Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Rétablissement multi-espèces

1.8 Faisabilité du rétablissement

Du point de vue biologique et technique, le rétablissement est réalisable pour chacune des espèces d'invertébrés et de plantes visées par le présent programme de rétablissement.

Il est difficile d'établir avec exactitude le potentiel de rétablissement des espèces en péril des prés maritimes à cause d'un manque important d'information. On devra effectuer des études et des essais additionnels pour déterminer si des obstacles insurmontables empêchent le maintien ou l'amélioration des populations existantes, la réimplantation de populations disparues et l'établissement de nouvelles populations. Par conséquent, la faisabilité écologique et technique du rétablissement pourrait devoir être réévaluée une fois ces nouveaux travaux réalisés. Le rétablissement au Canada des espèces disparues du pays (ou extrêmement rares), processus nécessitant des réintroductions, pourrait être limité par la possibilité d'obtenir un nombre suffisant d'individus sans menacer encore plus les populations existantes.

Tableau 5. Faisabilité du rétablissement pour chacune des espèces
MI = marbré insulaire, DT = damier de Taylor, TV = triphysaire versicolore, SPO = sanicle patte-d'ours, GSS = grand silène de Scouler, CD = castilléjie dorée, LÉ = lupin élégant, SB = sanicle bipinnatifide, LS = lotier splendide
Critères de rétablissementMIDTTVSPOGSSCDSBLS
1. Y a-t-il suffisamment d'individus reproducteurs pour que le rétablissement soit réalisable?OuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOui
2. Existe-t-il suffisamment d'habitat réel ou potentiel pour que le rétablissement soit réalisable?OuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOui
3. Les menaces appréciables pesant sur les espèces ou leur habitat peuvent-elles être évitées ou atténuées grâce à des mesures de rétablissement?OuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOui
4. Les techniques de rétablissement nécessaires existent-elles, et leur efficacité a-t-elle été démontrée?OuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOuiOui

1.8.1 Faisabilité biologique

La faisabilité biologique du rétablissement, définie ici comme la capacité d'une espèce de se rétablir sur la seule base de sa capacité inhérente de reproduction et de la satisfaction de ses besoins biologiques connus, est possible pour toutes les espèces. Toutes les espèces végétales visées par le présent programme de rétablissement se reproduisent de façon sexuée et les deux espèces de papillons sont probablement capables de produire des masses d'œufs suffisamment importantes pour que de petites populations puissent s'accroître rapidement. Il faudra procéder à des translocations à partir de populations sources états-uniennes pour le rétablissement du marbré insulaire, du damier de Taylor et du lupin élégant. Des études génétiques des populations états-uniennes des deux papillons, qui sont limitées, pourraient être nécessaires pour évaluer les risques potentiels de la translocation.

Dans la période couverte par les mentions historiques et contemporaines, il semble que toutes les espèces visées par le présent programme de rétablissement aient toujours présenté des populations peu nombreuses et naturellement fragmentées (la section  « Information sur les espèces » - précise les nombres de populations et les effectifs). Les espèces présentant un petit nombre de populations pourraient avoir été stables ou viables dans le passé. Cependant, vu la rareté des mentions historiques, il est difficile de savoir si les faibles nombres de populations répertoriées témoignent d'une réelle rareté des espèces dans le passé où si les espèces étaient en fait plus répandues dans les prés maritimes avant la colonisation par les Européens, les anciennes populations ayant disparu depuis. Cependant, on peut affirmer que toutes les espèces présentent aujourd'hui un moins grand nombre de populations surtout à cause de la perte d'habitat, de l'altération des processus écologiques, des espèces envahissantes non indigènes et des effets directs de l'activité humaine plutôt qu'à cause de processus naturels.

Les populations existantes de la plupart des espèces sont relativement stables (p. ex. sanicle patte-d'ours, grand silène de Scouler, castilléjie dorée, sanicle bipinnatifide, lotier splendide), mais les populations de certaines espèces présentent des fluctuations naturelles de leur effectif très marquées d'une année à l'autre (p. ex. triphysaire versicolore, lupin élégant).

Sécurisation de milieux comme habitat de qualité

Bien que les habitats aient connu des baisses de qualité et de superficie, il paraît toujours possible de sécuriser à cette fin suffisamment de milieux de qualité. Bien que certaines populations de plantes en péril se trouvent dans des terres privées, on compte bon nombre de populations dans des zones protégées (les tableaux 11 à 17 fournissent de l'information sur les populations et le régime foncier des terres les abritant).

On connaît actuellement une seule station canadienne du damier de Taylor, située à l'île Denman. Cette station a été découverte en mai 2005, sur une terre ayant subi une coupe à blanc 15 ans auparavant. Il est probable que l'espèce a colonisé ce milieu à partir d'un pré voisin. Le marbré insulaire ne possède plus de population connue au Canada, mais des populations pourraient être découvertes dans le cadre de relevés futurs. À moins que de nouvelles populations de bonne taille ne soient découvertes, le rétablissement de ces espèces disparues du pays dépendra de notre capacité d'établir les caractéristiques principales de leur habitat, nécessaires au maintien d'une population, ainsi que du succès des translocations. Dans certains cas, la translocation dans des lieux jamais occupés dans le passé pourrait être requise. Par exemple, le seul lieu protégé qui a déjà abrité une population de marbré insulaire est le parc Beacon Hill, endroit très fréquenté situé dans la municipalité de Victoria; la réintroduction de l'espèce dans ce parc pourrait ne pas fonctionner, à moins que des mesures importantes ne soient prises pour atténuer les menaces.

Possibilité de restauration des habitats

Bien que bon nombre de lieux ayant déjà abrité des populations d'espèces en péril des prés maritimes jouissent d'une certaine protection, les milieux peuvent n'y être plus appropriés. Le rétablissement nécessitera des études plus poussées permettant de déterminer les caractéristiques du milieu nécessaires à chaque espèce afin que puissent être établis les buts et les techniques de restauration. Pour les deux papillons, la restauration de l'habitat devra fournir un bassin de plantes hôtes (tant pour les chenilles que pour les adultes, qui ont besoin de nectar) présentant un large spectre phénologique, de façon à ce que les besoins des deux espèces puissent être satisfaits.

Faisabilité de l'élimination ou de l'atténuation des menaces

Bien que dans certains cas les menaces spécifiques soient inconnues ou incomplètement comprises, les menaces peuvent probablement être traitées par l'entremise de plans de restauration adaptés aux lieux concernés, et les nouvelles menaces peuvent être découvertes, précisées ou atténuées grâce à des travaux de recherche.

1.8.2 Faisabilité technique

Faisabilité des translocations

On mène actuellement dans un petit secteur de sol perturbé de l'île Trial un petit essai pilote de translocation de graines de trois des espèces végétales (castilléjie dorée, sanicle bipinnatifide et sanicle patte-d'ours) provenant des environs. L'Oregon Zoo s'intéresse actuellement à la reproduction en captivité du damier de Taylor et élabore un programme d'élevage pour l'espèce (Miskelly, comm. pers., 2004; Potter, comm. pers., 2005) (voir sous « Exemples de mesures de rétablissement terminées ou en cours »). On n'a pas réalisé d'élevage en captivité pour le marbré insulaire, et on dispose de très peu d'information sur le cycle biologique de cette espèce. Si les tentatives futures de translocation ne sont pas fructueuses, le degré de rétablissement (tel qu'établi dans les buts pour chaque espèce) devra être réévalué.