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Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Information sur les espèces

1.13 Sanicle patte-d'ours (Sanicula arctopoides)

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Nom commun : Sanicle patte-d'ours

Nom scientifique : Sanicula arctopoides

Statut : Espèce en voie de disparition

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2001 (nouvelle)

Justification de la désignation : Espèce très limitée géographiquement avec seulement cinq populations se trouvant dans un centre urbain majeur et sur de petites îles adjacentes où la perte de l'habitat a encore lieu et où les plantes exotiques représentent des risques importants.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en mai 2001. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

1.13.1 L'espèce

Le Sanicula arctopoides Hooker et Arn. est un taxon bien défini selon la description fournie dans le rapport de situation du COSEPAC (Donovan et Douglas, 2000). Kartesz (1994) ne reconnaît aucun taxon intraspécifique chez cette espèce.

La sanicle patte-d'ours est une plante vivace à racine pivotante et à tiges étalées ou ascendantes (5 à 30 cm de longueur). Les feuilles basilaires sont disposées en rosette, irrégulièrement dentées, plutôt succulentes, souvent jaunâtres. Les feuilles caulinaires sont réduites. Les fleurs ont une corolle jaune vif entourée d'un involucelle apparent et sont disposées en ombelles compactes plus ou moins nombreuses. Les graines sont incluses dans un schizocarpe ovoïde recouvert de gros piquants terminés par des crochets. La sanicle patte-d'ours se distingue des autres espèces de sanicles par son port procombant et ses involucelles apparents (Douglas et al.,1998a; Donovan et Douglas, 2001).

1.13.2 Répartition

La sanicle patte-d'ours est présente le long de la côte du Pacifique depuis le sud de l'île de Vancouver jusqu'au centre de la Californie (figure 4). Les populations canadiennes sont isolées par une distance d'environ 150 km des populations les plus proches, établies le long de la côte au centre de l'État de Washington. La cote S1 a été attribuée à la sanicle patte-d'ours dans l'État de Washington, et la cote SNR lui a été attribuée en Californie et en Oregon (NatureServe, 2004).

Au Canada, l'espèce est présente seulement à Victoria et dans son voisinage immédiat, en Colombie-Britannique. Les aires de répartition historique et actuelle forment une étroite bande de littoral mesurant environ 100 km de longueur sur seulement environ 50 m de largeur. La zone d'occurrence n'a donc jamais couvert plus d'environ 5 km². Le rapport de situation du COSEPAC estime la superficie de la zone d'occupation de l'espèce à 3 614 . La superficie combinée des territoires occupés par les populations subséquemment documentées à la pointe Rocky et dans les îles Discovery et Mary Tod est inférieure à 200 . Les populations de l'île Chain, de la baie Cadboro, de la pointe Clover, du mont Beacon et de la baie Foul, aujourd'hui disparues, n'ont probablement jamais occupé plus de 1 000 . D'après ces données, la zone d'occupation actuelle de l'espèce au Canada est estimée à 3 814 . Cette estimation est inférieure à la valeur historique, qui a déjà atteint 4 814 .

Figure 4. Répartition mondiale et canadienne du Sanicula arctopoides.
(La répartition mondiale est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations disparues sont désignées par un triangle, et les populations existantes, par une étoile.)
Figure 4. Répartition mondiale et canadienne du Sanicula arctopoides. (La répartition mondiale est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations disparues sont désignées par un triangle, et les populations existantes, par une étoile.)

1.13.3 Tendances des populations et de la répartition

Le rapport de situation du COSEPAC fait état de cinq populations existantes, d'une population au statut « inconnu » et de quatre populations disparues (Donovan et Douglas, 2000). Depuis la publication de ce rapport, quatre nouvelles populations ont été découvertes, et la disparition d'une autre population, à la pointe Cattle, a été confirmée. La sanicle patte-d'ours est donc représentée actuellement par neuf populations, et il semble que trois à quatre populations aient disparu (tableau 12).

Tableau 12. Stations canadiennes du Sanicula arctopoides
PopulationRégime foncierDonnées tirées du rapport de situationDonnées obtenues subséquemment
DateObservateursNombre d'individusDateObservateursNombre d'individus
Îlot AlphaRéserve écologique provinciale1999Donovan et Douglas52Aucune donnée obtenue subséquemment
Île TrialPopulation établie sur des terres provinciales désignées réserve écologique, des terres provinciales cédées à bail à une société de radiocommunications et des terres fédérales gérées par la Garde côtière canadienne.1999Donovan et Penny6 015Aucune donnée obtenue subséquemment
Pointe HarlingTerrain privé désigné lieu historique national1999Donovan et Douglas812002Fairbarns50 à 70 sujets en fleurs
Pointe SaxeMunicipalité d'Esquimalt (lieu désigné parc urbain)1999Donovan1 145Aucune donnée obtenue subséquemment
Île BentinckTerres fédérales gérées par le ministère de la Défense nationale1999Donovan et Penny712002Fairbarns3
Île DiscoveryParc provincialNon mentionnées2002Fairbarns12
Île Mary TodMunicipalité d'Oak Bay (lieu zonée pour utilisation comme parc)2001Douglas~ 100
Île SwordfishTerres fédérales gérées par le ministère de la Défense nationale2003Fairbarns6
Pointe ChurchTerres fédérales gérées par le ministère de la Défense nationale2002-2003Fairbarns10
Pointe CattleMunicipalité d'Oak Bay (lieu désigné parc urbain)2003FairbarnsDisparue
Baie FoulInconnu1942HardyDisparuesPossiblement la même que la population de la pointe Harling (voir ci-dessus)
Baie CadboroInconnu1913TaylorAucune donnée obtenue subséquemment
Pointe CloverVille de Victoria (lieu désigné parc urbain)1913Macoun
Mont BeaconVille de Victoria (lieu désigné parc urbain)1938Eastham
Île ChainRéserve écologique provinciale1897AndersonInconnu2002FairbarnsDisparue

On ignore quelle était la taille de la population totale canadienne dans le passé. Le rapport de situation du COSEPAC estime la taille de la population totale à 7 364 individus. Cette valeur englobe toutefois les sujets florifères et non florifères. La découverte récente de nouvelles populations fait légèrement grimper cette estimation. Malheureusement, il n'existe aucune estimation précise de la population reproductrice, critère sur lequel se fonde le COSEPAC pour établir le statut des espèces.

1.13.4 Caractéristiques biotiques et abiotiques de l'habitat

La sanicle patte-d'ours pousse dans des prés maritimes secs. Les renseignements suivants sur la structure de l'écosystème de la sanicle patte-d'ours sont tirés du rapport de situation du COSEPAC. Cette description est enrichie d'informations amassées dans le cadre de relevés de la végétation récents (Fairbarns, obs. pers., 2004). Les prés abritant la sanicle patte-d'ours se trouvent à moins de 10 m au-dessus du niveau de la mer. Leurs sols ont plus de 15 cm de profondeur et demeurent humides durant tout l'hiver, mais ils s'assèchent jusqu'au point de flétrissement permanent à la fin du printemps. Ces milieux n'ont jamais été labourés ni fauchés, mais certains ont été légèrement broutés par le bétail et ont fort probablement déjà été touchés par des incendies dans le passé.

L'exposition aux vents et aux embruns salés et la sécheresse extrême des sols peu profonds empêchent la croissance des arbres. Ces mêmes stress environnementaux expliquent également l'absence d'arbustes, quoique le salal (Gaultheria shallon), le rosier de Nootka (Rosa nutkana) ou le genêt à balais (Cytisus scoparius), espèce exotique, s'y rencontrent occasionnellement.

La strate herbacée est généralement dominée par un mélange d'espèces indigènes et introduites. Les principales espèces indigènes sont des herbacées non graminoïdes (grindélie à grandes feuilles [Grindelia integrifolia], arméria maritime [Armeria maritima], céraiste des champs [Cerastium arvense], lotier à petites fleurs [Lotus micranthus], lotier des prairies [Lotus unifoliolatus], tritéléia fausse-jacinthe [Triteleia hyacinthina], plantain à feuilles linéaires [Plantago elongata], triphysaire naine [Triphysaria pusilla]), mais quelques graminoïdes indigènes (danthonie de Californie [Danthonia californica], luzule multiflore [Luzula multiflora], pâturin des plages [Poa confinis]) peuvent également s'y rencontrer.

Parmi les espèces introduites, diverses graminées (brome raide [Bromus rigidus], brome mou [B. hordeaceus], crételle hérissée [Cynosurus echinatus], fétuque rouge [Festuca rubra], canche précoce [Aira praecox], vulpies [Vulpia spp.]) et herbacées non graminoïdes (porcelle enracinée [Hypochaeris radicata], plantain lancéolé [Plantago lanceolata], silène de France [Silene gallica], petit trèfle jaune [Trifolium dubium]) sont souvent présentes, et n'importe laquelle de ces espèces peut dominer à une station donnée.

Les mousses et les lichens occupent généralement de faibles superficies, mais le Dicranum scoparium, le Racomitrium canescens, l'Homalothecium sp. et le Cladonia portentosa sont souvent présents.

1.13.5 Cycle annuel

Le rapport de situation du COSEPAC fournit peu d'informations sur le cycle annuel de la sanicle patte-d'ours. Une recherche effectuée subséquemment a cependant généré des données pertinentes sur le sujet (Fairbarns, en prép. c.).

La germination survient en janvier ou en février, selon les conditions météorologiques et les caractéristiques de la station. La mortalité des semis est faible au début, et la plupart des jeunes sujets ont le temps de produire une à trois feuilles avant l'arrivée de la sécheresse estivale. La plupart des populations sont si denses qu'il est impossible de déterminer le taux de survie individuel des semis au terme de la période de dormance estivale. La forte densité des populations de cette vivace monocarpique donne à croire que la survie des semis durant la première saison de sécheresse est relativement élevée.

Une fois la saison de sécheresse estivale/automnale passée, les sujets établis produisent un nouveau feuillage. Les nouvelles rosettes peuvent se former dès septembre si des pluies viennent humidifier le sol en fin d'été, mais normalement, la dormance des jeunes sujets est levée seulement en octobre ou au début de novembre. Les sujets continuent de croître lentement durant tout l'hiver et commencent à dépérir en mai. La plupart des tiges sont mortes en juin, mais quelques grandes rosettes non florifères peuvent survivre jusqu'au début de juillet.

Les bourgeons floraux sont habituellement apparents à la mi-février, et la floraison atteint son point culminant en mars ou au début d'avril. Les fruits immatures sont apparents à la mi-mai et parviennent à maturité en juin. La libération des fruits se poursuit durant une période assez longue, et de nombreux individus conservent jusqu'à 20 % de leurs fruits jusqu'en octobre. La dispersion des fruits est généralement assurée par des animaux qui entrent en contact avec les plantes, mais elle peut également survenir lorsque les tiges fructifères mortes se rompent et roulent sur le sol.