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Loi sur les espèces en péril - Rapport annuel de 2013

6 Mise en œuvre de rétablissements

6.1 Protection de l'habitat essentiel

La LEP exige que tout habitat essentiel désigné dans les programmes de rétablissement ou les plans d'action soit protégé de façon à assurer sa préservation. Ceci s’applique aux habitats essentiels qui se trouvent dans la zone exclusive économique et le plateau continental du Canada.

En 2013, Environnement Canada a protégé les habitats essentiels du Pluvier siffleur (de la sous-espèce melodus) dans les réserves nationales de faune de Cap Jourimain et de l'île Portage et, de concert avec Parcs Canada, a publié un décret de protection d'urgence pour répondre aux menaces imminentes qui pèsent sur la survie du Tétras des armoises.

En 2013, Parcs Canada a protégé les habitats essentiels de quatre espèces dans huit parcs nationaux : le Pluvier siffleur (de la sous-espèce melodus) (parc national du Canada de Kouchibouguac, parc national du Canada Kejimkujik, parc national du Canada du Gros-Morne et parc national du Canada de l'Île-du-Prince-Édouard), le satyre fauve des Maritimes (parc national du Canada Forillon), la population boréale du caribou des bois (parc national du Canada Wood Buffalo et parc national de Prince Albert du Canada), et le ptéléa trifolié (parc national du Canada de la Pointe-Pelée). Des efforts sont en cours afin de mettre au point les mesures de protection concernant les habitats essentiels d'autres espèces vivant sur les terres administrées par Parcs Canada.

Les provinces et les territoires ont la responsabilité première de la gestion des terres autres que le territoire domanial, ainsi que des ressources naturelles et des espèces s'y trouvant. À ce titre, les interdictions relatives à l'habitat essentiel de la LEP concernant les espèces autres que les espèces aquatiques ne s'appliquent que sur les territoires non domaniaux lorsque le gouverneur en conseil prend un décret. Le ministre doit recommander l'utilisation d'un décret au gouverneur en conseil s'il est d'avis qu'il n'existe pas d'autres lois fédérales qui protègent l'habitat essentiel d'une espèce et que les lois de la province ou du territoire ne protègent pas efficacement l'habitat essentiel. À ce jour, le gouverneur en conseil n'a pas émis de tels décrets en vertu de la LEP.

6.2 Activités de rétablissement

6.2.1 Activités de rétablissement des ministères compétents

En 2013, Environnement Canada a continué à mener et soutenir de nombreuses activités telles que des projets de recherche, d'éducation et de sensibilisation, d'amélioration et de restauration d'habitats, de suivi et d'évaluation. Ces activités ont favorisé le rétablissement de nombreuses espèces en péril provenant d'une variété importante de taxons.

En 2013, Pêches et Océans Canada a mené ou soutenu plusieurs activités visant la protection et le rétablissement d'espèces aquatiques en péril. Ces activités, de portée et d'ampleur variables, comprennent des projets de recherche scientifique visant à améliorer l'état des habitats essentiels, à élaborer des outils de conformité et d'application de la loi ainsi que des activités d'éducation et de sensibilisation.

En 2013, Parcs Canada a continué d'appuyer la mise en œuvre d'activités de rétablissement dans les aires patrimoniales protégées et autour de celles-ci, y compris des activités de recherche, des activités de restauration ainsi que des activités de sensibilisation et d'éducation du public. Plusieurs projets de Parcs Canada ont été menés en partenariat avec des organisations non gouvernementales, des établissements d'enseignement, des particuliers ou des collectivités autochtones.

Sauvetage du rorqual commun : Régions du Golfe et des Maritimes

En novembre 2013, les agents de Pêches et Océans Canada ont aidé aux opérations de sauvetage d'un jeune rorqual commun qui avait échoué dans l'eau peu profonde de Jersey Cove au Cap-Breton. On pense que le jeune rorqual de dix mètres de long s'est rapproché du rivage pour se nourrir, puis il a été piégé par la marée descendante. Les efforts des agents des pêches et de la Marine Animal Response Society ont été fructueux, étant donné qu'ils ont été en mesure de transporter le rorqual afin qu'il rejoigne le large. La population atlantique de rorquals communs est inscrite sur la liste des espèces préoccupantes en vertu de la LEP.

Rorqual commun aidé à rejoindre le large. Photo : Pat Young © Pêches et Océans Canada
Rorqual commun aidé à rejoindre le large.
Photo : Pat Young © Pêches et Océans Canada

 

Truite fardée versant de l'ouest (populations de l'Alberta)

La truite fardée versant de l'ouest était autrefois présente dans le nord-ouest du Pacifique, y compris le Montana, l'Oregon, la Colombie-Britannique et l'Alberta, mais son aire de répartition a aujourd'hui considérablement diminué. En Alberta seulement, la truite fardée versant de l'ouest se limite à moins de 10 % de son aire de répartition historique et son nombre a diminué pour un certain nombre de raisons, notamment la perte de l'habitat, les changements dans la qualité de l'habitat et l'exploitation par les pêcheurs à la ligne. Un autre facteur important comprend les espèces apparentées envahissantes de la truite arc-en-ciel et de l'omble de fontaine qui ont été introduites dans un certain nombre de rivières dans toute la province, créant des croisements avec la truite fardée versant de l'ouest et se faisant concurrence. Par conséquent, la population de l'Alberta a été désignée comme « espèce menacée » en vertu de la LEP en 2013.

On estime que sur environ 274 plans d'eau occupés historiquement par la truite fardée versant de l'ouest, il reste environ 51 populations génétiquement pures. Les seules populations génétiquement pures de la truite fardée versant de l'ouest qui existent dans les parcs nationaux de l'Alberta se trouvent dans le parc national Banff. Parcs Canada est donc un partenaire important, dans le cadre des efforts de rétablissement déployés pour cette espèce, qui collabore avec d'autres organismes fédéraux et provinciaux ainsi que des intervenants clés tels que Truite Atout du Canada et l'Association canadienne des producteurs pétroliers.

Parcs Canada a lancé un projet ambitieux pour aider à rétablir la truite fardée versant de l'ouest dans le lac Hidden et le bassin de drainage du ruisseau Corral situés au nord-est du lac Louise. Le projet comprend la création d'un refuge en amont à long terme dans la région afin de laisser à la truite fardée versant de l'ouest un endroit pour son rétablissement, sans qu'elle subisse la pression constante de la concurrence d'autres espèces. Au cours des trois dernières années, le personnel du parc national Banff a retiré la plupart des espèces de poissons envahissantes des eaux d'amont grâce à la pêche au filet maillant et à la pêche à la trappe, à la pêche à la ligne et à la pêche électrique combinées. Une barrière naturellement présente, une cascade, empêche les espèces de poissons envahissantes de retourner au refuge une fois qu'elles en ont été retirées.

La prochaine étape du projet consistera à élargir la population de truites fardées versant de l'ouest grâce au déplacement des truites sauvages dans le lac et les cours supérieurs du lac Hidden et du ruisseau Corral.

Truite fardée versant de l'ouest Photo : © Shane Petry, Pêches et Océans Canada
Truite fardée versant de l'ouest
Photo : © Shane Petry, Pêches et Océans Canada

 

Collaboration au Yukon pour rétablir le carex des sables

Le carex des sables (Carex sabulosa) est une plante vivace qui pousse dans le sol sableux meuble du système dunaire balayé par le vent dans le sud-ouest du Yukon. Le carex a de longues racines horizontales appelées rhizomes qui l'aident à s'enraciner dans le sable et à stabiliser la dune dans laquelle il vit.

Lorsque le carex des sables rare a été inscrit comme espèce menacée en vertu de la LEP en 2005, la réserve du parc national Kluane a établi un partenariat avec les Premières nations locales afin de compiler les connaissances traditionnelles et scientifiques pour appuyer le rétablissement du carex et de son habitat. Un des objectifs du rétablissement était d'effectuer des relevés dans les systèmes dunaires afin d'évaluer la santé des populations connues à l'intérieur et à l'extérieur des frontières du parc et pour déterminer et analyser toutes les populations supplémentaires qui pourraient exister à l'extérieur de son aire de répartition connue.

Les chercheurs ont pu non seulement trouver une population auparavant inconnue à l'intérieur du parc, mais ils en ont aussi trouvé une à l'extérieur de Whitehorse.

Carex des sables Photo : © Jennifer Line
Carex des sables
Photo : © Jennifer Line

6.2.2 Accords de conservation

Un ministre compétent peut, après avoir consulté les autres ministres compétents et le Conseil canadien pour la conservation des espèces en périlNote de bas de page5 ou tout membre de celui-ci, conclure avec un gouvernement au Canada, une organisation ou une personne un accord de conservation bénéfique pour une espèce en péril ou améliorant ses chances de survie à l'état sauvage.

L'accord doit prévoir des mesures de conservation et d'autres mesures compatibles avec le but de la LEP. Il peut aussi comprendre des mesures en ce qui concerne ce qui suit :

  • le suivi de la situation de l'espèce;
  • l'élaboration et la mise en œuvre de programmes d'éducation et de sensibilisation du public;
  • l'élaboration et la mise en œuvre de programmes de rétablissement, de plans d'action et de plans de gestion;
  • la protection de l'habitat de l'espèce, notamment son habitat essentiel;
  • la mise sur pied de projets de recherche visant à favoriser le rétablissement de l'espèce.

L'accord de conservation peut aussi prévoir des mesures de conservation d'une espèce sauvage qui n'est pas une espèce en péril.

En 2013, les ministères compétents ont poursuivi leurs travaux afin d'établir les premiers accords de conservation en vertu de la LEP et de mettre au point une orientation pour le personnel des ministères concernant ces accords. Environnement Canada a continué l'élaboration d'accords avec plusieurs parties, y compris les Premières nations et des partenaires de l'industrie. Pêches et Océans Canada poursuit l'établissement d'accords relatifs à plusieurs espèces aquatiques en péril.

6.2.3 Programme d'intendance de l'habitat

Le Programme d'intendance de l'habitat (PIH) pour les espèces en péril a été créé en 2000 dans le cadre de la Stratégie nationale pour la protection des espèces en péril. Le but du programme est de faire participer la population canadienne à des mesures de conservation qui contribuer au rétablissement des espèces en péril. Les projets financés portent sur quatre résultats attendus :

  • préserver ou protéger les habitats d'importance afin de favoriser leur rétablissement;
  • permettre, par la restauration ou la gestion, l'amélioration des habitats d'importance pour répondre aux besoins des espèces en péril en matière de rétablissement;
  • éliminer ou atténuer les menaces que l'activité humaine fait peser sur les espèces en péril;
  • encourager la population canadienne (les propriétaires fonciers, les utilisateurs des ressources, les bénévoles) à participer directement aux activités à l'appui du rétablissement des espèces en péril afin que les bénéfices des projets soient durables.

Le Programme d'intendance de l'habitat est cogéré par Environnement Canada, Pêches et Océans Canada et Parcs Canada. Il est administré à l'échelle régionale par Environnement Canada. Les conseils régionaux de mise en œuvre regroupent des représentants des gouvernements provinciaux et territoriaux et d'autres intervenants. Les conseils donnent leurs avis sur les priorités et la sélection des projets pour leur région. Depuis sa création, le Programme d'intendance de l'habitat a fourni plus de 127 millions de dollars à 2 178 projets, et a obtenu une somme supplémentaire de 303 millions de dollars en fonds de contrepartie auprès des partenaires du projet.

Au cours de 2012-2013, 131 nouveaux projets et 50 projets pluriannuels précédemment approuvés, engageant 134 bénéficiaires de financement, ont contribué au rétablissement de plus de 451 espèces visées par la LEP dans tout le Canada. Ces projets ont reçu au total 9,5 millions de dollars, cette somme ayant généré en contrepartie des investissements additionnels de 16,1 millions, pour un investissement total de 25,6 millions de dollars. Ces contributions ont appuyé des activités d'intendance qui ont permis d'acheter et de protéger 166 463 hectares (ha) de terres dont 5 973 ha par des moyens exécutoires, comme des acquisitions ou des servitudes de conservation. La protection juridiquement non contraignante par l'entremise d'accords d'intendance volontaires écrits et verbaux avec les propriétaires fonciers représente 160 490 ha et couvre 141 612 ha grâce à des accords d'intendance renouvelés et 18 878 ha grâce à de nouveaux accords d'intendance visant à conserver les terres. Le programme a aussi permis d'améliorer ou de restaurer 15 858 hectares de terres et 66 kilomètres de littoral.

Amélioration de l'habitat du chevalier cuivré dans le bassin versant de la rivière des Hurons au Québec

Ce projet d'amélioration de l'habitat des poissons a eu lieu dans une superficie de 80 kilomètres carrés du bassin versant de la rivière des Hurons qui traverse la plaine du Saint-Laurent dans la rivière Richelieu au bassin Chambly (à l'est de Montréal). Ce bassin versant est la plus grande zone de frai du chevalier cuivré, un poisson en voie de disparition présent uniquement dans les basses-terres du Saint-Laurent au Québec. Cette zone, qui fait partie du plus grand bassin versant du fleuve Saint-Laurent, a été désignée comme un secteur prioritaire régional du Programme d'intendance de l'habitat en raison de la forte incidence des activités humaines sur l'habitat des espèces de poissons en péril importantes, y compris le chevalier cuivré.

Les pratiques agricoles ont contribué à l'érosion des berges du fleuve et ont gravement dégradé la qualité de l'eau de la rivière Des Hurons qui, en conséquence, contient maintenant de fortes concentrations de phosphore, des matières solides en suspension et des pesticides. L'amélioration de la qualité de l'eau doit se faire grâce à la mobilisation et à la participation de tous les propriétaires fonciers riverains (littoral), des municipalités et des membres du secteur agricole.

Le projet de deux ans (2011-2012 à 2012-2013) a permis de réduire l'érosion et l'envasement des principaux cours d'eau afin d'améliorer la qualité de l'habitat du chevalier cuivré. En 2011-2012, le projet a défini les mesures appropriées nécessaires pour réduire l'érosion. En 2012-2013, les représentants de l'Union des producteurs agricoles se sont réunis avec 68 producteurs agricoles, ce qui a conduit 52 personnes à entreprendre diverses activités d'aménagement paysager (p. ex. plantation de végétation pour stabiliser le littoral, utilisation d'engrais verts sur 480 ha de cultures, 45 cascades remplies de roches pour empêcher l'érosion, 70 tuyaux d'évacuation protégés pour empêcher les éléments nutritifs d'atteindre le bassin versant et 11 jonctions de fossés créées pour réduire l'érosion des sols) qui ont permis de stabiliser les berges de rivière et de réduire le déversement d'éléments nutritifs afin d'améliorer au total 4,5 km de littoral. En outre, un comité composé de producteurs agricoles a été établi pour la protection du bassin versant de la rivière des Hurons et il continuera d'exister à l'issue du projet afin d'étudier et d'échanger de l'information sur les meilleures pratiques de gestion à utiliser sur les terres agricoles dans le bassin versant.

Toutes les activités entreprises par les producteurs agricoles ont visé à réduire la menace hautement prioritaire (érosion des sols du littoral et du lit du cours d'eau) décrite dans le programme de rétablissement du chevalier cuivré. Les améliorations de l'habitat qui découlent de ce projet devraient aider à empêcher d'autres dégradations par l'érosion des sols et l'envasement du cours d'eau. Les améliorations devraient également aider à réduire le déversement d'éléments nutritifs dans l'ensemble du bassin versant et, par conséquent, elles contribuent de façon importante à la qualité générale de l'habitat du chevalier cuivré.

Chevalier cuivré Photo : © COVABAR
Chevalier cuivré
Photo : © COVABAR

6.2.4 Fonds autochtones pour les espèces en péril

Le programme des Fonds autochtones pour les espèces en péril (FAEP) permet aux organisations et aux communautés autochtones de tout le Canada de participer aux efforts de protection et de rétablissement des espèces en péril. Le programme des FAEP contribue aussi à la protection et au rétablissement des habitats essentiels ou des habitats d'importance pour les espèces en péril qui se trouvent dans les réserves des Premières nations ou autour des réserves, ou encore dans les terres et les eaux utilisées traditionnellement par les Autochtones. Le programme est cogéré par Environnement Canada, Pêches et Océans Canada et Parcs Canada, avec l'appui du ministère des Affaires autochtones et Développement du Nord Canada et les conseils des organisations autochtones nationales.

Depuis sa création en 2004, le FAEP a fourni près de 22 millions de dollars à 631 projets et a obtenu une somme supplémentaire de 15 millions de dollars en fonds de contrepartie auprès des partenaires du projet. Au cours de l'exercice 2012-2013, le FAEP a versé 2,9 millions de dollars à 71 projets, dont un montant de 821 320 dollars à des projets ciblant les espèces aquatiques en péril. Ces projets ont entraîné des investissements additionnels de plus de 2,4 millions de dollars (en espèces et en nature) et ont fait participer 71 organisations et communautés autochtones bénéficiaires. Les projets financés ont profité à 181 espèces inscrites à la LEP, principalement de par la sensibilisation accrue des Autochtones aux espèces en péril, l'élaboration de stratégies, de directives et de pratiques, la réalisation d'études de suivi environnemental, de relevés et d'inventaires.

6.2.5 Fonds interministériel pour le rétablissement

Le Fonds interministériel pour le rétablissement (FIR) est administré par Environnement Canada. Créé en 2002, le FIR soutient les projets relatifs aux espèces en péril menés par les ministères fédéraux, les organismes et les sociétés d'État (autres qu'Environnement Canada, Pêches et Océans Canada et Parcs Canada). Les projets financés sont exécutés principalement sur le territoire domanial ou sur des terres relevant de la compétence d'organisations fédérales et concernent directement la mise en œuvre d'activités déterminées dans le cadre des programmes de rétablissement ou des plans d'action, ou la réalisation de relevés d'espèces en péril.

Au cours de ses onze premières années d'existence (de 2002 à 2013), le FIR a financé 649 projets, ce qui représente un investissement total de 19,4 millions de dollars. En 2012-2013, le FIR a appuyé 31 projets dans huit ministères fédéraux et quatre sociétés d'État. Collectivement, 1,1 million de dollars de financement du programme et un peu moins de 500 000 dollars provenant des chargés de projet ont été alloués pour appuyer les efforts déployés pour le rétablissement de 70 espèces en péril. En 2012-2013, 84,5 % des fonds du programme ont appuyé des mesures de rétablissement, tandis que 13,8 % des fonds ont soutenu les relevés et 1,6 % des fonds ont servi à deux projets de planification.

6.2.6 Sensibilisation et éducation

La LEP reconnaît que le patrimoine naturel du Canada fait partie intégrante de l'identité nationale et de l'histoire du pays. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages et de leurs habitats et l'éducation et la sensibilisation sont essentielles.

Des représentants d'Environnement Canada, de Pêches et Océans Canada et de Parcs Canada poursuivent leur collaboration en vue de promouvoir la conformité à la LEP et de faire en sorte que la population canadienne soit bien informée au sujet de la LEP et comprenne les responsabilités lui incombant en vertu de cette loi et soit mise au fait des occasions permettant de conserver les espèces en péril.

Environnement Canada a fourni une gamme de données notamment sous la forme de fiches de renseignements, de foires aux questions, de contenu Web et de séances d'information afin de sensibiliser les communautés et le public aux activités qui touchent les espèces en péril et leurs habitats. De plus, le Ministère a organisé des séances d'information à l'intention des collectivités autochtones et d'autres communautés d'intervenants, affiché des panneaux de signalisation, publié des brochures à l'intention des utilisateurs et mis sur pied des programmes de surveillance assurée par des bénévoles.

Environnement Canada continue d'informer les Canadiens et les Canadiennes au sujet des espèces en péril par son partenariat de longue date avec la Fédération canadienne de la faune dans l'administration du programme « Faune et flore du pays » et par l'élaboration et la diffusion des profils d'espèces dans le Registre public des espèces en péril.

Pêches et Océans Canada a poursuivi sa collaboration avec ses partenaires pour assurer les activités d'éducation et de sensibilisation, telles que les visites dans des écoles, les salons professionnels, les ateliers et les réunions avec l'industrie et la collectivité portant sur les menaces qui pèsent sur les espèces aquatiques en péril et sur la façon d'aider à les protéger. Voici quelques points saillants :

  • formation au désenchevêtrement de la tortue luth et au prélèvement d'échantillons, y compris les techniques de désenchevêtrement, les trousses d'échantillonnage et les fiches de données;
  • éducation des pêcheurs concernant l'importance de consigner et de signaler dans leur journal de bord toute prise d'espèce en péril et concernant la remise à l'eau rapide et sécuritaire de ces espèces lors de patrouilles côtières ou en port;
  • information aux conducteurs de bateau, aux kayakistes et au personnel de camps de pêche au sujet des directives « Respectez les baleines » sur la manière sécuritaire et responsable d'observer des mammifères marins à distance;
  • distribution de fiches d'information à environ 7 000 personnes concernées par la pêche au homard pour aider les pêcheurs à déterminer les espèces aquatiques visées par la LEP dans la région du Golfe.

Pêches et Océans Canada a organisé des réunions de groupe de travail opérationnel et portant sur la politique visant les espèces en péril à Moncton, au Nouveau-Brunswick, les 5 et 6 juin 2013. La simulation du sauvetage d'un mammifère marin avec les agents des pêches a eu lieu dans la baie de Shediac, ce qui a donné l'occasion de promouvoir la formation et le travail des agents des pêches du ministère qui interviennent auprès d'animaux marins échoués ou en détresse.

Le début de l'année 2013 a marqué la deuxième année d'une campagne appelée  « Wanted! North Atlantic Right Whales » (à la recherche des baleines noires de l'Atlantique Nord) pour trouver les zones situées à l'extérieur de l'habitat essentiel où les baleines noires de l'Atlantique Nord se regroupent. Des affiches ont été placées sur les quais, sur les panneaux d'affichage de la collectivité, sur les navires de la Garde côtière, dans les traversiers dans toutes les régions de la côte atlantique, dans les entreprises d'observation des baleines et dans les bureaux de zone de Pêches et Océans Canada afin d'obtenir des renseignements de la part du public concernant les observations de baleines noires de l'Atlantique Nord. Des brochures contenant des renseignements supplémentaires concernant le projet ont également été offertes. Le Ministère travaille actuellement à la création d'une liste d'endroits à partir desquels des rapports ont été reçus.

Au cours de l'année 2013, Pêches et Océans Canada a présenté 13 séances de sensibilisation dans tout l'Ontario, dont huit séances ont été organisées en partenariat avec les offices de protection de la nature. Étant donné que trois nouvelles espèces avaient été récemment inscrites et que les décrets de protection relatifs à l'habitat essentiel de six espèces de poissons et de dix espèces de moules en Ontario étaient en attente, une attention particulière a été accordée aux endroits où l'habitat essentiel existe, à la façon dont l'habitat essentiel est défini et à la manière dont les répercussions potentielles sur l'habitat essentiel pourraient être atténuées. Plus de 360 participants ont participé à ces séances, représentant un large éventail d'intervenants.

Outre les séances de sensibilisation, des efforts concertés ont été mis en œuvre en 2013 pour élaborer un document d'orientation de la LEP qui pourrait être consulté par d'autres organismes de réglementation (p. ex. les municipalités) ou des intervenants dans leurs processus de planification. Cette nouvelle initiative permettra d'informer les promoteurs de projet du besoin de se conformer aux exigences de la LEP dès le début du processus de planification du projet.

Pêches et Océans Canada a terminé une séance visant à informer les pêcheurs sur glace de turbot au Nunavut concernant l'identification correcte et les exigences de la LEP ainsi que sur la situation du loup atlantique, du loup tacheté et du loup à tête large. Cette séance été effectuée au cours des inspections de conformité et de surveillance annuelles de la pêche commerciale sur glace de turbot.

Parcs Canada encourage la protection des espèces en péril en invitant la population à participer aux efforts visant à atténuer les facteurs qui nuisent à la protection et au rétablissement des espèces en péril. En 2013, Parcs Canada a poursuivi la mise en œuvre de lignes directrices en matière de prévention de Parcs Canada. Ces lignes directrices appuient la mise en œuvre d'activités qui favorisent la sensibilisation et la compréhension à l'égard des espèces en péril et de leurs habitats.

À Parcs Canada, les activités de sensibilisation du public relatives aux espèces en péril ont lieu dans les parcs, les lieux historiques nationaux, les aires marines nationales de conservation et autour de ceux-ci dans l'ensemble du pays. Ces activités comprennent des programmes d'interprétation, des visites sur le terrain, des événements spéciaux, des programmes de bénévolat, des articles des médias et des ressources en ligne telles que du contenu Web et du contenu destiné aux médias sociaux. Les visiteurs bénéficient de l'occasion unique de découvrir eux-mêmes les endroits essentiels pour la protection d'espèces en péril.

De plus, Parcs Canada a mis en place un certain nombre de programmes nationaux de sensibilisation qui mettent l'accent sur un auditoire urbain afin de corriger le faible niveau de sensibilisation de ce public. En 2013, des efforts ont été consacrés à la sensibilisation auprès des jeunes, des familles et des nouveaux arrivants dans les trois plus grandes villes du Canada (Toronto, Montréal et Vancouver) et dans quelques autres zones urbaines. La création de cette sensibilisation et de ce premier contact avec les citadins aide à favoriser l'appui de la protection et de la gestion des espèces en péril.

Notes de bas de page

Note de bas de page 5

Le Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) regroupe les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables de la conservation et de la gestion des espèces en péril. Le Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril fournit, sous le régime de la LEP, une orientation générale sur les activités du COSEPAC, sur l'élaboration des programmes de rétablissement ainsi que sur la préparation et la mise en œuvre des plans d'action. Il coordonne également les activités relatives à la protection des espèces en péril menées par les différents gouvernements représentés au Conseil.

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