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Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Sommaire

Le présent programme national de rétablissement des espèces en péril des prés maritimes vise une espèce de papillon jugée disparue du pays, soit le marbré insulaire (Euchloe ausonides insulanus), une espèce de papillon en voie de disparition, soit le damier de Taylor (Euphydryas editha taylori), et sept espèces de plantes en voie de disparition ou menacées, soit la triphysaire versicolore (Triphysaria versicolor spp. versicolor), la sanicle patte-d'ours (Sanicula arctopoides), le grand silène de Scouler (Silene scouleri ssp. grandis), la castilléjie dorée (Castilleja levisecta), le lupin élégant (Lupinus lepidus var. lepidus), la sanicle bipinnatifide (Sanicula bipinnatifida) et le lotier splendide (Lotus formosissimus). Le programme de rétablissement des espèces en péril des prés maritimes s'inscrit dans le programme de rétablissement des chênaies de Garry et des écosystèmes associés élaboré par l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (GOERT, 2002).

Au Canada, ces espèces se retrouvent (ou se retrouvaient) principalement dans les chênaies de Garry et les écosystèmes associés, presque toujours dans des milieux se trouvant à basse altitude et près de la mer. Bien que la répartition de toutes ces espèces s'étende aux États-Unis, les populations canadiennes de bon nombre d'entre elles sont largement disjointes des populations états-uniennes. Les écosystèmes de pré maritime sont caractérisés par des hivers doux accompagnés de fréquents brouillards côtiers et des étés secs et frais. Ce type d'habitat, qu'on trouve le long des rivages et dans de petites îles, est naturellement fragmenté. Cependant, l'urbanisation a intensifié la fragmentation naturelle et les habitats restants, avec les espèces en péril qu'ils abritent, sont exposés à toutes sortes de menaces.

Approche en matière d'intendance

Pour mettre en œuvre une protection efficace des espèces en péril, il sera très important d'entreprendre des activités d'intendance à l'égard de terrains présentant divers régimes fonciers et notamment de terrains privés et de réserves des Premières Nations. Ces activités supposent une coopération volontaire des propriétaires des terrains visés en vue de protéger les espèces en péril et les écosystèmes nécessaires à leur survie. En effet, dans le préambule de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale, il est admis « que les activités d'intendance visant la conservation des espèces sauvages et de leur habitat devraient bénéficier de l'appui voulu pour éviter que celles-ci deviennent des espèces en péril » et « que tous les Canadiens ont un rôle à jouer dans la conservation des espèces sauvages, notamment en ce qui a trait à la prévention de leur disparition du pays ou de la planète ». De même, dans l'Accord sur les espèces en péril conclu entre le Canada et la Colombie-Britannique, il est reconnu que « l'intendance par les propriétaires de terres et de plans d'eau, ainsi que par leurs utilisateurs, est essentielle afin d'éviter que des espèces ne deviennent en péril et de protéger et rétablir les espèces qui sont en péril » et que « les mesures coopératives et volontaires sont les premières approches pour assurer la protection et le rétablissement des espèces en péril ».

Menaces

Une grande partie de l'habitat de pré maritime a été détruite, les zones restantes continuant dans certains cas d'être menacées par le développement urbain et étant très recherchées pour des activités récréatives. Les espèces en péril des prés maritimes sont menacées par l'envahissement de leur habitat par des arbustes et des graminées et autres herbacées exotiques. La fragmentation de l'habitat limite la dispersion des graines et des pollinisateurs, provoque l'isolement génétique des populations et limite la disponibilité des plantes hôtes des papillons. Dans le passé, ces écosystèmes étaient maintenus par les incendies. L'élimination des incendies a changé la composition, la densité et la structure de la végétation et a altéré le cycle des éléments nutritifs et augmenté la charge de combustible, limitant ainsi la possibilité de réintroduire les incendies dans la gestion de ces milieux. L'effondrement démographique, entraîné par une combinaison de facteurs environnementaux et génétiques, peut limiter la viabilité des espèces en péril. D'autres activités humaines, notamment le fauchage, les changements hydrologiques, la réintroduction des incendies, des activités d'entretien, la restauration des écosystèmes, la pulvérisation d'herbicides et autres pesticides et la culture de plantes non indigènes peuvent avoir des répercussions négatives sur les espèces en péril des prés maritimes. L'herbivorie, le pâturage, les changements climatiques, la pollution maritime et les invertébrés et vertébrés envahissants peuvent également constituer des menaces.

Buts et objectifs du rétablissement

Les buts à long terme du rétablissement de toutes ces espèces comprennent le maintien des populations existantes et l'élaboration de stratégies de gestion permettant d'atténuer les menaces connues. Pour la plupart des espèces, des translocations1 peuvent aussi être nécessaires pour assurer leur viabilité à long terme et faire en sorte qu'elles réoccupent leurs aires de répartition historique. Cela peut comprendre l'augmentation des populations existantes, la réintroduction de populations dans des endroits occupés dans le passé ou l'introduction de populations dans de nouveaux endroits.

Les objectifs à court terme suivants (de 5 à 10 ans), conçus pour atteindre les buts à long terme, sont énumérés par ordre décroissant de priorité pour ce qui est du rétablissement, leur importance pouvant toutefois varier d'une espèce à l'autre :

  1. Assurer la protection2 des populations existantes par voie d'intendance et par d'autres mécanismes.

  2. Faire en sorte que les propriétaires fonciers et gestionnaires des terres collaborent à la protection des habitats.

  3. Déterminer les contraintes liées au cycle biologique, à la dispersion et à l'habitat ainsi que les méthodes pour les atténuer.

  4. Trouver les causes de la disparition des espèces du pays ou de la diminution ou de la perte de populations.

  5. Élaborer et mettre en œuvre un plan de surveillance et de restauration des habitats pour les endroits où la présence de l'espèce est attestée ou, dans le cas d'une espèce disparue du pays, pour les lieux nécessaires au rétablissement.

  6. Repérer et classer par ordre de priorité les endroits à fouiller et effectuer des relevés pour déterminer si des populations non signalées sont présentes.

  7. Repérer les parcelles d'habitat potentiel en vue de l'établissement de nouvelles populations, tel que décrit dans les buts établis pour chaque espèce.

  8. Établir les priorités pour l'établissement de nouvelles populations et d'une population expérimentale par espèce (si indiqué selon les résultats pour l'objectif 7).

Approches stratégiques

Les mesures de rétablissement et approches présentées dans le présent programme de rétablissement visent l'atteinte des objectifs mentionnés ci-dessus et proposent des façons d'atténuer les menaces. Les mesures de rétablissement sont groupées sous sept approches stratégiques, énumérées ci-dessous grosso modo par ordre décroissant d'importance, leur importance pouvant varier d'une espèce à l'autre :

  1. Protection des habitats2
  2. Intendance des habitats
  3. Recherche
  4. Cartographie et inventaire
  5. Restauration des habitats
  6. Sensibilisation et éducation du public
  7. Établissement de populations expérimentales

Ce travail s'appuie sur les efforts de rétablissement déjà en cours entrepris par un ensemble d'agences, d'organismes et de propriétaires fonciers.

Incidences socioéconomiques du rétablissement

Le rétablissement des espèces en péril et la restauration des milieux menacés associés aux chênaies de Garry favoriseront la biodiversité, la santé et la productivité de l'environnement et une meilleure appréciation de ces espèces et milieux particuliers, ce qui aura globalement une utilité sociale dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. En effet, la beauté naturelle des chênaies de Garry et écosystèmes connexes de la vallée du Bas-Fraser, des îles Gulf et de l'île de Vancouver constitue une ressource importante pour la population de la province, en permettant une industrie récréotouristique vigoureuse. La protection de ces espaces naturels, de leur biodiversité et de leur potentiel récréatif est d'une immense valeur pour l'économie locale.

Les mesures de rétablissement pourraient affecter certaines activités socioéconomiques : activités récréatives; lotissement de terres privées; autres activités d'exploitation ou d'entretien. Cet impact devrait demeurer faible dans presque tous les cas.

Lacunes dans les connaissances

Des recherches sont nécessaires pour combler certaines lacunes dans les connaissances. Les lacunes suivantes sont énumérées par ordre décroissant de priorité pour ce qui est du rétablissement, leur importance pouvant toutefois varier d'une espèce à l'autre :

  1. Effets des espèces envahissantes et réponses des espèces envahissantes, des espèces en péril et des habitats aux mesures de gestion.
  2. Caractéristiques détaillées et délimitation des habitats propices.
  3. Information sur la démographie et la dispersion pour chaque espèce.
  4. Répartition exacte des espèces et nombres totaux de populations.
  5. Interactions trophiques et autres interactions écologiques.
  6. Méthodes de germination ou de multiplication ex situ pour les plantes et techniques de reproduction ou d'élevage en captivité pour les papillons.
  7. Études génétiques.

Des études supplémentaires permettront de mieux préciser les objectifs de restauration et les mesures de rétablissement.


1 La translocation est définie ici comme l'action de transférer des papillons (à un stade de développement ou l'autre) ou des plantes ou leurs propagules d'un endroit à un autre aux fins de conservation des espèces concernées.

2 Cet objectif pourra exiger toute forme de mesure de protection, y compris les ententes d'intendance ou de conservation visant les terains privés, l'établissement d'usages désignés pour les terres de la Couronne et la protection proprement dite dans les zones protégées de juridiction fédérale, provinciale ou locale.