Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Couleuvre royale (Regina septemvittata)

Taille et tendances des populations

Taille des populations

Il n'y a pour l'heure que 163 mentions de couleuvres royales dans le Résumé herpétofaunique de l'Ontario (Ontario Herpetofaunal Summary [OHS]), ce qui en fait l'espèce de serpent la moins signalée dans la province (Oldham, données inédites, RHO). On n'a jamais tenté de déterminer la taille absolue de la population en Ontario. Des relevés ont été effectués en 1979 (Craig Campbell et D.W. Perrin) et en 1997 (Michelle Fletcher, Lucas Foerster, Glenn Gallagher, Scott Gillingwater, Phil James et Kim Smith) pour déterminer dans quelle mesure la répartition actuelle de l'espèce correspondait à sa répartition historique.

Dans l'étude de 1979, Campbell et Perrin (1979) ont examiné 16 des 25 endroits connus fréquentés par la couleuvre royale en Ontario. Leur relevé, réalisé en 10 jours entre la mi-août et le début septembre, englobait les municipalités de Middlesex, de Kent, de Lambton, de Brant, de Huron et de Waterloo. Au total, 30 couleuvres royales ont été dénombrés (dont un individu mort), dont 19 dans le comté de Middlesex. Étonnamment, on n'en a trouvé aucune dans la rivière Bayfield, le ruisseau Baptiste et le marais Bradley's.

Le relevé de 1997 a consisté en recherches occasionnelles faites durant les mois de mai, de juin et de juillet (surtout dans la région de London), de même qu'en une prospection plus poussée effectuée en août (comtés de Middlesex, de Brant, de Huron, d'Essex, de Bruce, de Waterloo, de Lambton et de Kent). Des observations confirmées ont été effectuées dans les comtés de Middlesex, de Brant, de Huron et d'Essex; 37 individus vivants et un individu mort (Phil James, comm. pers.) ont été dénombrés au total.

Il est extrêmement difficile d'évaluer le nombre total de couleuvres royales en Ontario pour deux raisons. De nombreux auteurs ont en effet noté la tendance de la couleuvre royale à se regrouper en très grand nombre en certains endroits, et à en délaisser complètement d'autres qui semblent pourtant tout aussi convenables (Spurr, 1978, obs. pers.). Selon les méthodes d'échantillonnage utilisées et les lieux choisis pour le dénombrement, ce profil de présence locale peut donner lieu, soit à une surestimation, soit à une sous-estimation grossières de la taille de la population totale. La deuxième raison tient à la nature amphibie de la couleuvre. En effet, selon que les couleuvres se trouvent à terre, sous des pierres, ou dans l'eau, à la recherche de nourriture, au moment où se fait le relevé, l'erreur peut être importante, d'où la nécessité d'élaborer un protocole d'échantillonnage fiable. Ces obstacles expliquent en partie les écarts observés en Ontario dans les descriptions de la situation de la couleuvre royale, comme en témoignent les citations suivantes :

1908     -   Nash : « Très rare  »

1928     -   LeRay : « ... pourrait être plus largement répandue que nous le pensions, bien qu'elle ne semble pas du tout commune »

1948     -   Mills : « Pas commune »

1958     -   Logier : « Elle n'est pas commune »

1967     -   McBride : « ...pas aussi rare qu'on le croyait auparavant »

1970     -   Cook : « ...Présence dispersée, mais peut être passablement commune là où elle est présente. C'est un serpent de bord de ruisseau et de rivière qui pourrait être menacé à cause même de cet habitat restreint. »

1972     -   Froom : « ...n'a pas été considérée comme commune et pourrait être en péril...toutefois...n'est pas aussi rare qu'on le pensait auparavant »; « La couleuvre royale est rare au Canada. »

1974     -   Stewart : « ...risque fortement de disparaître du Canada »

1977     -   Campbell : « Menacée »

1977     -   Gregory : « Menacée »

1978     -   Spurr : « On la considère comme rare dans le Sud-Ouest de l'Ontario, mais cela reste à voir car, à cause de ses bandes, on la confond souvent avec la couleuvre rayée, Thamnophis sirtalis sirtalis »

1979     -   Campbell et Perrin : « ...reptile menacé et vulnérable en Ontario et au Canada »; « ...pourrait être en voie de disparition»

1986     -   Oldham : « ...très rare et localisée »

1988b  -   Oldham : « ...généralement considérée comme l'un des reptiles rares en Ontario »

1989     -   Johnson : « ...espèce peu commune »

1994     -   Lamond : « ...couleuvre très rare en Ontario, sa présence est très localisée à cause de ses besoins spécialisés en matière d'habitat »

                        [Traductions de l'anglais]

 

Répartition, persistance et tendances des populations

Malgré l'absence d'études ayant estimé la taille des populations de couleuvres royales en Ontario, les mentions du Résumé herpétofaunique de l'Ontario (Oldham, 1988a; Oldham et Sutherland, 1986; Oldham et Weller, 1989) donnent quand même une certaine idée de la répartition de l'espèce et permettent de dégager des tendances démographiques. Sauf indication contraire, l’information qui suit sur les observations de couleuvres royales provient de cette base de données (fournie par Mike Oldham).

Plusieurs populations de couleuvres royales semblent avoir disparu de la province, tandis qu'on y a découvert relativement peu de nouvelles colonies récemment. La première couleuvre royale signalée dans la province a été observée à Toronto en 1858 (Ure, 1858, cité dans Campbell, 1977); on n'en a plus revu depuis dans la région. Parmi les autres mentions anciennes, citons plusieurs spécimens observés par J.H. Garnier dans le ruisseau Mud et la baie Mitchell's, dans le lac Sainte-Claire, au début des années 1880. Comme on n'a plus signalé aucune couleuvre royale dans cette région depuis 1973, on présume que la population y a disparu. Plusieurs populations de la péninsule Bruce sont disparues : aucune couleuvre royale n'a été signalée depuis 1927 au lac Scugog, et depuis 1969 dans la Baie du Doré. On n'en a observé aucune non plus depuis la fin des années 1970 dans le ruisseau Rattlesnake et dans la rivière Bayfield. Les conditions qui règnent dans la rivière Bayfield semblent pourtant idéales (obs. pers.; Lucas Foerster, comm. pers.), mais on n'y a trouvé aucune couleuvre durant une recherche de quatre jours effectuée en 1997; sur une période de dix ans de recherches occasionnelles, on n'en a d'ailleurs aperçu aucune dans la région dans les années 1980 (Josh Feltham, comm. pers.). Parmi les autres populations peut-être disparues figurent celles de l'île Walpole et du ruisseau Nanticoke, où aucune observation n'a été signalée depuis le milieu des années 1980. On a mentionné la présence de couleuvres royales près du phare de Long Point en 1961 et en 1962, mais on n'en a observé aucune depuis, malgré la présence constante de naturalistes dans la région. D'autres études devront être faites pour vérifier si les populations mentionnées ont effectivement disparu ou si elles sont simplement très difficiles à trouver. Francis et Campbell (1983) ont découvert des couleuvres royales dans des endroits où on n'en avait vu aucune depuis plus de 50 ans dans la région de Waterloo.

Ce n'est que dans quelques rivières que l'on observe régulièrement des couleuvres royales, soit la Thames, la Maitland, la Grand et l'Ausable, et certains de leurs affluents. L'absence totale de couleuvres dans le comté d'Oxford (Milnes, 1946; Oldham, données inédites, RHO) est étonnante, étant donné qu'on en a observé dans trois comtés adjacents (Brant, Waterloo et Middlesex).