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Espèces sauvages 2015: la situation générale des espèces au Canada

Règne des végétaux

Bryophytes

Photo de mousses
Photo de mousses, Bartramia halleriana © René Belland

Les bryophytes regroupent les embranchements Marchantiophyta (hépatiques), Bryophyta (mousses) et Anthocerotophyta (anthocérotes). Elles sont des plantes simples qui poussent habituellement près du sol dans des milieux humides. N’ayant ni vraies racines ni vaisseaux, elles absorbent l’eau et les nutriments directement à la surface de leurs tissus, ce qui limite leur taille. Et comme elles sont dépourvues de tissus ligneux, elles n’ont pas la rigidité nécessaire pour atteindre une grande taille. Dans des conditions sèches, la croissance et le métabolisme s’arrêtent jusqu’à ce que l’humidité les ravive. Les bryophytes peuvent se reproduire de manière asexuée lorsque l’eau est peu abondante, ou de manière sexuée en produisant des spores qui sont habituellement dispersées par le vent. Seule une petite portion des spores se posent dans des conditions propices à la croissance. Certaines espèces surmontent cette situation en produisant plusieurs millions de spores, tandis que quelques-unes, comme les splancs, attirent des mouches pour que celles-ci déposent les spores directement dans leur milieu de croissance préféré : les excréments. Les bryophytes sont importantes sur le plan écologique, particulièrement dans la forêt boréale et la forêt de la côte Ouest, les zones alpines et la toundra. Elles colonisent la roche nue et elles influent sur l’écoulement de l’eau, le cycle des nutriments, la formation des sols et la température du sol. Les sphaignes, récoltées à l’échelle industrielle dans plusieurs régions du Canada, sont utilisées comme amendements des sols, absorbants d’agents chimiques, matériel d’emballage pour les plantes et composantes de serviettes hygiéniques. La répartition des bryophytes au Canada est connue à l’échelle générale, mais non détaillée, et les mousses ont été davantage étudiées que les anthocérotes et les hépatiques. Les menaces pour les bryophytes englobent la perte d’habitat et les changements climatiques.

Il y a 1375 espèces connues de bryophytes au Canada (Figure 6). Plusieurs espèces sont apparemment en sécurité ou en sécurité (47%). Il y a deux espèces qui sont présumées disparues, une espèce qui est possiblement disparue, 75 espèces qui sont gravement en péril, et 85 espèces qui sont en péril. Parmi ces 163 espèces, 84 ont seulement une petite partie de leur aire de répartition au Canada (10% ou moins) et 64 sont intermédiaires (de 11% à 74%). Toutefois, 15 espèces ont 75% ou plus de leur aire de répartition au Canada. Parmi celles-ci, huit espèces sont considérées comme endémiques au Canada : Anastrophyllum tenue, Calliergon orbicularicordatum, Frullania hattoriana, Neomacounia nitida, Scapania diplophylloides, Seligeria careyana, Sphagnum venustum, Trematodon montanus. Au total, 27 espèces ont un pointage prioritaire élevé (entre 1 et 5). Nous avons également identifié neuf espèces exotiques à l’échelle nationale. Nous n’avons pas suffisamment de connaissances sur 398 espèces pour leur attribuer un rang autre que NU ou NNR. Aucune espèce de bryophytes n’est considérée comme migratrice.

Les mousses ont été évaluées dans le rapport Espèces sauvages 2010. Depuis, 305 espèces ont eu un changement dans leur statut à l’échelle nationale. Au total, 49 espèces ont eu un niveau de risque plus élevé, 25 espèces ont eu un niveau de risque moins élevé, et 158 espèces ont été déplacées des rangs U, NR, NA. De plus, 52 espèces ont été ajoutées à la liste et 21 espèces ont été effacées de la liste. La plupart des changements (72%) résultent d’un changement procédural.

Figure 6. Situation générale des bryophytes au Canada en 2015.
Graphique à barres (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 6

La Figure 6 montre la situation générale des bryophytes au Canada en 2015. Le graphique à barres montre le nombre d’espèces de bryophytes classées présumées disparues, possiblement disparues, gravement en péril, en péril, vulnérables, apparemment en sécurité, en sécurité, inclassables, non classées et non applicables au Canada, dans chaque province et territoire et dans les 4 régions océaniques. Des 1375 espèces évaluées au Canada, 2 étaient classées présumées disparues, une possiblement disparue, 75 gravement en péril, 85 en péril, 134 vulnérables, 249 apparemment en sécurité, 403 en sécurité, 378 inclassables, 20 non classées et 28 non applicables. Des 767 espèces évaluées au Yukon, 4 étaient classées possiblement disparues, 22 gravement en péril, 74 en péril, 117 vulnérables, 110 apparemment en sécurité, 47 en sécurité, 156 inclassables, 59 non classées et 178 non applicables. Des 628 espèces évaluées dans les Territoires du Nord-Ouest, 32 étaient classées gravement en péril, 50 en péril, 25 vulnérables, 165 apparemment en sécurité, 7 en sécurité et 349 inclassables. Des 403 espèces évaluées au Nunavut, 36 étaient classées gravement en péril, 28 en péril, 109 vulnérables, 38 apparemment en sécurité et 192 inclassables. Des 1006 espèces évaluées en Colombie-Britannique, une était classée présumée disparue, 3 possiblement disparues, 102 gravement en péril, 95 en péril, 280 vulnérables, 280 apparemment en sécurité, 25 en sécurité, 92 inclassables, 92 non classées et 36 non applicables. Des 683 espèces évaluées en Alberta, 117 étaient classées gravement en péril, 128 en péril, 173 vulnérables, 90 apparemment en sécurité, 11 en sécurité et 164 inclassables. Des 353 espèces évaluées en Saskatchewan, 16 étaient classées vulnérables, 2 apparemment en sécurité, 94 en sécurité et 241 inclassables. Des 471 espèces évaluées au Manitoba, une était classée en péril, 11 vulnérables, 67 apparemment en sécurité, 310 inclassables, 40 non classées et 42 non applicables. Des 680 espèces évaluées en Ontario, 3 étaient classées présumées disparues, 2 possiblement disparues, 51 gravement en péril, 141 en péril, 167 vulnérables, 98 apparemment en sécurité, 68 en sécurité, 148 inclassables et 2 non applicables. Des 865 espèces évaluées au Québec, 23 étaient classées possiblement disparues, 191 gravement en péril, 101 en péril, 144 vulnérables, 81 apparemment en sécurité, 250 en sécurité, 24 inclassables et 51 non applicables. Des 528 espèces évaluées au Nouveau-Brunswick, 8 étaient classées possiblement disparues, 89 gravement en péril, 80 en péril, 41 vulnérables, 92 apparemment en sécurité, 171 en sécurité et 47 inclassables. Des 590 espèces évaluées en Nouvelle-Écosse, 79 étaient classées gravement en péril, 56 en péril, 19 vulnérables, 88 apparemment en sécurité, 182 en sécurité, 164 inclassables et 2 non applicables. Des 265 espèces évaluées à l’Île-du-Prince-Édouard, 43 étaient classées gravement en péril, 15 en péril, 13 vulnérables, 34 apparemment en sécurité, 54 en sécurité et 106 inclassables. Des 525 espèces évaluées au Labrador, 3 étaient classées possiblement disparues, 18 gravement en péril, 159 en péril, 107 vulnérables, 95 apparemment en sécurité et 143 inclassables. Des 640 espèces évaluées à Terre-Neuve, 20 étaient classées gravement en péril, 177 en péril, 140 vulnérables, 134 apparemment en sécurité, 10 en sécurité, 154 inclassables et 5 non applicables. Aucune espèce n’était présente dans les régions océaniques.

Plantes vasculaires

Photo d’une fleur de Trille à pédoncule incliné
Photo d’une fleur de Trille à pédoncule incliné (Trillium flexipes) © Thomas G. Barnes

Les plantes vasculaires constituent l’embranchement Tracheophyta. Les plantes sont essentielles à toute forme de vie. Elles fournissent de l’oxygène, de la nourriture et un habitat aux espèces sauvages. Elles régularisent le climat, participent à la formation des sols, améliorent la qualité de l’air et de l’eau, et réduisent l’érosion. Les plantes vasculaires ont des racines, des feuilles et des vaisseaux (c.-à-d. un système vasculaire) qui leur permettent de transporter l’eau et les nutriments. Elles englobent les plantes à spores, comme les fougères, et les espèces à cônes, comme les pins, mais la grande majorité d’entre elles sont des plantes à fleurs (p. ex. graminées, orchidées et érables). Pour se reproduire, elles utilisent le vent ou des animaux qui transportent le pollen des organes mâles aux organes femelles des fleurs, et les fleurs ont développé des pétales voyants, du nectar, et des odeurs séduisantes pour attirer les pollinisateurs. Les graines, quant à elles, peuvent être dispersées par le vent ou se trouver à l’intérieur d’un fruit pour amener les animaux à les manger et à les répandre. Dans les milieux humides pauvres en nutriments, certaines espèces sont devenues carnivores et se nourrissent d’insectes. De manière générale, la répartition et la situation des plantes vasculaires sont bien connues, particulièrement dans le sud du Canada. Les recherches les plus récentes sont axées sur les espèces importantes pour l’agriculture, la foresterie ou la médecine. La perte et la dégradation de l’habitat et la présence d’espèces envahissantes sont les principales menaces pour les plantes vasculaires. La surexploitation constitue une préoccupation pour certaines espèces, particulièrement celles de grande valeur médicinale ou esthétique.

Il y a 5211 espèces connues de plantes vasculaires au Canada (Figure 7). La majorité de ces espèces sont apparemment en sécurité ou en sécurité (52%). Il y a 26 espèces qui sont présumées disparues, 24 espèces qui sont possiblement disparues, 315 espèces qui sont gravement en péril, et 325 espèces qui sont en péril. Parmi ces 690 espèces, 396 ont seulement une petite partie de leur aire de répartition au Canada (10% ou moins) et 240 sont intermédiaires (de 11% à 74%). Toutefois, 54 espèces ont 75% ou plus de leur aire de répartition au Canada. Parmi celles-ci, 42 espèces sont considérées comme endémiques au Canada : Arabette du Québec (Boechera quebecensis), Botryche du lac Supérieur (Botrychium pseudopinnatum), Braya de Fernald (Braya fernaldii), Braya de Long (Braya longii), Braya poilu (Braya pilosa), Céraiste de Terre-Neuve (Cerastium terrae-novae), Aubépine d’Elkwater (Crataegus aquacervensis), Aubépine vert foncé (Crataegus atrovirens), Aubépine d’Enderby (Crataegus enderbyensis), Aubépine orbiculaire (Crataegus orbicularis), Aubépine du ruisseau Adams (Crataegus rivuloadamensis), Aubépine de Battle Creek (Crataegus rivulopugnensis), Aubépine à bractéoles rouges (Crataegus rubribracteolata), Aubépine de Sheila Phipps (Crataegus sheila-phippsiae), Aubépine des Shuswap (Crataegus shuswapensis), Cryptanthe de Macoun (Cryptantha macounii), Deschampsie du bassin du Mackenzie (Deschampsia mackenzieana), Drave de Caswell (Draba caswellii), Drave de Cayouette (Draba cayouettei), Drave de Frankton (Draba franktonii), Drave du parc Kluane (Draba kluanei), Drave des monts de Puvirnituq (Draba puvirnituqii), Drave à graines imbriquées (Draba pycnosperma), Drave de Taylor (Draba taylori), Drave du Yukon (Draba yukonensis), Élatine du lac Ojibway (Elatine ojibwayensis), Vergerette de la rivière de la Paix (Erigeron pacalis), Benoîte de Schofield (Geum schofieldii), Saxifrage de Gaspésie (Micranthes gaspensis), Nymphéa de Lori (Nymphaea loriana), Rorippe à faux cristaux (Rorippa crystallina), Sabline des grèves (Sabulina litorea), Saule à bractées vertes (Salix chlorolepis), Saule des landes (Salix jejuna), Saule silicicole (Salix silicicola), Saule de Turnor (Salix turnorii), Saule de Tyrrell (Salix tyrrellii), Verge d’or à bractées vertes (Solidago chlorolepis), Verge d’or de Gillman (Solidago gillmani), Solidago jejunifolia, Aster du golfe Saint-Laurent (Symphyotrichum laurentianum), Pissenlit du golfe du Saint-Laurent (Taraxacum laurentianum). Au total, 138 espèces ont un pointage prioritaire élevé (entre 1 et 5). Nous avons également identifié 1315 espèces exotiques à l’échelle nationale. Nous n’avons pas suffisamment de connaissances sur 47 espèces pour leur attribuer un rang autre que NU ou NNR. Aucune espèce de plantes vasculaires n’est considérée comme migratrice.

Toutes les espèces de plantes vasculaires ont été évaluées dans le rapport Espèces sauvages 2010. Depuis, 949 espèces ont eu un changement dans leur statut à l’échelle nationale. Au total, 227 espèces ont eu un niveau de risque plus élevé, 195 espèces ont eu un niveau de risque moins élevé, et 85 espèces ont été déplacées des rangs U, NR, NA. De plus, 271 espèces ont été ajoutées à la liste et 171 espèces ont été effacées de la liste. La plupart des changements (35%) résultent d’une amélioration des connaissances des espèces.

Figure 7. Situation générale des plantes vasculaires au Canada en 2015.
Graphique à barres (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 7

La Figure 7 montre la situation générale des plantes vasculaires au Canada en 2015. Le graphique à barres montre le nombre d’espèces de plantes vasculaires classées présumées disparues, possiblement disparues, gravement en péril, en péril, vulnérables, apparemment en sécurité, en sécurité, inclassables, non classées et non applicables au Canada, dans chaque province et territoire et dans les 4 régions océaniques. Des 5211 espèces évaluées au Canada, 26 étaient classées présumées disparues, 24 possiblement disparues, 315 gravement en péril, 325 en péril, 467 vulnérables, 1005 apparemment en sécurité, 1684 en sécurité, 46 inclassables, une non classée et 1318 non applicable. Des 1217 espèces évaluées au Yukon, 11 étaient classées possiblement disparues, 72 gravement en péril, 186 en péril, 203 vulnérables, 261 apparemment en sécurité, 280 en sécurité, 33 inclassables, 10 non classées et 161 non applicables. Des 1178 espèces évaluées dans les Territoires du Nord-Ouest, 126 étaient classées en péril, 107 vulnérables, 634 apparemment en sécurité, 82 en sécurité, 96 inclassables, une non classée et 132 non applicables. Des 690 espèces évaluées au Nunavut, une était classée gravement en péril, 61 en péril, 42 vulnérables, 100 apparemment en sécurité, 20 en sécurité, 444 inclassables et 22 non applicables. Des 2967 espèces évaluées en Colombie-Britannique, 5 étaient classées présumées disparues, 16 possiblement disparues, 157 gravement en péril, 224 en péril, 306 vulnérables, 560 apparemment en sécurité, 849 en sécurité, 6 inclassables, 53 non classées et 791 non applicables. Des 1951 espèces évaluées en Alberta, 11 étaient classées possiblement disparues, 165 gravement en péril, 178 en péril, 505 vulnérables, 287 apparemment en sécurité, 421 en sécurité, 35 inclassables et 349 non applicables. Des 1582 espèces évaluées en Saskatchewan, 33 étaient classées possiblement disparues, 156 gravement en péril, 126 en péril, 175 vulnérables, 607 apparemment en sécurité, 133 en sécurité, une non classée et 351 non applicables. Des 1685 espèces évaluées au Manitoba, 11 étaient classées possiblement disparues, 241 gravement en péril, 179 en péril, 269 vulnérables, 312 apparemment en sécurité, 279 en sécurité, 58 inclassables et 336 non applicables. Des 3118 espèces évaluées en Ontario, 24 étaient classées présumées disparues, 44 possiblement disparues, 253 gravement en péril, 212 en péril, 139 vulnérables, 591 apparemment en sécurité, 726 en sécurité, 49 inclassables et 1080 non applicables. Des 2577 espèces évaluées au Québec, 8 étaient classées présumées disparues, 26 possiblement disparues, 111 gravement en péril, 170 en péril, 436 vulnérables, 486 apparemment en sécurité, 430 en sécurité, 46 inclassables, 23 non classées et 841 non applicables. Des 1705 espèces évaluées au Nouveau-Brunswick, 5 étaient classées présumées disparues, 9 possiblement disparues, 155 gravement en péril, 135 en péril, 137 vulnérables, 256 apparemment en sécurité, 415 en sécurité, 12 inclassables, une non classée et 580 non applicables. Des 1705 espèces évaluées en Nouvelle-Écosse, une était classée présumée disparue, 7 possiblement disparues, 175 gravement en péril, 122 en péril, 111 vulnérables, 244 apparemment en sécurité, 392 en sécurité, 16 inclassables, une non classée et 636 non applicables. Des 1102 espèces évaluées à l’Île-du-Prince-Édouard, 10 étaient classées possiblement disparues, 169 gravement en péril, 116 en péril, 62 vulnérables, 151 apparemment en sécurité, 194 en sécurité, 11 inclassables et 389 non applicables. Des 774 espèces évaluées au Labrador, 4 étaient classées possiblement disparues, 70 gravement en péril, 112 en péril, 168 vulnérables, 165 apparemment en sécurité, 84 en sécurité, 79 inclassables et 92 non applicables. Des 1179 espèces évaluées à Terre-Neuve, 17 étaient classées possiblement disparues, 119 gravement en péril, 140 en péril, 227 vulnérables, 174 apparemment en sécurité, 171 en sécurité, 29 inclassables et 302 non applicables. Aucune espèce n’était présente dans les régions océaniques.