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PARTIE 2 : RENSEIGNEMENTS SUR L’ESPÈCE 

 

Troncille pied-de-faon

Statut : En voie de disparition

Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2008

Biologie

Le troncille pied-de-faon est une petite moule d’eau douce dont la longueur une fois adulte est habituellement de 35 mm environ. Sa coquille, dont la forme varie d’ovale à triangulaire, est lisse et modérément épaisse et est de couleur jaune à verdâtre, avec de nombreuses raies vert-foncé, souvent interrompues par des marques en forme de V ou de chevron. L’arête postérieure proéminente est arrondie et s’aplatit vers l’arrière. Les becs, qui sont pleins, centraux et légèrement surélevés au-dessus de l’axe de l’articulation, sont aussi marqués de 3 à 8 barres fines.

Le troncille pied-de-faon porte sa progéniture pendant une longue période. Les adultes se reproduisent au printemps et les femelles gardent leur progéniture dans leurs ouïes pendant tout l’hiver, du stade de l’œuf jusqu’au stade de larve. Au printemps, les larves arrivées à maturité sont libérées dans l’eau et, quand elles rencontrent un poisson-hôte approprié, elles se fixent à ses ouïes. Une fois logées dans les ouïes, les larves entreprennent une période de développement qui les mènera au stade de juvéniles. Les juvéniles quitteront éventuellement le poisson-hôte et deviendront adultes dans des habitats qui leur offriront un abri, où le débit de l’eau sera lent et dont le fond sera constitué de sable fin et de vase. Les adultes et les juvéniles ont des régimes alimentaires semblables qui se composent de débris organiques, d’algues et de bactéries prélevés dans la colonne d’eau ou dans les sédiments.

Où trouve-t-on le troncille pied-de-faon?

Le troncille pied-de-faon n’est présent que dans les basins hydrographiques des Grands Lacs du sud de l’Ontario. Présentement, son aire de répartition est limitée au cours inférieur de la rivière Thames et à des sites particuliers dans le delta de la rivière Sainte-Claire, le ruisseau Muskrat (bassin hydrographique de la rivière Saugeen), le cours inférieur de la rivière Sydenham et le cours inférieur de la rivière Grand. Il convient cependant de noter que, à deux de ces sites, un seul spécimen a été trouvé.

Combien y a-t-il de troncilles pied-de-faon?

Le troncille pied-de-faon a toujours été un petit composant de la communauté de moules dans son ensemble (< 5 %). Des cinq populations recensées, deux sont représentés par un spécimen unique (delta de la rivière Sainte-Claire et ruisseau Muskrat), tandis que deux autres (rivière Sydenham et cours inférieur de la rivière Grand) sont représentées par de multiples individus, mais qui ne sont présents qu’à un seul site. Seule la population de la rivière Thames est constituée de multiples individus présents à plus d’un site. Les populations des rivières Sydenham et Grand occupent toujours l’aire de répartition historique connue. Aucune évaluation des populations de la rivière Thames et du ruisseau Muskrat ne peut être effectuée du fait qu’on ne dispose d’aucune information historique.

Menaces pesant sur la population

L’établissement des moules zébrées, une espèce envahissante, est le plus important facteur ayant contribué au déclin des populations de troncilles pied-de-faon. L’habitat disponible est davantage limité par l’aire de répartition fragmentée du poisson-hôte et par le déclin de la qualité de l’eau découlant de l’augmentation de la turbidité ainsi que de la charge en contaminants chimiques et en éléments nutritifs occasionnée par des sources agricoles et urbaines diffuses situées en amont.

Justification de la désignation du COSEPAC

Cette moule d’eau douce est largement répandue dans le centre de l’Amérique du Nord, et la portion septentrionale de son aire de répartition s’étend dans les bassins hydrographiques du lac Érié et du lac Sainte-Claire ainsi que dans la partir inférieure de celui du lac Huron, dans le sud-ouest de l’Ontario. Il semble que l’espèce a toujours été rare au Canada, ne représentant que moins de 5 % des individus des communautés de moules d’eau douce, peu importe l’endroit. Environ 86 % des données historiques ainsi que la plus grande population existante ont été signalées dans des eaux qui sont maintenant infestées par la moule zébrée, et qui sont donc inhabitables pour l’espèce. La moule zébrée, qui a été introduite accidentellement dans les Grands Lacs, se fixe sur la coquille des moules d’eau douce indigènes, ce qui les asphyxie ou les fait mourir par manque de nourriture. L’espèce a connu un grave déclin. Elle a disparu de quatre localités historiques, ce qui a entraîné une réduction de 51 % de son aire de répartition. L’espèce n’est désormais présente qu’à cinq localités très éloignées, dont deux ne sont représentées que par un seul individu chacune. À deux endroits, la répartition de l’espèce est peut être limitée par la présence de barrages qui restreignent les déplacements du malachigan, le présumé poisson-hôte des moules juvéniles. La faible qualité de l’eau causée par des influences urbaines et rurales constitue une menace constante additionnelle.

Qu’arrivera-t-il si cette espèce de moule est ajoutée à la liste de la LEP?

Un programme de rétablissement sera élaboré dans un délai d’un an suivant l’inscription du troncille pied-de-faon à la liste de la LEP.