Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Information sur les espèces

1.17 Sanicle bipinnatifide (Sanicula bipinnatifida)

Nom commun name : Sanicle bipinnatifide

Nom scientifique : Sanicula bipinnatifida

Statut : Espèce menacée

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2001 (nouvelle)

Justification de la désignation : Espèce limitée géographiquement et ayant une petite aire de répartition dans les biocénoses des chênes de Garry se trouvant dans une région urbanisée importante, en péril en raison de la perte et de la détérioration de l'habitat et de l'incidence des plantes exotiques.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « menacée » en mai 2001. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

1.17.1 L'espèce

Le Sanicula bipinnatifida Hooker est un taxon bien défini selon la description fournie dans le rapport de situation (Penny et Douglas, 2000). Kartesz (1994) ne reconnaît aucun taxon intraspécifique chez cette espèce.

La sanicle bipinnatifide est une plante vivace dressée (10 à 60 cm de hauteur) à tiges ramifiées et à racine pivotante. Les feuilles, basales ou insérées sur la partie inférieure des tiges, sont pinnatifides, avec un rachis denté et ailé. Les fleurs, à corolle violette et à involucelle peu apparent, sont groupées en ombelles compactes plus ou moins nombreuses. Le fruit est un schizocarpe ovoïde hérissé d'aiguillons crochus. La sanicle bipinnatifide se distingue des autres sanicles par son involucelle peu apparent et ses fleurs violet foncé (Douglas et al., 1998a; Penny et Douglas, 2001).

1.17.2 Répartition

La sanicle bipinnatifide se rencontre le long de la côte du Pacifique et dans les vallées intérieures depuis le sud de l'île de Vancouver jusqu'à la Basse-Californie (figure 8). Aucune cote (SNR) ne lui a été attribuée en Californie, en Oregon et dans l'État de Washington (NatureServe 2004). Les populations du bassin de Géorgie-Puget Sound semblent séparées par environ 100 km des populations principales, qui atteignent la limite nord de leur aire le long du Columbia.
Au Canada, la sanicle bipinnatifide est confinée à une petite région du sud-est de l'île de Vancouver et à la portion sud des îles Gulf. D'après les mentions les plus récentes, la zone d'occurrence de l'espèce est estimée à environ 3 500 km², et la zone d'occupation au Canada, à 2 à 3 ha (BC Conservation Data Centre, 2004; Fairbarns, obs. pers., 2004).

Figure 8. Répartition mondiale et canadienne du Sanicula bipinnatifida.
(La répartition mondiale, dont l'étendue en Basse-Californie est incertaine, est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations disjointes, dont la situation est incertaine, sont désignées par une étoile.)
Figure 8. Répartition mondiale et canadienne du Sanicula bipinnatifida. (La répartition mondiale, dont l'étendue en Basse-Californie est incertaine, est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations disjointes, dont la situation est incertaine, sont désignées par une étoile.)

1.17.3 Tendances des populations et de la répartition

Le rapport de situation du COSEPAC décrit quatorze « populations » existantes, cinq disparues et sept dont la situation est inconnue (tableau 16) (Penny et Douglas, 2000).

La description de populations séparées par moins de 1 000 m comme des sous-populations (le critère utilisé par défaut par le Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique pour reconnaître des populations distinctes) et des relevés effectués subséquemment portent à 20 le nombre de populations présumées existantes et à 5 à 6 le nombre de populations présumées disparues.

La taille estimée de la population totale augmente légèrement avec la découverte récente de nouvelles sous-populations, mais il n'existe aucune estimation précise des effectifs reproducteurs. Le rapport de situation du COSEPAC estime la population totale à 3 692 individus (sujets florifères et non florifères).

Tableau 16. Stations canadiennes du Sanicula bipinnatifida
PopulationRégime foncierDonnées tirées du rapport de situationDonnées obtenues subséquemment
DateObservateursNombre d'individusDateObservateursNombre d'individus
Îlot FloraRéserve écologique provinciale1976PojarInconnuAucune donné obtenue subséquemment
Crête Brown, île SaturnaTerrain privé1996Janszen140Aucune donné obtenue subséquemment
East Point, île SaturnaTerres fédérales gérées par la Garde côtière canadienneDisparuePrésumée disparue
Parc Dionisio, île GalianoParc provincial1993Roemer1Aucune donné obtenue subséquemment
Île Little D'ArcyTerrain privé1977A. CeskaInconnuAucune donné obtenue subséquemment
Îlot AlphaRéserve écologique provinciale1981A. CeskaInconnu2002A. Ceska11
Île DiscoveryParc provincialNon mentionnée2002Fairbarns5
Île TrialTerre provinciale cédée à bail à une société de radiocommunicationsNon mentionnée2004FairbarnsEnviron 40
R.E. TzuhalemRéserve écologique provinciale1999Penny94Aucune donné obtenue subséquemment
R.I. TzuhalemRéserve indienne fédérale1999Penny et Douglas75Aucune donné obtenue subséquemment
SidneyInconnu1927GoddardInconnuPrésumée disparue
Cedar HillInconnu1897MacounDisparueMême population que celle du mont Douglas?
Mont Douglas (même population que celle du chemin Blenkinsop et de Cedar Hill?)Municipalité de Saanich (lieu désigné parc urbain)1953MelburnInconnu2004Fairbarns2
District de CloverdaleInconnu1919NewcombeDisparuePrésumée disparue
Pointe Ten MileInconnu1942EasthamInconnuPrésumée disparue
Chemin BlenkinsopInconnu1939InconnuInconnuMême population que celle du mont Douglas?
Glencoe CoveMunicipalité de Saanich (lieu désigné parc urbain)1999Penny6Aucune donné obtenue subséquemment
Tourbière Rithet'sMunicipalité de Saanich (lieu désigné parc urbain)1999Penny et Hartwell242004Ansell~ 20
Uplands ParkMunicipalité d'Oak Bay (lieu désigné parc urbain)1983Van DierenDisparue2004FairbarnsSous-population disparue; même population qu'à Cattle Point
Pointe CattleMunicipalité d'Oak Bay (lieu désigné parc urbain)1999Penny et Douglas2152004Fairbarns> 300
Pointe HollandVille de Victoria (lieu désigné parc urbain)1999Penny63Aucune donné obtenue subséquemment
Pointe MacaulayTerres fédérales appartenant au ministère de la Défense nationale mais cédées à bail à la Municipalité d'Esquimalt pour utilisation comme parc1999Penny et Donovan1014Aucune donnée obtenue subséquemment
Golf HillTerres fédérales appartenant au ministère de la Défense nationale1976A. CeskaDisparuePrésumée disparue; même population que celle de la pointe Macaulay, située à <1 km
Voisinage de Francis KingTerrain privé1999Penny131999Roemer12
Lac ThetisTerre du district régional de la capitale désignée parc2000Ussery et Fleming152Aucune donnée obtenue subséquemment
Mill HillTerre du district régional de la capitale désignée parc1999Penny et Fleming1272003
2004
Roemer309
533
Chemin NeildTerrain privé1999Penny630Aucune donnée obtenue subséquemment
Lieu historique national Fort Rodd HillTerres fédérales gérées par Agence Parcs Canada1966AshleeInconnu2002FairbarnsDisparue
Albert HeadTerres fédérales appartenant au ministère de la Défense nationale1999Penny et Donovan1 014Aucune donnée obtenue subséquemment

1.17.4 Caractéristiques biotiques et abiotiques de l'habitat

La sanicle bipinnatifide pousse dans des prés maritimes mésiques et des prés situés en terrain élevé. Les renseignements suivants sur la structure de l'écosystème de la sanicle bipinnatifide sont tirés du rapport de situation du COSEPAC. Cette description est enrichie d'informations amassées dans le cadre de relevés de la végétation récents (Fairbarns, obs. pers., 2004). La plupart des prés convenant à l'espèce sont situés à moins de 30 m au-dessus du niveau de la mer, mais les populations du mont Hill, du mont Tzuhalem et de la crête Brown se trouvent à des altitudes variant entre 100 et 300 m d'altitude, et celle du mont Douglas, aujourd'hui disparue, se trouvait également à plus de 30 m au-dessus du niveau de la mer. Les sols ont une profondeur de plus de 30 cm et demeurent humides en hiver, mais ils s'assèchent jusqu'au point de flétrissement permanent au début de l'été. Les milieux abritant l'espèce n'ont jamais été labourés ni fauchés, mais plusieurs ont été légèrement broutés par le bétail et ont fort probablement déjà été touchés par des incendies dans le passé.

Des arbres sont parfois présents, mais leur abondance et la densité de leur couvert sont rarement élevées en raison des effets conjugués du vent, des embruns salés ou de la sécheresse des sols, peu profonds. L'importance du couvert arbustif varie considérablement d'une station à l'autre, et le genêt à balais (Cytisus scoparius), l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus) et le lupin en arbre (Lupinus arboreus), trois espèces introduites, sont parfois abondants.

La strate herbacée est dominée par un mélange d'espèces indigènes et introduites. Les principales espèces indigènes sont des herbacées non graminoïdes (grindélie à grandes feuilles [Grindelia integrifolia], lomatium à tige nue [Lomatium nudicaule], fougère-aigle [Pteridium aquilinum]), mais quelques graminoïdes indigènes (brome caréné [Bromus carinatus], danthonie de Californie [Danthonia californica]) peuvent également être présentes.

Parmi les herbacées introduites, diverses graminées (brome mou [Bromus hordeaceus], dactyle pelotonné [Dactylis glomerata], ivraie vivace [Lolium perenne], vulpie faux-brome [Vulpia bromoides]) et espèces non graminoïdes (porcelle enracinée [Hypochaeris radicata], plantain lancéolé [Plantago lanceolata], petite oseille [Rumex acetosella], petit trèfle jaune [Trifolium dubium], vesce cultivée [Vicia sativa]) sont souvent présentes, et n'importe laquelle de ces espèces peut dominer à une station donnée.

Les mousses et les lichens occupent habituellement de faibles superficies.

1.17.5 Cycle annuel

Les informations fournies dans le rapport de situation du COSEPAC ont été actualisées par des relevés de la végétation réalisés subséquemment à l'île Trial et à la pointe Macaulay et des observations effectuées dans d'autres stations canadiennes (Fairbarns, en prép. d.).

Les sujets établis produisent de nouvelles pousses en janvier ou en février. Leur croissance est lente jusqu'à la fin de l'hiver ou au début du printemps, mais elle s'accélère en avril et au début de mai. Les tiges commencent à se flétrir et à dépérir lorsque les conditions de sécheresse s'installent vers la mi-mai. La plupart des tiges sont mortes à la fin de juin ou au début de juillet.

Les bourgeons floraux sont habituellement bien développés à la mi-avril, et la floraison atteint son point culminant à la fin d'avril et au début de mai. Les fruits sont apparents à la fin de mai et parviennent à maturité en juin. La libération des fruits se prolonge sur une longue période, et de nombreux plants conservent jusqu'à 20 % de leurs fruits jusqu'en octobre. La dispersion des fruits hérissés d'aiguillons est assurée par les animaux qui entrent en contact avec les sujets reproducteurs.

1.17.6 Facteurs limitatifs sur le plan biologique

La germination survient entre la mi-février et la mi-avril. Au début, la mortalité des jeunes semis peut être passablement élevée, au point où seuls quelques sujets parviennent à produire un véritable feuillage. Seule une faible proportion des sujets qui ont germé parviennent à survivre à la période de dormance subséquente.