Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Section 2

Description et importance de l’espèce sauvage

Nom et classification

Classification de l’espèce :

Nom scientifique :
Rangifer tarandus Linnaeus 1758
Classe :
Mammifères
Ordre :
Artiodactyles,
Famille :
Cervidés
Sous-famille :
Capréolinés
Espèce :
Rangifer tarandus Linnaeus 1758
Nom commun français :
Caribou, caribou des bois (français); caribou, woodland caribou (anglais); wah stzee (dunne-za); whudzih ou wudzįįh (tsek’ene/tse keh nay/sakani); kwun ba whut’en (carrier sekani); vadzaih (gwichin); ekwe (esclave du nord); t’onzi/tohzi/t’ondzi (esclave du nord – caribou des bois); nodÍe (esclave du sud – caribou des montagnes); medzÍh (esclave du sud – caribou des bois).

Tous les caribous et rennes du monde ne constituent qu’une seule espèce, Rangifer tarandus. Au Canada, Banfield (1961) a classé les caribous dans quatre sous-espèces existantes et une sous-espèce disparue, selon des données fondées principalement sur des mensurations crâniennes et le pelage, mais aussi sur la forme des bois et des sabots. Les quatre sous-espèces existantes sont les suivantes : le caribou des bois (R. t. caribou), le caribou de la toundra (R. t. groenlandicus), le caribou de Grant (R. t. granti) et le caribou de Peary (R. t. pearyi). Le caribou de Dawson (R. t. dawsoni) était observé à Haida Gwaii, au large de la Colombie-Britannique, mais il a disparu au début du 20e siècle (Spalding, 2000). La classification des sous-espèces de Banfield (1961) est encore la plus courante, en grande partie parce qu’aucune autre n’a été établie de façon systématique ou n’a reçu l’acceptation générale. Les caribous des régions des montagnes de l’ouest de l’Amérique du Nord font partie de la sous-espèce « caribou des bois » de Banfield (1961), mais ils sont aussi répartis en écotypes selon les conditions écologiques et les adaptations. Les noms des écotypes diffèrent selon les régions, ce qui entraîne une certaine confusion (voir COSEPAC, 2011). À titre d’exemple, en Colombie-Britannique, le caribou qui vit dans des régions de neige relativement peu profonde et se nourrit surtout de lichens terrestres est le caribou de l’écotype « du Nord », tandis que le caribou qui habite des régions de neige épaisse et s’alimente principalement de lichens arboricoles est le caribou de l’écotype « des montagnes » (Stevenson et Hatler, 1985; Heard et Vagt, 1998). En Alberta, le caribou qui se nourrit surtout de lichens terrestres et passe au moins une partie du cycle annuel dans les montagnes est semblable à l’écotype du Nord observé en Colombie-Britannique, mais il est appelé « caribou des montagnes » (ASRD&ACA, 2010). Il est largement admis que les entités taxinomiques du genre Rangifer doivent être complètement revues (COSEPAC, 2011).

La controverse suscitée par la classification des sous-espèces de Banfield a été particulièrement vive dans le cas du caribou des bois (R. t. caribou), car ce groupe réunit des animaux qui se retrouvent dans presque tous les types d’habitat et qui affichent une variabilité considérable en termes de comportement, d’écologie et de morphologie (Geist, 2007). Pour éviter les problèmes liés à la classification des sous-espèces, l’appellation « caribous forestiers » est utilisée dans le présent rapport en référence aux caribous canadiens qui demeurent toute l’année au sud de la limite forestière, et l’appellation « caribous des montagnes de l’Ouest » regroupe les caribous habitant dans les montagnes de l’ouest de l’Amérique du Nord. De plus, le terme « population » est utilisé pour les caribous à l’échelle des unités désignables (« UD »), alors que le terme « sous-population » désigne une harde.

Haut de la page

Description morphologique

Le caribou a un pelage brun foncé à brun pâle, une crinière blanchâtre et un peu de blanc sur les flancs (voir la figure 1). Les femelles et les mâles matures pèsent généralement 110-150 kg et 160-210 kg, respectivement, avec une hauteur au garrot de 1,0 à 1,2 m. Certaines caractéristiques donnent à penser que les Rangifer sont des membres primitifs de la famille des Cervidés (Banfield, 1974). Les deux sexes portent des bois, mais certaines femelles en sont dépourvues ou n’en ont qu’un. Un trait caractéristique du caribou est le sabot large et arrondi qui lui permet de moins s’enfoncer dans la neige et les milieux humides; le sabot est aussi utilisé pour creuser la neige à la recherche de nourriture. Les ergots sont gros, largement espacés et situés bien à l’arrière sur le pied, ce qui augmente considérablement la surface portante et réduit l’effort au pied. Banfield (1961, 1974), Miller (1982), Kelsall (1984), Geist (1991) et Bergerud (2000) ont décrit les caractéristiques physiques du caribou.

Selon les connaissances traditionnelles autochtones (CTA), le caribou forestier serait de plus petite taille que le caribou des bois des montagnes et de taille plus grande que le caribou de la toundra. Il y a très longtemps, disent les aînés tulitas, ces animaux ne portaient pas le nom de caribous des bois des montagnes ou de caribous des bois des forêts boréales. Ils étaient différenciés selon leurs marques, couleur et empreintes de sabots (Sahtu Renewable Resources Board, 2010).

Figure 1. Photo de caribous des montagnes du Centre, sous population de Kennedy Siding (gracieuseté d'Elena Jones)
Photo de caribous des montagnes du Centre
Photo: © Elena Jones
Description longue pour la figure 1

Photo d'un groupe de caribous des montagnes du Centre qui cherchent de la nourriture sur le sol couvert de neige. Ces caribous de la sous population de Kennedy Siding ont un pelage aux tons de brun foncé à pâle, une crinière blanchâtre et un peu de blanc sur les flancs. Les gros ergots d'un des caribous sont bien visibles.

Haut de la page

Structure spatiale et variabilité de la population

Des analyses phylogénétiques du caribou fondées sur des études de l’ADN mitochondrial (ADNmt) fournissent de l’information sur les lignées génétiques, tandis que des études des microsatellites sur l’ADN nucléaire donnent de l’information sur la diversité génétique et la structure des populations de caribous forestiers. L’information disponible met l’accent sur les caribous du centre-ouest de l’Alberta et du centre-est de la Colombie-Britannique (Dueck, 1998; McDevitt et al., 2009; Serrouya et al., 2012; Klütsch et al., 2012; Weckworth et al., 2012; Yannic et al., 2013), ceux du sud-est de la Colombie-Britannique (Dueck, 1998; Zittlau, 2004; Serrouya et al., 2012) et ceux du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest (Dueck, 1998; Zittlau, 2004; Kuhn et al., 2010; Weckworth et al., 2012); on possède peu de renseignements sur les caribous du nord et du centre-ouest de la Colombie-Britannique (Zittlau, 2004; Serrouya et al., 2012). Dans de nombreuses études, des comparaisons sont faites avec des sous-populations d’autres UD (COSEPAC, 2011). De récentes études ont grandement contribué à la compréhension des structures phylogénétique et génétique des caribous de la région montagneuse de l’Ouest canadien, mais d’autres travaux sont nécessaires pour combler les lacunes, en particulier pour ce qui est des caribous du nord et du centre-ouest de la Colombie-Britannique.

Phylogénétique

L’analyse phylogénétique du caribou a révélé 2 principaux halogroupes (ou clades) distincts, ce qui laisse envisager l’isolement du caribou dans 2 ou 3 refuges glaciaires séparés (Røed et al., 1991; Dueck, 1998; McDevitt et al., 2009; COSEPAC, 2011; Klütsch et al., 2012; Yannic et al., 2013). Selon l’étude de l’ADNmt de Dueck (1998), tous les caribous du Canada proviennent de clades (groupes) du nord et du sud, isolés il y a environ 49 000 ans pendant la glaciation wisconsinienne. Les Rocheuses canadiennes ont connu des avancées glaciaires il y a 75 000-64 000 et 20 000-11 000 ans (Gadd, 1986). Deux groupes de caribous ont été séparés entre ces 2 épisodes du début et de la fin du Wisconsinien, et des clades distincts ont évolué isolément. Après le retrait du vaste glacier continental, les 2 groupes ont colonisé le Canada, et leurs aires de répartition se sont chevauchées. Selon Klütsch et al. (2012), 3 lignées de caribous forestiers canadiens pourraient provenir de 3 refuges séparés géographiquement au sud du glacier continental laurentidien : 1 refuge se trouve dans les Appalaches, 1 dans la région du Wisconsin et 1 dans les Rocheuses. Les caribous provenant du refuge des Rocheuses ont colonisé la région montagneuse de l’Ouest canadien. Yannic et al. (2013) ont noté que 2 lignées phylogéographiques sont demeurées génétiquement homogènes depuis leur séparation il y a 2 cycles interglaciaux-glaciaux et qu’un contact secondaire entre ces lignées a eu lieu au centre du pays il y a environ 8 000 ans.

La structure phylogéographique du caribou semble être principalement le résultat d’expansions postglaciaires suivant le dernier maximum glaciaire, ce qui est corroboré par des données provenant de restes fossiles et de considérations écologiques et physiogéographiques (Klütsch et al., 2012; Yannic et al., 2013). Bon nombre des sous-populations situées au centre-ouest de l’Alberta/centre-est de la Colombie-Britannique et au sud-est de la Colombie-Britannique présentent des haplotypes des clades du nord et du sud (Dueck, 1998; McDevitt et al., 2009; Yannic et al., 2013), ce qui révèle des zones de contact possibles. Le plus important mélange d’haplotypes se trouve dans les montagnes de l’est de la Colombie-Britannique et dans les régions adjacentes de l’Alberta, où de 0 à 56 % des haplotypes des échantillons analysés dans le centre-est britanno-colombien/ centre-ouest albertain et de 1 à 67 % des haplotypes des échantillons analysés dans le sud-est de la Colombie-Britannique proviennent du clade du nord. McDevitt et al. (2009) ont observé une association positive entre le comportement migratoire de certains individus et leur appartenance au clade du nord (c.-à-d. que les individus migrateurs sont plus susceptibles d’appartenir au clade du nord). Les caribous forestiers d’aujourd’hui ont apparemment évolué à partir des 2 clades, et une introgression de l’ADN s’est produite dans les régions où les clades se sont rencontrés et où les aires de répartition se sont chevauchées.

Structure génétique des populations

Les données sur les microsatellites brossent un tableau complexe de la structure génétique au sein et entre les sous-populations de caribous de l’Ouest canadien. Les études à ce sujet ne suivaient pas le même protocole. En effet, elles évaluaient chacune une combinaison unique de sous-populations et utilisaient des caractéristiques différentes des loci, ce qui rend difficile la comparaison de certains des résultats divergents. La figure 2 présente géographiquement les sous-populations mentionnées ci-dessous (voir également la section sur Unités désignables).

Selon Serrouya et al. (2012), les sous-populations de caribous au nord de la rivière de la Paix forment un groupe distinct. Cependant, les 2 sous-populations échantillonnées dans le centre-ouest de la Colombie-Britannique (Itcha-Ilgachuz, Tweedsmuir) ressemblaient davantage aux caribous se trouvant au sud de la rivière de la Paix. Zittlau (2004) a conclu que ces 2 sous-populations du centre-ouest de la Colombie-Britannique étaient plus étroitement liées aux caribous du sud-est de la province qu’aux caribous échantillonnés dans le nord de la province. Parmi les sous-populations échantillonnées du nord et du centre-ouest de la Colombie-Britannique, celle d’Itcha-Ilgachuz comptait le plus faible taux de diversité des microsatellites et était fortement distincte (94 % d’autoassignation), probablement à cause de son isolement (avec la sous-population voisine de Tweedsmuir-Entiako) par rapport aux autres sous-populations (Zittlau, 2004). Les 3 sous-populations du nord de la Colombie-Britannique qui ont fait l’objet d’un échantillonnage (Atlin, Carcross, Cassiar) sont groupées ensemble, comme l’étaient les 3 sous-populations du centre-nord de la province (Wolverine, Finlay, Chase). Zittlau (2004) a également noté une forte différenciation des microsatellites au sein des 3 sous-populations du Yukon/ Colombie-Britannique (Aishihik, Chisana, lac Wolf) ainsi que de hauts niveaux de diversité génétique au sein de chacune de ces sous-populations. D’après Zittlau, ces niveaux pourraient être attribuables au mélange des sous-populations dans les régions libres de glace durant la dernière période glaciaire. Kuhn et al. (2010) ont observé 4 groupes génétiques à l’intérieur des sous-populations du Yukon. Un de ces groupes, qui comprend les sous-populations d’Ibex, de Carcross et d’Atlin, était génétiquement distinct.

Figure 2. Sous populations de caribous des montagnes du Nord (UD 7), des montagnes du Centre (UD 8) et des montagnes du Sud (UD 9). La limite entre les aires écologiques nationales des montagnes du Sud et des montagnes du Nord du COSEPAC correspond à celle entre les populations des montagnes du Nord et des montagnes du Sud utilisée par le COSEPAC dans son rapport de 2002. Carte créée par Bonnie Fournier (Environment and Natural Ressources, Government of the Northwest Territories, 2013).
Sous populations de caribous des montagnes du Nord
Carte: © Bonnie Fournier, 2013
Description longue pour la figure 2

Carte de la répartition des sous populations des caribous des montagnes de l'Ouest des unités désignables des montagnes du Nord, des montagnes du Centre et des montagnes du Sud. L'aire de répartition de chaque unité désignable est indiquée par une couleur, et l'aire de répartition de chaque sous population est délimitée et nommée, à l'exception de l'unité désignable des montagnes du Sud, dont les sous populations sont numérotées et identifiées dans la légende. On trouve sur la carte d'autres renseignements sur les zones dans lesquelles la disparition du caribou a été confirmée après 2002 et les occurrences traces. La limite établie par le COSEPAC entre les aires écologiques nationales des montagnes du Nord et des montagnes du Sud est indiquée.

Haut de la page

McDevitt et al. (2009) ont constaté une forte différenciation significative (p < 0,05) entre les sous-populations de caribous du centre-est de la Colombie-Britannique/ centre-ouest de l’Alberta au moyen de données mitochondriales (FST = 0,018-0,5619) et de données sur les microsatellites (FST = 0,01-0,09). La sous-population d’À la Pêche était groupée avec celles des parcs nationaux Jasper et Banff, et les sous-populations de Redrock-ruisseau Prairie et de Narraway (y compris Bearhole-Redwillow) ne formaient que 1 groupe. Les sous-populations situées dans la partie nord de la région (Quintette, Moberly, Burnt Pine, Kennedy Siding) étaient groupées avec la seule sous-population du sud-est de la Colombie-Britannique échantillonnée (monts Hart – portion de Parsnip). Par contre, Weckworth et al. (2012) ont indiqué que les sous-populations de Jasper et de Banff étaient groupées avec 1 ou 2 des sous-populations du sud-est de la Colombie-Britannique échantillonnées (monts Cariboo Nord), tandis que la sous-population d’À la Pêche a été unie avec d’autres sous-populations de la région. Selon Serrouya et al. (2012), la rivière de la Paix est une cause importante de séparation génétique. La sous-population de Graham, du côté nord de la rivière, était distincte des sous-populations situées au sud de la rivière. Toutes les sous-populations du centre-est de la Colombie-Britannique/centre-ouest de l’Alberta ont été incluses dans le groupe qui comprenait les sous-populations au sud de la rivière de la Paix et au nord de la rivière Thompson Nord, à l’exception de la sous-population de Jasper, qui ne se classait bien dans aucun groupe (Serrouya et al. 2012). Dans ces 3 études, le caribou boréal n’a pas été groupé avec les caribous du centre-est de la Colombie-Britannique/centre-ouest de l’Alberta (McDevitt et al. 2009; Serrouya et al., 2012; Weckworth et al., 2012).

Serrouya et al. (2012) ont mené l’évaluation la plus approfondie des génotypes de microsatellites des caribous du sud-est de la Colombie-Britannique (13 sous-populations). Zittlau (2004), McDevitt et al. (2009) et Weckworth et al. (2012) ont mené des études séparées, qui mettaient secondairement l’accent sur les sous-populations du sud-est de la Colombie-Britannique. Certaines de ces sous-populations présentent une structure génétique prononcée, probablement en raison de petites populations qui ont connu une dérive génétique rapide. Cependant, aucune différenciation génétique importante n’a été décelée entre les sous-populations des monts Hart et des monts Cariboo Nord ni entre celles de Columbia Nord, Groundhog, Frisby-Boulder, Nakusp et Duncan (Serrouya et al., 2012). L’absence de différenciation génétique entre ces 5 sous-populations pourrait être attribuable aux déplacements historiques entre elles, avant l’apparition d’un obstacle contemporain à la transmission des gènes (Serrouya et al., 2012). Dans le cas des sous-populations du sud-est de la Colombie-Britannique, les principales vallées fluviales constituent des obstacles à la transmission des gènes (Serrouya et al., 2012). Zittlau (2004) et Serrouya et al. (2012) ont noté que la sous-population du sud de la chaîne Purcell est génétiquement distincte des sous-populations de caribous échantillonnées.

Unités désignables

Le COSEPAC définit les UD du caribou au Canada (COSEPAC, 2011) d’après ses propres critères touchant le caractère distinct et le caractère important dans l’évolution (COSEPAC, 2013). Douze UD ont été définies selon l’information concernant les données sur la phylogénétique, la diversité et la structure génétiques, la morphologie, les déplacements, le comportement, les stratégies du cycle vital et la répartition.

Lors d’évaluations antérieures du COSEPAC (2002, 2004), les caribous du Canada ont été organisés en huit « populations importantes à l’échelle nationale ». Les sujets de ces évaluations appartenaient à deux de ces populations : la population des montagnes du Nord et la population des montagnes du Sud (COSEPAC, 2002) observées dans les aires écologiques nationales Nord et Sud du COSEPAC, respectivement (voir la figure 2). D’après de plus récentes données sur l’écologie et la génétique du caribou, le COSEPAC (2011) a réorganisé les populations en trois UD : population des montagnes du Nord, population des montagnes du Centre et population des montagnes du Sud.

Il existe deux principales différences entre la nouvelle structure des UD (COSEPAC, 2011) et celle de l’évaluation antérieure (COSEPAC, 2002). Un changement provient de la reclassification des caribous qui se nourrissent dans des régions de neige peu profonde/de lichens terrestres et qui faisaient autrefois partie de la population des montagnes du Sud. La nouvelle UD des montagnes du Sud, confinée au centre et au sud-est de la Colombie-Britannique (voir la figure 2), comprend uniquement les caribous qui se nourrissent dans des régions de neige épaisse/de lichens arboricoles. Par comparaison, tous les caribous se nourrissant dans des régions de neige peu profonde/de lichens terrestres appartiennent maintenant à l’UD des montagnes du Centre ou à celle des montagnes du Nord. Les sous-populations qui composent la nouvelle UD des montagnes du Centre sont présentes le long du versant oriental des Rocheuses, dans le centre-ouest de l’Alberta et le centre-est de la Colombie-Britannique, avec un certain chevauchement de la frontière provinciale (voir la figure 2). Les sous-populations de cette UD, qui représentent des divisions de la « population » des montagnes du Sud précédente, ont en fait plus de caractéristiques communes avec la population des montagnes du Nord qu’avec celle des montagnes du Sud. Les caribous des UD des montagnes du Centre et des montagnes du Nord ont des comportements d’alimentation en hiver et des habitudes de déplacements saisonniers semblables, mais ils diffèrent sur le plan phylogénétique et sont séparés à la fois génétiquement et géographiquement par la rivière de la Paix (voir Structure spatiale et variabilité des populations). Les sous-populations de l’UD des montagnes du Nord sont présentes dans les montagnes du nord du Yukon, dans le sud des Territoires du Nord-Ouest ainsi que dans le centre-ouest et le nord de la Colombie-Britannique (voir la figure 2). Cette aire de répartition s’étend plus au sud dans l’aire écologique des montagnes du Sud que ne le faisait l’ancienne population de caribous des bois montagnes du Nord (COSEPAC, 2002).

Dans les 3 UD des caribous des montagnes de l’Ouest, on a échantillonné des sous-populations individuelles qui se distinguent généralement les unes des autres ainsi que des populations adjacentes, y compris celles reconnues comme faisant partie d’autres UD (voir COSEPAC, 2011). Les UD des montagnes du Sud et des montagnes du Centre sont également distinctes des autres UD voisines puisque, sur le plan phylogénétique, les caribous de ces 2 UD proviennent de la lignée du nord (lignée béringienne-eurasienne [BE]) et de celle du sud (lignée nord-américaine [NA]). Les caribous échantillonnés dans l’UD des montagnes du Nord proviennent tous de la lignée BE. Les caribous de l’UD des montagnes du Sud ont un comportement distinct en ce qui concerne l’utilisation des milieux montagneux au relief accidenté et aux fortes accumulations de neige (enneigement de 2 à 5 m). Ces conditions d’enneigement extrêmes ont mené à une stratégie de recherche de nourriture unique chez les cervidés, soit la consommation exclusive de lichens arboricoles pendant 3 ou 4 mois de l’année (COSEPAC, 2011). Les caribous de cette UD sont donc distincts de ceux des UD des montagnes du Centre et des montagnes du Nord, d’après des caractéristiques héréditaires, notamment les stratégies comportementales et les tendances de répartition découlant du relief accidenté et des fortes accumulations de neige (COSEPAC, 2011).

Pour ce qui est du caractère important, les caribous de l’UD des montagnes du Sud vivent dans des milieux spécifiques caractérisés par des communautés forestières de haute altitude où abondent les lichens arboricoles, milieux auxquels ils se sont adaptés, du moins sur le plan comportemental. Ce groupe de caribous diffère nettement des autres, y compris des caribous de l’UD 8 adjacente, car il a persisté dans un milieu écologique propre à l’espèce, qui a donné lieu à des adaptations locales. Comme il a été susmentionné, les caribous des UD des montagnes du Centre et du Nord diffèrent sur le plan phylogénétique. Des données tirées de McDevitt et al. (2009) laissent croire qu’un « essaim d’hybrides » des deux lignées est apparu dans le corridor libre de glace qui s’est formé le long du front est des Rocheuses canadiennes (UD des montagnes du Centre), ce qui aurait produit un patrimoine génétique mélangé unique à la fin des glaciations du Wisconsin il y a quelque 14 000 ans. Certaines données indiquent une parenté génétique entre les sous-populations de l’UD des montagnes du Nord, dans le centre-ouest de la Colombie-Britannique, et les caribous de l’UD des montagnes du Centre, mais la plupart des sous-populations de l’UD des montagnes du Nord sont génétiquement différentes des caribous de l’UD des montagnes du Centre (Serrouya et al., 2012).

D’autres travaux sont nécessaires pour évaluer les structures phylogénétiques et génétiques de la population de l’UD des montagnes du Nord en particulier. Les 9 sous-populations de caribous qui ont été échantillonnées dans l’UD des montagnes du Nord appartenaient au clade du nord (Dueck, 1998; Zittlau, 2004; Weckworth et al., 2012), mais cela représente seulement 20 % des sous-populations, en comptant les 8 situées au Yukon et le long de la frontière Yukon-Colombie-Britannique. Seules 2 des 25 sous-populations du nord de la Colombie-Britannique ont été échantillonnées; de grandes lacunes persistent donc sur le plan phylogénétique de l’UD des montagnes du Nord. D’autres études sont également requises pour mieux définir les relations génétiques entre les UD des montagnes du Sud et des montagnes du Nord. Selon les échantillons limités, les sous-populations du centre-ouest de la Colombie-Britannique ressemblent génétiquement plus à celles de l’UD des montagnes du Sud (Zittlau, 2004) et de l’UD des montagnes du Centre (Serrouya et al., 2012) qu’aux sous-populations des montagnes du Nord. Une analyse approfondie est nécessaire dans toutes les UD. Il existe un petit chevauchement entre les UD; cependant, ces zones limitrophes sont rares, et les populations de caribous se mélangent peu entre elles en raison de l’utilisation d’habitat saisonnier distinct.

Importance de l’espèce

Le caribou, espèce sauvage emblématique du Canada figurant sur la pièce de 25 cents, est un des grands mammifères les plus répandus au pays (Registre public des espèces en péril, 2013). Les caribous des montagnes de l’Ouest possèdent des adaptations particulières aux conditions météorologiques et topographiques dans les forêts des régions montagneuses le long des montagnes de l’ouest de l’Amérique du Nord. En raison de leur dépendance à l’égard des larges parcelles de forêts anciennes, les caribous sont très vulnérables au déboisement et sont considérés comme des indicateurs des écosystèmes forestiers anciens et intacts. Plus de 90 % de l’aire de répartition des caribous des montagnes de l’Ouest se trouvent au Canada (voir Aire de répartition mondiale).

Dans l’Ouest canadien, le caribou a joué un rôle important pour les Autochtones, qui s’en nourrissaient, ainsi que pour les colons et premiers commerçants de fourrures (Birchwater, 1993; Spalding, 2000; Olsen et al., 2001; Botkin et al., 2005; Littlefield et al., 2007). Les caribous font l’objet d’une chasse récréative et d’une chasse de subsistance dans la plus grande partie de l’UD des montagnes du Nord. Les caribous sont des animaux‑trophées prisés; de plus, la chasse par les résidents et la chasse guidée sont importantes pour l’économie du nord de la Colombie-Britannique, du Yukon et des monts Mackenzie, dans les Territoires du Nord‑Ouest. Les caribous des trois UD font également l’objet de tourisme et d’observation fauniques.

Haut de la page

Répartition

Le caribou, espèce sauvage emblématique du Canada figurant sur la pièce de 25 cents, est un des grands mammifères les plus répandus au pays (Registre public des espèces en péril, 2013). Les caribous des montagnes de l’Ouest possèdent des adaptations particulières aux conditions météorologiques et topographiques dans les forêts des régions montagneuses le long des montagnes de l’ouest de l’Amérique du Nord. En raison de leur dépendance à l’égard des larges parcelles de forêts anciennes, les caribous sont très vulnérables au déboisement et sont considérés comme des indicateurs des écosystèmes forestiers anciens et intacts. Plus de 90 % de l’aire de répartition des caribous des montagnes de l’Ouest se trouvent au Canada (voir Aire de répartition mondiale).

Dans l’Ouest canadien, le caribou a joué un rôle important pour les Autochtones, qui s’en nourrissaient, ainsi que pour les colons et premiers commerçants de fourrures (Birchwater, 1993; Spalding, 2000; Olsen et al., 2001; Botkin et al., 2005; Littlefield et al., 2007). Les caribous font l’objet d’une chasse récréative et d’une chasse de subsistance dans la plus grande partie de l’UD des montagnes du Nord. Les caribous sont des animaux-trophées prisés; de plus, la chasse par les résidents et la chasse guidée sont importantes pour l’économie du nord de la Colombie-Britannique, du Yukon et des monts Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest. Les caribous des trois UD font également l’objet de tourisme et d’observation fauniques.

Aire de répartition mondiale

Les caribous et les rennes sont indigènes des biomes arctiques, subarctiques, boréaux et subboréaux (Banfield, 1961; Røed et al., 1991). Les caribous des 3 UD des montagnes de l’Ouest se trouvent principalement au Canada, à l’exception de la sous-population du sud de la chaîne Selkirk de l’UD des montagnes du Sud (qui s’étend dans l’Idaho et l’État de Washington) et de la sous-population de Chisana de l’UD des montagnes du Nord (qui se trouve au Yukon et s’étend en Alaska). Aucune évaluation n’a été réalisée pour déterminer si les 27 autres sous-populations de l’intérieur de l’Alaska (p. ex. Delta, Denali; ADFG, 2011) appartiennent à l’UD des montagnes du Nord. Au 19e siècle, le caribou des montagnes de l’Ouest se rencontrait loin dans le sud, jusqu’à la rivière Salmon, en Idaho (voir la figure 3). Aujourd’hui, on ne trouve plus que la sous-population du sud de la chaîne Selkirk; la dernière observation confirmée d’un caribou au Montana a été faite en 1958 (US Fish and Wildlife Service, 1993).

Figure 3. Aires de répartition passées et actuelles approximatives des caribous des unités désignables des montagnes de l'Ouest canadien. Carte créée par Bonnie Fournier (Environment and Natural Resources, Government of the Northwest Territories, 2013).
Aires de répartition passées et actuelles
Photo: © Bonnie Fournier 2013
Description longue pour la figure 3

Carte indiquant les aires de répartition passées (couleur et hachures) et actuelles (couleur) approximatives des caribous des unités désignables des montagnes de l'Ouest du Canada, au Canada et aux États Unis. C'est dans le sud de la Colombie Britannique que l'aire de répartition a principalement rétréci.

Haut de la page

Aire de répartition canadienne

Par le passé, les caribous des UD des montagnes de l’Ouest canadien vivaient dans une aire de répartition considérablement plus vaste qu’aujourd’hui (voir la figure 3). L’aire de répartition des caribous en Colombie-Britannique a diminué de 20 % depuis le début du 20e siècle (Spalding, 2000); le plus important changement dans la répartition est survenu dans la partie sud de la province. Les détenteurs de CTA ont également mentionné que l’aire de répartition des caribous a diminué dans les bassins des fleuves Fraser et Columbia (Hudson et Ignace, 2004). Dans le centre-nord de la Colombie-Britannique, le caribou utilisait la région du mont Milligan à la fin des années 1930 (McKay, 1997; Santomauro et al., 2012) et, dans le centre-ouest de la province, les Tsilhqot’in chassaient le caribou au début des années 1900 (Tsilhqot’in Nation v. British Columbia, 2007). De nos jours, les caribous ne sont plus observés dans ces régions. En Alberta, Dzus (2001) a noté que le caribou occupait seulement environ 39 % de l’aire de répartition générale historique maximale (Edmonds, 1991); l’aire de répartition a depuis continué de se rétrécir.

Unité désignable des montagnes du Nord (UD 7)

Haut de la page

Les caribous de l’UD des montagnes du Nord sont répartis parmi 45 sous-populations, depuis le centre-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au Yukon et aux Territoires du Nord-Ouest. L’UD comprend 9 sous-populations du centre de la Colombie-Britannique qui faisaient partie de l’ancienne population de caribous des bois des montagnes du Sud (voir la figure 2; Environnement Canada, 2014). Au Yukon, 26 sous-populations de l’UD des montagnes du Nord occupent la plus grande partie du territoire au sud du 65e degré de latitude nord. Les aires de 2 de ces hardes, soit celles de la rivière Hart et de Bonnet Plume, recoupent l’aire d’hivernage des populations de Porcupine et de Forty-mile du caribou de la toundra (aucune UD fixe). La sous-population de Chisana chevauche la frontière entre le Yukon et l’Alaska. Sur les 26 sous-populations du Yukon, 5 ont une partie de leur aire de répartition dans les Territoires du Nord-Ouest, et 6, en Colombie-Britannique (voir la figure 2).

Les aires de répartition des sous-populations situées dans la partie sud de l’UD sont relativement distinctes, tandis que les aires se chevauchent davantage au nord. Les caribous des sous-populations de Little Rancheria, de Horseranch, du lac Swan et de Level-Kawdy partagent certaines parties de leur aire d’hivernage; il est donc difficile de déterminer l’origine des caribous dénombrés sans l’aide de colliers radio (M. Williams, comm. pers., 2013). Au Yukon, la sous-population de Laberge a seulement été identifiée récemment parce qu’elle partage la même aire d’hivernage que la sous-population de Carcross; on considérait auparavant que ces sous-populations n’en formaient qu’une (T. Hegel, comm. pers, 2013). Les distances entre les sous-populations tendent à être plus vastes en Colombie-Britannique qu’au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. Les travaux de recherche sur ces régions sont limités, mais on y a observé des caribous (Thiessen, 2009; McNay, 2012; MacDonald et McNay, 2013). On ne sait pas si les caribous observés dans les régions entre les aires de répartition délimitées du nord de la Colombie-Britannique font partie des sous-populations adjacentes ou s’ils font partie de sous-populations encore non identifiées (McNay 2012). Au Yukon, les sous-populations de Klaza, Aishihik, Kluane et Chisana sont séparées les unes des autres par le fleuve Yukon (T. Hegel, comm. pers., 2013).

Les aires de répartition des sous-populations situées dans la partie sud de l’UD sont relativement distinctes, tandis que les aires se chevauchent davantage au nord. Les caribous des sous-populations de Little Rancheria, de Horseranch, du lac Swan et de Level-Kawdy partagent certaines parties de leur aire d’hivernage; il est donc difficile de déterminer l’origine des caribous dénombrés sans l’aide de colliers radio (M. Williams, comm. pers., 2013). Au Yukon, la sous-population de Laberge a seulement été identifiée récemment parce qu’elle partage la même aire d’hivernage que la sous-population de Carcross; on considérait auparavant que ces sous-populations n’en formaient qu’une (T. Hegel, comm. pers, 2013). Les distances entre les sous-populations tendent à être plus vastes en Colombie-Britannique qu’au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. Les travaux de recherche sur ces régions sont limités, mais on y a observé des caribous (Thiessen, 2009; McNay, 2012; MacDonald et McNay, 2013). On ne sait pas si les caribous observés dans les régions entre les aires de répartition délimitées du nord de la Colombie-Britannique font partie des sous-populations adjacentes ou s’ils font partie de sous-populations encore non identifiées (McNay 2012). Au Yukon, les sous-populations de Klaza, Aishihik, Kluane et Chisana sont séparées les unes des autres par le fleuve Yukon (T. Hegel, comm. pers., 2013).

L’aire de répartition des caribous dans la partie nord de l’UD des montagnes du Nord n’a pas diminué en superficie au cours du dernier siècle, mais elle a subi un recul dans la partie sud de l’UD, dans le centre-ouest et le centre-nord de la Colombie-Britannique (voir la figure 2). Par le passé, on observait des caribous dans la région du plateau intérieur de la Colombie-Britannique, mais ils en sont maintenant largement absents (voir la figure 2; Spalding, 2000). De 1984 à 1991, 52 caribous de la sous-population d’Itcha-Ilgachuz ont été déplacés dans l’aire de répartition inoccupée de Charlotte Alplands (Young et al., 2001), ce qui a permis le rétablissement de quelques anciennes aires de cette région.

Unité désignable des montagnes du Centre (UD 8)

Haut de la page

L’UD des montagnes du Centre inclut dix sous-populations existantes dans le centre-est de la Colombie-Britannique et le centre-ouest de l’Alberta, dans les Rocheuses et à proximité; elles appartiennent toutes à l’ancienne population de caribous des bois des montagnes du Sud (voir la figure 2; Environnement Canada, 2014). Il existe maintenant trois sous-populations (Tonquin, Maligne, Brazeau) reconnues à Jasper puisque les caribous ne se déplacent plus entre ces aires de répartition (L. Neufeld, comm. pers., 2012). Les caribous de cette UD ont récemment connu une baisse à cause de la mort de cinq individus de la sous-population restante de Banff lors d’une avalanche en 2009 (Hebblewhite et al., 2010b). On a de plus confirmé la disparition de la sous-population de Burnt Pine en 2014 (BC Ministry of Environment, données inédites). Les animaux de la sous-population d’À la Pêche ont pour la plupart abandonné leur migration annuelle traditionnelle jusqu’aux aires d’hivernage sur les contreforts, et passent maintenant le plus clair de leur temps dans les montagnes, ce qui réduit la superficie de l’aire de répartition occupée (ASRD&ACA, 2010). À partir de données historiques sur la répartition des caribous, Edmonds et Bloomfield (1984) ont observé que les animaux de la partie albertaine de l’UD des montagnes du Centre ont disparu ou qu’il en reste seulement des populations reliques fragmentées.

Unité désignable des montagnes du Sud (UD 9)

Haut de la page

Les caribous de l’UD des montagnes du Sud sont répartis dans 15 sous-populations existantes dans le sud-est de la Colombie-Britannique, qui faisaient toutes partie de l’ancienne population de caribous des bois des montagnes du Sud (voir la figure 2; Environnement Canada, 2014). Environ 80 % de la population se trouvent dans les aires de répartition au nord de la rivière Thompson Nord (Serrouya et al., 2012). Depuis 2002, on a confirmé la disparition de 2 autres sous-populations (mont George en 2003 et centre de la chaîne Purcell en 2005), et plusieurs sous-populations comptent moins de 10 individus (voir Taille et tendances des populations).

Wittmer et al. (2005a) ont réévalué la répartition et la structure des sous-populations de l’UD des montagnes du Sud et recensé 17 sous-populations (sauf celle du sud de la chaîne Selkirk), avec une aire de répartition totale de 28 357 km2. Depuis, la sous-population du ruisseau Allen a été combinée à celle de Wells Gray et certaines sous-populations ont été renommées, mais les aires de répartition sont restées essentiellement les mêmes. L’aire de répartition totale établie par Wittmer et al. (2005a) représente une réduction de 54 % par rapport à l’estimation antérieure de 61 290 km2 (qui exclut toujours la sous-population du sud de la chaîne Selkirk; MCTAC, 2002). Même si cette estimation était fondée sur une occupation avérée ou présumée (MCTAC, 2002), la réduction de l’aire de répartition reflète une diminution des effectifs des sous-populations et une hausse de la fragmentation et de l’isolement des sous-populations, en particulier dans la partie sud de l’UD (Wittmer et al., 2005a).

Van Oort et al. (2011) ont évalué des données additionnelles sur l’emplacement de caribous porteurs de colliers radio et noté que la répartition des animaux dans les sous-populations reconnue par Wittmer et al. (2005a) et celle du sud de la chaîne Selkirk étaient composées de 41 aires de répartition mixtes (été/automne), et qu’il n’y avait pratiquement aucun déplacement entre elles. Ils ont conclu que les sous-populations ne fonctionnaient pas à titre de métapopulation à cause de l’absence de dispersion.

Haut de la page

Zone d'occurrence et zone d'occupation

À mesure que la population de caribous diminue, elle occupe une superficie moindre de l’aire de répartition (Bergerud, 1996; Schaefer, 2003). Les caribous peuvent également se concentrer dans une partie de l’aire de répartition en réponse à des perturbations (Smith et al., 2000; Seip et al., 2007). Il peut être difficile de déterminer pourquoi la population occupe une superficie plus petite de l’aire de répartition, mais les deux situations indiquent des conditions suboptimales pour les caribous.

L’actuelle zone d’occurrence a été mesurée en traçant le plus petit polygone convexe autour de l’aire de répartition de chaque UD, y compris la superficie où il y a eu des occurrences traces (voir la figure 2). La zone d’occurrence de chaque UD est la suivante : 1 050 174 km2 pour la population des montagnes du Nord, 85 986 km2 pour la population des montagnes du Centre et 118 240 km2 pour la population des montagnes du Sud. L’indice de zone d’occupation (IZO) fondé sur une grille à carrés de 2 km de côté a permis de déterminer les limites actuelles des sous-populations (en excluant les endroits où il y a eu des occurrences traces) de la façon suivante : 523 672 km2 pour la population des montagnes du Nord, 46 144 km2 pour la population des montagnes du Centre et 46 324 km2 pour la population des montagnes du Sud. Il est vraisemblable que la zone d’occurrence soit considérablement plus petite si on la mesure en tant que plus petite superficie essentielle à tout stade vital des populations existantes (IUCN Standards and Petitions Subcommittee, 2013). Cependant, il était impossible de respecter ces principes pour calculer l’échelle des UD puisque les aires d’hivernage et/ou de mise bas essentielles à chacune des sous-populations sont inconnues ou n’ont pas été cartographiées. Les deux mesures de la superficie de l’aire de répartition ont diminué au cours de la dernière décennie, comme en témoignent les déclins ou la disparition de plusieurs sous-populations (voir Taille et tendances des populations). Cependant, la révision des limites des UD depuis l’évaluation de 2002 (voir Unités désignables) empêche la quantification de ce changement.

Haut de la page

Activités de recherche

Les cartes de répartition des caribous forestiers dans les UD des montagnes du Nord, du Centre et du Sud sont fondées sur des cartes fournies par chaque province et territoire en 2013. Pour la plupart des sous-populations, les aires de répartition ont été délimitées d’après les positions des individus porteurs de colliers radio.

Dans les UD des montagnes du Centre et du Sud, des études approfondies fondées sur des caribous portant des colliers radio et GPS ont été menées sur plusieurs années, ce qui a permis d’obtenir des milliers de positions de télémétrie (p. ex. Wittmer et al., 2005a; Jones, 2007; ASRD&ACA, 2010; van Oort et al., 2011; Williamson-Ehlers, 2012; Seip et Jones, 2013). La plupart des études radiotélémétriques dans l’UD des montagnes du Centre ont été menées après 2002; les aires de répartition reflètent donc la distribution et l’utilisation actuelles. Dans le cas de l’UD des montagnes du Centre, on possède de l’information récente sur l’utilisation de l’aire de répartition et la répartition de toutes les sous-populations, sauf celle de Scott (S. McNay, comm. pers., 2013). Pour ce qui est de l’UD des montagnes du Sud, Wittmer et al. (2005a) ont délimité les aires de répartition actuelles selon des études sur des individus munis de colliers radio qui ont été réalisées principalement du milieu/de la fin des années 1990 au début des années 2000.

Dans l’UD des montagnes du Nord, la plus grande partie des sous-populations comptent au moins quelques individus porteurs de colliers radio sur lesquels on peut fonder les aires de répartition (Environnement Canada, 2012). Voici les sous-populations pour lesquelles on possède peu d’information sur la répartition : Bonnet Plume, rivière Tay, lac Moose, Gataga, Rabbit, Edziza et Tsenaglode. Les aires de répartition des sous-populations de Frog, de Gataga et de Rabbit en Colombie-Britannique sont adjacentes à des aires où des occurrences traces ont été observées. Selon de récents relevés de caribous et d’autres espèces, les caribous utilisent toujours ces aires (Thiessen, 2009; McNay, 2012; MacDonald et McNay, 2013). Douze caribous ont récemment été observés par télémétrie dans cette région, ce qui aidera à mieux déterminer les limites des sous-populations (MacDonald et McNay, 2013). Au Yukon, comme la plus grande partie des aires de répartition des caribous et les zones environnantes ont fait l’objet de relevés visant le caribou et d’autres espèces, on estime que l’aire de répartition globale est essentiellement connue, nonobstant la nature de la dynamique de l’occupation (T. Hegel, comm. pers., 2013).

Haut de la page

Habitat

Besoins en matière d’habitat

La topographie, le climat et les habitudes d’alimentation du caribou en hiver dans les régions montagneuses de l’Ouest canadien font ressortir deux écotypes généraux (Stevenson et Hatler, 1985; Heard et Vagt, 1998). Dans les UD des montagnes du Nord et du Centre, la neige est relativement peu profonde et les caribous se nourrissent surtout de lichens terrestres dans un habitat à faible altitude dominé par les forêts ou sur des crêtes arrondies balayés par le vent (Johnson et al., 2001; Jones et al., 2007). Dans l’UD des montagnes du Sud, l’épais manteau de neige pousse le caribou à consommer des lichens arboricoles trouvés en milieux montagneux à moyenne et haute altitude (Terry et al., 2000).

De façon générale, le caribou nécessite de vastes aires saisonnières. Ces grandes aires permettent aux populations de se séparer les unes des autres (horizontalement et altitudinalement) ainsi que des prédateurs et des autres ongulés, ce qui permet de réduire la prédation sur les adultes et les faons (Bergerud et Page, 1987). De plus, un accès à une vaste aire d’habitat permet aux populations de caribous de changer leur utilisation de l’aire en réponse à des perturbations naturelles (p. ex. incendie, insectes, conditions météorologiques/neige) et à des activités humaines telles que la récolte forestière, l’exploitation minière, l’exploitation pétrolière et gazière et les activités récréatives (McKay, 1997; MCTAC, 2002; NCTAC, 2004; McNay, et al., 2008; Environnement Canada, 2012). Dans l’aire de répartition d’une population, de fortes perturbations (anthropiques et naturelles) et un jeune couvert forestier peuvent empêcher les caribous de se déplacer dans un habitat adéquat et modifier les interactions écologiques dans le système entier, ce qui réduit les taux de survie (Wittmer et al., 2007; Williamson-Ehlers et al., 2013).

Durant l’hiver, les caribous nécessitent de grandes aires d’hivernage, y compris des forêts de pins matures à faible altitude caractérisées par une abondance de lichens terrestres (UD des montagnes du Centre et du Nord), des forêts matures à faible altitude (pins ou épinettes) ou des milieux humides boisés à lichens arboricoles abondants (UD des montagnes du Centre et du Nord), des crêtes alpines à haute altitude balayées par le vent et à lichens terrestres abondants (UD des montagnes du Centre et du Nord), des forêts subalpines matures à haute altitude à lichens arboricoles abondants (toutes les UD) ainsi que des forêts de thuyas et de pruches à faible altitude (UD des montagnes du Sud seulement). Dans le cas des caribous des UD des montagnes du Centre et du Nord, la profondeur ou la dureté de la neige peuvent restreindre l’accès aux lichens terrestres (Cichowski, 1993; Johnson et al., 2001).

Contrairement à l’alimentation en hiver, la diète du caribou au cours des autres saisons est générique, reflétant ainsi une répartition plus vaste au printemps, à l’été et à l’automne. De façon générale, les caribous mettent bas dans des zones isolées ou éloignées des prédateurs (p. ex. forêts-parcs alpines et subalpines à haute altitude, forêts subalpines, îles de lacs). Les femelles renoncent souvent à la qualité du fourrage à basse altitude pour mettre bas dans un habitat à haute altitude à la fin mai ou au début juin, période où le fourrage est limité (Bergerud et al., 1984). On a observé des concentrations plus élevées d’azote fécal chez les femelles qui ont mis bas en mai à basse altitude que chez les caribous qui sont demeurés dans la zone subalpine (Seip, 1992). Dans le cas des caribous du nord de la Colombie-Britannique, les sites de mise bas sont associés à un fourrage de grande qualité, et le taux de survie plus élevé des petits correspond aux déplacements pour s’éloigner des sites de mise bas afin d’augmenter l’accès au fourrage et/ou de réduire les risques de prédation (Gustine et al., 2006). Un « espace matriciel » relativement intact (selon Environnement Canada, 2014) est nécessaire pour les migrations saisonnières et la connectivité entre les aires de répartition qui assurent le maintien ou la hausse de la diversité génétique, réduisent les risques de prédation et offrent de possibles corridors de déplacement pour faciliter la réaction aux conditions changeantes dues aux changements climatiques.

Unité désignable des montagnes du Nord (UD 7)

Haut de la page

Les caribous des montagnes du Nord vivent de façon générale dans des zones où la neige est relativement peu profonde. Ils s’y nourrissent principalement de lichens terrestres, soit dans des forêts de conifères matures à basse altitude, soit sur des pentes alpines exposées au vent (Cichowski, 1989; Wood et Terry, 1999; Gullickson et Manseau, 2000). Ces animaux préfèrent les forêts anciennes de pins ou d’épinettes où les lichens terrestres abondent, mais ils se nourrissent également de lichens arboricoles, en particulier à la fin de l’hiver ou lorsque la neige durcie les empêche de creuser (Cichowski, 1989; Johnson et al., 2001). Certaines sous-populations se nourrissent de lichens arboricoles dans un habitat subalpin durant une partie ou la totalité de l’hiver. À basse altitude, les caribous recherchent de la glace et/ou de l’eau dans les lacs gelés.

L’UD des montagnes du Nord s’étend du centre de la Colombie-Britannique aux Territoires du Nord-Ouest et connaît une variété de conditions écologiques. Par conséquent, la variation du comportement saisonnier reflète les différences du point de vue de la topographie, de l’accumulation de neige et de la disponibilité d’aires d’hivernage à faible altitude entre les aires de répartition. Au Yukon, les caribous adoptent diverses stratégies en hiver; à titre d’exemple, les sous-populations de Chisana, de Kluane, d’Aishihik et de Klaza favorisent des zones alpines, tandis que sept sous-populations à l’est broutent dans des forêts à basse altitude (Kuzyk et al., 1999). Au centre de la Colombie-Britannique, les caribous des sous-populations de Telkwa et de Takla utilisent principalement des zones subalpines et alpines à haute altitude tout au long de l’année (Stronen, 2000; Poole et al., 2000). Les sous-populations du centre-nord de la Colombie-Britannique utilisent plutôt des forêts à basse altitude au début de l’hiver pour généralement se déplacer vers un habitat subalpin et alpin à haute altitude à la fin de l’hiver (Terry et Wood, 1999; Wood et Terry, 1999), même si des individus peuvent passer tout l’hiver dans un habitat alpin ou un habitat à basse altitude (Johnson et al., 2002). Dans les sous-populations du centre-ouest et du nord de la Colombie-Britannique, des individus demeurent dans un habitat subalpin/alpin à basse ou à haute altitude durant la plus grande partie de l’hiver. Cependant, certaines années, une partie de la sous-population de Tweedsmuir-Entiako s’est déplacée dans un habitat subalpin/alpin à altitude élevée de la mi-février à la mi-mars (Cichowski, 1989;Young et Roorda, 1999; Cichowski et MacLean, 2005).

Quelques sous-populations ou portions de sous-populations des montagnes du Nord migrent sur de longues distances entre les aires d’hivernage et d’estivage, tandis que d’autres ne le font pas. Durant la mise bas, de la fin mai au début juin, les femelles se déplacent généralement vers les régions montagneuses à haute altitude pour s’éloigner des prédateurs et des autres proies (Bergerud et al., 1984). Comme stratégie de survie contre les prédateurs, elles peuvent également choisir de se rendre sur des îles de lacs (Seip et Cichowski, 1996; Cichowski et MacLean, 2005). La mise bas à haute altitude, et la mise bas à basse altitude sur des îles de lacs permettent généralement d’assurer un taux de survie néonatal plus élevé que la mise bas sous la limite forestière mais ailleurs que sur des îles (Seip et Cichowski, 1996). Durant l’été, l’utilisation de l’habitat varie, et les caribous peuvent être observés dans une variété de types d’habitat, soit des forêts à basse altitude aux zones alpines. Au moment du rut, certaines sous-populations se déplacent dans des aires de rut à plus haute altitude, tandis que d’autres demeurent dans les aires d’estivage.

Fondée sur des données scientifiques, notre compréhension actuelle des habitudes d’utilisation de l’habitat dans l’UD des montagnes du Nord est conforme aux CTA à ce sujet. Dans le centre-nord de la Colombie-Britannique, les Premières Nations takla, tl’azt’en, nak’azdli et dénée Tsay Keh ont décrit l’utilisation saisonnière de l’habitat par les caribous : ceux-ci commencent à être observés à basse altitude en avril et en mai, et utilisent des zones à prédominance de pins où il y a de la « mousse blanche » en abondance, des lacs pour « y lécher la glace transparente » et des minéraux à lécher (McKay, 1997; McNay et al., 2008; Santomauro et al., 2012). Les caribous disparaissent ensuite à la fin mai, se rendant probablement vers de plus hautes altitudes pour la mise bas puisqu’ils y ont déjà été observés avec des petits en été (McNay et al., 2008). Au début de l’été, des caribous ont été aperçus couchés sur des parcelles de neige, ce qui est vraisemblablement une stratégie pour éviter les mouches, et ils ont utilisé des lacs libres de glace pour se réfugier des loups (Canis lupus; McKay, 1997; McNay et al., 2008). Les caribous sont demeurés à une altitude élevée durant le rut pour « faire sécher leurs bois », et sont retournés ensuite à basse altitude au début de l’hiver pour éviter la neige fraîche des hautes altitudes. En janvier, certains caribous avaient disparu, sans doute pour utiliser les zones à haute altitude pour le reste de l’hiver (McNay, et al., 2008). Dans la région d’Atlin, les membres de la Première Nation des Tlingit de Taku River ont indiqué que, durant l’hiver, les caribous choisissaient des forêts à basse altitude, notamment des peuplements de pins tordus (Pinus contorta) matures à sol abondamment couvert de lichens et que, durant l’été, les caribous avaient une aire de répartition étendue et se déplaçaient sur les flancs des montagnes pour se nourrir d’herbes, de saules et de lichens (Polfus et al., 2014).

Unité désignable des montagnes du Centre (UD 8)

Haut de la page

Comme dans le cas des caribous de l’UD des montagnes du Nord, ceux des montagnes du Centre vivent dans des zones où la neige est relativement peu profonde et où, en hiver, ils se nourrissent principalement de lichens terrestres dans des forêts à basse altitude ou sur des pentes alpines exposées au vent (Edmonds et Bloomfield, 1984; Brown et al., 1994; Szkorupa, 2002; Jones, 2007; Shepherd et al., 2007).

En Alberta, les caribous de l’UD des montagnes du Centre passent généralement l’hiver dans des forêts de pins ou des forêts mixtes (pins, épinettes et sapins) anciennes aux pieds des Rocheuses, où ils creusent la neige à la recherche de lichens terrestres, Au printemps, ils se dirigent vers les aires d’estivage en montagne. Durant la période de la mise bas, les femelles sont grandement dispersées dans les zones montagneuses. Ces dernières années, on a observé un changement dans le comportement migratoire des sous-populations de Jasper (Tonquin, Maligne et Brazeau), d’À la Pêche et de Redrock-ruisseau Prairie. La plupart des caribous de ces sous-populations n’utilisent plus la portion de l’aire de répartition se trouvant sur les contreforts des montagnes et vivent plutôt dans les montagnes toute l’année (Smith, 2004; L. Neufeld, comm. pers., 2013). Les aînés d’une collectivité du centre-ouest de l’Alberta ont observé que la sous-population d’À la Pêche y demeure toute l’année et que le nombre de grizzlis (Ursus arctos), de loups et de couguars (Puma concolor) a augmenté dans cette région, ce qui peut perturber encore plus les caribous (West Central Alberta Caribou Landscape Planning Team, 2008). À l’heure actuelle, le taux de survie des adultes est plus faible dans le cas des caribous qui migrent vers les contreforts à basse altitude durant l’hiver que dans le cas de ceux qui vivent toute l’année dans les montagnes, ce qui laisse entrevoir une sélection en défaveur du comportement migratoire (Hebblewhite et al., 2010a).

En Colombie-Britannique, les caribous de l’UD des montagnes du Centre présentent des variations quant à l’utilisation saisonnière de l’habitat (Jones, 2007; Williamson-Ehlers, 2012). La sous-population de Kennedy Siding utilise les forêts de pins matures à basse altitude durant le rut et au début de l’hiver, puis se déplace vers un habitat subalpin et alpin à altitude élevée, où elle demeure du milieu à la fin de l’hiver. Les sous-populations de Moberly, de Burnt Pine et de Quintette sont principalement observées dans un habitat alpin et subalpin tout au long de l’année, sauf durant la mise bas et l’été/l’automne, moments où ils choisissent un habitat forestier subalpin.

Unité désignable des montagnes du Sud (UD 9)

L’utilisation de l’aire de répartition par les caribous qui creusent la neige profonde pour se nourrir ou qui s’alimente de lichens arboricoles varie selon les saisons (Seip 1990, 1992a; Jones, 2007). Au début de l’hiver, le caribou utilise le fond des vallées et le bas des pentes, où il se nourrit principalement de lichens arboricoles sur les arbres morts et de litière de lichens, mais également d’arbustes et de plantes herbacées non graminoïdes accessibles par des trous dans la neige (Seip, 1992a; Mowat et al., 1998; Terry et al., 2000). Au début de l’hiver, le manteau neigeux est mou et profond; c’est pourquoi un habitat ayant un couvert de conifères qui intercepte la neige est important pour l’accès à des sites d’alimentation. L’utilisation d’habitat au début de l’hiver varie dans l’aire de répartition des caribous de l’UD des montagnes du Sud. De façon générale, les caribous qui vivent sur un terrain accidenté et montagneux effectuent des migrations plus marquées vers des forêts de thuyas et de pruches à basse altitude et vers des forêts d’épinettes et de sapins subalpins (Abies lasiocarpa) à moyenne altitude, tandis que les caribous qui habitent sur un terrain de type hautes terres ou encore aux extrémités nord et sud de l’aire de répartition se déplacent surtout vers des forêts à moyenne et haute altitude (Terry et al., 1996; Apps et al., 2001).

Au milieu et à la fin de l’hiver, les caribous gagnent le haut des pentes et les crêtes quand la neige a épaissi et durci. Ils se nourrissent alors de lichens arboricoles dans un habitat subalpin de forêts-parcs composé principalement de sapins subalpins (Seip, 1990, 1992a; Simpson et al., 1997; Hamilton et al., 2000; Apps et al., 2001). Durant l’hiver, le caribou survit presque exclusivement grâce à des lichens arboricoles, principalement des Bryoria spp. (Terry et al., 2000). La recherche de nourriture peut se révéler plus ardue lorsqu’il y a peu d’accumulation de neige, lorsque la neige est peu consolidée et lorsque le manteau neigeux mesure > 1,5 m d’épaisseur de moins que la normale. Le caribou peut alors utiliser des milieux qui se trouvent à des altitudes plus basses (de 300 à 600 m) que la normale à la fin de l’hiver (Kinley et al., 2007).

Au printemps, le caribou descend se nourrir de jeune végétation et utilise alors des aires de répartition semblables à celles du début et de la fin de l’hiver (Seip, 1990, 1992a; Hamilton et al., 2000). Les femelles gravides remontent à nouveau en mai à une altitude plus élevée jusqu’à l’habitat de mise bas, où le fourrage est limité, mais les prédateurs, moins abondants (Seip, 1990, 1992a; Hamilton et al., 2000; Stotyn, 2008). Au cours du printemps et de la mise bas, les mâles demeurent généralement à une altitude basse, où la nourriture est abondante. En été, les caribous préfèrent les forêts-parcs subalpines et les zones alpines et subalpines, où ils se nourrissent d’une variété d’herbes et d’arbustes (Seip, 1992a).

Haut de la page

Tendances en matière d’habitat

Des changements de la qualité ou de la disponibilité de l’habitat ont des conséquences directes et indirectes sur les populations de caribous des trois UD (voir Menaces et facteurs limitatifs). Une réduction de la superficie de l’habitat aura un effet direct sur les déplacements, la répartition et l’alimentation du caribou, et pourrait entraîner une diminution de l’apport nutritif et une hausse des coûts énergétiques de l’utilisation de l’habitat saisonnier (Johnson et al., 2002). Le lien entre ces coûts et la reproduction et la survie des populations de caribous à faible densité est moins certain (McLellan et al., 2012). Indirectement, le changement d’habitat pourrait soutenir d’autres espèces d’ongulés et des populations de prédateurs plus grandes et plus largement réparties dans l’aire de répartition des caribous (c.-à-d. compétition apparente; Serrouya et al., 2011). Le changement d’habitat pourrait résulter des perturbations naturelles telles que les incendies et les infestations d’insectes, de même que des activités humaines telles que la foresterie, l’exploitation minière et le développement énergétique. De plus, la perturbation liée aux activités humaines pourrait forcer les caribous à s’éloigner d’un habitat autrement fonctionnel (Seip et al., 2006). Pour de nombreuses sous-populations de caribous, les effets cumulatifs à long terme du changement d’habitat sont plus visibles qu’un seul type de perturbation ou événement perturbateur (Nitschke, 2008; Williamson-Ehlers et al., 2013).

Dans le cas des caribous des montagnes de l’Ouest, les changements d’habitat sont empiriquement liés à la diminution de la séparation spatiale entre, d’une part, les caribous et, d’autre part, les autres proies ou les prédateurs (Peters, 2010; Robinson et al., 2012); aux changements de la répartition, dont le rétrécissement des aires saisonnières ou l’abandon de vastes superficies d’habitat (Smith et al., 2000; Apps et McLellan, 2006; Seip et al., 2006; Wittmer et al., 2007); à la réduction du taux de survie des caribous (Smith, 2004; Wittmer et al., 2007); au déclin des populations (Wittmer et al., 2007). La fragmentation d’une aire de répartition autrefois continue en de multiples sous-populations petites et isolées (notamment celles des UD des montagnes du Sud et des montagnes du Centre; voir la figure 2) met en évidence un déclin à long terme (> 3 générations) de la superficie et de la connectivité de l’habitat fonctionnel de ces animaux (Spalding, 2000).

La plupart des parcelles d’habitat dans les UD des montagnes du Centre et des montagnes du Sud ne semblent pas soutenir de populations viables (voir Taille et tendances des populations), même si deux sous-populations (monts Hart et Wells Gray) comprennent plus de la moitié du nombre d’individus de la population des montagnes du Sud. En revanche, tous les individus de l’UD des montagnes du Centre appartiennent à des sous-populations non viables, ce qui correspond à la définition de « très fragmentée » de l’UICN (IUCN Standards and Petitions Subcommittee, 2013). De même, des changements considérables de l’habitat du caribou dans la région de la rivière de la Paix-Moberly, dans le nord-est de la Colombie-Britannique (au sein de l’UD des montagnes du Centre) sont survenus à la suite du développement énergétique et de l’exploitation forestière commerciale qui se sont accrus considérablement au début des années 1990 (Nitschke, 2008; Williamson-Ehlers et al., 2013). Les changements dans l’utilisation des terres sont importants à l’échelle locale, mais couvrent une proportion beaucoup plus petite de l’aire de répartition de l’UD des montagnes du Nord. La récente éclosion de dendroctone du pin ponderosa (Dendroctonus ponderosae) en Colombie-Britannique et en Alberta a entraîné une coupe de récupération à grande échelle dans les zones détruites (McNay, 2011). Il s’agit du plus grand impact sur l’habitat de l’UD des montagnes du Nord, en particulier pour les sous-populations des parties sud et ouest de l’UD; il y a également des zones importantes de pins morts et de coupe de récupération dans l’UD des montagnes du Centre. Le projet d’exploitation de l’énergie éolienne pourrait également avoir des effets importants sur la qualité ou la disponibilité de l’habitat alpin. Il existe aussi plusieurs projets d’oléoducs et de gazoducs dans la région (British Columbia Environmental Assessment Office, 2014; Energy BC, 2014; Lamers, 2014).

Unité désignable des montagnes du Nord (UD 7)

Haut de la page

De nombreuses sous-populations de caribous de l’UD des montagnes du Nord vivent dans des régions relativement éloignées. La récolte forestière est actuellement la plus importante activité industrielle dans la partie sud de cette UD. Des activités localisées d’exploration et d’exploitation minières se déroulent dans toute l’UD. Le niveau de perturbations anthropiques dans l’UD est appelé à augmenter. La récolte forestière continue dans des aires de répartition du centre-ouest et du centre-nord de la Colombie-Britannique et, dans certaines zones, la récolte a augmenté pour contrer la destruction des peuplements par le dendoctrone du pin ponderosa (Bogdanski et al., 2011). L’exploration et l’exploitation minières se sont aussi accrues dans la plupart des aires de répartition du sud du Yukon et dans des parties du centre et du nord-ouest de la Colombie-Britannique (PWC, 2012; voir Menaces et facteurs limitatifs). Dans une zone connue sous le nom de « Triangle d’or », dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, il existe une trentaine de grands gisements minéraux connus et au moins 5 mines à ciel ouvert géantes en cours de planification. La ligne de transmission du Nord-Ouest (287 kV) de 344 km actuellement en construction entre Terrace et Bob Quinn Lake servira à alimenter en électricité les projets industriels prévus et les collectivités éloignées de la région. En 2013, BC Hydro a annoncé qu’elle allongerait la ligne de transmission jusqu’à la mine Red Chris, située près de la limite occidentale de l’aire de répartition de la sous-population de Spatsizi. Le nouveau bloc d’alimentation, qui entre normalement en service d’ici le milieu de 2014, devrait augmenter la faisabilité des projets potentiels dans des aires de répartition des caribous et dans les zones voisines dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique (BC Hydro, 2013).

Unité désignable des montagnes du Centre (UD 8)

La récolte forestière ainsi que l’exploration et l’exploitation de minéraux et d’hydrocarbures contribuent toutes aux changements de l’habitat dans l’UD des montagnes du Centre (ASRD&ACA, 2010; Ehlers et al., 2014). Williamson-Ehlers et al. (2013) ont récemment évalué ces changements à l’échelle du paysage pour 4 des 11 sous-populations de cette UD. L’empreinte des perturbations industrielles touche 39 % des aires de répartition de Moberly/Burnt Pine, 33 % de celle de Quintette, 19 % de la portion de Bearhole/Redwillow de l’aire de répartition de Narraway et 11,5 % du reste de la portion britanno-colombienne de l’aire de Narraway. Les auteurs ont utilisé les positions de 139 caribous portant un collier GPS pour modéliser le comportement d’évitement et calculer les zones d’influence de chacune des populations relativement aux feux de forêt, à l’exploitation de charbon, à l’exploration et l’exploitation de minéraux et d’hydrocarbures et à la récolte forestière. Les plus nombreux changements de l’habitat ont été causés par le développement industriel de 2000 à 2009, période qui a coïncidé avec des déclins observés de caribous dans la plupart des aires de répartition (Seip et Jones, 2013).

Le Forest Practices Board de la Colombie-Britannique a récemment entrepris une évaluation des effets cumulatifs du bassin versant de la rivière Kiskatinaw, qui comprend une portion de l’habitat des caribous de Bearhole/Redwillow (aire de répartition de Narraway). Le Conseil a noté que 50 % de l’habitat principal utilisé dans l’aire d’hivernage au milieu des années 1980 n’existait plus en 2007 (Forest Practices Board, 2011). Aucun animal n’a été observé dans l’aire de répartition de Burnt Pine en 2012 (Seip et Jones, 2013), et au moins 39,4 % de l’aire de répartition annuelle voisine (qui comprend la sous-population de Moberly) comprenaient des développements industriels.

Unité désignable des montagnes du Sud (UD 9)

Dans l’UD des montagnes du Sud, la récolte forestière est la principale source de changements de l’habitat (MCTAC, 2002). Les coupes ont commencé au début du 20e siècle dans le sud-est de la Colombie-Britannique (UD des montagnes du Sud), mais ce n’est pas avant les années 1970 que de vastes étendues d’habitat ont été détruites (Spalding, 2000). Le comité consultatif technique sur le caribou des montagnes (Moutain Caribou Technical Advisory Committee; MCTAC, 2002) a comparé les superficies estimées de l’habitat adéquat passé et de l’habitat adéquat actuel. On a coté la qualité de l’habitat en fonction de 6 classes (très élevée à nulle). La superficie de l’habitat passé a été calculée d’après l’hypothèse voulant que les forêts anciennes constituent l’habitat optimal des caribous. Le caractère adéquat actuel a été fondé sur des estimations de la superficie actuelle des forêts anciennes et de la fragmentation de l’habitat liée au développement industriel. Pour ce qui est des 3 classes supérieures combinées (très élevée, élevée et moyenne), l’étendue de l’habitat adéquat actuel était 38 % inférieure à l’étendue d’habitat adéquat passé. Le plus grand déclin a été noté dans la classe « élevée », où la superficie de l’habitat adéquat est actuellement 71 % inférieure à superficie passée.

Haut de la page

Biologie

Cycle vital et reproduction

On trouvera des informations de base détaillées sur la biologie générale du caribou dans les ouvrages de Banfield (1974), de Kelsall (1984), de Miller (1982), de Bergerud (2000) et du COSEPAC (2011).

Le taux de reproduction du caribou est faible comparativement aux autres membres de la famille des Cervidés. Les femelles n’ont généralement que 1 petit par année et ne se reproduisent pas avant d’avoir au moins 2 ans (Bergerud et al., 2008). Dans le cas des écotypes de caribous pour lesquels des données sur la reproduction selon l’âge sont disponibles, ces données laissent entendre que les individus sont hâtivement primipares (voir par exemple Rettie et Messier, 1998). Les taux de gravidité sont souvent élevés chez le caribou des montagnes de l’Ouest (> 90 % selon Seip et Cichowski, 1996; ~ 92 ± 2 % selon Wittmer et al., 2005a) et ne diffèrent pas au sein des sous-populations de la Colombie-Britannique (Wittmer et al., 2005a) et du reste de l’Amérique du Nord (Bergerud et al., 2008). Étant donné les hauts taux de gravidité, l’alimentation ne semble pas constituer un facteur limitatif puisque ces taux dépendent grandement de la disponibilité du fourrage (Cameron et al., 1993) et qu’un retard de la primiparité fait partie des indicateurs les plus sensibles de privation de nourriture chez les ongulés de taille moyenne (Gaillard et al., 1998, 2000). Pour la mise bas (fin mai ou début juin), les femelles gravides gagnent des endroits isolés en montagne relativement exempts de prédateurs (Edmonds, 1988; Farnell et McDonald, 1990; Seip, 1990, 1992a; Jones, 2007). Le taux de survie néonatal est plus élevé quand les femelles mettent bas en altitude élevée sur un terrain montagneux, ou sous la limite forestière sur les îles de lacs (où les prédateurs sont moins abondants) que lorsqu’elles mettent bas sous la limite forestière, mais pas sur des îles (Seip et Cichowski, 1996). Les détenteurs de CTA de la Première Nation des Dénés Tsay Key ont observé que les caribous utilisent des sites à haute altitude à proximité de la limite forestière pour la mise bas. Les caribous préfèrent des sites se trouvant sur un versant sud et des conditions de neige épaisse, qui offrent une protection contre les agressions et les perturbations par les humains et les prédateurs (McKay, 1997; McNay et al., 2008).

Le taux de survie des petits durant les premiers mois après la naissance a tendance à être faible, et la plus grande partie de la mortalité des faons survient entre la naissance et le premier automne. À titre d’exemple, plusieurs hardes de caribous dans l’UD des montagnes du Nord affichent une tendance constante de mortalité élevée des petits au cours des 2 premiers mois de vie; les taux de mortalité des faons en été et en hiver varient ensuite selon les hardes. La mortalité des faons survient principalement entre la naissance et le premier automne mais, chez des hardes étudiées dans le nord de la Colombie-Britannique (lac Swan, Little Rancheria et Horseranch), un taux de mortalité significatif peut survenir au cours de l’hiver; le moment et le pourcentage de la mortalité des faons diffèrent selon les années et les hardes (BC MFLNRO, données inédites). La mortalité des faons au cours des 2 premiers mois de vie variait de 21 à 46 % pour la sous-population du mont Pink (Gustine et al., 2006a). À l’automne, de 3 à 39 % des femelles portant un collier radio avaient encore leur petit dans les sous-populations de Spatsizi, Tweedsmuir, Wells Gray (sud) et Wells Gray (nord) (Hatler, 1986; Seip, 1990, 1992a; Cichowski et MacLean, 2005). À la fin de l’hiver, le pourcentage déclaré de faons variait de 1 à 23 % (moyenne de 12 %) dans les sous-populations de l’UD des montagnes du Sud (Wittmer et al., 2005a), de 9 à 15 % dans les sous-populations de l’UD des montagnes du Centre (Seip et Jones, 2013) et de 10 à 18 % dans les sous-populations de l’UD des montagnes du Nord (Young et Freeman, 2001; Cichowski et MacLean, 2005; Tripp et al., 2006; Florkiewicz, 2008; McNay et al., 2010; BC MFLNRO, données inédites). Selon les détendeurs de CTA de la Première Nation des Tlingit, la sous-population de Carcross semble avoir un faible taux de recrutement depuis la fin des années 1970 (Botkin et al., 2005). La même situation a été notée dans d’autres hardes du nord de la Colombie-Britannique (BC MFLNRO, données inédites); en effet, seules les données de 12 relevés sur 20 portant sur la composition, à la fin de l’hiver, des hardes d’Atlin, du lac Swan, de Little Rancheria et de Horseranch entre 1995 et 2008 indiquaient un rapport faons:biches de moins de 25:100. Ces données se situent sous le seuil théorique de 15 %, seuil qui, selon Bergerud (1996), est nécessaire pour stabiliser les effectifs des sous-populations de caribous forestiers. Ce seuil de recrutement est cependant étroitement lié à un taux de survie élevé des femelles (> 90 %) et pourrait parfois être insuffisant pour équilibrer les taux élevés de mortalité chez les adultes (Wittmer et al., 2005a).

Le taux de survie des femelles adultes (> 1 an) varie selon les sous-populations (voir l’annexe 1). Dans l’UD des montagnes du Nord, les taux de survie annuels moyens des caribous adultes porteurs d’un collier radio variaient de 83 à 90 % dans les UD des montagnes du Centre et des montagnes du Sud. Chez les femelles, ces taux étaient de 74 à 92 % et de 55 à 96 %, respectivement (Hayes et al., 2003; Cichowski et MacLean, 2005; Wittmer et al., 2005a; Tripp et al., 2006; ASRD&ACA, 2010; Seip et Jones, 2013; BC MFLNRO, données inédites). La prédation est la principale cause de mortalité chez les faons et les adultes munis d’un collier radio, et le comportement des caribous est fortement liée à la réduction des risques de prédation (voir Menaces – prédation).

La durée d’une génération des sous-populations des UD des montagnes du Nord, du Centre et du Sud pour lesquelles des données sont disponibles (selon la formule du Standards and Petitions Committee de l’IUCN, 2013) varie entre huit et neuf ans (voir l’annexe 1).

Haut de la page

Physiologie et adaptabilité

Au cours de l’hiver, les caribous des UD des montagnes du Nord, du Centre et du Sud se nourrissent principalement de lichens, mais également de conifères, d’arbustes, d’herbes graminoïdes et non graminoïdes, de prêles (Equisetum spp.) et de mousses (Seip, 1990; Farnell et McDonald, 1990; Farnell et al., 1991; Cichowski, 1993; Thomas et al., 1996; Gullickson et Manseau, 2000). Le rumen des caribous contient des bactéries et des protozoaires spécialisés qui digèrent efficacement les lichens, ce qui permet aux caribous de recycler l’urée, absente des lichens préférés, pour en conserver l’azote (Parker et al., 2005). En hiver, les animaux utilisent leurs réserves lipidiques pour répondre à leurs besoins énergétiques et cataboliser les protéines lorsque leurs réserves lipidiques sont épuisées ou que leur régime est trop pauvre en azote (Taillon et al., 2013).

Dans les UD des montagnes du Nord et des montagnes du Centre, les lichens terrestres sont la principale source de nourriture des caribous durant l’hiver, sauf dans le centre-ouest de la Colombie-Britannique, où les lichens arboricoles composent aussi une partie importante de l’alimentation (Farnell et McDonald, 1990; Farnell et al., 1991; Cichowski, 1993; Thomas et al., 1996; Gullickson et Manseau, 2000). Les prêles représentent jusqu’à 7 % de l’alimentation hivernale (Farnell et McDonald, 1990; Thomas et al., 1996; Gullickson et Manseau, 2000), et on observe une recherche intensive de prêles dans les zones de suintement des forêts d’épinettes (Cichowski et MacLean, 2013). Dans l’UD des montagnes du Sud, les lichens arboricoles sont la première source d’alimentation hivernale; cependant, au début de l’hiver, les caribous utilisent aussi des forêts de pruches et de thuyas à basse altitude, où ils s’alimentent essentiellement de lichens arboricoles (à la fois sur les arbres sur pied et les arbres tombés), mais également de lichens terrestres, de conifères, d’herbes non graminoïdes et d’arbustes (Seip, 1992a; Mowat et al., 1998; Terry et al., 2000; Kinley et al., 2003).

Au printemps, à l’été et à l’automne, l’utilisation de lichens décroît tandis que celle de plantes vasculaires et d’autres plantes augmente. Dans l’aire de répartition des caribous d’Itcha-Ilgachuz, dans l’UD des montagnes du Nord, les lichens constituaient plus de 60 % du régime alimentaire, sauf de juillet à octobre, période où les caribous se nourrissaient tout d’abord d’herbes graminoïdes et non graminoïdes, d’arbustes et de mousses (Cichowski, 1993). Dans l’UD des montagnes du Centre, les caribous du parc Jasper consommaient avant tout des lichens terrestres, des saules et des herbes graminoïdes et non graminoïdes (Thomas et al., 1996). Dans l’UD des montagnes du Sud, les caribous qui s’étaient déplacés dans des forêts de pruches et de thuyas à basse altitude au printemps mangeaient couramment des graminoïdes, des prêles, des mousses et des conifères (Simpson, 1987; Seip, 1990) et, en été, ils se nourrissaient principalement d’herbes graminoïdes et non graminoïdes, d’arbustes et de lichens (Seip, 1990). Les détenteurs de CTA de la Première Nation des Tlingit de Taku River ont indiqué que les caribous de la région d’Atlin ont une répartition étendue en été et utilisent les flancs et les pentes des montagnes pour se nourrir de graminées, de saules et de lichens (Polfus et al., 2014).

Les caribous et les reines peuvent supporter un froid rigoureux grâce à leur épais pelage d’hiver qui contient des poils semi-creux (Timisjärvi et al., 1984), mais ils sont vulnérables au stress dû à la chaleur (Yusef et Luik, 1975). Le poil d’été, sombre, absorbe toutes les longueurs d’onde; la présence d’ombre et d’un couvert forestier frais est donc importante pour l’espèce. L’adaptation à la neige est mise en évidence par les pieds larges et le museau velu.

Relations interspécifiques

Le caribou est généralement une espèce de proie parmi plusieurs autres au sein des systèmes prédateurs-proies multiples des UD des montagnes du Nord, du Centre et du Sud. Le loup est le principal prédateur des caribous (Edmonds, 1988; Farnell et McDonald, 1988; Seip, 1992b; Hayes et al., 2003; McNay, 2009; Whittington et al., 2011); cependant, l’ours, le couguar, l’Aigle royal (Aquila chrysaetos) et le carcajou (Gulo gulo) contribuent également à la mortalité des adultes et des faons dans certaines régions (Kinley et Apps, 2001; Cichowski et MacLean, 2005; Wittmer et al., 2005b; Gustine et al., 2006a; McNay, 2009; Milakovic et Parker, 2013). Les changements de l’habitat causés par le développement industriel et les hausses du nombre de forêts en début de succession entraînent des changements dans la structure des communautés de prédateurs et d’ongulés, ce qui influe sur les interactions écologiques (voir Menaces – prédation). Dans un système prédateurs-proies multiples, les caribous constituent rarement la source de proies principale pour les prédateurs, mais subissent tout de même une mortalité importante.

Dans les montagnes de l’Ouest, le caribou cohabite avec plusieurs espèces d’ongulés, dont l’orignal (Alces americanus), le wapiti (Cervus elaphus), le cerf (Odocoileus sp.) et le bison des bois (Bos bison athabascae). Rien n’indique que le caribou évite activement les autres ongulés, mais il en est généralement séparé parce que son utilisation de l’habitat est différente de la leur. Néanmoins, puisque les caribous ont des prédateurs communs avec de nombreuses autres espèces proies, le risque de prédation est réduit par la ségrégation spatiale des espèces proies, c’est-à-dire que les proies les moins compétitives, comme le caribou, n’utilisent pas les régions où les proies les plus compétitives, comme l’orignal, sont plus abondantes (Holt, 1984). Dans les montagnes de l’Ouest, les caribous semblent chercher des types d’habitat qui ne conviennent pas à d’autres espèces proies afin d’être ultimement séparés des loups (Seip, 1992). Même si la compétition entre le caribou et le bison des bois constitue une question préoccupante pour les collectivités locales, des recherches ciblées n’ont pas permis d’observer de chevauchement important des régimes alimentaires, de l’habitat ou des niches spatiales entre ces deux espèces (Jung et Czetwertynski, 2013). Bien que les espèces soient présentes dans une même aire, leur mode de broutage est très différent (Hofmann, 1989) et leurs besoins alimentaires ne sont pas les mêmes, de sorte qu’elles n’occupent pas le même habitat et n’ont pas la même distribution spatiale (Jung et Czetwertnyski, 2013).

Déplacement et dispersion

Unité désignable des montagnes Nord

Dans l’UD des montagnes du Nord, le caribou migre généralement entre les aires d’estivage et d’hivernage (Farnell et Russell, 1984; Culling et al., 2005; Parker et Gustine, 2007). Cependant, dans certaines sous-populations, des individus peuvent demeurer dans les aires d’hivernage (Gullickson et Manseau, 2000; Culling et al., 2005) ou dans les aires d’estivage (Cichowski, 1993, 2010; Backmeyer, 2000) toute l’année. À titre d’exemple, certains individus munis d’un collier de la sous-population de Redstone ont montré des déplacements migratoires saisonniers, tandis que d’autres étaient sédentaires toute l’année; les détenteurs de CTA de la Première Nation des Sahtu parlent d’une harde sédentaire (Olsen et al., 2001; J. Nagy, comm. pers.). Des individus peuvent également présenter une plasticité du comportement migratoire. Dans l’aire de répartition de la sous-population de Tweedsmuir, par exemple, un caribou s’est déplacé vers une aire d’hivernage à faible altitude durant deux hivers, mais est demeuré dans l’aire d’estivage à altitude élevée durant le troisième hiver (Cichowski, 2010). Au cours de la migration printanière, les caribous ont principalement utilisé les zones libres de neige à basse altitude dans le fond des vallées (Farnell et Russell, 1984; Cichowski, 1993; Steventon, 1996; Backmeyer, 2000), et les femelles ont commencé leur migration printanière plut tôt que les mâles (Hatler, 1986). La fidélité aux aires de mise bas est élevée, mais la fidélité aux aires d’hivernage est plus variable (Wood et Terry, 1999; Gullickson et Manseau, 2000; Tripp et al., 2006). Même si les caribous retournent à la même aire générale pour l’hiver, ils peuvent utiliser différentes parties de cette aire d’une année à l’autre et/ou se déplacer à l’intérieur de l’aire au cours de l’hiver (Hatler, 1986; Cichowski, 1993; Terry et Wood, 1999; Culling et al., 2005). Certaines sous-populations ou des parties de sous-populations peuvent partager des aires d’hivernage avec d’autres sous-populations, mais retournent ensuite dans leurs aires d’estivage/de rut (p. ex. lac Swan, Little Rancheria, Horseranch, Level Kawdy; BC MFLNRO, données inédites). On a observé peu d’incidents de dispersion entre les sous-populations.

Haut de la page

Unité désignable des montagnes du Centre

Dans l’UD des montagnes du Centre, les déplacements entre les aires d’estivage et d’hivernage sont variables. En Alberta, les sous-populations de Narraway, de Redrock-ruisseau Prairie et d’À la Pêche migrent entre ces deux aires (Edmonds, 1988; Saher, 2005) mais, plus récemment, le comportement migratoire des sous-populations de Redrock-ruisseau Prairie, d’À la Pêche et de Jasper (Tonquin, Maligne, Brazeau) a changé; en effet, la plupart des caribous n’utilisent plus les contreforts des montagnes à basse altitude et vivent dans les montagnes toute l’année (Smith, 2004; L. Neufeld, comm. pers., 2013). Les sous-populations de la Colombie-Britannique se déplacent généralement des aires d’hivernage, sur le versant est des Rocheuses, jusqu’aux aires d’estivage, dans la partie centrale des Rocheuses, même si quelques animaux demeurent dans les aires d’hivernage toute l’année (D. Seip, comm. pers., 2013).

Durant la migration printanière, les caribous utilisent les parties de bassins versants à basse altitude comme corridors de déplacement, et les femelles commencent la migration plus tôt que les mâles (Edmonds, 1988; Saher, 2005). La fidélité aux aires de mise bas est élevée (Brown et al., 1994; Edmonds, 1988). Les détenteurs de CTA ont noté que la sous-population d’À la Pêche est très fidèle à son domaine vital, y demeurant toute l’année malgré la présence de grizzlis, de loups et de couguars (West Central Alberta Caribou Landscape Planning Team, 2008). En Colombie-Britannique, certaines aires de répartition des sous-populations de Scott, Kennedy Siding, Moberly, Burnt Pine, Quintette et Narraway (portion de Bearhole/Redwillow) se chevauchent, principalement l’été (Seip et Jones, 2013).

Il existe peu d’indices de dispersion entre les sous-populations. Un cas de dispersion observé entre les aires est celui du dernier caribou de la sous-population de Burnt Pine porteur d’un collier radio, qui s’était déplacé vers l’aire de répartition de la sous-population de Scott en octobre 2012, mais cet individu est retourné dans l’aire de la sous-population à l’été 2013 (D. Seip, comm. pers., 2013). Les trois aires de répartition des caribous situées dans le parc national Jasper sont maintenant reconnues comme des sous-populations séparées puisque les caribous ne se déplacent plus entre elles (L. Neufeld, comm. pers., 2013).

Unité désignable des montagnes du Sud

Dans l’UD des montagnes du Sud, la migration est généralement altitudinale, mais quelques sous-populations migrent également entre les aires d’hivernage et d’estivage (Seip, 1990). Le caribou est plus fidèle aux aires d’estivage/de mise bas qu’aux aires d’hivernage (Wittmer et al., 2006). Aucune dispersion n’a été notée entre les sous-populations dans le cas des juvéniles, et le taux de dispersion des adultes était de < 0,5 % (van Oort et al., 2011).

Haut de la page

Taille et tendances des populations

Il est difficile d’obtenir des estimations des populations de caribous forestiers puisqu’ils vivent dans des régions éloignées et occupent en faible densité de vastes aires de répartition. Des techniques de relevé ont été élaborées pour la plupart des sous-populations mais, pour certaines, l’estimation peut être fondée sur des extrapolations tirées d’autres types de données ou de l’avis d’experts.

Dans le présent rapport de situation, les tendances des populations sont basées sur des données de relevés et/ou des données sur le taux de la croissance des populations. Les estimations démographiques de chaque UD ne sont pas comparées aux précédents résumés (voir par exemple Williams et Heard, 1986; Edmonds, 1991; Ferguson et Gauthier, 1992; Mallory et Hills, 1998; COSEPAC, 2002) parce que la plupart de ces résumés n’incluent pas toutes les sous-populations reconnues dans les trois UD faisant l’objet du présent rapport. Dans la plupart des relevés, le nombre d’adultes dénombrés a été utilisé pour estimer le nombre d’individus matures (voir Biologie). Dans la plupart des relevés, on s’est contenté de trier en fonction du nombre de mâles adultes, de femelles adultes, d’adultes dont le sexe n’est pas précisé et de faons. De plus, la majorité des relevés ne présentent pas de données sur les petits d’un an.

Unité désignable des montagnes du Nord (UD 7)

Activités et méthodes d’échantillonnage

Dans l’UD des montagnes du Nord, on a utilisé une variété de méthodes pour estimer les effectifs. Dans le cas des sous-populations où une forte proportion d’individus utilisent un habitat alpin/subalpin saisonnier à haute altitude, les relevés des espaces ouverts ont permis d’obtenir des dénombrements minimaux. Lorsqu’elle était disponible, comme dans le cadre d’un relevé de marquage-réobservation (Hegel et al., 2012), la proportion de caribous porteurs de colliers radio observée est utilisée pour corriger les données sur les caribous qui n’ont pas été observés durant le relevé et à obtenir des limites de confiance. Les relevés par quadrats aléatoires stratifiés constituent une autre méthode pour estimer le nombre de caribous forestiers (Gasaway et al., 1986); contrairement aux dénombrements minimaux, les limites de confiance entourant les estimations des sous-populations sont produites. L’échantillonnage à distance (Nielsen et al., 2006) a également été utilisé pour la sous-population de Carcross, au Yukon (Environment Yukon, données inédites). Pour certaines sous-populations, les seules estimations disponibles sont fondées sur les observations de caribous lors de la réalisation de relevés ciblant d’autres espèces (voir par exemple Thiessen, 2009). Outre les relevés des populations, des relevés sur la composition en automne sont réalisés pour déterminer le rapport âge:sexe (voir par exemple Young et Freeman, 2001; McNay et al., 2010; Kerckhoff, 2013; BC MFLNRO, données inédites; Environment Yukon, données inédites). Dans le cas des ++sous-populations de Bonnet Plume et de Redstone, la composition automnale est fondée sur des observations de chasseurs recueillies depuis 1991 (Larter, 2012).

Les données sur la taille et la tendance des populations sont limitées en ce qui concerne l’UD des montagnes du Nord. Seule une estimation est disponible pour 18 des 45 sous-populations; certains des premiers relevés des autres sous-populations n’incluaient pas toujours la totalité de l’aire de répartition et ne sont donc pas comparables aux estimations plus récentes (voir l’annexe 2). La sous-population qui a le plus régulièrement fait l’objet de relevés est celle d’Itcha-Ilgachuz, dans le centre-ouest de la Colombie-Britannique; elle a en effet été dénombrée presque chaque année de 1978 à 2003, et tous les 2 ans en moyenne ensuite (Young et Freeman, 2001; BC MFLNRO, données inédites). Les relevés de cette sous-population étaient effectués en juin, lorsque la plupart des femelles se trouvaient dans la zone alpine. À ces relevés s’ajoutaient des données obtenues lors du relevé de la composition en automne (Young et Freeman, 2001).

Abondance et tendances

Environ 50 000-55 000 caribous vivent dans l’UD des montagnes du Nord, dont 43 443 à 47 752 seraient matures (voir le tableau 1 et l’annexe 2). Ces animaux constituent approximativement 95 % de la population de caribous des montagnes de l’Ouest canadien. La plus grande partie des estimations des sous-populations proviennent de relevés, mais 29 des 45 estimations remontent déjà à plus de 5 ans ou sont seulement fondées sur l’avis d’experts; elles pourraient donc ne pas refléter la situation actuelle. Plus de la moitié des sous-populations (26 sur 45) comptent plus de 500 individus matures, tandis que 13 sous-populations en comptent moins de 250 (voir le tableau 1). Neuf des 15 sous-populations qui comprennent plus de 1 000 individus matures sont situées au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest. Combinées, les sous-populations de Bonnet Plume et de Redstone, qui sont les 2 plus grandes de l’UD, comptent plus de 15 000 animaux, soit de 26 à 29 % de la population de l’UD des montagnes du Nord. Les 4 sous-populations de moins de 50 individus matures se trouvent dans la partie sud de l’UD, soit dans le centre-ouest (Charlotte Alplands, Rainbows, Telkwa) et le nord-est (Finlay) de la Colombie-Britannique.

Haut de la page

Tableau 1. Tableau présentant un sommaire des données sur les tendances relatives au nombre de caribous matures au cours des trois dernières générations (27 ans) dans les sous populations de l'unité désignable des montagnes du Nord. On trouve dans le tableau d'autres renseignements, comme le nom de la sous population, le pourcentage de changement, l'estimation la plus récente de la sous population, la tendance actuelle et des remarques sur la gestion de la population.

Tableau 1.Tendances et nombre d'individus matures au cours des trois dernières générations des sous populations de l'unité désignable des montagnes du Nord (UD 9) (voir les estimations tirées des relevés des sous populations compilées à l'annexe 2).
Sous-
population
Footnote1 table 1Année 1987, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1988, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1989, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1990, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1991, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1992, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1993, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1994, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1995, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1996, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1997, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1998, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 1999, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2000, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2001, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2002, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2003, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2004, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2005, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2006, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2007, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2008, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2009, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2010, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2011, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2012, 3 générations (27 ans)Footnote 1 table 1Année 2013, 3 générations (27 ans) % de changement estimation la plus récenteFootnote 1 table 1
Footnote 2 table 1
Tendance actuelle
Gestion de la population
Territoires du Nord Ouest/nord du Yukon
Rivière Hart
-------------------X--------1 853I-
Territoires du Nord Ouest/nord du Yukon
Ruisseau Clear
--------------X-------------801I-
Territoires du Nord Ouest/nord du Yukon
Bonnet Plume
O---------------------------4 200=Footnote3 table 1-
Territoires du Nord Ouest/nord du Yukon
Redstone
-------------------------X--7 300-10 000=Footnote4 table 1-
Territoires du Nord Ouest/nord du Yukon
Nahanni Sud
----------------------X----+10%Footnote 5 table 11 886=-
Territoires du Nord Ouest/nord du Yukon
Rivière Coal
---------------------X------413I-
Territoires du Nord Ouest/nord du Yukon
La Biche
------X---------------------388I-
Sud du Yukon
Chisana
-----------------------X----3%587=élevage en captivité (2003-2006); fermeture de la chasse avec permis et de la chasse autochtone (volontaire) depuis le milieu des années 1990
Sud du Yukon
Kluane
----------------------X-----23%163Déplacement et stérilisation des loups dans l’aire de la sous-population d’Aishihik adjacente (1993-1997)Footnote 6 table 1; fermeture de la chasse avec permis et de la chasse autochtone (volontaire) depuis le milieu des années 1990
Sud du Yukon
Aishihik
----------------------X----+30%1 813Déplacement et stérilisation des loups (1993-1997)Footnote 6 table 1; la chasse nécessite actuellement un permis
Sud du Yukon
Klaza
-------------------------X--1 065IDéplacement et stérilisation des loups dans l’aire de la sous-population d’Aishihik adjacente (1993-1997)Footnote 6 table 1; la chasse nécessite actuellement un permis
Centre du Yukon
Lac Ethel
------X---------------------289IFermeture volontaire de la chasse
Centre du Yukon
Lac Moose
----X-----------------------270I-
Centre du Yukon
Rivière Tay
----X-----------------------2 907I-
Centre du Yukon
Tatchun
-------------X--------------415I-
Centre du Yukon
Hardes de Pelly
---------------X------------876I-
Centre du Yukon
Finlayson
--------------------X------+13%Footnote 7 table 12 657Déplacement des loups (1983-1989); la chasse nécessite actuellement un permis
Centre du Yukon
Lac Wolf
-----------X----------------Footnote 8 table 11 240I-
Lacs du sud du Yukon
LabergeFootnote 9 table 1
----------------X-----------176I-
Lacs du sud du Yukon
Ibex
---------------------X-----+127%748Fermeture de la chasse avec permis et de la chasse autochtone (volontaire) au Yukon depuis le milieu des années 1990
Lacs du sud du Yukon
CarcrossFootnote 9 table 1
--------------------X------+116%674=Fermeture de la chasse avec permis et de la chasse autochtone (volontaire) au Yukon
Lacs du sud du Yukon
AtlinFootnote 9 table 1
--------------------X-------2%514-857=Fermeture de la chasse avec permis et de la chasse autochtone (volontaire) au Yukon
Nord ouest de la Colombie-Britannique
Lac SwanFootnote 9 table 1
--------------------X-------515-686I-
Nord ouest de la Colombie-Britannique
Little RancheriaFootnote 9 table 1
------------X---------------672-1 342I-
Nord ouest de la Colombie-Britannique
HorseranchFootnote 9 table 1
-------------X--------------680-850IDéplacement des loups (1977-1980, 1985)
Nord ouest de la Colombie-Britannique
Level Kawdy
-----------X----------------1 239I-
Nord ouest de la Colombie-Britannique
Edziza
-------------------X--------140I-
Nord ouest de la Colombie-Britannique
Tsenaglode
---------------------O------85-340I-
Nord ouest de la Colombie-Britannique
Spatsizi
-------X--------------------2 258I-
Nord est de la Colombie-Britannique
Plateau LiardFootnote 9 table 1
-----------------------X---+15%140Footnote 10 table 1-
Nord est de la Colombie-Britannique
Rabbit
--------------------X-------1095IDéplacement des loups (1982-1985)
Nord est de la Colombie-Britannique
Muskwa
--------------------X-------828IDéplacement des loups (1984,1985, 1987)
Nord est de la Colombie-Britannique
Gataga
-------------X--------------220I-
Nord est de la Colombie-Britannique
Frog
--------------X-------------199I-
Nord est de la Colombie-Britannique
Finlay
---------------X------------89%19-
Nord est de la Colombie-Britannique
Mont Pink
------X---------------------1 145I-
Centre nord de la Colombie-Britannique
Graham
----------------------X-----Footnote 11 table 1637=-
Centre nord de la Colombie-Britannique
Chase
----------------------X-----404I-
Centre nord de la Colombie-Britannique
Wolverine
-----------------------X----9%298I-
Centre nord de la Colombie-Britannique
Takla
-----------------X----------98I-
Centre ouest de la Colombie-Britannique
Telkwa
--------------------------X-64%19Augmentation de la population (1997-1999)Footnote 12 table 1
Centre ouest de la Colombie-Britannique
Tweedsmuir
---------------X------------47%Footnote 13 table 1248-
Centre ouest de la Colombie-Britannique
Itcha-Ilgachuz
-------------------------X-+81%Footnote 14 table 11 220-
Centre ouest de la Colombie-Britannique
Rainbows
---------------------X------53%43-
Centre ouest de la Colombie-Britannique
Charlotte Alplands
-------------------------X--84%6Translocations (1984-1991)Footnote 15 table 1
Total----------------------------43 443-47 752--

Footnotes

Table 1 Footnote 1

Les cases de couleur représentent le cadre temporel des tendances de la population pendant 3 générations (Gris foncé = tendance à la baisse; bleue = tendance à la hausse; jaune = tendance stable; gris = tendance inconnue) d'après les estimations disponibles tirées de relevés (voir l'annexe 2 pour plus d'information sur les années et les effectifs). Les symboles « X » et « O » représentent les estimations/relevés les plus récents : X = estimation fondée sur un relevé, O = estimation fondée sur l'avis d'experts.

Return to 1,2 Table 1 footnote 1 referrer

Table 1 Footnote 2

Tendance actuelle fondée sur des entrevues auprès de biologistes régionaux.

Return to **Table 1 footnote 2 referrer

Table 1 Footnote 3

Tendance actuelle fondée sur 16 % des faons (moyenne de 1991 à 2010) lors d'observations automnales par des chasseurs (Larter, 2012); la plus récente estimation de la population date de 1982.

Return to **Table 1 footnote 3 referrer

Table 1 Footnote 4

Tendance actuelle basée sur 27 % des faons (moyenne de 1991 à 2010) lors d'observations automnales par des chasseurs (Larter, 2012).

Return to **Table 1 footnote 4 referrer

Table 1 Footnote 5

Pourcentage de changement de la taille de la population selon 1 337 individus matures en 2001 et 1 465 individus matures en 2009 dans une région comparable à celle du relevé de 2001.

Return to 5Table 1 footnote 5 referrer

Table 1 Footnote 6

Le déplacement des loups s'est effectué de 1993 à 1997, et leur stérilisation, de 1994 à 1997 (Hayes et al., 2003).

Return to 6Table 1 footnote 6 referrer

Table 1 Footnote 7

Le changement net de1986 à 2007 représentait une hausse nette de 13 %, mais la population est passée de 2 350 individus matures en 1986 à 4 474 en 1990, puis a diminué pour s'établir à 2 657 en 2007 (soit un déclin de 41 % par rapport au pic de 1990 à 2007).

Return to 7Table 1 footnote 7 referrer

Table 1 Footnote 8

Aucune estimation récente de la population; le pourcentage de changement sur 3 générations n'a donc pas été calculé.

Return to 8Table 1 footnote 8 referrer

Table 1 Footnote 9

Les aires de répartition des sous populations de Carcross, d'Atlin, du lac Swan, de Little Rancheria, de Horseranch et du plateau Liard chevauchent la frontière Yukon-Colombie-Britannique. Dans un rapport de 2002, le COSEPAC a nommé la sous population d'Altin « Atlin est », et les sous populations de Carcross et de Laberge, « Atlin ouest » COSEPAC, 2002). La sous population du lac Swan portait le nom de « Jennings » en 2002.

Return to 9Table 1 footnote 9 referrer

Table 1 Footnote 10

Les tendances de déclin actuelles sont basées sur 2 années récentes de mauvais recrutement de petits en mars (7 % en 2011, 4 % en 2012; McNay et Giguere, 2013)

Return to 10Table 1 footnote 10 referrer

Table 1 Footnote 11

Le pourcentage absolu de changement est impossible à obtenir puisque l'aire de relevé totale variait selon les relevés.

Return to 11Table 1 footnote 11 referrer

Table 1 Footnote 12

La population a connu une hausse avec l'ajout de 12 caribous à la fin de l'hiver 1997 et de 20 caribous à l'hiver 1998 1999. Malgré un déclin global de 46 %, la population a atteint un pic en 2006 après une hausse, puis a subi un déclin de 58 %. La population actuelle est beaucoup plus petite que le nombre le plus élevé (222 adultes) compté en 1965.

Return to 12Table 1 footnote 12 referrer

Table 1 Footnote 13

Le déclin est appuyé par un λ moyen de 0,947 sur 12 ans lorsque des données étaient disponibles durant les périodes de 1985 1986 et de 2008 2009 (Cichowski et MacLean, 2005; Cichowski, 2010).

Return to 13Table 1 footnote 13 referrer

Table 1 Footnote 14

Le changement net de 1987 à 2012 est une hausse nette de 81 %, mais la population est passée de 675 individus matures en 1987 à 2 161 en 2003, puis a diminué pour s'établir à 1 220 en 2012 (soit un déclin de 44 % par rapport au pic de 2003 à 2012).

Return to 14Table 1 footnote 14 referrer

Table 1 Footnote 15

En novembre 1984, 15 caribous ont été translocalisés de la sous population d'Itcha-Ilgachuz vers un habitat inoccupé de la région de Charlotte Alplands. Quinze autres caribous ont été translocalisés en 1986, 11 en 1987, 3 en 1988 et 8 en 1991.

Return to 15Table 1 footnote 15 referrer

Pour cette UD, les données sur les tendances sont encore plus limitées que les données sur la taille de la population : la tendance à long terme (pour 3 générations) est connue pour seulement 15 des 45 sous-populations, et de plus récentes tendances sont disponibles pour 18 sous-populations (voir le tableau 2). Au cours des 3 dernières générations, la meilleure information disponible (y compris l’avis des experts dans de nombreux cas) indique que 4 sous-populations ont augmenté, 5 sont demeurées stables et 6 ont diminué. Les tendances actuelles montrent que 2 sous-populations sont à la hausse, 7 sont stables et 9 sont en déclin. À l’heure actuelle, les 2 sous-populations à la hausse et 6 des 7 sous-populations stables sont situées dans le nord de l’UD, au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest et le long de la frontière Yukon-Colombie-Britannique. Les sous-populations de Kluane et de Finlayson sont les 2 seules qui subissent un déclin au Yukon. La sous-population de Finlayson a connu une augmentation à la fin des années 1980 alors que le programme de déplacement des loups avait cours, mais elle a diminué depuis la fin du programme. La sous-population d’Aishihik était en déclin du début des années 1980 aux années 1990, mais a commencé à augmenter après l’entrée en vigueur du programme de déplacement des loups au milieu des années 1990; la hausse se poursuit depuis. Des membres des Premières Nations de Champagne et d’Aishihik, dans le sud-ouest du Yukon, ont noté une baisse de la sous-population de caribous d’Aishihik dans les années 1980 et l’ont attribuée à la prédation accrue et à une chasse excessive (Hayes et Couture, 2004).