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Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Information sur les espèces

1.18 Lotier splendide (Lotus formosissimus)

Nom commun : Lotier splendide

Nom scientifique : Lotus formosissimus

Statut : En voie de disparition

Dernier examen ou dernière modification :Mai 2000 (aucune modification)

Justification de la désignation : Les quelques populations restantes et leur aire d'occurence connaissent un déclin en raison de la concurrence des plantes étrangères envahissantes et des lapins.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1996. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

1.18.1 L'espèce

Le Lotus formosissimus Greene est un taxon bien défini selon la description fournie dans le rapport de situation du COSEPAC (Ryan et Douglas, 1996). Kartesz (1994) ne reconnaît aucun taxon intraspécifique chez cette espèce.

Le lotier splendide est une espèce vivace à tiges traînantes (20 à 50 cm) issues de stolons ou de rhizomes. Les feuilles sont alternes, pennées et habituellement composées de 5 folioles arrondies à ovées. L'inflorescence est une ombelle de 3 à 9 fleurs rose et jaune ressemblant à des fleurs de pois. Les graines, peu nombreuses, sont contenues dans des gousses linéaires à oblongues. Le lotier splendide se distingue des autres Lotus par le fait qu'il est vivace et par ses grandes stipules membraneuses sur les feuilles et ses fleurs rose et jaune (Douglas et al. 1999a; Ryan et Douglas, 1996a).

1.18.2 Répartition

Le lotier splendide se rencontre le long de la côte du Pacifique depuis le sud de l'île de Vancouver jusqu'au centre de la Californie (figure 9). Aucune cote (SNR) ne lui a été attribuée dans l'État de Washington, en Oregon et en Californie (NatureServe, 2004). Les populations canadiennes sont séparées par environ 160 km des populations les plus rapprochées, réparties le long de la portion centrale de la côte de l'État de Washington.

Au Canada, les aires de répartition historique et actuelle du lotier splendide forment approximativement une bande côtière allongée et étroite d'environ 60 km de longueur sur seulement 50 m de largeur. En conséquence, la zone d'occurrence n'a jamais dépassé près de 3 km². Le rapport de situation du COSEPAC estime la zone d'occupation totale au Canada à 155 , mais une estimation plus récente fait grimper sa superficie à presque 200 .

Figure 9. Répartition mondiale et canadienne du Lotus formosissimus.
(La répartition mondiale est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations existantes sont désignées par une étoile, et la population disparue, par un triangle.)
Figure 9. Répartition mondiale et canadienne du Lotus formosissimus. (La répartition mondiale est illustrée à gauche, et la répartition canadienne, à droite. Pour le Canada, les populations existantes sont désignées par une étoile, et la population disparue, par un triangle.)

1.18.3 Tendances des populations et de la répartition

Le rapport de situation du COSEPAC décrit deux populations existantes, une population historique et deux populations qui étaient présumées disparues. Des recherches réalisées subséquemment ont confirmé l'existence de cinq populations au Canada et d'une population présumée disparue (BC Conservation Data Centre, 2004).

Le rapport de situation du COSEPAC estime à 193 individus la population totale du lotier splendide au Canada. Des relevés réalisés subséquemment (tableau 17) pour certaines populations ont indiqué que la population canadienne totale compterait plutôt entre 350 et 600 individus. La détermination de la taille exacte de la plupart des populations nécessite l'utilisation de méthodes d'échantillonnage destructives.

Tableau 17. Stations canadiennes du Lotus formosissimus
PopulationRégime foncierDonnées tirées du rapport de situationDonnées obtenues subséquemment
DateObservateursNombre d'individusDateObservateursNombre d'individus
Île TrialPopulation établie sur des terres provinciales désignées réserve écologique, des terres provinciales cédées à bail à une société de radiocommunications et des terres fédérales gérées par la Garde côtière canadienne.1992Douglas282004Fairbarns100 à 200
William HeadTerres fédérales gérées par le Service correctionnel du Canada1953HardyPrésumée disparue2004Fairbarns7
Pointe RockyTerres fédérales gérées par le ministère de la Défense nationale1993Ryan1652004Fairbarns25
Île BentinckTerres fédérales gérées par le ministère de la Défense nationale1977CeskaInconnu2002Fairbarns45 à 55
Pointe ChurchTerres fédérales gérées par le ministère de la Défense nationaleNon mentionnée2002Fairbarns200 à 300
Baie FoulInconnu1912MacounInconnuDisparue

1.18.4 Caractéristiques biotiques et abiotiques de l'habitat

Le lotier splendide pousse dans des prés maritimes mésiques. Les renseignements suivants sur la structure de l'écosystème du lotier splendide sont tirés du rapport de situation du COSEPAC. Cette description est enrichie d'informations amassées dans le cadre de relevés de la végétation récents (Fairbarns, obs. pers., 2004). Les prés abritant le lotier splendide se trouvent à moins de 30 m du niveau de la mer. Les sols ont plus de 20 cm de profondeur et demeurent humides durant tout l'hiver, mais ils s'assèchent presque jusqu'au point de flétrissement permanent à la fin de l'été. Les milieux abritant l'espèce n'ont jamais été labourés ni fauchés, mais plusieurs ont été légèrement broutés par le bétail et ont fort probablement déjà été touchés par des incendies dans le passé.

Un faible couvert de chêne de Garry (Quercus garryana), de pin tordu (Pinus contorta), d'arbousier d'Amérique (Arbutus menziesii) ou de douglas (Pseudotsuga menziesii) peut être présent, mais en général, l'exposition aux vents et aux embruns salés et la sécheresse des sols, peu profonds, empêchent généralement la croissance des arbres. Les arbustes indigènes sont habituellement épars ou absents, mais la symphorine blanche (Symphoricarpos albus), le rosier de Nootka (Rosa nutkana) et le salal (Gaultheria shallon) sont parfois présents. Ces espèces arbustives forment parfois des fourrés denses en périphérie des populations de lotier splendide et peuvent s'avancer dans ces dernières au cours des années humides, représentant du coup une menace pour l'espèce. Anciennement, les feux de friche et le brûlage pratiqué par les Autochtones freinaient probablement la propagation de ces petits arbustes dans certaines stations. Certaines espèces arbustives introduites et envahissantes comme le genêt à balais (Cytisus scoparius) et, dans une moindre mesure, l'ajonc d'Europe (Ulex europaeus) et le daphné lauréole [Daphne laureola], sont parfois abondantes et risquent d'envahir les stations les plus abritées du lotier splendide si rien n'est fait pour freiner leur propagation.

La strate herbacée est dominée par un mélange d'espèces indigènes et introduites. Les principales espèces indigènes sont des herbacées non graminoïdes (lotier à petites fleurs d'Amérique [Lotus micranthus], lotier des prairies [L. unifoliolatus], lupin bicolore [Lupinus bicolor], plectritis à gros éperon [Plectritis macrocera], triphysaire naine [Triphysaria pusilla]), mais quelques espèces graminoïdes (élyme glauque [Elymus glaucus], danthonie de Californie [Danthonia californica], carex dépourvu [Carex inops]) peuvent être présents.

Chez les espèces introduites, les graminées (houlque laineuse [Holcus lanatus], pâturin des prés[Poa pratensis], flouve odorante [Anthoxanthum odoratum], dactyle pelotonné [Dactylis glomerata], brome mou [Bromus hordeaceus], vulpie faux-brome [Vulpia bromoides], canches [Aira spp.]) sont habituellement plus abondantes que les herbacées non graminoïdes (plantain lancéolé [Plantago lanceolata], porcelle enracinée [Hypochaeris radicata], porcelle glabre [H. glabra], liondents [Leontodon spp.], vesce cultivée [Vicia sativa] et petit trèfle jaune [Trifolium dubium]).

Les mousses et les lichens occupent généralement de faibles superficies, mais le Dicranum scoparium et le Cladonia portentosa sont occasionnellement abondants, en particulier dans les endroits où le lotier splendide pousse à l'abri, près de rochers ou sur des affleurements rocheux peu profonds.

1.18.5 Cycle annuel

Les informations fournies dans le rapport de situation du COSEPAC ont été actualisées par des relevés de la végétation réalisés subséquemment aux îles Trial et Bentinck et des observations effectuées dans d'autres stations canadiennes (Fairbarns, en prép. b.).

La germination se produit en mars, en avril ou en mai, selon les conditions météorologiques et les caractéristiques de la station.

Les sujets établis produisent un nouveau feuillage une fois la période de sécheresse estivale/automnale passée. La dormance des bourgeons, concentrés au niveau du collet sous la surface du sol, peut être levée dès septembre si des pluies viennent humidifier le sol en fin d'été. Les nouvelles tiges émergent du sol entre la fin de septembre et le début d'octobre.

Normalement, toutefois, le sol n'est pas assez humide pour provoquer la levée de la dormance avant le milieu de l'automne, et la croissance des tiges est alors ralentie par le temps frais. Au début, la croissance des jeunes tiges s'effectue dans le sol ou sous la couche superficielle de mousse et de litière, et les tiges commencent à émerger seulement à la fin de février ou en mars.

La floraison atteint son point culminant en mai et en juin, et la plupart des sujets portent des fruits mûrs en juillet. La dispersion des graines débute en juillet, au moment où les plantes commencent à se flétrir, et se poursuit jusqu'en août, bien après le dépérissement de la majeure partie du feuillage. Les individus établis dans des sols secs peuvent mourir, fleurir, produire des fruits ou dépérir plus rapidement, mais leurs fruits avortent souvent ou sont plus petits et contiennent moins d'endosperme.

La croissance végétative, la floraison et la fructification peuvent être légèrement prolongées si des précipitations estivales inhabituelles retardent la sécheresse estivale. La plupart des sujets sont cependant dormants de la mi-août à décembre.

1.18.6 Facteurs limitatifs sur le plan biologique

La mortalité des semis est élevée, et le nombre d'individus qui survivent à la première saison de dormance (estivale) est faible. Les sujets survivants croissent lentement et ne fleurissent pas au cours de la première année. On ignore à quel âge ils fleurissent.