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Buse à épaulettes (Buteo lineatus)

Facteurs limitatifs et menaces

Destruction et dégradation de l’habitat

Les menaces les plus graves auxquelles la Buse à épaulettes fait face dans le sud de son aire de répartition canadienne (c’est-à-dire au sud du Bouclier canadien) comprennent la destruction, la fragmentation et la dégradation des forêts de feuillus privilégiées pour la nidification ainsi que des milieux humides d’alimentation (Helferty et al. , 2002). En outre, la perte de milieux humides affecte négativement l’espèce par la disparition des proies de prédilection de l’espèce (amphibiens, couleuvres). Campbell (1975) a avancé que les couples de Buses à épaulettes ayant un accès limité à ces proies risquent de connaître un plus faible taux de reproduction.

Comme la Buse à épaulettes occupe de vastes étendues de forêts matures, l’exploitation forestière peut l’affecter. Les lieux de nidification ayant subi de fortes récoltes partielles connaissent des taux plus faibles d’occupation que ceux n’ayant subi aucune récolte ou seulement une légère coupe sélective (Bryant, 1986; Naylor et al. , 2004). L’éclaircie des forêts par le bas pratiquée au Wisconsin a entraîné un accroissement de la population de Grand-duc d’Amérique et une diminution du nombre de Buses à épaulettes (J. Jacobs, dans Crocoll, 1994). Cependant, les effets négatifs potentiels peuvent être atténués par l’application de lignes directrices (comme dans le centre de l’Ontario) interdisant les coupes importantes dans un rayon de 300 m des nids et imposant le maintien d’un habitat propice d’au moins 20 ha (Naylor et al. , 2004).

La destruction et la dégradation de l’habitat ont également des effets indirects sur la Buse à épaulettes. Par exemple, les incursions des Buses à queue rousse et le remplacement de la Buse à épaulettes par celles-ci ont été fortement associés à des réductions de la densité moyenne d’arbres et du diamètre moyen de la couronne des arbres attribuables à la coupe sélective (Bryant, 1986), ainsi qu’à d’autres modifications de la taille et de la structure des boisés (Craighead et Craighead, 1956; Postupalsky, 1989). La destruction et la fragmentation de l’habitat sont très marquées dans les parties les plus méridionales de l’aire de répartition canadienne de l’espèce, et il est probable qu’elles continuent de l’être.

 

Compétition

La Buse à queue rousse et le Grand-duc d’Amérique peuvent déloger la Buse à épaulettes de ses lieux de nidification (Bent, 1937; Hanna, 1973; Campbell, 1975).

 

Perturbations

De nombreuses Buses à épaulettes évitent les secteurs fréquentés par les humains (Helferty et al. , 2002). Par exemple, les perturbations humaines (VTT, équitation, jogging, chasse au dindon, camping, etc.) ont repoussé l’espèce vers les aires de nature sauvage restantes les plus éloignées dans le bassin de la Pequannock, dans le nord du New Jersey (Bosakowski et Smith, 1989). Dans certaines régions, toutefois, l’espèce est considérée comme un oiseau suburbain (Dykstra et al. , 2001).

 

Contaminants

Dans le passé, plusieurs toxiques et insecticides toxiques ont été trouvés dans les tissus et les œufs de Buses à épaulettes (p. ex. DDE, DDT, mercure, BPC, dieldrine, époxyde d’heptachlore; Hanna, 1973) et auraient entraîné l’amincissement de la coquille des œufs (Campbell, 1975). En raison de la réduction de ces composés dans les écosystèmes aquatiques, il est probable que les contaminants ne constituent pas une grave menace pour l’espèce. Il n’existe cependant aucune donnée permettant d’appuyer ou de réfuter cette hypothèse.