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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon atlantique (populations de l’intérieur de la baie de Fundy) au Canada

Résumé

Saumon atlantique

Salmo salar 

Populations de l'intérieur de la baie de Fundy

 

Information sur l’espèce

La forme anadrome du saumon atlantique (Salmo salar) atteint la maturité en mer, mais retourne se reproduire en eau douce. L’espèce est composée de populations différenciées génétiquement en fonction du retour aux rivières natales, à la croissance des juvéniles dans ces rivières et à l’isolement spatial des réseaux hydrographiques. Cette différentiation est généralement hiérarchique et, sur le plan génétique, les populations appartenant aux mêmes groupes régionaux se ressemblent plus que celles appartenant à des groupes différents. Les groupes ont également tendance à partager des adaptations qui permettent aux individus de réussir dans leur milieu naturel spécifique. On a proposé de séparer les saumons atlantiques du Canada en six groupes. Un d’entre eux regroupe les populations de l’intérieur de la baie de Fundy (IBF).

 

Unité désignable : populations de l’intérieur de la baie de Fundy 

Les résultats des études génétiques, phylogéographiques, comportementales et démographiques et de celles portant sur la sélection locale, le cycle vital et les effets de l’ensemencement appuient l’hypothèse voulant que les saumons atlantiques de l’IBF diffèrent des autres saumons du Canada (et d’ailleurs). Bien qu’il existe des preuves de l’existence d’un flux génétique provenant des cours de l’extérieur de la baie de Fundy (EBF), les caractéristiques biologiques des populations de saumons de l’IBF confirment leur désignation comme unité désignable (UD) par le COSEPAC.

 

Répartition

On trouvait autrefois les saumons atlantiques anadromes sauvages le long de la côte est de l’Amérique du Nord, du fleuve Hudson (New York) à la baie d’Ungava (Québec) (avec une population supplémentaire dans l’est de la baie d’Hudson) ainsi que le long de la côte ouest de l’Europe, du Portugal à la Russie. Toutefois, de nombreuses populations sauvages sont maintenant disparues, et cette répartition a donc diminué d’ampleur.

La totalité de l’UD que constituent les saumons de l’IBF se trouve en territoire canadien. Elle comprend toutes les rivières à saumons (au nombre de 32 à 40 ou plus) qui se déversent dans la baie de Fundy, de la rivière Black (Nouveau-Brunswick) à la rivière Cornwallis (Nouvelle-Écosse), en passant par la région supérieure de la baie. Les adultes occupent ces rivières en automne, la saison de reproduction. Les juvéniles migrent vers l’océan après avoir passé de 2 à 3 ans en eau douce, période pendant laquelle ils atteignent l’âge adulte. Alors que la plupart des populations de saumons nord-américaines migrent vers les eaux du Labrador et de l’ouest du Groenland, on a émis l’hypothèse que les saumons de l’IBF restent dans la baie de Fundy, dans le nord du golfe du Maine et dans d’autres habitats marins locaux.

 

Habitat

On connaît bien les besoins en habitat d’eau douce du saumon atlantique, et rien n’indique que des pertes d’habitats d’eau douce soient à l’origine de la diminution récente du nombre de saumons atlantiques de l’IBF. En effet, à l’heure actuelle, il semble y avoir une abondance d’habitats d’eau douce de qualité dans l’IBF. On connaît moins bien les besoins en habitat marin, mais une diminution du taux de survie des individus entre la période juvénile (smolts) et l’âge adulte est apparemment à la source de l’effondrement des populations de l’IBF. Si tel est le cas, il se pourrait qu’il y ait une diminution significative de la qualité ou de la disponibilité des habitats marins.

 

Biologie

Les saumons adultes de l’IBF frayent dans leurs rivières natales en octobre et en novembre. Les jeunes se développent jusqu’en mai ou juin dans des gravières, émergent à l’état d’alevins et deviennent des tacons en se nourrissant d’invertébrés à la dérive. Les tacons smoltifient après deux ou trois ans en eau douce, puis migrent vers l’océan, où ils atteignent rapidement leur maturité. La plupart reviennent après un hiver en mer en tant que madeleineaux (ou grilses) afin de frayer dans leur rivière natale. Le taux de survie après la reproduction est relativement élevé, et les adultes continuent de revenir de l’océan chaque année pour frayer.

On croit que les saumons de l’IBF possèdent plusieurs caractéristiques uniques : la grande proportion d’individus qui reviennent après un hiver en mer, la grande proportion de femelles parmi ces madeleineaux, la migration en mer qui semble locale et le taux de survie élevé après la reproduction. Il existe aussi des indices limités de découplage démographique avec d’autres groupes régionaux.

On estime que la durée d’une génération de saumons de l’IBF est de 3,7 ans, avec une moyenne de 2,6 ans en eau douce (jusqu’à la migration des smolts) et 1,1 an en mer (jusqu’à la maturité). La période de 3 générations utilisée pour les évaluations démographiques est donc de 11 ans (3 x 3,7 = 11,1).

 

Tendances et taille des populations

Les populations de l’IBF se sont effondrées, et plusieurs rivières ne contiennent plus aucun saumon. Si, historiquement, la population totale de l’ensemble des rivières dépassait probablement 40 000  adultes, il n’y avait, à l’automne 2003, pas plus d’une centaine d’adultes reproducteurs. Un relevé détaillé effectué en 2002 dans 34 rivières naturelles (sans ensemencement à l’aide de la banque de gènes vivants) a montré que 65 p. 100 des rivières ne contenaient aucun tacon, et 97 p. 100, aucun alevin (ce qui laisse présager un faible taux de fraye, si fraye il y a eu, à l’automne 2001).

Une reconstruction de la taille des populations des deux principales rivières témoins, soit la Big Salmon et la Stewiacke, donne les estimations de diminution suivantes (avec un niveau de confiance de 90 p. 100) :

   Big Salmon : > 94,1 p. 100 sur 3 générations (11 ans); > 96,7 p. 100 sur 30 ans

   Stewiacke : > 99,0 p. 100 sur 3 générations (11 ans); > 99,6 p. 100 sur 30 ans

Le recours à l’immigration de source externe est impossible; les deux groupes canadiens de saumons atlantiques les plus rapprochés – soit les populations des rivières de l’extérieur de la baie de Fundy et celles de la côte de la Nouvelle-Écosse – se sont eux aussi effondrés. Le troisième groupe régional le plus proche se trouve dans le Maine, il s’est lui aussi effondré; il est considéré comme en péril (endangered aux termes de l’US ESA).

 

Facteurs limitatifs et menaces

On comprend mal les causes du déclin marqué des saumons atlantiques dans la plus grande partie de leur aire de répartition depuis les années 1980 et de leur effondrement complet à certains endroits (comme l’IBF). La plupart des hypothèses portent sur des changements dans les conditions marines qui auraient entraîné une diminution du pourcentage de smolts atteignant l’âge adulte à des niveaux inférieurs à ceux nécessaires à la viabilité des populations. Toutefois, on ne connaît pas les causes de la chute du taux de survie en mer, et un grand nombre d’hypothèses ont été avancées : changements dans la production marine primaire; changements dans les températures océaniques; maladies, parasites et prédateurs associés aux piscicultures. Le développement de l’industrie de l’élevage du saumon atlantique a coïncidé avec l’effondrement des populations de l’IBF. Cette industrie pose probablement des menaces génétiques, écologiques et pathologiques, dont certaines ont déjà été documentées pour d’autres populations. Les activités humaines ont aussi eu un effet sur le nombre et la qualité des habitats d’eau douce, surtout à cause de la construction de barrages et d’autres obstacles et, aussi, d’une manière encore incomprise, sur les habitats marins. La pêche commerciale au saumon atlantique est en grande partie interdite (dans l’IBF, elle a existé pendant plus de 100 ans, mais a été fermée en 1985). Dans l’IBF, la pêche récréative et la pêche autochtone sont également interdites depuis 1990.

 

Importance de l’espèce

Les saumons atlantiques de l’IBF forment une lignée canadienne unique, distincte de tous les autres saumons atlantiques du monde. Il n’existe que très peu de lignées de saumons atlantiques au Canada. Les saumons atlantiques de l’IBF contribuent aux écosystèmes dulcicoles et marins, assurant les transferts d’énergie et de nutriments tant au sein des écosystèmes que d’un écosystème à l’autre. Le saumon atlantique sert également d’espèce-hôte à au moins une espèce de moule d’eau douce. Il est d’une grande importance pour la population locale (alimentation, revenu, loisirs et fêtes). Pour beaucoup de Canadiens, ce « roi des poissons » a une signification particulière.

 

Protection actuelle

Le saumon atlantique canadien est protégé par la Loisur les pêches, mise en œuvre par le ministère des Pêches et des Océans (MPO); les pêches commerciale, récréative et autochtone dans l’IBF sont interdites depuis 1990. En mai 2001, le COSEPAC a classé l’UD de l’IBF parmi les espèces en voie de disparition. En juin 2003, le gouvernement fédéral a inscrit l’UD de l’IBF à la liste des espèces en voie de disparition de la Loisur les espèces en péril (LEP).

L’Équipe nationale de rétablissement du saumon atlantique de l’IBF a pris des mesures afin de protéger et de rétablir l’UD. Elle recueille des données et surveille les populations. Un de ses projets les plus importants est le programme de banque de gènes vivants, qui élève des saumons dans des écloseries, mais qui utilise aussi la sélection naturelle pour réduire la détérioration de la qualité génétique.


HISTORIQUE DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

(2006)


Espèce sauvage: Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d'animal, de plante ou d'une autre organisme d'origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s'est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D): Espèce sauvage qui n'existe plus.

Disparue du pays (DP): Espèce sauvage qui n'existe plus à l'état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*: Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M): Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**: Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***: Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****: Une catégorie qui s'applique lorsque l'information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l'admissibilité d'une espèce àl'évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l'espèce.

*           Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu'en 2003.
**         Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
***       Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
****     Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
*****   Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Environnement                               Environment
Canada                                          Canada

Service canadien                            Canadian
de la faune                                    Wildlife Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.