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Massasauga (Sistrurus catenatus)

COSEPAC Résumé

Massasauga

Sistrurus catenatus

Information sur l'espèce

Le massasauga (Sistrurus catenatus), serpent de la famille des Vipéridés, est le seul serpent venimeux vivant en Ontario. C'est un crotale de taille relativement petite (longueur totale moyenne d’environ 76 cm chez les adultes) au corps épais, muni au bout de la queue d'un bruiteur segmenté. Sa couleur de fond est grise ou brun foncé, et il a sur le dos une rangée de grosses taches brun foncé et de chaque côté, trois rangées alternes de taches plus petites. Son ventre brun foncé ou noir est souvent orné de marbrures blanches. On peut le confondre avec d’autres espèces ontariennes de serpents rayés ou tachetés non venimeux, comme la couleuvre à nez plat (Heterodon platyrhinos), la couleuvre fauve de l’Est (Elaphe gloydi), la couleuvre tachetée de l’Est (Lampropeltis triangulum triangulum) et la couleuvre d’eau (Nerodia sipedon sipedon).

Répartition

Aux États-Unis, on trouve le massasauga dans les États du Nord-Est (Illinois, Indiana, Iowa, Michigan, Minnesota, Missouri, New York, Ohio, Pennsylvanie et Wisconsin). Au Canada, ses populations sont confinées à quatre régions distinctes en Ontario. D’après les données historiques, les populations de la péninsule Bruce et de l’ouest de la baie Georgienne, dans le CZentre de l’Ontario, auraient autrefois formé une population continue. Les petites populations de Wainfleet et d’Ojibway, dans le Sud-Ouest de la province, sont aujourd'hui complètement isolées, mais ici encore, on pense qu'elles formaient autrefois une population continue avec celles de la péninsule Bruce et de l’est de la baie Georgienne.

Habitat

L’habitat du massasauga varie de la prairie humide, de la cariçaie et des champs abandonnés aux tourbières, aux landes rocheuses et aux forêts de conifères. Ces habitats présentent toutefois des ressemblances physiques qui répondent aux besoins de l’espèce en matière d’habitat. Le massasauga a besoin d’un habitat semi-ouvert qui lui offre à la fois des abris contre les prédateurs et des conditions favorables à sa thermorégulation (comme la possibilité de s’exposer au soleil). Ses sites d’hibernation sont souvent humides ou saturés d’eau, ce qui porte à croire que le taux d’humidité est une variable capitale pour une hibernation réussie. L’habitat du massasauga a diminué à la fois en quantité et en qualité en Ontario, et ce déclin se poursuit dans de nombreux endroits à cause de l’empiétement par les humains.

Biologie

Au Canada, la saison active du massasauga s’étend de la fin avril à octobre. L’accouplement a lieu à la fin de l’été, et les femelles conservent le sperme de leur partenaire jusqu’à l’ovulation, au printemps suivant. Les femelles atteignent la maturité entre l’âge de trois et cinq ans (soit un peu plus tard que les mâles) et produisent des portées de 3 à 20 petits tous les deux ou trois ans. Mâles et femelles commencent à retourner vers les hibernacula en septembre, et hibernent jusqu’en avril. Les conditions climatiques locales (p. ex. des températures moyennes plus basses que la moyenne) peuvent avoir une incidence sur l’âge à la maturité, la fréquence de la reproduction et la saison active. Ce crotale chasse habituellement à l’affût des proies terrestres, mais on en a déjà vu qui chassaient activement leurs proies dans les arbres et dans l’eau.

Taille et tendances des populations

La taille des quatre populations de massasaugas varie selon la quantité d’habitat restant à chaque localité. La population de la baie Georgienne est la plus abondante, suivie de celle de la péninsule Bruce. Les populations du Sud-Ouest de l’Ontario sont beaucoup moins denses et sont probablement inférieures de plusieurs ordres de grandeur aux deux populations du centre de la province. Malgré les recherches intensives effectuées en 2000, on manque de données pour estimer les populations du Sud de l’Ontario; le radio‑pistage a toutefois montré que le taux de survie de l'espèce y est faible. Ces deux populations semblent avoir atteint un niveau dangereusement bas.

Facteurs limitatifs et menaces

La destruction et la fragmentation de l’habitat, attribuables aux activités humaines, sont les menaces les plus lourdes à peser sur la survie du massasauga en Ontario. Le prolongement de la route 69/400 le long de la rive de la baie Georgienne et le projet immobilier West Bruce sur la rive ouest de la péninsule Bruce auront notamment une incidence néfaste sur la qualité de l’habitat de l’espèce dans les environs immédiats. L’augmentation du nombre de routes achalandées associée à ces projets accroîtra les risques de mortalité chez les massasaugas qui traversent les routes ou s’y exposent au soleil pour leur thermorégulation. Les populations du Sud-Ouest de l’Ontario sont également confrontées à un autre danger, soit leur disparition stochastique due à leur faible taille et à leur isolement prononcé.

Importance de l’espèce

À titre de dernier serpent venimeux de l’Ontario, le massasauga donne aux humains une occasion unique de montrer qu'ils sont capables de respecter une espèce qui peut leur faire du mal, et de coexister pacifiquement avec elle. Sur le plan de la conservation, il est important de noter que les populations de S. c. catenatus les mieux protégées en Amérique du Nord sont celles de la baie Georgienne et de la péninsule Bruce, en Ontario.

Protection actuelle ou autres désignations 

Le massasauga a étédesigné espèce menacée par le COSEPAC en 1991 et par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario en 1988. Ce crotale est également considérécomme un «reptile spécialement protégé»en vertu de la Loi sur la protection du poisson et de la faune adoptée en Ontario en 1999, qui interdit de harceler, de posséder (sans autorisation) ou de tuer des individus de cette espèce. Àl’échelle mondiale des individus de cette espèce a été cotée G 3G4.

 

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MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.