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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saumon atlantique (populations de l’intérieur de la baie de Fundy) au Canada

Biologie

 

Généralités

On connaît relativement bien la biologie du saumon atlantique (p. ex. Baum, 1997; Scott et Crossman, 1998). L’annexe 1 fournit un résumé général; dans les sections suivantes, nous décrivons les caractéristiques biologiques des saumons atlantiques de l’IBF.

 

Biologie de l’UD constituée des saumons atlantiques de l’intérieur de la baie de Fundy

Les meilleures données sur le cycle vital et la démographie des saumons atlantiques de l’IBF proviennent de deux importantes rivières à saumons, la Big Salmon et la Stewiacke (tableau 1), et sont décrites par Amiro (2003).

 

Rivière Big Salmon

Tableau 1. Distribution des saumons des rivières Big Salmon et Sewiacke selon l’âge de première maturité, le nombre d’hivers en mer (HM), l’âge post-smolt, le nombre de frayes, la longueur moyenne, la fécondité, le pourcentage de femelles et le pourcentage selon l’âge. Les valeurs pour la rivière Stewiacke ont été déterminées à partir de 298 individus classés par âge recueillis par des pêcheurs commerciaux et sportifs en 1983. Les valeurs pour la rivière Big Salmon ont été déterminées à partir de 3 334 individus classés par âge recueillis à une barrière de dénombrement entre 1965 et 1973. Tiré de Amiro (2003).
Âge
post-smolt
Fraye

1re
Fraye

2e
Fraye

3e
Fraye

4e
Fraye

5e
Fraye

6e
NombreLongueur
moyenne
des femelles

(cm)
Fécondité
moyenne
(œufs)
Pourcentage
de
femelles
Pourcentage
de
l’échantillon
1HM           
10     1 65952,93 1426649,8
21     67363,14 2636720,2
312    48371,95 5468114,5
4123   18978,16 676925,7
51234  4583,17 7521001,3
612345 783,57 8461000,2
7123456188,08 9751000,0
            
2HM           
20     13271,65 497894,0
32     11577,56 557863,4
423    2581,67 412920,7
5234   581,67 412800,1


Rivière Stewiacke

Tableau 1. Distribution des saumons des rivières Big Salmon et Sewiacke selon l’âge de première maturité, le nombre d’hivers en mer (HM), l’âge post-smolt, le nombre de frayes, la longueur moyenne, la fécondité, le pourcentage de femelles et le pourcentage selon l’âge. Les valeurs pour la rivière Stewiacke ont été déterminées à partir de 298 individus classés par âge recueillis par des pêcheurs commerciaux et sportifs en 1983. Les valeurs pour la rivière Big Salmon ont été déterminées à partir de 3 334 individus classés par âge recueillis à une barrière de dénombrement entre 1965 et 1973. Tiré de Amiro (2003).
Âge post-smoltFraye

1re
Fraye

2e
Fraye

3e
Fraye

4e
Âge en
eau
douce
NombreLongueur
moyenne

(cm)
Fécondité
moyenne
(œufs)
Pourcentage
de
femelles
Pourcentage
de
l’échantillon
1HM          
10   220452,72 9997368,5
10   31254,93 252504,0
21   23864,44 6136612,8
21   3861,84 192622,7
312  2973,06 331893,0
312  3271,66 0131000,7
31   2778,07 6101002,3
512342196,314 9231000,3
           
2HM          
20   2772,16 1251002,3
20   3275,06 8141000,7
32   2379,48 012661,0
32   31------0,3
423  2480,88 4361001,3

 

La plupart des tacons de l’IBF smoltifient après deux ans en eau douce, mais peut-être aussi tard qu’en juillet dans certaines rivières (comme la rivière Little, un affluent de la Stewiacke), et leur taille est alors probablement semblable à celle des saumons ne faisant pas partie de l’UD. On connaît peu le comportement migratoire des saumons de l’IBF après l’entrée en mer (voir « Information sur l’espèce »). Alors que les autres populations de saumons (comme celle du Maine) migrent vers les eaux lointaines au large du Labrador et du Groenland (Baum, 1997), il se peut que les saumons de l’IBF restent dans la baie de Fundy et le golfe du Maine. Il se peut aussi que la migration soit simplement retardée par la distance et par les conditions océaniques locales. Quel que soit le comportement migratoire, presque tous les saumons de l’IBF atteignent la maturité après un hiver en mer et frayent chaque année, contrairement aux saumons du Maine, qui atteignent la maturité plus tard et qui frayent une année sur deux. La meilleure estimation du taux de survie en mer provient d’une étude sur les retours des smolts sauvages de la rivière Big Salmon entre 1966 et 1971 (Ritter, 1989). Ce taux variait alors entre 1,0 et 9,7 p. 100 (moyenne = 6,0 p. 100); le taux de retour actuel pour la rivière Big Salmon (smolts de 2002) est d’environ 0,3 p. 100 (Gibson et al., 2004). La meilleure estimation de la durée d’une génération de saumons de l’IBF est de 3,7 ans, et on la calcule à partir de l’âge moyen à la migration des smolts (2,6 ans) et de l’âge moyen à première maturité (1,1 an) pour la rivière Big Salmon (de 1965 à 1973; Jessop cité par Amiro, 2003). Une étude inédite dans un affluent indique qu’une proportion relativement élevée de tacons mâles peuvent atteindre la maturité en eau douce et survivre jusqu’à la smoltification (Amiro, 2003). Dans des conditions expérimentales contrôlées, les tacons mâles matures sont capables de féconder une partie importante des œufs et ils participent probablement de façon positive à la taille effective de la population (p. ex. Jones et Hutchings, 2002). Nous n’avons pas tenu compte de ces tacons mâles matures dans le calcul de la durée d’une génération parce que leur contribution proportionnelle à la fraye n’a été estimé pour aucune des rivières à saumons de l’IBF. La meilleure estimation de la taille corporelle des femelles est de 61,5 cm, et la production moyenne d’œufs est de 4 060, si l’on s’appuie sur les données provenant de la rivière Big Salmon (de 1965 à1973) (Amiro, 2003). Il se peut toutefois que ces données comprennent des poissons d’écloserie. Selon une étude inédite, la relation entre la fécondité et la taille corporelle chez les saumons de l’IBF est semblable à celle observée dans les populations de l’EBF et de la côte et des eaux intérieures du sud de la Nouvelle-Écosse (Amiro, 2003). Bien que la majorité des saumons de l’IBF atteignent la maturité après un hiver en mer, on croit que le taux de survie relativement élevé des femelles d’une année à l’autre fait en sorte que la majorité des œufs, et donc des recrues, proviennent de saumons itéropares. Amiro (2003) a calculé, à partir d’un échantillon total de 3 334 adultes retournant dans la rivière Big Salmon entre 1965 et 1973, que les saumons itéropares représentaient 68 p. 100 de la ponte potentielle. Bien que les adultes ayant passé un hiver en mer forment 50 p. 100 de la population, ils ne représentent que 25 p. 100 de la ponte potentielle (les 7 p. 100 restants proviennent des femelles vierges ayant passé 2 hivers en mer).

Les saumons atlantiques de l’IBF sont la proie d’oiseaux (p. ex. les martins-pêcheurs, les harles, les cormorans et les fous de Bassan), de poissons (p. ex. bar d’Amérique) et de phoques. S’il est peu probable que la prédation en eau douce contribue au déclin des saumons de l’IBF, il se peut que la prédation pendant la migration des smolts et en mer joue un rôle. On croit que, dans certaines zones, les mouettes et goélands, les fous de Bassan et les cormorans capturent un grand nombre de smolts et de post-smolts. Montevecchi et al. (2002), par exemple, écrivent que la prédation du saumon atlantique par les fous de Bassan au large de Terre-Neuve a plus que décuplé entre les années 1980 et les années 1990. Dans la baie de Fundy, les smolts et les post-smolts de l’IBF sont peut-être aussi la proie de mammifères marins, comme le phoque commun (Phoca vitulina) et le phoque gris (Halichoerus grypus), mais on n’a pas évalué l’importance de cette prédation. Une étude de localisation acoustique des post-smolts (Lacroix et al., 2005) indique que le taux de mortalité des saumons de l’IBF dans les premiers mois suivant le départ de la rivière (c’est-à-dire lorsque les post‑smolts sont particulièrement vulnérables à la prédation) est étonnamment faible.

Enfin, on sait qu’un grand nombre de maladies et de parasites peuvent infecter les saumons atlantiques. Leur pathologie est intéressante, entre autre à cause de l’industrie de l’aquaculture. Mackinnon et al. (1998) ont documenté l’incidence des maladies et des agents pathogènes des poissons en eau douce et en mer, et ce, tant chez les salmonidés d’élevage (de 1993 à 1998) que chez les salmonidés sauvages (de 1987 à 1998) des provinces Maritimes du Canada. Des 11 maladies ou agents pathogènes examinés dans les Maritimes (à l’exception du pou du poisson), 10 ont été observés dans des piscicultures et 5 dans des populations sauvages. Au Nouveau-Brunswick, 3 des 6 maladies et agents pathogènes observés dans les piscicultures (à l’exception du pou du poisson) ont été observés dans des populations sauvages. Il existe au moins un cas documenté de transmission à des saumons atlantiques sauvages d’une maladie considérée jusqu’alors comme unique aux saumons d’élevage. Jusqu’en 1998, le virus de l’anémie infectieuse du saumon (VAIS) n’avait été identifié que chez des saumons atlantiques élevés en parcs de filet. En 1998, par exemple, on a recherché le VAIS dans des cellules de la région antérieure des reins (SHK) prélevées chez 911 poissons sauvages du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse (335 non-salmonidés et 576 salmonidés); les résultats de tous les tests étaient négatifs (Mackinnon et al., 1998). Toutefois, en 1999, le VAIS a été détecté chez des saumons atlantiques sauvages de la rivière Magaguadavic, au Nouveau-Brunswick (www.asf.ca). On ne sait pas comment les saumons sauvages ont contracté ce virus, mais il s’agit du premier cas documenté de VAIS chez les saumons atlantiques sauvages. Au début de 2001, on a, pour la première fois, détecté le VAIS chez des saumons atlantiques d’élevage dans le Maine (Young, 2001).