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Programme de rétablissement multi-espèces visant les espèces en péril des prés maritimes associés aux chênaies de Garry au Canada (Proposé)


Information sur les espèces

1.10 Marbré insulaire (Euchloe ausonides insulanus)

Nom commun : Marbré insulaire

Nom scientifique : Euchloe ausonides

Statut : Espèce disparue du pays

Dernier examen ou dernière modification : Mai 2000 (aucune modification)

Justification de la désignation : Ce papillon se trouvait auparavant sur deux îles au large de la côte Ouest, mais il a disparu des deux sites en 1910 en raison de la perte de la plante-hôte de ses larves. Il n'a pas été observé au Canada depuis lors.

Présence au Canada : Colombie-Britannique

Historique du statut : Espèce disparue du Canada avant 1910. Espèce désignée « disparue du pays » en avril 1999. Réexamen et confirmation du statut en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

1.10.1 L'espèce

L'Euchloe ausonides ssp. insulanus est un taxon bien défini selon la description fournie dans le rapport de situation du COSEPAC (Shepard, 2000b). L'espèce a été reconnue comme une sous-espèce distincte, selon la description fournie par Guppy et Shepard (2001).

Le marbré insulaire est un papillon diurne blanc et noir grisâtre. Le dessous des ailes postérieures est marbré, tandis que le sommet des ailes antérieures porte des marques noires. Les nervures des ailes postérieures sont surlignées de jaune, ce qui confère à l'espèce son aspect marbré. Les sexes sont semblables, mais chez la femelle, les marbrures de l'aile postérieure sont d'un jaune plus foncé et la couleur principale des ailes est jaune, alors qu'elle est blanche chez le mâle. Le corps est recouvert d'une pubescence jaune blanchâtre qui lui confère un aspect pelucheux.

1.10.2 Répartition

L'Euchloe ausonides insulanus est isolé des autres sous-espèces. Considérée dans son ensemble, l'espèce se rencontre de l'Alaska à la Californie et au Colorado et, vers l'est, jusqu'en Ontario et au Minnesota.

À l'échelle mondiale, la sous-espèce insulanus est actuellement représentée par une seule population dans l'État de Washington (S1). Cette population a été découverte en 1998 dans le parc historique San Juan (American Camp), dans l'île San Juan (figure 1) (J. Fleckenstein, comm. pers., 2002). Cette sous-espèce n'a été observée nulle part ailleurs aux États-Unis et est disparue de la Colombie-Britannique (Hinchliff 1994, 1996; Layberry et al., 1998).

Figure 1. Répartition mondiale et canadienne approximative de l'Euchloe ausonides insulanus.
(La population existante est désignée par une étoile, et les populations disparues, par un triangle.)
Figure 1. Répartition mondiale et canadienne approximative de l'Euchloe ausonides insulanus.(La population existante est désignée par une étoile, et les populations disparues, par un triangle.)

1.10.3 Tendances des populations et de la répartition

Le marbré insulaire compte 14 mentions historiques pour le Canada. Selon ces mentions, cinq populations naturellement fragmentées auraient existé dans la région du Grand Victoria (Langford, parc Beacon Hill et baie James) et à Nanaimo (Wellington), dans l'île de Vancouver, et dans l'île Gabriola (figure 1). La mention la plus ancienne, qui date de 1860, se rattache à un spécimen dont l'étiquette indique simplement « Vancouver »; cette mention désigne fort probablement l'île de Vancouver. L'espèce aurait disparu du Canada autour de 1910, car la dernière mention de sa présence au pays, à l'île Gabriola, remonte à 1908. Les relevés récents n'ont révélé la présence d'aucune nouvelle population au Canada.

Au Canada, la disparition du marbré insulaire des écosystèmes du chêne de Garry est antérieure à la perte d'une portion importante des habitats de ces écosystèmes. On pense que le broutement par les moutons ou le bétail avant ou durant la Première Guerre mondiale aurait causé l'élimination de la plante hôte (présumément l'arabette hirsute [Arabis hirsuta]) et aurait ainsi constitué le principal facteur à l'origine de la disparition du marbré insulaire en Colombie-Britannique (Shepard, 2000b). Toutefois, l'ensemble des facteurs à l'origine de cette disparition demeurent inconnus.

Il n'existe aucune estimation publiée de l'abondance de la seule population connue au monde, établie dans l'île San Juan. Au moins 20 individus ont été observés en 2002 (Fleckenstein, comm. pers., 2002; Miskelly, comm. pers., 2004), et au moins 100 en 2003 (Pyle, comm. pers., 2003), mais la taille de cette population n'a jamais été estimée. On ignore également quelle était la taille de la population totale au Canada.

1.10.4 Caractéristiques biotiques et abiotiques de l'habitat

Comme le marbré insulaire n'a pas été observé au Canada depuis 1908, notre connaissance de ses besoins en matière d'habitat est fondée sur les caractéristiques de l'habitat privilégié par la population de l'île San Juan, aux États-Unis, et sur des descriptions récentes des milieux qu'il a déjà occupés.

La population de l'île San Juan occupe un vaste (> 100 ha) territoire dégagé englobant trois habitats distincts, soit une prairie mésique perturbée, des dunes et une zone littorale. Cette aire est principalement orientée à l'ouest et ne compte aucun arbre de grande taille. Les secteurs occupés par le marbré insulaire ne sont pas escarpés, les pentes allant de nulle à 50 % (Miskelly, obs. pers., 2004). Les crucifères (Brassicacées) introduites forment des colonies éparses mais sont abondantes dans la prairie et les dunes, tandis que les plantes hôtes indigènes sont abondantes le long du littoral. Les espèces envahissantes de crucifères, qu'elles soient indigènes ou introduites, atteignent généralement leur densité maximale dans des milieux modérément perturbés. Les espèces des prairies se rencontrent dans les secteurs perturbés par les mammifères fouisseurs (Fleckenstein, comm. pers., 2002; Miskelly, comm. pers., 2004; Pyle, comm. pers., 2003). Il n'existe aucun autre habitat similaire de cette échelle au Canada.

À l'île San Juan (Washington), les femelles déposent leurs œufs sur trois espèces de crucifères, soit la moutarde des oiseaux (Brassica campestris) et le sisymbre élevé (Sisymbrium altissimum), deux mauvaises herbes d'origine européenne, et la lépidie de Virginie (Lepidium virginicum), espèce indigène (Fleckenstein, comm. pers., 2002; Miskelly, comm. pers., 2004; Pyle, comm. pers., 2003). Les autres sous-espèces de l'Euchloe ausonides se nourrissent également à l'état larvaire de crucifères envahissantes introduites (Opler, 1975). La moutarde des oiseaux pousse dans des milieux plus mésiques que les espèces indigènes d'arabettes (Arabis) et est par conséquent moins vulnérable au dessèchement précoce.

Au Canada, le marbré insulaire était probablement associé aux stades de succession de prairie ouverte des chênaies de Garry et des écosystèmes associés. En Colombie-Britannique, ses plantes hôtes étaient probablement des arabettes (Arabis spp.), peut-être l'A. hirsuta (Shepard, 2000a; 2000b), ainsi que la lépidie de Virginie (Lepidium virginicum). Les arabettes (Arabis spp.) sont les principales plantes hôtes de la sous-espèce mayi dans l'intérieur sud de la Colombie-Britannique. Il n'existe cependant aucune mention historique des plantes hôtes ou des habitats utilisés par le marbré insulaire.

1.10.5 Besoins en matière d'espace

On ignore quelle est la superficie d'habitat minimale pour maintenir une population viable. Vraisemblablement, la survie à long terme de la sous-espèce dépend de la présence d'une parcelle d'habitat relativement grande ou de parcelles d'habitat favorable à proximité. La superficie d'habitat de qualité requise pourrait atteindre 50 à 100 hectares, si l'on se fie à la superficie du territoire occupé actuellement par la population de l'île San Juan, estimée à 100 ha. De plus amples recherches s'imposent pour déterminer la superficie d'habitat minimale dont l'espèce a besoin pour survivre. Très peu de parcelles d'habitat adéquat de cette superficie existent encore en Colombie-Britannique.

1.10.6 Cycle annuel

Les œufs éclosent entre la fin de mai et la fin de juin, et les chenilles se nourrissent jusqu'à la nymphose, qui survient entre la fin de juin et la fin de juillet.

Les taux de mortalité larvaire sont élevés si les plantes hôtes se dessèchent avant que les chenilles aient achevé leur développement. Les quantités de précipitations au printemps et au début de l'été influent sur la date de sénescence des plantes hôtes et, par conséquent, sur le taux de nymphose du marbré insulaire.

1.10.7 Niche écologique

Le rôle écologique de ce papillon n'a fait l'objet d'aucune recherche. Les adultes jouent probablement un rôle mineur à titre d'agents pollinisateurs. Les chenilles infligent des dommages négligeables aux crucifères hôtes et se nourrissent de fleurs et de fruits. Les adultes, les chenilles et les chrysalides sont les proies d'oiseaux insectivores, de petits mammifères et d'insectes prédateurs (famille des Braconidés). Les œufs, les chenilles et les chrysalides sont probablement les hôtes de divers insectes parasitoïdes (van Nouhys et Hanski, 2004).

1.10.8 Facteurs limitatifs sur le plan biologique

On sait très peu de choses sur les facteurs limitatifs sur le plan biologique pour le marbré insulaire.

La capacité de vol et de dispersion du marbré insulaire n'a pas été étudiée. Des observations du comportement de la sous-espèce mayi donnent à croire que les adultes peuvent parcourir de grandes distances durant leur vie. En Californie, dans des régions situées près de l'océan, des déplacements pouvant atteindre un kilomètre ont été observés chez l'E. ausonides (Scott, 1975a; 1975b).

Les chenilles du marbré insulaire se nourrissent activement à la fin de mai et en juin, soit dans la dernière partie de la période durant laquelle les applications de Btk sont effectuées dans l'aire de répartition historique de l'espèce en Colombie-Britannique (Nealis, comm. pers., 2003).