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Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Rétablissement multi-espèces

1.9 Rétablissement multi-espèces

La présente section établit les buts et les objectifs en matière de protection et de gestion des écosystèmes de pré maritime, qui permettront de protéger et de gérer adéquatement l'habitat des espèces en péril visées par le présent programme de rétablissement. Elle présente de façon détaillée les buts et objectifs pour chaque espèce ainsi que les approches stratégiques recommandées pour les atteindre.

1.9.1 Buts et objectifs concernant les écosystèmes de pré maritime

Protéger tous les écosystèmes de pré maritime de qualité modérée à élevée ainsi que la matrice adjacente de qualité modérée à élevée, par voie d'intendance et par d'autres mécanismes, afin de prévenir les pertes supplémentaires. Maintenir la connectivité de l'habitat, afin de permettre le déplacement des pollinisateurs et la dispersion et de freiner les plantes envahissantes. Repérer et cartographier la plupart des prés maritimes qui ne l'ont pas encore été, afin de délimiter les superficies d'habitat potentiel convenant à des translocations ou à la réintroduction de populations.

But de rétablissement pour les écosystèmes de pré maritime

Protéger10 et restaurer les écosystèmes de pré maritime de qualité modérée à élevée, avec la matrice adjacente, dans toute l'aire géographique.

Objectifs de rétablissement pour les écosystèmes de pré maritime
  1. Protéger10, par voie d'intendance ou d'autres mécanismes, les zones de qualité modérée à élevée abritant des habitats de pré maritime, d'ici 5 à 10 ans.
  2. Obtenir la coopération des propriétaires ou gestionnaires de terrains essentiels à la conservation et au rétablissement des espèces visées, d'ici 5 ans.
  3. Déterminer les réponses des habitats à leur restauration et revoir les objectifs de restauration, d'ici 5 à 10 ans.
  4. Élaborer et mettre en œuvre pour les prés maritimes et leurs zones tampons des plans de gestion appropriés pour le traitement des espèces envahissantes et la restauration des processus écosystémiques, d'ici 5 à 10 ans.

1.9.2 Buts, objectifs et stratégies générales pour chaque espèce

Chaque espèce visée par le présent programme de rétablissement présente une autoécologie propre et différentes contraintes quant à son rétablissement. Avant de pouvoir évaluer de manière plus précise la faisabilité de la réintroduction du papillon disparu du pays, il faut d'abord accroître les efforts de recherche sur le terrain au cas où il resterait des populations non encore découvertes. Cela est important pour qu'on puisse assurer la protection de ces éventuelles populations et éviter de faire peser sur les possibles petites populations restantes de nouvelles menaces par contamination de leur fonds génétique.

Les objectifs numériques pour chaque espèce végétale sont fondés sur le nombre de populations historiques, le nombre de populations requises pour assurer la distribution de l'espèce dans l'ensemble de son ancienne aire de répartition et le nombre de populations requises pour que l'espèce puisse résister aux phénomènes stochastiques et à la variabilité environnementale (tableau 6). Des translocations seront nécessaires pour établir de nouvelles populations de toutes les espèces végétales. Une ébauche de lignes directrices pour les translocations est en cours de rédaction (Maslovat, en prép.).

Buts de rétablissement pour chaque espèce

On a établi les buts de rétablissement en évaluant le nombre de populations historiques et à partir des cotes alphanumériques établies par le COSEPAC sur la base de ses critères. Pour la plupart des espèces, l'effectif minimal sera déterminé dans le futur par analyse de viabilité. Les critères du COSEPAC sont formulés dans le document du COSEPAC intitulé « Processus et critères d'évaluation du COSEPAC » (COSEPAC, 2003b).

Tableau 6. Buts de rétablissement pour des espèces en péril des prés maritimes
EspècesCotes alphanumériques
(critères du COSEPAC)11
Buts de rétablissement
Marbré insulaireAucune établieÉtablir des populations viables et autosuffisantes dans l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce.
Damier de TaylorB1 et B2c; C2aÉtablir des populations viables et autosuffisantes dans l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce.
Triphysaire versicoloreB1a + B1bii et
B2a + B2bii

Établir des populations viables et autosuffisantes dans l'ensemble de l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce, avec un minimum de huit populations, par les moyens suivants :

  • maintien ou accroissement des effectifs actuels des sept populations ou sous-populations existantes et accroissement des effectifs des plus petites;
  • établissement d'une population expérimentale comptant un effectif annuel moyen d'au moins 300 individus produisant des fleurs.
Sanicle patte-d'oursB1a +B1bii
et
B2a + B2bii

Établir des populations viables et autosuffisantes dans l'ensemble de l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce, avec un minimum de dix populations viables, par les moyens suivants :

  • maintien ou accroissement des effectifs actuels des huit populations ou sous-populations existantes;
  • réimplantation d'au moins deux populations disparues ou établissement d'au moins deux nouvelles populations.
Grand silène de ScoulerB1a + B1bii
et
B2a + B2bii

Établir des populations viables et autosuffisantes dans l'ensemble de l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce, avec un minimum de huit populations, par les moyens suivants :

  • maintien ou accroissement des effectifs actuels des deux populations ou sous-populations existantes;
  • établissement d'au moins six nouvelles populations.
Castilléjie doréeB1a + B1bii et
B2a + B2bii

Établir des populations viables et autosuffisantes dans l'ensemble de l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce, avec un minimum de neuf populations, par les moyens suivants :

  • maintien ou accroissement des effectifs actuels des deux populations ou sous-populations existantes;
  • établissement d'au moins six nouvelles populations.
Lupin élégantB1a + B1bii et
B2a + B2bii et
D1

Établir des populations viables et autosuffisantes dans l'ensemble de l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce par les moyens suivants :

  • gestion et accroissement de la seule population existante;
  • établissement de populations additionnelles, dont le nombre sera établi grâce aux recherches futures.
SaniclebipinnatifideB1a + B1bii et
 B2a + B2bii

Établir des populations viables et autosuffisantes dans l'ensemble de l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce, avec un minimum de dix populations, par les moyens suivants :

  • maintien ou accroissement des effectifs actuels de toutes les populations ou sous-populations existantes;
  • gestion d'au moins huit des plus petites populations existantes (dont au moins une dans la partie sud de l'archipel des îles Gulf) de façon à en accroître les effectifs.
Lotier splendideB1a + B1bii et
 B2a + B2bii

Établir des populations viables et autosuffisantes dans l'ensemble de l'aire de répartition historique canadienne de l'espèce, avec un minimum de six populations, par les moyens suivants :

  • maintien des cinq populations ou sous-populations existantes, avec accroissement des effectifs actuels des petites populations ou sous-populations et conservation des effectifs actuels des plus grosses;
  • établissement d'une population additionnelle renfermant chaque année au moins 100 individus produisant des fleurs.

11 (Voir COSEPAC, 2003b)
B = Aire de répartition peu étendue, et déclin ou fluctuation

  1. Zone d'occurrence <5000 km² pour espèce en voie de disparition, <20 000 km² pour espèce menacée OU
  2. Zone d'occupation <500 km² pour espèce en voie de disparition, <2000 km²pour espèce menacée
    Pour l'une ou l'autre des catégories ci-dessus, précisez au moins deux des éléments de a) à c) :
    1. soit fortement fragmentée ou connue pour exister à ≤5 endroits pour espèce en voie de disparition, 10 endroits pour espèce menacée
    2. déclin continu observé, déduit ou prévu pour ii) zone d'occupation
    3. fluctuations extrêmes (>1 ordre de grandeur pour espèce en voie de disparition; >1 ordre de grandeur pour espèce menacée) d'un ou plusieurs des éléments suivants : i) zone d'occurrence; ii) zone d'occupation; iii) nombre de localités ou de populations; iv) nombre d'individus matures.

C = Petite population totale et déclin
Nombre d'individus matures <2500 pour espèce en voie de disparition, <10 000 pour espèce menacée
2. Déclin continu observé, déduit ou prévu pour le nombre d'individus matures; a) fragmentation.

D = Très petite population ou aire de répartition très restreinte

  1. nombre d'individus matures <250 pour espèce en voie de disparition, <1000 pour espèce menacée
Objectifs pour chaque espèce

Les objectifs suivants (tableau 7) sont requis pour que les buts ci-dessus puissent être atteints. Ils doivent être atteints d'ici cinq ou dix ans. Ils sont présentés grosso modo par ordre décroissant de priorité, des différences pouvant toutefois exister selon les espèces.

Tableau 7. Objectifs de rétablissement pour chaque espèce
MI = marbré insulaire, DT = damier de Taylor, TV = triphysaire versicolore, SPO = sanicle patte-d'ours, GSS = grand silène de Scouler, CD = castilléjie dorée, LÉ = lupin élégant, SB = sanicle bipinnatifide, LS = lotier splendide
Objectifs généraux12MIDTTVSPOGSSCDSBLS
1. Établir la protection13 des populations existantes.5-105-105-105-105-105-105-105-105-10
2. Faire en sorte que tous les propriétaires ou gestionnaires de terres concernés collaborent à la protection des habitats.<5<5< 5<5<5<5<5<5<5
3. Déterminer les contraintes liées au cycle biologique, à la dispersion et à l'habitat ainsi que les méthodes pour les atténuer.5-105-105-105-105-105-105-105-105-10
4. Trouver les causes de la disparition des espèces du pays ou de la diminution ou de la perte de populations.5-105-105-105-105-105-105-105-105-10
5. Élaborer et mettre en œuvre un plan de surveillance et de restauration des habitats pour les endroits où la présence de l'espèce est attestée ou, dans le cas d'une espèce disparue du pays, pour les lieux désignés comme habitat potentiel.5-105-105-105-105-105-105-105-105-10
6. Repérer et classer par ordre de priorité les endroits à fouiller et effectuer des relevés pour déterminer si des populations non signalées sont présentes (c.-à-d. pour déterminer si des réintroductions sont nécessaires).5-105-10555s.o.555
7. Repérer les zones d'habitat essentiel requises pour l'établissement de nouvelles populations, tel que décrit dans les buts fixés pour chaque espèce.5-105-105-105-105-105-105-105-105-10
8. Établir les techniques et des priorités pour l'établissement de nouvelles populations et d'une population expérimentale par espèce (si indiqué selon les résultats pour l'objectif 7).5-105-105-105-105-105-105-105-105-10

12 Les chiffres figurant dans le tableau indiquent le nombre d'années requises pour atteindre l'objectif. Pour les populations disparues du pays, les échéances pour les objectifs 1 et 2 s'appliqueront à toute population nouvellement découverte.
13 Il peut s'agir ici d'une protection de n'importe quel type : accords d'intendance et engagements en matière de conservation volontaires sur les terres privées, désignations établissant des utilisations des terres offrant une protection dans le cas des terres de la Couronne ou protection découlant du fait que les stations se trouvent dans des parcs municipaux ou sous un type analogue de régime foncier.

Activités de recherche et de gestion requises pour atteindre les objectifs de rétablissement

Pour traiter les menaces et atteindre les objectifs de rétablissement, les activités de rétablissement ont été groupées selon sept grandes approches (tableau 8). Ces dernières sont classées grosso modo par ordre décroissant d'importance, les activités les plus urgentes figurant au sommet de la liste, des différences pouvant toutefois exister selon les espèces.

  1. Protection des habitats et des espèces : Un des principaux objectifs du présent programme de rétablissement est de freiner la destruction et la fragmentation des prés maritimes. Les prés maritimes où il y a occurrences attestées d'espèces en péril devraient être protégés et les occurrences nouvellement découvertes devraient être des priorités en matière de protection. La protection visera notamment les terres privées, par l'entremise d'acquisitions et d'engagements et autres accords d'intendance volontaires.

  2. Intendance des habitats : La participation des propriétaires fonciers et des gestionnaires des terres à la gestion des prés maritimes sera essentielle au rétablissement des espèces en péril. À ce chapitre, on devra communiquer de façon proactive avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres concernés et les faire participer au processus de planification du rétablissement. On devra également déterminer les lois, règlements et politiques qui s'appliquent aux différents propriétaires fonciers publics. Enfin, les propriétaires fonciers et les gestionnaires des terres devraient être encouragés à collaborer avec les chercheurs, à participer aux projets de restauration et de surveillance et à soutenir ces derniers.

  3. Recherche : Il est essentiel de connaître les caractéristiques de l'habitat des espèces ainsi que les plantes indigènes dont se nourrissent les papillons pour délimiter l'habitat essentiel. On devra effectuer des recherches démographiques pour évaluer le potentiel de rétablissement et la viabilité des populations et en assurer une surveillance adéquate. Des recherches génétiques seront nécessaires pour orienter l'établissement des populations expérimentales. Enfin, on devra étudier les effets des diverses menaces, comme les changements climatiques, la réintroduction des incendies, les espèces envahissantes, l'herbivorie et la prédation.

  4. Cartographie et inventaire : L'inventaire exhaustif des espèces en péril des prés maritimes aidera à clarifier les caractéristiques de leur habitat et à délimiter leur habitat essentiel. Il pourra révéler l'existence de populations non encore signalées et réduire au minimum le risque de contamination génétique associé aux essais d'établissement de populations expérimentales.

  5. Restauration des habitats : Pour bien rétablir les processus écosystémiques, restaurer l'habitat des espèces en péril et atténuer les menaces, il est essentiel que les travaux de restauration soient fondés sur des connaissances solides.

  6. Sensibilisation et éducation du public : L'élaboration et la diffusion d'informations sur les prés maritimes et leurs espèces en péril aidera à réduire au minimum les menaces associées à l'utilisation de ces milieux par le public. La participation du public pourrait aussi favoriser la découverte de nouvelles populations, particulièrement pour ce qui est des deux espèces de papillons. L'organisation d'ateliers et de présentations dans le cadre de rencontres communautaires est efficace pour éduquer les propriétaires fonciers.

  7. Établissement de populations expérimentales : L'établissement de nouvelles populations avec gestion adaptative pour certaines des espèces en péril des prés maritimes contribuera à l'atteinte des buts à long terme établis pour chacune de ces espèces. Ces essais expérimentaux nous aideront aussi à mieux connaître la biologie et l'écologie des espèces en péril concernées.
Tableau 8. Stratégies de rétablissement
PrioritéNo des objectifsGrandes approches/ stratégiesMenaces14Description générale
Urgent1, 2, 7Protection des habitats et des espèces1, 3, 5, 6Établir des priorités pour l'acquisition ou la protection (p. ex. engagements volontaires et autres accords d'intendance) des lieux en collaboration avec le Groupe de mise en œuvre du rétablissement - Planification de la conservation et protection des milieux de l'ERECG.
Urgent1, 2Intendance des habitats1, 2, 4, 5, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 15, 16Établir la liste des propriétaires fonciers privés et publics dont les terres abritent des populations d'espèces en péril ou des prés maritimes. Contacter les propriétaires fonciers par la voie du programme de sensibilisation du public par l'entremise de l'ERECG ou d'autres organisations pour l'intendance visant la protection des espèces.
Nécessaire3, 4, 5, 7, 8 2, 4, 5, 6, 7, 8, 10, 12, 14, 18,19

Établir les priorités de recherche et effectuer les études nécessaires pour combler les lacunes spécifiques dans les connaissances :

  • déterminer les caractéristiques de l'habitat de chaque espèce
  • déterminer s'il existe des goulots d'étranglement affectant la pollinisation ou la reproduction, la dispersion, la production de graines ou d'œufs, le recrutement, la survie des recrues
  • déterminer quelles plantes hôtes sont nécessaires pour les chenilles et les adultes (plantes nectarifères) des lépidoptères ainsi que la répartition et l'abondance requises de ces plantes
  • déterminer les activités de restauration et de gestion adaptative appropriées pour chaque espèce et son habitat, visant notamment les menaces (p. ex. les espèces envahissantes et l'empiètement par les espèces ligneuses) et le rétablissement des processus écologiques
  • déterminer la variation taxinomique par rapport aux populations états-uniennes, si nécessaire
Nécessaire3, 4, 5, 6, 7, 8Cartographie et inventaire2, 3, 4, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 14Déterminer les caractéristiques des habitats des espèces en péril.
Nécessaire2, 3, 4, 5, 6, 7, 8Cartographie et inventaire1, 2, 3, 4, 5, 8Évaluer les prés existants à prioriser pour des activités comme l'acquisition et la restauration de milieux, la translocation d'espèces en péril, etc. Effectuer des relevés visant de nouvelles espèces en péril dans les prés maritimes.
Nécessaire1, 3, 4, 5, 7Restauration des habitats2, 3, 4, 6, 7, 10Déterminer la nécessité et la faisabilité de la restauration et élaborer et effectuer les essais de restauration qui s'imposent.
Utile3, 4, 5, 6Sensibilisation et éducation du public2, 3, 5, 7, 8, 10, 12, 13, 15, 16En collaboration avec le spécialiste de la sensibilisation et de l'éducation du public de l'ERECG et avec d'autres organisations, établir les priorités en matière d'éducation et de sensibilisation du public concernant les espèces en péril, leurs habitats et leur gestion (on pourra notamment cibler les clubs de naturalistes et de plein air, les écoles, les Premières Nations, les administrations locales, les propriétaires fonciers, les gestionnaires des terres et les divers intervenants).
Utile1, 3, 4, 5, 7, 8Établissement de populations expérimentales1, 3, 6, 9Déterminer la nécessité d'établir de nouvelles populations et, le cas échéant, choisir les lieux des translocations.

14 Les menaces sont les suivantes :

  1. Destruction de l'habitat
  2. Plantes envahissantes
  3. Fragmentation de l'habitat
  4. Changements dans la composition de la végétation indigène liés à l'altération des régimes d'incendie
  5. Activités récréatives
  6. Effondrement démographique
  7. Fauchage
  8. Changements dans l'hydrologie
  9. Changements climatiques
  10. Réintroduction des incendies
  11. Pâturage
  12. Coupe ou arrachement des espèces envahissantes
  13. Activités d'entretien
  14. Herbivorie
  15. Pesticides
  16. Culture de plantes non indigènes
  17. Pollution marine
  18. Invertébrés envahissants
  19. Vertébrés envahissants.

1.9.3 Lacunes dans les connaissances communes à toutes les espèces ou à la plupart

Il y a de nombreuses lacunes dans les connaissances qui sont communes à toutes les espèces ou à la plupart. Les lacunes suivantes sont présentées grosso modo par ordre décroissant d'importance relativement au rétablissement, des différences pouvant toutefois exister entre les espèces (sommaire au tableau 9).

  1. Effets des espèces envahissantes et réponses des espèces envahissantes, des espèces en péril et des habitats aux mesures de gestion. Cela comprend notamment l'effet de l'empiètement des végétaux ligneux lié à l'altération des régimes de perturbation; les réponses des espèces en péril et de leur habitat aux activités de gestion, de restauration et de limitation des espèces envahissantes; le manque d'objectifs précis pour les activités de restauration; l'aménagement traditionnel des paysages, avec utilisation du feu; les réponses de chaque espèce à la réintroduction de régimes d'incendies.

  2. Caractéristiques détaillées et délimitation des habitats propices, particulièrement pour les populations disparues. Cela comprend notamment l'éventail des milieux propices à chaque espèce (caractéristiques du sol, microhabitat, etc.); la taille minimale des parcelles d'habitat; la composition de la matrice et la capacité des zones tampons et des connexions spatiales de permettre la dispersion des espèces entre parcelles d'habitat; les processus édaphiques, dont le rôle et la nature des mycorhizes et de la faune du sol ainsi que l'effet des espèces introduites (incluant les vers de terre); les plantes hôtes indigènes et introduites des chenilles et des adultes (plantes nectarifères) du marbré insulaire et du damier de Taylor.

  3. Information sur la démographie et la dispersion pour chaque espèce. Cela comprend notamment la question de savoir où se situent les goulots d'étranglement démographiques pour chaque espèce (production de graines ou d'œufs, dispersion, recrutement, survie des recrues, etc.) et l'effet des fonds génétiques limités sur la capacité de reproduction.

  4. Répartitions exactes des espèces et nombres totaux de populations. On n'a pas vérifié s'il reste encore des individus dans tous les lieux où des populations ont été signalées dans le passé. On devra effectuer des relevés systématiques pour obtenir des données exactes sur la répartition des espèces et les populations et pour faire en sorte que toutes les populations soient protégées et bien gérées.

  5. Interactions trophiques et autres interactions écologiques. Cela comprend notamment le rôle des espèces en péril dans leurs habitats respectifs, dont l'ampleur et l'effet de leurs interactions avec les herbivores, les ravageurs et les maladies indigènes et introduites ainsi que de leur action pollinisatrice (papillons) dans les prés maritimes.

  6. Méthodes de germination ou de multiplication ex situ pour les plantes et techniques de reproduction ou d'élevage en captivité pour les papillons. Bien que la plupart des espèces visées par le présent programme de rétablissement aient fait l'objet de multiplications ex situ, leur multiplication ou leur élevage en captivité n'ont jamais été étudiés de façon rigoureuse. Il existe peu d'information sur la réintroduction de ces espèces en milieu naturel.

  7. Nature des différences génétiques existant entre les populations canadiennes et états-uniennes du lupin élégant, du damier de Taylor et du marbré insulaire. La taxinomie de la plupart des espèces est bien définie, mais des études génétiques devront être réalisées pour clarifier celles du lupin élégant et du marbré insulaire. On devra aussi procéder à des études génétiques pour comparer les populations canadiennes des espèces en péril avec leurs contreparties états-uniennes, nombre de populations étant largement disjointes et pouvant ainsi être génétiquement distinctes. L'information ainsi recueillie sera précieuse pour le choix des populations sources aux fins des essais de translocation.
Tableau 9. Lacunes dans les connaissances communes à toutes les espèces ou à la plupart
MI = marbré insulaire, DT = damier de Taylor, TV = triphysaire versicolore, SPO = sanicle patte-d'ours, GSS = grand silène de Scouler, CD = castilléjie dorée, LÉ = lupin élégant, SB = sanicle bipinnatifide, LS = lotier splendide
«  » indique qu'il y a absence de connaissances pour l'espèce considérée
« C » indique qu'on dispose de certaines connaissances sur la question
« + » indique l'existence d'études limitées.
Lacunes dans les connaissancesMIDTTVSPOGSSCDSBLS
1. Effets des espèces envahissantes et réponses des espèces envahissantes, des espèces en péril et des habitats aux mesures de gestion
2. Caractéristiques détaillées et délimitation des habitats propicesTravaux en cours
3. Information sur la démographie et la dispersion pour chaque espèceCCCCC
4. Répartitions exactes des espèces et nombres totaux de populations CC
5. Interactions trophiques et autres interactions écologiques
6.Méthodes de germination ou de multiplication ex situpour les plantes et techniques de reproduction ou d'élevage en captivité pour les papillons+CCC++C
7. Études génétiquesC

1.9.4 Effets de la gestion sur les autres espèces et processus écologiques

Les chênaies de Garry et les écosystèmes associés abritent un grand nombre de taxons en péril, dont 3 mousses, 71 plantes vasculaires, 1 ver de terre, 3 insectes du groupe des libellules et demoiselles, 5 punaises, 2 mouches, 13 papillons diurnes, 2 reptiles, 14 oiseaux et 3 mammifères (liste disponible en anglais seulement, à l'adresse internet www.goert.ca) (GOERT, 2004). Vu le grand nombre de taxons en péril et la forte concentrations d'espèces rares à certains endroits, il est impossible de décrire tous les effets positifs et négatifs possibles associés aux activités de rétablissement. Ces effets de la gestion devront être traités à un stade ultérieur, soit dans le plan d'action, soit durant les évaluations sur le terrain. La liste complète des espèces végétales en péril présentent dans les prés maritimes autres que celles visées par le présent programme de rétablissement est fournie plus bas (tableau 10). On traite également ici des effets potentiels sur les espèces de vertébrés et d'invertébrés en péril.

Des interactions négatives entre les espèces de papillons et de plantes visées par le présent programme de rétablissement sont possibles. Les marbrés insulaires s'alimentent sur des crucifères introduites des genres Brassica et Sisymbrium de même que sur des Lepidium (dont le Lepidium virginicum). Cependant, la restauration devrait mettre l'accent sur la plantation d'espèces indigènes. Les populations historiques de damier de Taylor de l'îlot Alpha et de l'île Trial pourraient s'être alimentées sur la castilléjie dorée (Castilleja levisecta), mais on n'en a pas de confirmation (Miskelly, comm. pers., 2004). Les chenilles de ce papillon ont aussi déjà été observées sur le Tryphysaria pusilla,et elles pourraient s'alimenter sur d'autres tryphisaires (Potter, comm. pers., 2005). La gestion des espèces envahissantes devrait être coordonnée avec les cycles biologiques des papillons.

Le bruant vespéral de la sous-espèce affinis(Pooecetes gramineus affinis), figurant sur la liste rouge provinciale, l'alouette hausse-col de la sous-espèce strigata (Eremophila alpestris strigata), en voie de disparition, et la population de sturnelle de l'Ouest (Sturnella neglecta) de la dépression de Géorgie exploitent les prairies indigènes et les milieux ouverts présentant une végétation basse et clairsemée. Les chênaies de Garry et les écosystèmes associés pourraient être nécessaires à leur rétablissement (Beauchesne, 2002; Beauchesne et al., 2002; COSEPAC, 2003a). La présence du bruant vespéral de la sous-espèce affinis et de la sturnelle de l'Ouest n'est pas pour le moment attestée dans les localités des espèces en péril des prés maritimes, mais ces deux oiseaux pourraient éventuellement bénéficier des mesures de rétablissement décrites dans le présent programme. La lutte contre les espèces envahissantes peut être bénéfique dans la mesure où elle n'est pas réalisée durant la saison de reproduction aux endroits où ces espèces sont attestées, soit du début de mai à la fin de juin dans le cas du bruant vespéral de la sous-espèce affinis (Beauchesne, 2002) et du début d'avril à la fin de juillet dans le cas de la sturnelle de l'Ouest (Beauchesne et al., 2002). Dans la gestion des espèces envahissantes, on doit prendre en considération l'utilisation des arbustes aux fins de la reproduction (p. ex. remplacer les genêts envahissants par des espèces indigènes, comme l'holodisque discolore, le rosier de Nootka et l'amélanchier à feuilles d'aulne). On doit cependant être prudent, car les espèces végétales en péril pourraient être affectées par certaines espèces d'arbustes, qu'on pense au rosier de Nootka, qui est rhizomateux.

Des portions de chênaies de Garry et d'écosystèmes associés pourraient être désignées comme habitat de rétablissement pour l'alouette hausse-col de la sous-espèce strigata, qui figure sur la liste fédérale des espèces en péril, étant donné qu'en dehors de ces écosystèmes, il reste peu d'habitat potentiel intact pour elle. L'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry devra veiller à ce qu'il y ait communication entre l'Équipe de rétablissement des prés maritimes et l'Équipe de rétablissement de l'alouette hausse-col de la sous-espèce strigata.

Le grand héron (Ardea herodias fanninni) et le faucon pèlerin (Falco peregrinus anatum) sont présents dans des endroits qui chevauchent grossièrement des localités des espèces en péril des prés maritimes, mais on ne pense pas que le rétablissement des plantes et papillons rares puisse avoir des effets négatifs sur l'un ou l'autre de ces oiseaux.

Vu le grand nombre de plantes en péril présentes dans les prés maritimes, il est impossible de traiter de toutes les interactions possibles associées au rétablissement.

Le rétablissement des espèces visées par le présent programme de rétablissement bénéficiera probablement à d'autres espèces en péril de diverses façons, dont les suivantes :

  • L'éducation et la sensibilisation accrues du public pourraient limiter les activités récréatives néfastes aux endroits abritant des espèces en péril.
  • La gestion des espèces envahissantes pourrait restaurer l'habitat d'autres végétaux en péril.

Cependant, le rétablissement des espèces visées par le présent programme de rétablissement pourrait avoir une incidence négative sur d'autres plantes en péril de diverses façons, dont les suivantes :

  • Si les mesures de gestion à grande échelle, comme l'enlèvement des espèces envahissantes, ne sont pas soigneusement planifiées et mises en œuvre, ces autres plantes en péril pourraient être piétinées, sujettes à une herbivorie accrue et affectées par la dispersion accidentelle d'espèces non indigènes issue de l'élimination des plantes envahissantes.
  • Toutes les activités de rétablissement menées sur le terrain (relevés, recherche et gestion) risquent d'entraîner le piétinement d'autres plantes rares présentes dans les prés maritimes ou à proximité, à moins qu'on prenne bien soin d'éviter ce genre de dommage.
Tableau 10. Autres espèces végétales en péril présentes
Les cotes S sont celles du Centre de données sur la conservation de la Colombie-Britannique.
EspèceNom communCote subnationale (provinciale)Statut selon le COSEPAC
Agrostis pallensagrostide pâleS3 
Allium amplectensail embrassantS3 
Allium geyeri var. tenerumail tendreS2 
Alopecurus carolinianusvulpin de CarolineS2 
Anagallis minimamouron nainS2S3 
Balsamorhiza deltoideabalsamorhize à feuilles deltoïdesS1en voie de disparition
Callitriche marginatacallitriche marginéeS1proposée pour désignation
Carex tumulicolacarex tumulicoleS1proposée pour désignation
Castilleja ambigua ssp. ambiguacastilléjie ambiguëS2 
Centaurium muehlenbergiiérythrée de MuhlenbergS1proposée pour désignation
Clarkia amoenafleur-de-satinS2S3 
Clarkia purpurea ssp. quadrivulneraclarkie à petites fleursS1 
Claytonia rubra ssp. depressaclaytonie à fleurs sessilesS3 
Crassula aquaticatillée aquatiqueS3 
Crassula connata var. connatatillée dresséeS2 
Epilobium densiflorumépilobe densifloreS1en voie de disparition
Helenium autumnalehélénie automnaleS2S3 
Heterocodon rariflorumhétérocodon rarifloreS3 
Idahoa scapigeraidahoé acauleS2 
Isoëtes nuttalliiisoète de NuttallS3 
Juncus kelloggiijonc de KelloggS1en voie de disparition
Limnanthes macouniilimnanthe de MacounS3préoccupante
Lomatium dissectumlomatium à feuilles découpéesS1 
Lotus unifoliolatus var. unifoliolatuslotier des prairiesS2S3 
Lupinus densiflorus var. densifloruslupin densifloreS1en voie de disparition
Meconella oreganaméconelle d'OrégonS2en voie de disparition
Microseris bigeloviimicroséris de BigelowS1proposée pour désignation
Orthocarpus bracteosusorthocarpe à épi feuilluS1en voie de disparition
Plagiobothrys tenellusplagiobothryde délicateS2 
Piperia eleganspipérie éléganteS2S3 
Psilocarphus elatiorpsilocarphe élevéS1en voie de disparition
Ranunculus alismifoliusrenoncule à feuilles d'alismeS1en voie de disparition
Ranunculus californicusrenoncule de CalifornieS1 
Romanzoffia tracyiromanzoffie de TracyS3 
Rupertia physodesrupertie de CaliformieS3 
Sagina decumbens ssp. occidentalissagine de l'OuestS3 
Seriocarpus rigidusaster rigideS2menacée
Sidalcea hendersoniisidalcée de HendersonS3 
Spergularia macrotheca var. macrothecaspergulaire à grosses capsulesS2S3 
Trifolium depauperatum var. depauperatumtrèfle appauvriS3 
Triteleia howelliitritéléia de HowellS1en voie de disparition
Viola howelliiviolette de HowellS2S3 
Viola praemorsa ssp. praemorsaviolette jaune des montsS2menacée

1.9.5 Exemples de mesures de rétablissement terminées ou en cours

Les mesures de rétablissement suivantes s'appliquent à une ou plusieurs des espèces en péril et sont liées aux stratégies générales pour les activités de rétablissement. Une liste plus détaillée des mesures de rétablissement a été dressée dans un document d'information (Fairbarns et Maslovat, 2005).

Programmes de rétablissement connexes
  • Miller, M. En prép. Programme national de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des mares printanières et autres milieux humides saisonniers associés aux chênaies de Garry.
  • Douglas, G.W., et S. Smith. En prép. Programme national de rétablissement multi-espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry.
Protection des habitats
  • Le Groupe de mise en œuvre du rétablissement - Planification de la conservation et protection des milieux de l'ERECG a dressé une liste de lieux qui doivent être prioritairement sécurisés et protégés à l'échelle locale.
  • CRD Parks a établi les pratiques de gestion optimales pour le balisage, l'aménagement et l'entretien des sentiers dans les milieux ouverts rocheux (Maslovat, 2003).
Intendance des habitats
  • Le Groupe de mise en œuvre du rétablissement des invertébrés en péril de l'ERECG a tenu des rencontres publiques aux îles Saltspring et Hornby pour informer les propriétaires fonciers locaux sur les papillons diurnes en péril dans ces écosystèmes.
Recherche démographique et génétique
  • L'ERECG a soutenu, entrepris ou poursuivi des recherches sur les sujets suivants :
    • écologie des papillons diurnes rares
    • diversité des papillons diurnes en rapport avec la fragmentation des habitats, les changements climatiques, la perte d'habitat et la prolifération des arbustes non indigènes envahissants
    • historique des incendies
    • gestion des milieux par les Autochtones
    • effets des herbivores mammaliens et des plantes non indigènes sur la diversité de la végétation
    • stratégies de restauration.
  • Recherches sur les profils démographiques et phénologiques de plusieurs plantes en péril (Fairbarns, en prép. a-e.).
Cartographie et inventaire
  • Établissement des composantes essentielles de l'habitat des papillons diurnes en péril et des lieux où pourraient être restaurés les habitats (en cours, Miskelly, comm. pers., 2004).
  • Recherche du damier de Taylor et du marbré insulaire dans les principales îles Gulf et dans la région du bras Saanich (Guppy et Fischer, 2001).
  • Établissement des composantes essentielles de l'habitat du lotier splendide (en cours, Fairbarns, 2005)
Restauration des habitats
  • Recherches dans le parc provincial Helliwell (île Hornby) visant à déterminer la qualité des milieux pour le damier de Taylor et la réponse à la restauration (en cours, Miskelly, pers. comm., 2004).
  • Ébauche d'un plan de gestion des espèces envahissantes pour toutes les propriétés du MDN (Smith, comm. pers., 2004)
  • Plan de restauration du parc régional Mill Hill par CRD Parks (CRD Parks, 2003)
  • Enlèvement par des bénévoles des arbustes et plantes grimpantes envahissants à la pointe Harling (Victoria), activité soutenue par Parcs Canada, la municipalité d'Oak Bay et la Chinese Benevolent Society.
Sensibilisation et éducation du public
  • Manuel d'intendance des espèces en péril des chênaies de Garry et des écosystèmes associés en Colombie-Britannique, rédigé par l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry (GOERT, 2003).
  • Ébauche du plan de communications de CRD Parks pour la réserve intégrale Sooke Hills et le parc régional Mount Wells (Groves, comm. pers., 2004).
  • Présentations publiques du Groupe de mise en œuvre du rétablissement des invertébrés en péril de l'ERECG pour informer les propriétaires fonciers locaux sur les papillons diurnes en péril dans les écosystèmes du chêne de Garry (Heron, comm. pers., 2004).
Populations expérimentales
  • Préparation d'une ébauche de plan de réintroduction du Castilleja levisecta (castilléjie dorée), qui pourra contribuer à l'établissement de procédures de réintroduction au Canada de toutes les espèces en péril des prés maritimes (Caplow, 2001).
  • Élaboration d'un programme d'élevage en captivité du damier de Taylor en cours à l'Oregon Zoo (Potter, comm. pers., 2005).
  • Essai de méthodes de multiplication de la castilléjie dorée par le personnel du service des parcs de la Ville de Victoria (Hook, comm. pers., 2004).

1.9.6 Énoncé précisant la date d'achèvement du plan d'action

Une première version du plan d'action devrait être terminée d'ici mars 2010.

1.9.7 Incidence socioéconomique du rétablissement

Le rétablissement des espèces en péril et la restauration des milieux menacés associés aux chênaies de Garry favoriseront la biodiversité, la santé et la productivité de l'environnement et une meilleure appréciation de ces espèces et milieux particuliers, ce qui aura globalement une utilité sociale dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. En effet, la beauté naturelle des chênaies de Garry et écosystèmes connexes de la vallée du Bas-Fraser, des îles Gulf et de l'île de Vancouver constitue une ressource importante pour la population de la province, en permettant une industrie récréotouristique vigoureuse. La protection de ces espaces naturels, de leur biodiversité et des occasions qu'elles offrent en matière d'appréciation de la nature, de renouveau spirituel et de loisirs est d'une immense valeur pour l'économie locale.

Certaines activités menées à l'intérieur ou aux alentours des prés maritimes risquent de nuire à des espèces en péril sensibles. Les activités qui peuvent ainsi affecter les espèces en péril ou l'intégrité des milieux dont ils dépendent sont celles qui :

  • modifient ou perturbent des processus écologiques importants pour le maintien de ces milieux;
  • provoquent directement ou indirectement l'introduction d'espèces indigènes ou exotiques pouvant altérer le milieu biotique ou abiotique de manière à nuire à des processus importants pour le maintien des prés maritimes;
  • détruisent ou endommagent directement une espèce en péril (piétinement, utilisation de véhicules, etc.);
  • modifient ou détruisent des prés maritimes (terrassement intégral, etc.).

Les mesures de rétablissement pourraient affecter certaines activités socioéconomiques : activités récréatives; lotissement de terres privées; autres activités d'exploitation ou d'entretien. Cependant, cet impact devrait demeurer faible dans presque tous les cas.

Les prés maritimes sont des éléments rares du paysage, et la superficie globalement requise pour leur protection physique est relativement restreinte. Une réduction efficace des activités pouvant leur nuire peut être obtenue par une planification minutieuse et une évaluation environnementale des travaux de développement et autres activités prévues ainsi que par une bonne disposition des corridors destinés au transport et aux activités récréatives, ce qui devrait avoir peu d'effets nuisibles à l'économie dans la plupart des cas.

Le rétablissement des prés maritimes et des espèces en péril qui leur sont associées exigera que chaque projet d'aménagement soit planifié avec soin et que les usages convenant à chaque milieu sensible soient précisés. Les gestionnaires de parcs et d'autres terres publiques peuvent assurer un accès adéquat aux terrains et y gérer les infrastructures de manière à favoriser le maintien ou l'amélioration des prés maritimes dont ils ont la responsabilité.

1.9.8 Évaluation et mesures de rendement

Parmi les mesures de rendement pouvant être utilisées pour évaluer le succès du rétablissement, on compte les suivantes :

  • Nombre de lieux hautement prioritaires protégés. Il peut s'agir ici d'une protection de n'importe quel type : accords d'intendance et engagements en matière de conservation volontaires sur les terres privées, désignations établissant des utilisations des terres offrant une protection dans le cas des terres de la Couronne ou protection découlant du fait que les stations se trouvent dans des parcs municipaux ou sous un type analogue de régime foncier.
  • Changement ou maintien du classement provincial ou national des espèces en péril visées par le présent programme de rétablissement.
  • Création d'un système de classement établissant pour les zones de pré maritime un ordre de priorité pour ce qui est de leur acquisition ou de leur protection en vertu d'accords d'intendance.
  • Mise en place d'incitatifs monétaires ou autres destinés aux propriétaires fonciers privés pour la protection des prés maritimes.
  • Nombre de plans de communication et de sensibilisation élaborés pour les prés maritimes.
  • Production de sections sur le lupin élégant et le grand silène de Scouler pour le manuel d'intendance des espèces en péril.
  • Nombre de plans de gestion élaborés pour chaque habitat de pré maritime.
  • Nombre d'habitats de pré maritime faisant l'objet d'une gestion appropriée.
  • Indice de la viabilité à long terme des espèces aux endroits faisant l'objet d'une intendance et d'une protection.
  • Description plus précise de l'habitat essentiel (grâce aux recherches visant à combler les lacunes dans les connaissances).
  • Établissement d'un instrument d'aide à la décision (ou de pratiques de gestion optimales) concernant les translocations, ou d'un équivalent.
  • Création d'une banque de semences et d'un programme d'élevage en captivité.
  • Nombre d'endroits où des espèces ont été nouvellement découvertes grâce aux relevés additionnels recommandés dans les objectifs ou aux observations du public.
  • Nombre de participants à l'activité de recherche intensive des papillons dans les écosystèmes du chêne de Garry.
  • Nombre de propriétaires fonciers ayant reçu du matériel d'information et des lignes directrices en matière de pratiques de gestion optimales concernant les espèces en péril des prés maritimes présentes sur leur propriété.
  • Nombre de visiteurs du site web sur les invertébrés en péril et du site web de l'Équipe de rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry.
  • Nombre d'endroits où l'habitat est amélioré par enlèvement soigneux des espèces envahissantes.
  • Échange d'information avec les organismes états-uniens s'occupant du rétablissement des écosystèmes du chêne de Garry aux États-Unis.
  • Ajout d'espèces en péril des prés maritimes à la liste de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique.
  • Nombre de municipalités qui adoptent en vertu de la charte des communautés (Community Charter) de la Colombie-Britannique des règlements municipaux, des ententes, etc. visant à protéger les espèces en péril des prés maritimes.

10 Il peut s'agir ici d'une protection de n'importe quel type : accords d'intendance et engagements en matière de conservation volontaires sur les terres privées, désignations établissant des utilisations des terres offrant une protection dans le cas des terres de la Couronne ou protection découlant du fait que les stations se trouvent dans des parcs municipaux ou sous un type analogue de régime foncier.