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Couleuvre royale (Regina septemvittata)

Habitat

Définition de l'habitat

Les besoins de la couleuvre royale en matière d'habitat sont hautement spécialisés. Très aquatique, l'espèce s'éloigne rarement à plus de 3 m de l'eau (Campbell et Perrin, 1979, obs. pers.). Wood (1949) a résumé les préférences de l'animal en matière d'habitat dans une étude qu'il lui a consacrée en Ohio. Voici, selon ses observations, les trois conditions nécessaires pour soutenir une population de couleuvres royales :

  1. une masse d'eau permanente, courante ou stagnante, dont la température ne descend pas sous les 18,3 °C pendant presque toute la saison d'activité;
  2. des abris abondants, comme des roches plates submergées ou sur le rivage;
  3. une abondance d’écrevisses.

Figure 1. Répartition de la couleuvre royale (Regina septemvittata) en Amérique du Nord.

Figure 1. Répartition de la couleuvre royale (Regina septemvittata) en Amérique du Nord.

D'après Conant et Collins, 1991.

Figure 2. Répartition de la couleuvre royale (Regina septemvittata) en Ontario

Figure 2. Répartition de la couleuvre royale (Regina septemvittata) en Ontario

L'observation faite à Toronto en 1858 n'apparaît pas sur la carte. Tiré de Oldham et Weller, 2000.

De nombreux auteurs mentionnent également la présence de fonds rocailleux ou graveleux comme un indicateur d'habitat optimal pour la couleuvre royale (Conant, 1960; Duellman, 1951; Oldham, 1986; Johnson, 1989). Conant (1960) observe que l'espèce préfère les endroits boisés. Le calcaire (Wood, 1949; Minton, 1972) et l'ardoise (Triplehorn, 1949) ont été cités comme substrat préféré dans le lit des cours d'eau. Bien que la vaste majorité des observations de couleuvres royales soient réalisées le long des cours d'eau rocailleux où le courant est de rapide à modéré, on sait que l'espèce fréquente aussi à l'occasion les marais (Conant, 1960), les étangs (Wood et Duellman, 1947), les lacs (Duellman, 1947) et les carrières (Mattison, 1995). On a désigné la couleuvre royale comme la « contrepartie de cours d'eau » de la couleuvre d'eau de Graham, Regina grahami (Smith, 1961). Les deux espèces, étroitement apparentées, ont une apparence et des habitudes alimentaires similaires, mais le Regina grahami préfère les eaux marécageuses (Hebrard et Mushinsky, 1978) et les étangs (Hall, 1969).

Campbell et Perrin (1979) ont étudié de très près la végétation associée aux habitats de la couleuvre royale en Ontario. Parmi les arbres, ce sont les Salix (saules) et les Populus deltoides (peupliers deltoïdes) qui étaient les meilleurs indicateurs. Les plantes herbacées indigènes les plus souvent associées aux habitats de l'espèce étaient l'Eupatorium maculatum et l'E. purpureum (eupatoires), des Scirpus (scirpes) et des Solidago (verges d'or).

 

Tendances de l'habitat

Malheureusement, l'aire de répartition de la couleuvre royale dans le Sud de l'Ontario se trouve dans la région le plus densément peuplée du Canada. Pour satisfaire aux besoins des humains, on a inévitablement dû modifier une partie de l'habitat de l'animal. Certains secteurs de l'habitat n'ont cependant pas été aménagés parce qu'ils ne s'y prêtaient pas (p. ex. les vallées de rivière ou de ruisseau avec des affleurements rocheux)(Campbell and Perrin, 1979).

En altérant le débit des cours d'eau et en modifiant défavorablement l'habitat, les barrages, comme ceux qui ont été construits sur la rivière Thames, le ruisseau Whiteman's et le ruisseau Otter, peuvent constituer une menace pour la couleuvre royale (Campbell, 1977). On ne l'a d'ailleurs plus vue dans le ruisseau Otter depuis 1979, ce qui porte à croire que la population a disparu. Elle a également disparu du Missouri par suite de la destruction de son habitat due à la construction de barrages (Anderson, 1965; Ashton, 1976; Conant, 1960).

En 1979, Campbell et Perrin (1979) ont noté des travaux de terrassement le long de la plaine inondable et dans le lit de la rivière Bayfield, où la couleuvre était auparavant présente. Près de vingt ans plus tard, elle n'est toujours pas revenue dans la rivière.

Dans le comté de Kent près du lac Sainte-Claire, l’expansion agricole et du drainage a altéré les ruisseaux et les marais à un point tel que la couleuvre royale ne peut plus y survivre (Campbell et Perrin, 1979). C'est en 1973 que l'on en a aperçu une pour la dernière fois, dans le marais Bradley à l'embouchure de la rivière Thames.

La protection contre l'érosion et les crues est importante pour les municipalités dans toute l'aire de répartition de la couleuvre royale. Dans des villes, telles que London, l'installation de gabions et de collecteurs d'eaux pluviales a altéré l'habitat de la couleuvre le long de la rivière Thames (obs. pers.). Ce genre de travaux peut éliminer les abris utilisés par la couleuvre et modifier les caractéristiques des cours d'eau, comme la température, la turbidité et le débit.

 

Protection de l'habitat

Bien qu'en Ontario l'habitat de la couleuvre royale soit en majorité situé sur des terrains privés, quelques populations jouissent d'une protection supplémentaire parce qu'elles se trouvent dans des aires protégées. D'importantes populations se trouvent ainsi dans l'aire de conservation de Rock Glen à Arkona (Judd, 1962; Spurr et Smith, 1979) et dans celle de Fanshawe à London (obs. pers.). En 1997, on a trouvé une couleuvre royale dans le parc provincial de Komoka (obs. pers.). Quelques populations sont également protégées dans la réserve nationale de faune de Big Creek/ Long Point et dans l'aire de conservation d'Apps' Mill (Mike Oldham, comm. pers.). En vertu du plan officiel des politiques de la municipalité régionale de Waterloo, une deuxième zone abritant des couleuvres royales sur la rivière Grand, près de Cambridge, a été désignée comme une aire écologiquement vulnérable (Campbell et Perrin, 1979).