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Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Information sur les espèces

1.15 Castilléjie dorée (Castilleja levisecta)

Nom commun : Castilléjie dorée

Nom scientifique : Castilleja levisecta

Statut : Espèce en voie de disparition

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2000 (dans une catégorie de risque plus élevée)

Justification de la désignation : Aire de répartition très limitée ainsi que perte de presque la moitié des populations historiques. Menaces continues provenant de la propagation des plantes exotiques

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en avril 1995. Réexamen du statut : l'espèce a été désignée « en voie de disparition » en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant accompagné d'un addenda.

1.15.1 L'espèce

Le Castilleja levisecta Hooker est un taxon bien défini selon la description fournie dans le rapport de situation du COSEPAC(Douglas et Ryan, 1995).

La castilléjie dorée est une herbacée vivace à plusieurs tiges, à port dressé (10 à 50 cm de hauteur), naissant d'une souche ligneuse. Les feuilles, glanduleuses, pubescentes et alternes, sont entières (feuilles inférieures) à trilobées (feuilles supérieures). L'inflorescence est un épi terminal garni de bractées jaune doré cachant les fleurs, peu visibles. Les capsules sèches contiennent un grand nombre de graines minuscules (Douglas et al., 2000; Ryan et Douglas, 1995).

1.15.2 Répartition

La castilléjie dorée se rencontre à Victoria et dans la région avoisinante dans la portion sud de l'île de Vancouver et dans les îles situées au large, jusque dans la portion sud du bassin de Puget (figure 6). Elle est cotée S1 dans l'État de Washington, et elle est disparue de l'Oregon (SH) et du sud-ouest de l'État de Washington (NatureServe 2004).

Les aires de répartition historique et actuelle correspondent approximativement à l'ancienne zone d'occurrence d'environ 300 km² (BC Conservation Data Centre, 2004). La zone d'occurrence actuelle est d'environ 2 à 3 km²; des relevés de végétation récents indiquent que la zone d'occupation actuelle couvre environ 50 000 à 60 000  (5 à 6 ha).

Figure 6. Répartition mondiale et canadienne du Castilleja levisecta.
La répartition mondiale est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations disparues sont désignées par un triangle, et les populations existantes, par une étoile.)
Figure 6. Répartition mondiale et canadienne du Castilleja levisecta. La répartition mondiale est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations disparues sont désignées par un triangle, et les populations existantes, par une étoile.)

1.15.3 Tendances des populations et de la répartition

Le rapport de situation du COSEPACdécrit trois « populations » existantes et sept autres populations qui ont disparu ou pour lesquelles on ne dispose d'aucune donnée récente (tableau 14). Une des populations mentionnées dans le rapport de situation a disparu depuis la publication du rapport, laissant seulement deux populations existantes.

Le rapport de situation du COSEPACestime la taille de la population totale à 3 563 individus. Une estimation de 2002 évalue à 8 850 la population totale, mais les opinions sont partagées concernant la validité de cette estimation (BC Conservation Data Centre, 2004).

Tableau 14. Stations canadiennes du Castilleja levisecta
PopulationRégime foncierDonnées tirées du rapport de situationDonnées obtenues subséquemment
DateObservateursNombre d'individusDateObservateursNombre d'individus
Îlot AlphaRéserve écologique provinciale1994Cannings1 0002002
2004
Fairbarns
Penny
2 400
4 000
Île TrialPopulation établie sur des terres provinciales désignées réserve écologique, des terres provinciales cédées à bail à une société de radiocommunications et des terres fédérales gérées par la Garde côtière canadienne.1992Douglas2 5602002Fairbarns6 450
Parc Beacon HillVille de Victoria (lieu désigné parc urbain)1991Brayshaw32004FairbarnsDisparue
Falaises DallasVille de Victoria (lieu désigné parc urbain)1969ClarkDisparueCette mention se rapporte à une sous-population disparue de la population du parc Beacon Hill
Cedar HillMunicipalité de Saanich (apparemment sur des terres municipales aujourd'hui désignées parc urbain)1887MacounDisparue

 

 

Aucune donnée obtenue subséquemment;
populations présumées disparues

Lac Lost
(Lac Blenkinsop)
Inconnu1945HardyDisparue
Baie FoulInconnu1918CarterDisparue
Route Patricia BayInconnu1954MelburnDisparue
SidneyInconnu1927GoddardInconnu
WellingtonInconnu1898FletcherInconnu

1.15.4 Caractéristiques biotiques et abiotiques de l'habitat

La castilléjie dorée pousse dans des prés maritimes mésiques. Les renseignements suivants sur la structure de l'écosystème de la castilléjie dorée sont tirés du rapport de situation du COSEPAC. Cette description est enrichie d'informations amassées dans le cadre de relevés de la végétation effectués subséquemment (Fairbarns, obs. pers., 2004; Chappell, 2004a). Les prés convenant à l'espèce sont situés à moins de 30 m au-dessus du niveau de la mer. Les sols ont une profondeur de plus de 30 cm et demeurent humides en hiver, mais ils s'assèchent jusqu'au point de flétrissement permanent à la fin de l'été. Les milieux abritant l'espèce n'ont jamais été labourés ni fauchés, mais certains ont été légèrement broutés par le bétail et ont probablement déjà été touchés par des incendies dans le passé.

Les arbres sont rarement présents, et leur abondance et la densité de leur couvert ne sont jamais élevées en raison des effets conjugués de l'exposition aux vents et aux embruns salés et de la sécheresse des sols, peu profonds.

Les arbustes sont habituellement absents ou forment des fourrés épars, mais quelques espèces introduites (genêt à balais [Cytisus scoparius], daphné lauréole [Daphne laureola], ajonc d'Europe [Ulex europaeus]) sont occasionnellement abondantes. Certaines espèces indigènes (mahonia à feuilles de houx [Mahonia aquifoilium], symphorine blanche [Symphoricarpos albus]) sont fréquemment présentes, mais rarement abondantes.

La strate herbacée est généralement dominée par un mélange d'espèces indigènes et introduites. Les principales espèces indigènes sont des herbacées non graminoïdes (camassie camash [Camassia quamash], camassie de Suksdorf [C. leichtlinii], fraisier des champs [Fragaria virginiana], lomatium à tige nue [Lomatium nudicaule], lomatium utriculé [L. utriculatum], fougère-aigle [Pteridium aquilinum], sanicle à tige charnue [Sanicula crassicaulis], tritéléia fausse-jacinthe [Triteleia hyacinthina]), mais quelques graminoïdes indigènes (deschampsie cespiteuse [Deschampsia cespitosa], élyme glauque [Elymus glaucus]) peuvent être présentes.

Parmi les herbacées introduites, diverses graminées (flouve odorante [Anthoxanthum odoratum], fétuque rouge [Festuca rubra], pâturin des prés [Poa pratensis], vulpie faux-brome [Vulpia bromoides]) et espèces non graminoïdes (porcelle enracinée [Hypochaeris radicata], plantain lancéolé [Plantago lanceolata], vesce cultivée [Vicia sativa]) sont souvent présentes, et n'importe laquelle de ces espèces peut dominer à une station donnée.

Les mousses et les lichens occupent habituellement de faibles superficies, mais le Cladina portentosa et le Dicranum scoparium peuvent être modérément abondants.

1.15.5 Cycle annuel

Les informations fournies dans le rapport de situation du COSEPACont été actualisées par des relevés de la végétation effectués subséquemment à l'île Trial et des observations occasionnelles à l'îlot Alpha (Fairbarns, en prép. a.).

Les sujets établis produisent de nouvelles pousses une fois la période de sécheresse estivale/automnale passée. La dormance des bourgeons au niveau du collet peut être levée dès le mois d'août si des pluies viennent humidifier le sol en fin d'été. La croissance des jeunes tiges est rapide tant que les températures demeurent élevées. En 2004, un faible pourcentage des nouvelles tiges ont produit des fleurs dès la mi-octobre.

Normalement, toutefois, le sol n'est pas assez humide pour provoquer la levée de la dormance avant le milieu de l'automne, et la croissance des tiges, qui s'effectue tout juste au-dessus de la surface du sol, est alors ralentie par le temps frais. En début de croissance, les entre-nœuds sont très rapprochés et les feuilles sont minuscules et regroupées près du collet, donc difficiles à voir. La croissance en longueur des tiges débute à la fin de février ou en mars, et les tiges atteignent généralement leur taille définitive à la fin de mai ou au début de mai. La floraison coïncide avec l'achèvement de la croissance végétative, à la fin d'avril et au début de mai. Les fruits immatures sont abondants en juin, et la plupart des fruits sont déjà mûrs à la fin de juillet. La dispersion des graines débute à la fin d'août et se poursuit jusqu'à la fin de novembre ou au début de décembre.

La castilléjie dorée est une plante parasite des racines (hémiparasite). L'association entre cette espèce et d'autres espèces hémiparasites apparentées et leurs hôtes est relativement aléatoire, et un grand nombre d'espèces végétales peuvent être parasitées (Atsatt et Strong, 1970).

1.15.6 Facteurs limitatifs sur le plan biologique

Aucun semis encore pourvu de ses cotylédons n'a été observé sur le terrain au cours de trois années d'étude, mais des semis ont été trouvés en mars 2004 dans une aire expérimentale située à proximité de la parcelle de l'île Trial. Il semble que la germination ou la survie de jeunes semis soient des événements rares qui s'observent uniquement au cours d'années particulièrement favorables. Il est difficile de déterminer si les faibles taux de recrutement résultent d'un faible taux de germination ou d'une forte mortalité des jeunes semis, car les semis sont extrêmement petits et difficiles à distinguer de ceux d'autres espèces présentes dans la région. Le caractère intermittent de la reproduction chez la castilléjie dorée semble limiter le potentiel de rétablissement de l'espèce.