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Couleuvre royale (Regina septemvittata)

Information sur l'espèce

La couleuvre royale (Regina septemvittata) est un serpent semi-aquatique de couleur brune et de longueur modérée. Au Canada, l’espèce vit dans des habitats très distants les uns des autres, restreints à la région du Sud de l’Ontario, à l’ouest de l’escarpement du Niagara et au sud de la baie Georgienne. Rien qu'en se fondant sur ses caractéristiques écologiques, on pourrait la considérer comme une espèce en péril. Son extrême spécialisation en matière d’alimentation et d’habitat la rend en effet particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels. La perte d’habitat a en outre contribué à la disparition de populations tant au Canada qu’aux États-Unis, malgré les lois qui protègent l'espèce. En outre la possibilité d’autres pertes d’habitat en Ontario est élevée, vu la densité de la population humaine et sa tendance apparente à l'étalement dans les régions rurales.

 

Nom et classification

En anglais, la couleuvre royale porte de nombreux noms. Mentionnons notamment les suivants : « crayfish snake » (Campbell et Perrin, 1979), « moon snake » (Mills, 1948), « seven-banded snake » (Wright et Wright, 1957), « striped water snake » (Mills, 1948), « willow snake «  (Wright et Wright, 1957; Logier, 1958; Froom, 1981), « water snake » (Minton, 1972) et « leather snake » (Nash, 1908; Conant et Collins, 1991).

La nomenclature scientifique de l’espèce est également compliquée. De 1766 à 1917, la plupart des auteurs la désignait sous le nom de Coluber leberis Linné (Smith et Huheey, 1960). En 1853, toutefois, Baird et Girard (1853) ont créé le nouveau genre Regina et désigné Regina leberis comme son type représentatif. C’est ainsi qu’entre 1853 et 1917, la couleuvre royale a été connue sous deux noms. En 1917, on a commencé à mettre en doute la description de l’espèce par Linné. Un examen plus poussé des caractéristiques attribuées au Coluber leberis a en effet révélé que la description de Linné ne correspondait pas à la couleuvre royale (Stejneger et Barbour, 1917, cité dans Smith et Huheey, 1960). Ces caractéristiques sont en fait celles de la couleuvre à ventre rouge, Storeria occipitomaculata (Smith et Huheey, 1960). La première description (exacte) de la couleuvre royale est celle du Coluber septemvittata (Say, 1825), et c’est cette appellation qui a donc remplacé celle, inexacte, de Linné. Bien que le nom du genre Regina ait mis du temps à  s'imposer, il est aujourd’hui bien établi comme le nom latin du genre de la couleuvre royale.

L’existence possible d’une sous-espèce a de nouveau semé la confusion dans les années 1960. À partir de sept individus recueillis en Alabama, Neill (1963) a décrit la sous-espèce Natrix [Regina] septemvittata mabila, qu’il estimait tout à fait différente du Natrix [Regina] septemvittata (auctorum) sur de nombreux plans : coloration et marques, carènes des écailles dorsales, longueur relative de la queue et nombre d’écailles des ventrales et subcaudales. Spangler et Mount (1969) ont par la suite revu le statut taxonomique de la couleuvre royale après avoir eu de la difficulté à classer des individus nouvellement découverts dans l’une ou l’autre des sous-espèces. Ils ont examiné 93 couleuvres (dont l’holotype du N. s. mabila) et constaté que plusieurs caractéristiques principales de la sous-espèce mabila entraient en fait dans la gamme des variations de la sous-espèce type présumée N. s. septemvittata, tant en Alabama qu’ailleurs. L'idée qu'il existait une sous-espèce distincte a malheureusement persisté encore pendant un certain temps (Cochran et Goin, 1970; Campbell et Perrin, 1979).

 

Description

Malgré son nom, la couleuvre royale a une apparence plutôt ordinaire. La couleur de fond de son dos a été diversement décrite, depuis l'olive brunâtre pâle, le brun olive ou l'olive grisâtre (Wright et Wright, 1957), jusqu'au brun chocolat ou au noisette (Schmidt et Davis, 1941). Son nom d'espèce, septemvittata, vient du latin sept, qui veut dire sept, et vittatus, qui veut dire rayé, en référence aux sept bandes longitudinales qui courent le long de son corps (Johnson, 1989). Une étroite bande noire orne le milieu de son dos ainsi que chacun de ses flancs, sur la cinquième et la sixième rangée d'écailles (Minton, 1972). Ces bandes, plus apparentes chez les juvéniles, sont souvent indistinctes ou même absentes chez les adultes (Martof et al., 1980). Les quatre autres bandes sont brunes et ornent la face inférieure jaune pâle de l'animal, deux latéralement et deux médialement (Cochran et Goin, 1970). Ces bandes sont importantes pour identifier la couleuvre étant donné qu'aucun autre serpent de l'Ontario ne possède de bandes sur la face inférieure (Oldham, 1986). Les écailles sont carénées (Morris, 1974) et la plaque anale est divisée (Behler et King, 1996). L'iris est brun foncé avec des mouchetures cuivrées, et la langue est brun-rouge foncé (Minton, 1972).

La couleuvre royale est mince (Ditmars, 1907), et sa tête est relativement petite pour son corps (Baird et Girard, 1853). C'est un serpent de taille modérée, dont la longueur moyenne totale varie entre 38 et 61 cm (Conant et Collins, 1991). Habituellement, le nombre de rangées de ses écailles est de 19 au milieu du corps et tombe à 17 en allant vers la partie postérieure (Anderson, 1965). Le nombre d'écailles ventrales varie de 133 à 154 (Wright et Wright, 1957). En Ohio, Wood et Duellman (1950) ont noté un dimorphisme sexuel partiel (c.‑à‑d. avec certains chevauchements) quant au nombre de plaques caudales; dans le Kentucky, ce dimorphisme, observé par Branson et Baker (1973), était complet.

 

Histoire de la couleuvre royale au Canada

C'est en 1858, à Toronto, que l'on a signalé pour la première fois la présence d'une couleuvre royale en Ontario (Ure, 1858, cité dans Campbell et Perrin, 1979). Parmi les autres observations anciennes figurent celles faites dans la baie Mitchell, au lac Sainte-Claire en 1880, à Chatham en 1882, dans la rivière Thames, près de London en 1882, et de nouveau au lac Sainte-Claire en 1883 (Le Ray, 1928).

Aucune espèce d'amphibien ou de reptile n'est présente qu'au Canada (Cook, 1977). Comme la plupart des reptiles canadiens, la couleuvre royale a été beaucoup plus étudiée aux États-Unis qu'au Canada (Logier et Toner, 1942), ce qui peut en partie s'expliquer par le fait qu'on la trouve en bien plus grand nombre dans les parties de son aire de répartition situées plus au sud. C'est dans une série d'études sur le terrain réalisées par Craig Campbell et D.W. Perrin à la fin des années 1970 que l'on trouve l'examen le plus complet de l'espèce en Ontario (Campbell, 1977; Campbell et Perrin, 1979). D'autres herpétologistes ontariens ont par ailleurs fourni de précieux renseignements sur cette couleuvre dans la province, notamment Michael J. Oldham (Oldham, 1986, 1988a et 1988b), R.H. Spurr et D.C. Smith (Spurr, 1978; Spurr et Smith, 1979), W.J. Le Ray (Le Ray, 1928) et W.W. Judd (Judd, 1955, 1962).