’existe aucune étude détaillée sur la dynamique des populations de la cicutaire de Victorin. Caldwell et Crow (1992) ont étudié la dynamique des milieux estuariens et mentionnent trois facteurs contribuant beaucoup à la structure de la communauté végétale. La durée de l’inondation par les marées représente le facteur le plus important. Les deux autres sont les formes de vie et les perturbations physiques causées par les blocs de glace. Les plantes ayant le plus de succès dans des environnements aussi fluctuants sont les annuelles et les espèces vivaces fortement rhizomateuses, comme la cicutaire de Victorin. Une prolifération de rhizomes permet à ces plantes de conserver un équilibre entre la sédimentation et l’érosion constante et d’emmagasiner des réserves nutritives afin d’émerger et de croître rapidement. La production abondante de graines à la fin de l’été ou au début de l’automne constitue le principal moyen de reproduction des cicutaires (Lynn et al., 1988). Les graines tombent généralement près des parents et sont protégées dans le microrelief de la surface du marais où elles peuvent être dispersées par divers moyens (Kingsbury, 1964; Muenscher, 1975; Lynn et al., 1988) : par anémochorie (vent), hydrochorie (eau) et endozoochorie (dans des organes animaux). En outre, les blocs de glace soulèvent des sédiments et même des portions du tapis végétal qui peuvent voyager sur de longues distances et être redéposés le long du fleuve, contribuant ainsi à leur dispersion.

Comportement et adaptabilité

Des tests de germination effectués par Mulligan (1980), à partir de graines récoltées à Cap‑Rouge et à Saint‑Augustin‑de‑Desmaures, indiquent que ces dernières ne germent pas si elles ont plus de deux ans. Les graines plus jeunes germent seulement après un traitement spécial qui consiste à les tremper durant une nuit et à enlever le tégument. Par la suite, elles sont immergées dans des pétris avec une alternance de températures (de 2 à 21°C) toutes les 12 heures pendant deux semaines. Ensuite, les graines sont exposées à une température constante de 21°C et la germination débute dans les deux semaines suivantes.