Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Massasauga (Sistrurus catenatus)

Biologie

Domaine vital et déplacements

 Dans leur aire de répartition canadienne, les massasaugas sont actifs en gros de la fin avril jusqu'au mois d'octobre. Peu de renseignements ont été publiés sur le domaine vital et les déplacements de l'espèce en Ontario (Weatherhead et Prior, 1992). D'après des données inédites provenant de l'Ontario, le profil des déplacements du massasauga peut varier énormément selon les populations ou les sites d'étude (C. Parent, J. Rouse, P. Pratt, R. Tervo, données inédites). Dans une population de la péninsule, dans le parc provincial Killbear (appelé ci-dessous Killbear), les mâles et les femelles non gravides peuvent occuper une superficie atteignant 500 m sur 1 000 m au cours d'une saison d'activité (domaine vital, C. Parent, données inédites), tandis que les mâles et les femelles non gravides d'une population de la baie Georgienne située à l'intérieur des terres (mais seulement 40 km au Sud de Killbear) ont des domaines vitaux allant jusqu'à 1 000 m sur 2 000 m, un mâle ayant même couvert 4 000 m entre le lieu de sa capture initiale et son site d'hibernation (Rouse et al., 2001). Lorsqu'elles sont gravides (voir la section Reproduction), les femelles massasaugas sont relativement sédentaires et peuvent souvent être observées à leur site de gestation préféré jusqu'à la parturition. Les massasaugas changent souvent leurs centres d'activité entre les saisons : ils peuvent ainsi passer l'automne, l'hiver et le printemps dans des habitats humides à couvert végétal dense (du moins par comparaison avec les habitats environnants), comme des marécages de conifères, puis se déplacer vers des habitats plus secs en été (p. ex. les landes rocheuses; Reinert et Kodrich, 1982; Seigel, 1986; Weatherhead et Prior, 1992; Johnson, 2000; Pratt et al., 2000; Parent et Weatherhead, 2000; Rouse et al., 2001).

Reproduction

 Le massasauga est ovovivipare (ce qui, pour certains, est synonyme de vivipare) et se reproduit le plus souvent aux deux ans en Ontario, bien qu'on observe parfois des cycles triennaux ou plus longs (Parent et al., données inédites) vu la brièveté de la saison d'activité dont disposent les femelles pour accumuler les réserves d'énergie suffisantes pour investir dans la reproduction. En Ontario, les conditions climatiques et les caractéristiques des sites locaux (p. ex. la densité des proies) peuvent influer sur l'âge à la maturité. Malgré les importantes variations observées entre les individus à ce chapitre même au sein d'une même population (C. Parent et al., données inédites), les femelles atteignent généralement la maturité à l'âge de cinq ou six ans, et les mâles, vraisemblablement un peu plus tôt. Dans toute la province, l'accouplement a lieu à la fin de l'été (de la fin juillet au début septembre), et les femelles conservent le sperme de leur partenaire jusqu'à l'ovulation, au printemps suivant. À Killbear, les massasaugas gravides passent en moyenne de deux à trois semaines dans les aires d'alimentation avant d'entamer des déplacements prévisibles vers des microhabitats particuliers (sites de gestation et aires de mise bas), où elles resteront jusqu'à la parturition, à la fin de l'été (de la mi‑juillet à la mi‑septembre; J. Rouse et R. Willson, données inédites). Dans certaines régions, les sites de gestation idéaux peuvent être rares, d’où leur utilisation par plusieurs femelles (mais il est aussi probable que les femelles mettent bas en groupe pour des raisons de thermorégulation et de relations sociales; R. Willson, données inédites). La taille de la portée varie de 3 à 20 petits (moyenne de 13 ± 2,74 [é.‑t.]; Parent et Weatherhead, 2000); les nouveau-nés mesurent en moyenne 20 cm du museau au cloaque.

Hibernation

 Bien que les massasaugas hibernent généralement en solitaires, des données recueillies à Killbear et dans le corridor de la route 69 ont révélé qu’un hibernaculum circonscrit (p. ex. un site bien délimité, comme une dépression moussue dans un affleurement rocheux ou une lande rocheuse) pouvait abriter entre un seul individu et une dizaine ou plus (C. Parent, données inédites; Rouse et al., 2001). En Ontario, les massasaugas amorcent des déplacements évidents de retour vers les environs de leur hibernaculum (c.‑à‑d. des déplacements plutôt en ligne droite, J. Rouse, R. Willson, obs. pers.) en septembre, et sont souvent dans l’hibernaculum dès la fin septembre ou la mi‑octobre (C. Parent, données inédites; Rouse et al., 2001). Les serpenteaux qui n'ont encore jamais hiberné peuvent suivre à l'odeur leurs congénères vers l'hibernaculum. Des données de marquage-recapture aléatoire ont montré que les serpenteaux peuvent parcourir une distance d'au moins 400 m depuis leur lieu de naissance pour trouver un hibernaculum convenable (dans ce cas précis, un repaire déjà signalé) (J. Rouse et al., données inédites). On a aussi noté que les massasaugas utilisaient des fissures dans l'assise rocheuse, des cavités associées à des racines d'arbres et des terriers d'autres animaux (dont des écrevisses) comme hibernacula en Ontario.

Nourriture et alimentation

Les massasaugas chassent à l'affût, surtout le jour, mais peuvent aussi être actifs la nuit en été (juillet et août) et chercher activement leurs proies. Bien que leur morphologie les incite plutôt à chercher leurs proies à terre, on a déjà observé des massasaugas qui chassaient activement et consommaient leurs proies dans les arbres. En Ontario, leurs principales proies sont les petits mammifères et les oiseaux chanteurs (K. Prior, données inédites; C. Parent et al., données inédites). Les jeunes massasaugas mangent parfois les petits d'espèces de serpent de plus petite taille (Seigel, 1986; J. Rouse, R. Willson, obs. pers.), de même que des amphibiens et des invertébrés (Seigel, 1986).

Survie

En Ontario, les prédateurs naturels du massasauga sont probablement les gros oiseaux de proie, comme le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginianus) et la Buse à queue rousse (Buteo jamaicensis), ainsi que les mammifères carnivores, comme le pékan (Martes pennanti), le raton laveur (Procyon lotor), le renard roux (Vulpes vulpes) et le coyote (Canis latrans). Les jeunes sont exposés à un plus large éventail de prédateurs aviens et mammaliens. Les hivers durs (températures plus basses ou couverture de neige moins épaisse que d’habitude, etc.) sont une importante cause de mortalité naturelle chez les adultes, et probablement encore plus chez les nouveau-nés (C. Parent, comm. pers.).

Comportement et adaptabilité

Les populations de massasaugas peuvent s'adapter aux effets négatifs de perturbations anthropiques de modérées à élevées, du moins à court terme, ce qu’atteste en soi l'existence de la population d’Ojibway. Les massasaugas peuvent tolérer un niveau relativement élevé d’activité humaine pendant de courtes périodes, comme en témoigne leur utilisation continue (souvent comme sites de gestation) d’abris rocheux situés à proximité de sentiers très fréquentés par les humains à Killbear (Parent et Weatherhead, 2000). Non seulement les massasaugas gravides arrivent à y élever leurs petits, mais elles y reviennent lors des saisons de reproduction suivantes (soit à des intervalles de deux ou de trois ans; C. Parent, données inédites; J. Rouse et R. Willson, obs. pers.). D’après les données recueillies à Killbear, les massasaugas seraient également capables d’intégrer des secteurs perturbés (p. ex. des terrains de camping régulièrement fréquentés) dans leur domaine vital annuel (Parent et Weatherhead, 2000). Les populations de massasaugas arrivent donc probablement à survivre dans la mesure où l’habitat qui leur convient est préservé et où la mortalité attribuable aux humains (p. ex. par persécution directe ou mortalité sur les routes) est limitée.

Caractéristiques génétiques

À l’aide de six loci d’ADN microsatellitaire, Gibbs et al., (1997) ont pu recueillir des renseignements sur le degré de différenciation génétique de cinq populations régionales de massasaugas, soit celles du parc national de la Péninsule-Bruce, du parc provincial Killbear (est de la baie Georgienne), de l’île Beausoleil (est de la baie Georgienne), de la Cicero Swamp Wildlife Management Area (New York), et de secteurs des environs de Springfield et du Centre-Ouest de l'Ohio. D’après les résultats obtenus, ces cinq populations géographiquement séparées sont également distinctes sur le plan génétique. En se fondant sur ces données, Gibbs et al. (1997) ont conclu que les populations de massasaugas géographiquement disjointes renferment probablement une portion unique et importante de la variabilité génétique totale de la sous-espèce. Lougheed et al. (2000) ont eux aussi observé des degrés semblables de différenciation génétique dans des populations de massasaugas géographiquement isolées en utilisant des marqueurs RAPD (amplification aléatoire d'ADN polymorphe). D’après ces données, on peut penser que les populations de massasaugas restées longtemps isolées les unes des autres (comme celles de Wainfleet et d’Ojibway) seront relativement distinctes sur le plan de leur composition génétique.