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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon atlantique (populations de l’intérieur de la baie de Fundy) au Canada

Habitat

Exigences et tendances en matière d’habitat d’eau douce

 

Les rivières habitées par les saumons atlantiques sont, en règle générale, claires, froides et bien oxygénées, avec des pentes faibles à modérées et des fonds de gravier, de galets et de roches (National Recovery Team, 2002). À différents stades de leur vie, les saumons utilisent les radiers, les rapides, les fosses et les platins. Les juvéniles se nourrissent d’invertébrés à la dérive. En été, la température de l’eau varie habituellement entre 15 et 25 °C. On connaît les besoins précis en habitat d’eau douce des saumons de l’IBF, et il existe des indices de qualité associés à l’été et à l’hiver. Ces indices, comme le gradient, ont été utilisés afin d’estimer l’aire et la capacité de production de 22 rivières de l’IBF (figure 7). La capacité de production des juvéniles varie fortement d’une rivière à l’autre, mais les rivières de l’IBF possèdent à l’heure actuelle toute une gamme d’habitats, et l’on croit qu’elles conviennent bien à la production de saumons (Gibson et al., 2004).

Figure 7. Superficie, capacité de production de tacons d’âge 1 et plus et production par unité de surface pour 22 rivières à saumons de l’IBF.

Figure 7. Superficie, capacité de production de tacons d’âge 1 et plus et production par unité de surface pour 22 rivières à saumons de l’IBF. La superficie a été estimée à partir de photographies aériennes etd’orthophotocartes. La capacité de production a été estimée en considérant la pente du cours d’eau (obtenue à partir des orthophotocartes) comme un déterminant de la qualité de l’habitat. L’abréviation « Col » signifie « Colchester Co. » (Nouvelle-Écosse). Tiré d’Amiro et al. (2003).

Aucune perte d’habitats d’eau douce ne permet d’expliquer le déclin des populations de saumons atlantiques de l’IBF depuis la fin des années 1980 (National Recovery Team, 2002). À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, l’habitat d’eau douce a été affecté par l’exploitation forestière, l’agriculture et l’aménagement de ponts-jetées. Des barrières à la migration des saumons, comme les barrages, les digues et les ponts-jetées, ont aussi affecté de nombreuses rivières de l’IBF. Par exemple, on estime que la rivière Petitcodiac produisait autrefois 20 p. 100 des saumons de l’IBF (National Recovery Team, 2002), mais l’aménagement d’un pont-jetée, en 1968, a en grande partie empêché la migration des adultes et des smolts (Locke et al., 2003). Le pH des rivières de l’IBF est normalement au-dessus de 6,0, et l’acidité, qui est un problème ailleurs (voir, p. ex., Lacroix et Knox, 2005), n’est pas un facteur du déclin continu des populations. Bien qu’il fasse peu de doutes que la construction d’ouvrages qui bloquent l’accès aux habitats de fraye et de croissance a contribué à la diminution de la capacité de production des saumons de l’IBF aux cours des deux derniers siècles, ces événements ne coïncident pas avec l’effondrement démographique récent (voir « Taille et tendances des populations »). Dans leur récente évaluation de l’habitat essentiel, Trzcinski et al. (2004) ont conclu que la viabilité des populations (et le rétablissement jusqu’à des limites qui assurent la conservation des stocks) ne peut être atteinte en augmentant la quantité ou la qualité des habitats d’eau douce. Ils ont également noté que les poissons provenant de la banque de gènes vivants (voir « Protection actuelle ou autres désignations de statut ») qui sont lâchés en eau douce semblent bien survivre (c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils deviennent des smolts), mais que leur taux de mortalité en mer est élevé. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de problèmes liés à l’habitat d’eau douce dans l’IBF : quelques rivières sont touchées par des obstacles au passage, des problèmes de qualité de l’eau et une perte d’habitats liée à plusieurs facteurs. Actuellement, toutefois, les saumons de l’IBF semblent disposer d’une abondance d’habitats d’eau douce de qualité (Amiro et al., 2003; Gibson et al., 2004; Trzcinski et al., 2004). Et pourtant, le nombre de saumons continue à diminuer.

 

Exigences et tendances en matière d’habitat marin

Les besoins en habitat marin des saumons atlantiques de l’IBF sont moins connus que ceux en habitat d’eau douce. La température de l’eau est un des seuls indicateurs de qualité actuellement disponibles : on croit que les saumons atlantiques fréquentent des eaux variant entre 1 et 13 °C et qu’ils préfèrent une eau autour de 8 °C (Reddin et Friedland, 1993). Parce qu’ils reçoivent de l’eau de mer, la baie de Fundy et le golfe du Maine ont des eaux qui sont dans cette gamme de températures, et la présence de 2 proies importantes (le lançon et le krill; National Recovery Team, 2002) rend possible l’occupation. Toutefois, une évaluation récente de l’habitat fondée sur la température à la surface de la mer montre comment le milieu marin pourrait devenir contraignant pour les saumons de l’IBF (Amiro et al., 2003). Un changement relativement minime dans le milieu marin, une restriction dans son utilisation ou l’introduction de nouveaux stresseurs (p. ex. des maladies) à la fin de l’été pourrait nuire à la survie du saumon.

 

L’effondrement des populations de l’IBF semble dû à une diminution du taux de survie en mer du smolt à l’adulte. Il se peut qu’au moins 3 mécanismes soient à l’origine de la détérioration prononcée de la qualité des habitats marins et de l’abondance des saumons. D’abord, on a construit, dans la baie de Fundy, plus de 400 obstacles aux marées et, même si leur construction date d’avant 1970 (Wells, 1999), il est possible qu’avec le temps les effets cumulatifs aient altéré négativement l’écosystème de l’IBF pour les saumons. Ensuite, au cours des 20 dernières années, une importante industrie aquacole s’est installée dans l’ouest de la baie de Fundy, le nord du golfe du Maine et le sud-ouest de la côte néo-écossaise (figure 8). Enfin, il semble qu’il y ait une diminution de la production primaire dans des parties de l’Atlantique Nord-Ouest (Gregg et al., 2003). Comme on l’a récemment montré pour l’est du plateau néo-écossais (Choi et al., 2004), il se peut que cette diminution soit la source de changements dramatiques dans le flux énergétique, l’état physiologique des poissons et de structure des communautés. La chute de la production primaire est peut-être causée par les changements climatiques, la baisse des températures locales (Drinkwater et al., 2003) et le fait que la production primaire nette ne peut compenser l’énorme retrait de biomasse causé par les pêches marines (Choi et al., 2004). Il se peut aussi que les saumons atlantiques de l’IBF aux stades de smolt et de post-smolt soient la proie de mammifères marins dans la baie de Fundy, notamment le phoque commun (Phoca vitulina) et le phoque gris (Halichoerus grypus), mais la mortalité due à ce type de prédation n’a pas été estimée. Ces tendances seront abordées de façon plus détaillée dans la section « Facteurs limitatifs et menaces ».

Figure 8.   Carte des installations aquacoles à l’EBF et le golfe du Maine en 2003

Figure 8.   Carte des installations aquacoles à l’EBF et le golfe du Maine en 2003. Toutes les piscicultures canadiennes (points noirs) et américaines (points blancs) agréées sont montrées. Toutefois, ce ne sont pas toutes les piscicultures qui sont en activité. Il n’y a aucun élevage de saumons dans l’IBF. Carte fournie par Blythe Chang (MPO, St. Andrews).

 

Protection et propriété

Seules des portions de 2 rivières de l’IBF, soit 77 p. 100 de la rivière Upper Salmon et 58 p. 100 de la rivière Point Wolfe, font partie de terres protégées par le gouvernement fédéral (parc national Fundy). Ces 2 rivières contiennent une toute petite proportion des saumons de l’IBF et ne peuvent représenter une protection adéquate des habitats d’eau douce. Toutes les autres rivières passent par des terrains privés ou appartenant à une province (National Recovery Team, 2002). La Loisur les pêches, mise en œuvre par le Ministère des Pêches et des Océans (MPO), prévoit quelques responsabilités pour la protection de tous les habitats dulcicoles et marins, y compris des mesures pour limiter la détérioration et la destruction de l’habitat ainsi que l’accessibilité et l’introduction dans l’eau de substances nocives.