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Couleuvre royale (Regina septemvittata)

Facteurs limitatifs

On convient généralement que la principale menace qui pèse sur la couleuvre royale au Canada comme aux États-Unis est la perte d'habitat (Ashton, 1976; Campbell, 1977; Cook, 1970; Froom, 1972; Johnson, 1989; Weller, 1983). À cause de la nature très particulière de l'habitat dont a besoin cette couleuvre, le nombre d'endroits convenables en Ontario est limité et décline rapidement à cause de l'étalement urbain. Les cours d'eau sont physiquement altérés par la construction de barrages, d'ouvrages de lutte contre l'érosion et de divers autres ouvrages conçus pour améliorer les conditions de vie des humains. Malgré la protection juridique dont elle jouissait dans le Missouri, la couleuvre y a disparu par suite de la perte de son habitat au profit des barrages (Anderson, 1965; Ashton, 1976; Conant, 1960). En outre, on peut facilement prévoir un sort semblable pour les populations des régions plus densément peuplées du Sud de l'Ontario, où la construction de nouveaux ponts, de systèmes de drainage et de gabions constitue une menace constante.

La pollution des cours d'eau ontariens qui servent d'habitat à la couleuvre royale constitue aussi un facteur limitatif potentiel (Stewart, 1974). Vu l'extrême spécialisation de la couleuvre sur le plan alimentaire, tout ce qui menace les populations d'écrevisses constitue donc également une menace directe pour les populations de couleuvres. En Pennsylvanie, la couleuvre a ainsi disparu de nombreuses localités parce que les populations d'écrevisses y ont disparu (McCoy, 1982). Certaines populations de l'Ontario font face à un sort similaire étant donné que l'augmentation du ruissellement et de l'envasement de nombreux cours d'eau y a atteint un tel point que les écrevisses ne peuvent plus y survivre (Johnson, 1989). L'espèce d'écrevisse qui forme probablement le gros du régime alimentaire de la couleuvre royale dans la province, Orconectes propinquus, est plus vulnérable à l'acidification que les espèces du genre Cambarus (Berrill et al., 1985; Hamr, 1998). Comme les écrevisses accumulent également le mercure (Vermeer, 1972), la couleuvre royale pourrait en outre être exposée à la toxicité de cette substance (Froom, 1972). En plus de voir ses approvisionnements alimentaires ainsi contaminés, la couleuvre royale pourrait aussi être particulièrement vulnérable à d'autres polluants à cause de la grande perméabilité de sa peau (Stokes et Dunson, 1982) ainsi que de son habitat aquatique.

À cause de ses bandes, on confond souvent la couleuvre royale avec la couleuvre rayée (Froom, 1981). Toutefois, comme presque toutes les couleuvres royales se tiennent sur terre sous les rochers le long des cours d'eau (Branson et Baker, 1974; obs. pers.), peu de gens risquent d'en apercevoir à moins d'en chercher délibérément. Cet aspect de l'écologie de la couleuvre royale, allié à son camouflage et à son tempérament doux, lui procure une certaine protection contre les humains. Il n'en reste pas moins que les pêcheurs tuent souvent les couleuvres royales qu'ils trouvent parce qu'ils croient qu'elles mangent les poissons (Harding, 1997).