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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la cicutaire de Victorin au Canada – Mise à jour

Prédation

Dans les localités visitées en 1997 et en 2002, les ombelles et les fruits étaient couverts de centaines de pucerons. Ce phénomène n’avait pas été observé sur les sites d’échantillonnage en 1995 ou 1996.

La cicutaire maculée est l’hôte des champignons pathogènes Puccinia cicutae et Uromyces lineolatus (Ginns, 1986) et il est possible que la cicutaire de Victorin soit aussi l’hôte de ces champignons pathogènes.

Tonte

La tonte de l’hydrolittoral par les riverains a été observée à quelques endroits et empêche la formation des hampes florales. La cicutaire de Victorin est donc privée de son seul moyen de reproduction et elle pourrait disparaître de certaines localités.

Habitat limité

La cicutaire de Victorin est une plante limitée à la zone intertidale d’eau douce et légèrement saumâtre. La faible amplitude des marées en amont de Sainte‑Anne‑de‑la‑Pérade et l’augmentation de la salinité de l’eau dans la région de Saint‑Jean‑Port‑Joli en aval délimitent son habitat au Québec.

Affouillement glaciel

L’affouillement glaciel des rochers et du rivage lors des marées journalières et de la débâcle printanière des glaces pourrait provoquer l’arrachement de certains individus.

Qualité et niveau de l’eau

Même si la qualité de l’eau s’améliore dans le fleuve Saint‑Laurent, elle est encore polluée. Le batillage des rives causé par les navires et les véhicules récréatifs aquatiques risque d’avoir un impact négatif sur l’espèce en provoquant l’érosion des rives. Comme dans le cas de la vergerette de Provancher et de la gentiane de Victorin (Sabourin et Paquette, 1991; Coursol, 1998), un déversement pétrolier pourrait souiller les colonies riveraines de la cicutaire de Victorin le long du fleuve Saint‑Laurent.

Remblayage

Le remblayage des rives pour la construction de résidences, de routes, de voies ferrées et de marinas est responsable d’une perte d’habitat pour plusieurs espèces en bordure du fleuve. Par exemple, la construction du boulevard Champlain et de l’autoroute Dufferin à Québec a détruit la presque totalité des rives naturelles entre Sainte‑Foy et Boischâtel, empêchant une recolonisation éventuelle par la cicutaire de Victorin. Il en est de même pour le remblayage de l’hydrolittoral supérieur et pour la construction de murs de soutènement pour de nombreuses résidences dans les secteurs de Lévis, de Saint‑Romuald et dans plusieurs autres secteurs résidentiels bordant le fleuve Saint‑Laurent.

Piétinement anthropique

Les différentes populations de la cicutaire de Victorin sont très exposées au piétinement humain et/ou par des véhicules récréatifs (V.T.T.). La circulation de ces véhicules dans la zone intertidale constitue une menace importante. Ces véhicules ne font pas que provoquer la mort d’individus, mais modifient également profondément l’équilibre fragile de son habitat. Ainsi, la population de la cicutaire de Victorin à Lotbinière est probablement disparue à cause du passage répété de véhicules tout‑terrain dans l’hydrolittoral supérieur où ils perturbent une bande ayant de deux à parfois dix mètres de largeur. Le rapport de Legault (1986) mentionnait déjà ce problème pour cette localité. La circulation de V.T.T. a également été signalée sur le site de Saint‑Augustin‑de‑Desmaures. En règle générale, l’activité des V.T.T. est éparpillée le long du fleuve Saint‑Laurent mais l’impact est particulièrement remarquable au site de Lotbinière.

Loi sur les abus préjudiciables à l’agriculture

En vertu de la Loi sur les abus préjudiciables à l’agriculture (L.R.Q. A‑2), la cicutaire maculée (Cicuta maculata) est considérée comme une mauvaise herbe lorsqu’elle croît sur les bord des chemins, des routes et des autoroutes, des voies ferrées, des lignes de transmission d’énergie électrique et dans les fossés sur les terres agricoles ou les lots vacants ou inoccupés. Les propriétaires doivent donc détruire les mauvaises herbes par arrêté gouvernemental, avant la maturité de leurs graines. Comme l’identification des variétés de la cicutaire s’effectue principalement avec leurs graines, il est possible que la cicutaire de Victorin soit arrachée par méprise. L’absence de dispositions dans la Loi concernant la variété de la cicutaire de Victorin entraîne une certaine confusion dans le grand public et parmi les inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation du Québec. Aucune perte spécifique n’a été documentée suite à la mise en œuvre de cette Loi, mais son manque de clarté pourrait éventuellement provoquer des répercussions dans les populations.