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Espèces sauvages 2015: la situation générale des espèces au Canada

Règne des champignons


Certains macrochampignons

Photo d’un champignon, Amanite tue-mouches (Amanita muscaria), poussant dans la litière de forêt  (voir longue description ci-dessous)
Photo d’un champignon, Amanite tue-mouches (Amanita muscaria), poussant dans la litière de forêt © Rémi Hébert

Les macrochampignons sélectionnés sont du genre Amanita, de la famille Nidulariaceae, ainsi que la famille Phallaceae. En général, les champignons sont plus étroitement liés aux animaux qu’aux végétaux. Comme ils ne peuvent pas effectuer la photosynthèse, ils doivent obtenir leur nourriture en s’associant à des plantes ou en parasitant d’autres organismes. Un champignon se compose en grande partie d’hyphes filiformes (appelés collectivement « mycélium » lorsqu’ils sont nombreux) qui poussent dans le sol ou la matière organique. Des mycéliums complémentaires fusionnent et produisent un organe de fructification, souvent composé d’un pied surmonté d’un chapeau, qui est visible à l’oeil nu chez les macrochampignons. Ces organes produisent des spores qui se dispersent pour germer et former de nouveaux mycéliums. L’importance écologique et sociale des champignons ne saurait être surévaluée. Au Canada et ailleurs dans le monde, la plupart des végétaux, notamment la majorité des espèces importantes sur le plan économique, tirent parti d’associations mycorhiziennes, où les champignons fournissent de l’eau et des nutriments aux végétaux et reçoivent des sucres en retour. La plupart des grands champignons que l’on trouve sur le parterre forestier participent aux associations mycorhiziennes. L’environnement dépend également de la décomposition de la matière organique par les champignons, qui libère des nutriments. Le genre Amanita englobe certains des champignons connus les plus toxiques du monde. Toutefois, les champignons sauvages comestibles représentent une industrie de plusieurs millions de dollars au Canada. La recherche sur les champignons au Canada est axée sur les agents pathogènes, les mycorhizes et les champignons décomposeurs. Actuellement, des outils génétiques sont utilisés pour clarifier leur taxonomie et leur répartition. La plus grande menace pour les macrochampignons est la destruction de leur habitat.

Il y a 87 espèces connues de certains macrochampignons au Canada (Figure 4). Plusieurs espèces sont apparemment en sécurité ou en sécurité (26%). Aucune espèce possiblement en péril n’est connue à l’échelle nationale. Aucune espèce exotique n’est connue à l’échelle nationale. Nous n’avons pas suffisamment de connaissances sur 64 espèces pour leur attribuer un rang autre que NU ou NNR. Aucune espèce de certains macrochampignons n’est considérée comme migratrice.

Figure 4. Situation générale de certains macrochampignons au Canada en 2015.
Graphique à barres (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 4

La Figure 4 montre la situation générale de certains macrochampignons au Canada en 2015. Le graphique à barres montre le nombre d’espèces de certains macrochampignons classées présumées disparues, possiblement disparues, gravement en péril, en péril, vulnérables, apparemment en sécurité, en sécurité, inclassables, non classées et non applicables au Canada, dans chaque province et territoire et dans les 4 régions océaniques. Des 87 espèces évaluées au Canada, 18 étaient classées apparemment en sécurité, 5 en sécurité, 51 inclassables et 13 non classées. Toutes 4 espèces évaluées au Yukon étaient classées inclassables. Toutes 8 espèces évaluées dans les Territoires du Nord-Ouest étaient classées inclassables. Seule une espèce était évaluée au Nunavut et était classée inclassable. Des 41 espèces évaluées en Colombie-Britannique, 11 étaient classées apparemment en sécurité, 28 inclassables et 2 non applicables. Des 20 espèces évaluées en Alberta, 5 étaient classées apparemment en sécurité et 15 inclassables. Toutes les 7 espèces évaluées en Saskatchewan étaient classées inclassables. Toutes les 16 espèces évaluées au Manitoba étaient classées inclassables. Des 47 espèces évaluées en Ontario, 2 étaient classées vulnérables, 14 apparemment en sécurité et 31 inclassables. Toutes les 58 espèces évaluées au Québec étaient classées inclassables. Toutes les 31 espèces évaluées au Nouveau-Brunswick étaient classées inclassables. Toutes les 45 espèces évaluées en Nouvelle-Écosse étaient classées inclassables. Toutes les 4 espèces évaluées à l’Île-du-Prince-Édouard étaient classées inclassables. Des 12 espèces évaluées au Labrador, 3 étaient classées en péril et 9 inclassables. Des 12 espèces évaluées à Terre-Neuve, une était classée gravement en péril, une vulnérable, 4 apparemment en sécurité et 6 inclassables. Aucune espèce n’était présente dans les régions océaniques.

Macrolichens

Photo d’un lichen
Photo d’un lichen, Letharia columbiana © Doug Waylett

Les macrolichens ne constituent pas une division taxonomique à proprement parler. Ils sont formés d’un champignon qui a établi une relation avec une algue ou une cyanobactérie, relation dans laquelle le champignon fournit une structure physique et sa partenaire fournit des glucides obtenus par photosynthèse. Le champignon semble contenir toute l’information génétique dont il a besoin pour créer la forme caractéristique du lichen, mais il a besoin de l’algue ou de la cyanobactérie pour « faire fonctionner » les gènes de lichénisation. Les lichens poussent sur des roches, des arbres et le sol, et ne semblent pas endommager leur substrat, ni même en extraire beaucoup d’humidité ou de nutriments. Les macrolichens peuvent être feuillus (foliacés), ramifiés (fruticuleux) ou écailleux (squamuleux). Ils se reproduisent habituellement de manière asexuée en produisant des fragments de tissus spécialisés qui se dispersent et produisent des copies identiques à leur parent sur le plan génétique. N’ayant ni racines, ni vaisseaux conducteurs, ni cuticule pour retenir l’eau, les lichens absorbent tout de leur environnement, notamment l’humidité, les nutriments et les toxines. En conditions sèches, la photosynthèse s’arrête et la respiration ralentit considérablement. Un lichen sec peut absorber rapidement de 3 à 35 fois sa masse en eau à partir de la rosée, du brouillard et de l’humidité de l’air. Les lichens poussent lentement et sont particulièrement sensibles à la pollution atmosphérique, ce qui en fait des indicateurs environnementaux utiles. Leur sensibilité aux polluants a fait l’objet d’importantes études, mais on dispose de peu de spécimens et de données sur la répartition pour beaucoup de régions du Canada. Les menaces englobent la perte et l’altération de l’habitat, ainsi que la pollution atmosphérique.

Il y a 857 espèces connues de macrolichens au Canada (Figure 5). La majorité de ces espèces sont apparemment en sécurité ou en sécurité (56%). Il y a 11 espèces qui sont possiblement disparues, 70 espèces qui sont gravement en péril, et 51 espèces qui sont en péril. Parmi ces 132 espèces, 77 ont seulement une petite partie de leur aire de répartition au Canada (10% ou moins) et 44 sont intermédiaires (de 11% à 74%). Toutefois, 11 espèces ont 75% ou plus de leur aire de répartition au Canada. Parmi celles-ci, six espèces sont considérées comme endémiques au Canada : Blennothallia fecunda, Collema coniophilum, Dermatocarpon atrogranulosum, Dendriscocaulon oroboreale, Dendriscocaulon wrightii, Usnea fibrillosa. Au total, 29 espèces ont un pointage prioritaire élevé (entre 1 et 5). Nous avons également identifié une espèce exotique à l’échelle nationale. Nous n’avons pas suffisamment de connaissances sur 181 espèces pour leur attribuer un rang autre que NU ou NNR. Aucune espèce de macrolichens n’est considérée comme migratrice.

Toutes les espèces de macrolichens ont été évaluées dans le rapport Espèces sauvages 2010. Depuis, 334 espèces ont eu un changement dans leur statut à l’échelle nationale. Au total, 18 espèces ont eu un niveau de risque plus élevé, 36 espèces ont eu un niveau de risque moins élevé, et 124 espèces ont été déplacées des rangs U, NR, NA. De plus, 76 espèces ont été ajoutées à la liste et 80 espèces ont été effacées de la liste. La plupart des changements (47%) résultent d’une amélioration des connaissances des espèces.s

Figure 5. Situation générale des macrolichens au Canada en 2015.
Graphique à barres (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 5

Figure 5 shows the general status of macrolichens in Canada in 2015. The bar graph shows the number of macrolichen species ranked presumed extirpated, possibly extirpated, critically imperiled, imperiled, vulnerable, apparently secure, secure, unrankable, unranked and not applicable in Canada, each province and territory and the 4 oceanic regions. Of the 857 species occurring in Canada, 11 were ranked as Possibly Extirpated, 70 as Critically Imperiled, 51 as Imperiled, 63 as Vulnerable, 164 as Apparently Secure, 313 as Secure, 180 as Unranked, and 4 as Not Applicable. Of the 353 species occurring in Yukon, 24 were ranked as Imperiled, 35 as Vulnerable, 65 as Apparently Secure, 46 as Secure, 95 as Unrankable, 1 as Unranked, and 87 as Not Applicable. Of the 325 species occurring in Northwest Territories, 9 were ranked as Critically imperiled, 32 as Imperiled, 28 as Vulnerable, 140 as Apparently Secure, 6 as Secure, and 110 as Unrankable. Of the 269 species occurring in Nunavut, 14 were ranked as Critically Imperiled, 28 as Imperiled, 53 as Vulnerable, 89 as Apparently Secure, and 85 as Unrankable. Of the 561 species occurring in British Columbia, 2 were ranked as Possibly Extirpated, 72 as Critically Imperiled, 70 as Imperiled, 96 as Vulnerable, 175 as Apparently Secure, 121 as Secure, 20 as Unrankable, and 5 as Not Applicable. Of the 414 species occurring in Alberta, 35 were ranked as Critically Imperiled, 65 as Imperiled, 100 as Vulnerable, 123 as Apparently Secure, and 91 as Unrankable. Of the 254 species occurring in Saskatchewan, 99 were ranked as Critically Imperiled, 43 as Imperiled, 37 as Vulnerable, 24 as Apparently Secure, 19 as Secure, and 32 as Unrankable. Of the 300 species occurring in Manitoba, 1 was ranked as Critically Imperiled, 2 as Imperiled, 15 as Vulnerable, 41 as Apparently Secure, 35 as Secure, 135 as Unrankable, 35 as Unranked, and 36 as Not Applicable. Of the 427 species occurring in Ontario, 23 were ranked as Possibly Extirpated, 50 as Critically Imperiled, 47 as Imperiled, 33 as Vulnerable, 128 as Apparently Secure, 92 as Secure, 53 as Unrankable, and 1 as Not Applicable. Of the 478 species occurring in Quebec, 36 were ranked as Possibly Extirpated, 101 as Critically Imperiled, 38 as Imperiled, 105 as Vulnerable, 103 as Apparently Secure, 94 as Secure, and 1 as Unrankable. Of the 330 species occurring in New Brunswick, 3 were ranked as Possibly Extirpated, 40 a Critically Imperiled, 32 as Imperiled, 51 as Vulnerable, 86 as Apparently Secure, 49 as Secure, 67 as Unrankable, and 2 as Not Applicable. Of the 335 species occurring in Nova Scotia, 60 were ranked as Critically Imperiled, 63 as Imperiled, 44 as Vulnerable, 57 as Apparently Secure, 82 as Secure, and 29 as Unrankable. Of the 161 species occurring in Prince Edward Island, 33 were ranked as Critically Imperiled, 14 as Imperiled, 4 as Vulnerable, 40 as Apparently Secure, 13 as Secure, and 57 as Unrankable. Of the 197 species occurring in Labrador, 8 were ranked as Imperiled, 6 as Vulnerable, 28 as Apparently Secure, 28 as Secure, 107 as Unrankable, 7 as Unranked, and 13 as Not Applicable. Of the 314 species occurring in Newfoundland, 6 were ranked as Critically Imperiled, 24 as Imperiled, 52 as Vulnerable, 59 as Apparently Secure, 44 as Secure, 108 as Unrankable, 9 as Unranked, and 12 as Not Applicable. There were no species listed as occurring in the oceanic regions.