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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon atlantique (populations de l’intérieur de la baie de Fundy) au Canada

Annexe 1. Biologie générale du saumon atlantique

Cycle vital

Cycle vital du Biologie générale du saumon atlantique

Le cycle vital du saumon atlantique comprend de nombreux stades. Le saumon atlantique canadien fraye normalement en octobre et en novembre; la fraye survient habituellement plus tôt au nord et plus tard au sud. Le moment de l’entrée dans la rivière varie selon les populations et dépend des conditions locales et du niveau d’eau. En règle générale, les adultes entrent dans l’estuaire, puis en eau douce, au cours de l’été. Pendant la période de transformation physiologique en prévision de la fraye, les couleurs se développent, et les mâles acquièrent un crochet dont ils se serviront pour combattre les autres mâles. Les femelles choisissent l’emplacement du nid, généralement dans un radier de gravier situé en amont ou en aval d’une fosse, et y creusent une dépression. Les mâles se battent entre eux pour s’approcher des femelles, et le mâle dominant, et peut-être d’autres, expulse la laitance au moment où la femelle pond une partie des œufs. Il arrive que de petits tacons précoces se faufilent vers le nid et y libèrent aussi leur laitance (Fleming et Reynolds, 2004). La femelle recouvre les œufs de gravier et creuse un nouveau nid. Le processus se répète jusqu’à qu’à la fin de la fraye (5 et 10 nids). Les œufs, au nombre de 3 000 à 4 000 par petite femelle (le nombre croît avec la taille), sont gros (de 5 à 7 mm) et contiennent une grande quantité de vitellus. À la fin de la saison de fraye, les adultes encore vivants, les « charognards », retournent dans l’océan où ils continuent leur croissance jusqu’à la prochaine fraye. Les charognards comptent plus de femelles que de mâles. Les œufs se développent dans le nid pendant l’hiver et, selon la température, éclosent normalement en avril. Les jeunes alevins restent enfouis dans le gravier et absorbent le vitellus jusqu’en mai ou en juin. Les juvéniles, appelés « tacons », occupent les radiers, où ils se nourrissent d’invertébrés à la dérive. Après plusieurs années de croissance en eau douce, lorsqu’ils mesurent peut-être entre 127 mm et 152 mm, les tacons deviennent des smolts et migrent vers la mer. Leur croissance en mer est rapide, et les individus atteignent leur maturité après 1 hiver en mer (on les appelle alors « madeleineaux ») ou 2 hivers en mer (ils sont alors des « saumons »). Les saumons se nourrissent de crustacés et de petits poissons. Les études sur le rapport des sexes chez les adultes indiquent que celui-ci tourne autour de 1:1.

Migration et dispersion

Les saumons atlantiques de l’Est canadien migrent normalement vers des aires d’alimentation situées près de l’ouest du Groenland. Après avoir atteint leur maturité, les individus adultes retournent à leur rivière d’origine. Peu de saumons s’égarent, et moins de 5 p. 100 des adultes se trompent de rivière. Cette précision du retour réduit considérablement, mais n’élimine pas, les possibilités de reconstitution. L’adaptation locale des reproducteurs et de leur progéniture peut, toutefois, réduire grandement la santé relative des individus égarés.

Adaptation et adaptabilité

Les saumons atlantiques sont adaptés localement à presque tous les aspects de leur vie : la forme du corps des adultes (qui dépend de la distance de migration), le moment de la montaison (qui dépend de la taille et de la température du cours d’eau), le phénotype des adultes reproducteurs (qui dépend de la densité), l’âge et la taille des adultes matures, la taille des œufs (qui dépend de la granulométrie du gravier et de la compétition entre les juvéniles), la couleur des tacons (fonction de l’arrière-plan et de la crypticité), l’orientation de la migration, etc. (voir, p. ex., Hendry et Stearns, 2004). Le saumon atlantique ne doit toutefois pas être considéré comme une espèce à forte capacité d’adaptation. Les expériences d’introduction de saumons entre zones géographiques montrent que les individus introduits ont très peu de succès, peut-être parce qu’ils sont fortement adaptés aux conditions de leurs rivières d’origine. Le saumon atlantique s’est domestiqué en quelques décennies d’aquaculture, mais seulement grâce à une sélection intensive dans quelques régions du monde (p. ex. en Norvège, en Écosse et au Canada). On désire depuis longtemps ensemencer les rivières avec des saumons atlantiques sauvages, et il existe aujourd’hui, dans 20 à 30 régions, des populations vivant en dehors de leur aire de répartition naturelle (MacCrimmon et Gots, 1979). Par contre, la mise en place ou le maintien de populations dans leur aire de répartition naturelle à l’aide de l’alevinage a eu un succès relativement limité (National Research Council, 2004). On doit donc considérer qu’une fois perdues, les adaptations locales du saumon sont difficiles à remplacer.