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Massasauga (Sistrurus catenatus)

Habitat

Besoins en matière d'habitat

Comme les autres reptiles vivant sous les latitudes septentrionales, le massasauga est confiné aux régions climatiques où les températures quotidiennes et saisonnières permettent les processus biologiques fondamentaux (alimentation, reproduction, etc.). Les régimes de température doivent notamment lui permettre de se reproduire et d’hiberner. Le massasauga a donc besoin d’un habitat semi-ouvert qui lui offre abri contre les prédateurs et les éléments, tout en lui permettant d’assurer la thermorégulation nécessaire à des activités comme la gestation et la digestion. D’après des études réalisées en Ontario et ailleurs dans l’aire de répartition du massasauga (sous‑espèce de l’Est) aux États‑Unis, le taux d’humidité du substrat serait une variable clé pour le succès de l’hibernation de l’espèce (voir Johnson et al., 2000, pour un examen de la question). Les massasaugas hivernent dans des endroits humides ou saturés d’eau, souvent caractérisés par la présence de sphaigne; ils utilisent aussi couramment des champs abandonnés saturés d’eau où l’on trouve des terriers d’écrevisses et de rongeurs. Selon les données physiques recueillies au cours de l’hiver 2000 à six hibernacula de massasaugas de la baie Georgienne, le niveau des eaux atteignait presque la surface à tous les sites (J. Rouse et al., données inédites).

Figure 2. Répartition ontarienne actuelle du massasauga

Figure 2. Répartition ontarienne actuelle du massasauga.


Figure 3. Tourbière oligotrophe de Wainfleet; la partie hachurée représente la superficie approximative de l'habitat potentiel du massasauga


Figure 3. Tourbière oligotrophe de Wainfleet; la partie hachurée représente la superficie approximative de l'habitat potentiel du massasauga.

Figure 4. Windsor/LaSalle; la partie hachurée représente la superficie approximative de l'habitat potentiel du massasauga

Figure 4. Windsor/LaSalle; la partie hachurée représente la superficie approximative de l'habitat potentiel du massasauga.


Les massasaugas utilisent des habitats fort variés dans leur aire de répartition (Prior et al., 2000). Ils fréquentent notamment la prairie humide (Seigel, 1986), les tourbières minérotrophes et les cariçaies (Johnson, 1995; Kingsbury, 1996, 1999), les tourbières (Johnson, 1995; Johnson et Leopold, 1998), les landes rocheuses (Parent, 1997; J. Rouse, obs. pers.), les forêts de conifères (Weatherhead et Prior, 1992), de même que les prés et les champs abandonnés (Reinert et Kodrich, 1982). Si ces habitats diffèrent énormément sur le plan de la végétation et de la structure, tous possèdent par contre des microhabitats distinctifs présentant des similitudes physiques. Par exemple, les surfaces granitiques des landes rocheuses de la baie Georgienne peuvent constituer pour les femelles en gestation des sites dont les températures quotidiennes sont semblables à celles qui règnent sur la végétation en décomposition ou les amas de broussailles que l'on trouve dans les champs abandonnés ou les prairies (R. Willson, obs. pers.). De nombreuses données de pistage radiotélémétrique ont montré que les massasaugas de la baie Georgienne utilisent une mosaïque d’habitats incluant des landes rocheuses, des marécages de conifères, des prairies à castors, des tourbières minérotrophes et oligotrophes et des milieux riverains (M. Villeneuve, données inédites, île Beausoleil; C. Parent, données inédites, parc provincial Killbear; Rouse et al., 2001, corridor de la route 69). D'autres données de pistage radiotélémétrique, quoique moins nombreuses, ont aussi montré que les massasaugas de la péninsule Bruce utilisent les marais riverains, les marécages arbustifs, les tourbières minérotrophes et les petites clairières associées aux forêts de conifères (Weatherhead et Prior, 1992). Enfin, des données radiotélémétriques récentes sur les massasaugas des populations du Sud de l'Ontario ont montré que ces crotales utilisent les prairies à graminées hautes comprenant des milieux secs et sableux renfermant des herbacées basses autres que graminées et graminoïdes, ainsi que des habitats récemment perturbés dominés par la verge d'or à Ojibway, et des tourbières oligotrophes, des boisés humides, des champs agricoles adjacents, des champs abandonnés et des haies à Wainfleet (Pratt et al., 2000).

Tendances

 L'habitat restant dans les quatre localités ontariennes a continué de diminuer tant en quantité qu'en qualité depuis 1991, bien qu'à une ampleur et à un rythme différents. Par exemple, si, en superficie, les pertes d’habitat subies par les populations de la baie Georgienne et de la péninsule Bruce à cause de l’exploitation ont vraisemblablement été plus importantes, celles qu’ont subies les populations du Sud ont été plus lourdes en pourcentage. La destruction d'un champ abandonné de 20 ha a en effet pour la population d'Ojibway des conséquences beaucoup plus désastreuses qu'une perte équivalente en superficie pour les populations de la baie Georgienne ou de la péninsule Bruce. La construction d’un nombre croissant de maisons et de chalets, avec l'infrastructure routière qui y est associée, de même que l'utilisation accrue de ces régions par les humains mettent en péril la pérennité de tous les habitats du massasauga qui ne bénéficient d'aucune protection officielle dans les quatre localités de l’espèce. Le fait que la population d'Ojibway, dans la région de LaSalle et de Windsor, ait perdu plus d'habitat au cours des cinq dernières années qu'au cours des 20 années antérieures (P. Pratt, comm. pers.) est particulièrement alarmant. À Wainfleet, en revanche, environ 74 p. 100 de l’habitat de tourbière oligotrophe et de marais est situé sur des terres publiques, et on a cessé d'y exploiter la tourbe; on continue toutefois de le faire dans les zones adjacentes à ces aires aujourd’hui protégées (R. Tervo, comm. pers.).

Protection et propriété des terrains

Dans l'aire occupée par les populations de la baie Georgienne et de la péninsule Bruce, une partie de l'habitat actuellement utilisé par les massasaugas est protégée à l’intérieur des limites de deux parcs nationaux, soit ceux des Îles-de-la-baie-Georgienne et de la Péninsule-Bruce, et de plusieurs parcs provinciaux. D'autres habitats du massasauga devraient être protégés par suite de l'adoption d'une réglementation visant la création de réserves de conservation et la création ou l’agrandissement de parcs en vertu du programme Patrimoine vital de l'Ontario (Ontario’s Living Legacy [OLL]). Des habitats importants situés sur des terres de la Couronne jouissent également d'un niveau de protection raisonnable. La tourbière oligotrophe de Wainfleet (1 500 ha) est désignée milieu humide de classe 1 et est pour la plus grande part de propriété publique et ainsi protégée (Office de protection de la nature de la péninsule du Niagara – 801 ha; MRNO – 231 ha; Société canadienne pour la conservation de la nature –- 81 ha, Pratt et al., 2000). Bien que plusieurs parcelles d'habitat potentiel du massasauga (surtout les prairies à graminées hautes) bénéficient d'une protection officielle à l'intérieur des limites de la Ville de Windsor et de la ville voisine de LaSalle (env. 250 ha au total), on n'a observé dernièrement ce crotale qu’à un seul endroit à LaSalle. On n’a fait état d’aucune observation fiable de l'espèce aux sites protégés de Windsor depuis le milieu des années 1970. Les plus récentes observations de l'espèce (captures ou repérages radiotélémétriques) ont été faites à des sites non protégés situés dans des zones résidentielles en construction de LaSalle et de Windsor. Il est de plus en plus improbable que les massasaugas vivant actuellement dans les aires non protégées adjacentes recolonisent les sites protégés, étant donné que le réseau routier continue de se développer dans tous les corridors disponibles entre les îlots d'habitats restants. Des plans sont en cours d’élaboration pour protéger les 117 ha d'habitat potentiel restants à Windsor, mais il faudra trouver les fonds nécessaires. Contrairement à l'habitat actuel (ou potentiel) du massasauga dans la baie Georgienne et la péninsule Bruce, l'habitat du Sud-Ouest de l'Ontario qui n'est pas acheté expressément pour être protégé a peu de chance de demeurer à l'état naturel. L'absence de terres de la Couronne étendues dans le Sud-Ouest de la province confine inévitablement les massasaugas à de petits fragments d'habitat qui, dans bien des cas, sont isolés depuis longtemps.