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Massasauga (Sistrurus catenatus)

Taille et tendances des populations

Depuis le dernier rapport sur la situation du massasauga au Canada (Weller et Parsons, 1991), beaucoup d’autres données démographiques ont été recueillies. Malheureusement, peu d'entre elles ont été communiquées dans des publications dotées de comités de lecture, et les résultats de recherche préliminaires n’ont pas non plus été rendus disponibles. L’ordre d’importance des quatre populations de massasaugas de l’Ontario suit celui des superficies d’habitat aux quatre localités. C'est donc la population de la baie Georgienne qui devrait compter le plus grand nombre d’individus, suivie de celle de la péninsule Bruce. Les populations du Sud de la province sont inférieures à ces dernières de plusieurs ordres de grandeur. Il est toutefois difficile de dire laquelle des populations de Wainfleet ou d’Ojibway se trouve dans une situation plus précaire sur le plan démographique. Aux deux localités du Sud de l’Ontario, les taux de capture par unité d’effort sont nettement plus faibles que ceux obtenus sur des superficies similaires dans les deux populations régionales.

À Wainfleet, on a consacré au total 1 060 heures-personnes à la recherche de massasaugas en 2000 (Pratt et al., 2000), ce qui a permis de recenser neuf individus (quatre femelles, un mâle et quatre nouveau-nés). Deux des femelles étaient gravides et ont donné naissance à des petits. Des trois massasaugas radiopistés à Wainfleet en 2000, un a été tué par un prédateur inconnu, un autre a contracté ce qui semble avoir été une infection abdominale fatale (non liée à l’implantation du transmetteur), et le dernier a survécu à l’hiver (Pratt et al., 2000).

À Ojibway, 156 heures ont été consacrées à la recherche de massasaugas sur le terrain en 1999 et en 2000. Pendant cette période, un total de 26 massasaugas ont été observés (quatre femelles gravides, deux autres non gravides, deux mâles et 18 nouveau-nés; Pratt et al., 2000). Cinq individus (quatre femelles et un mâle) ont par la suite été radiopistés. Malheureusement, toutes les femelles sont mortes dans l’année où le transmetteur a été implanté : deux ont été tuées par des prédateurs inconnus peu après l’implantation, une a été tuée par un véhicule automobile sur une route nouvellement construite après environ 11 mois de radiopistage, et la dernière est morte pendant l’hibernation dans un terrier de petit animal (peut‑être une écrevisse). Le seul survivant (le mâle) a réussi à hiberner et a été observé en train de s’accoupler deux années de suite (Pratt et al., 2000).

Il ressort clairement de l’examen des données recueillies dans les populations du Sud de l’Ontario que les méthodes classiques d’estimation des populations ne conviennent pas dans l’état actuel des choses; qu’il suffise de dire que le niveau des populations est dangereusement bas. En outre, si la modélisation des autres populations de vertébrés est un tant soit peu fiable, alors les populations de massasaugas de Wainfleet et d’Ojibway ne sauraient être viables à long terme (Seigel et Sheil, 1999, avec les réserves de ces auteurs).

Si la petite taille des échantillons empêche l’estimation des paramètres démographiques à Wainfleet et à Ojibway, dans la baie Georgienne et la péninsule Bruce, c'est la vastitude de l’aire occupée par les populations qui rend l’estimation des effectifs totaux extrêmement difficile et probablement non fiable. Dans de nombreux secteurs de la baie Georgienne, les relevés sur le terrain ont en outre été insuffisants, et les essais de modélisation et, donc, de prévision des zones d’occurrence du massasauga basés sur les paramètres physiques n’ont guère été concluants. Au niveau local, toutefois, on a procédé à une collecte intensive et relativement à long terme de données démographiques pour la population de Killbear (Parent et al., données inédites). À ce site, un rigoureux programme de marquage-recapture, amorcé en 1992, est mis en œuvre depuis 1994. Il est donc possible d’estimer les paramètres démographiques de cette population, et cette estimation est d'ailleurs en cours (C. Parent, comm. pers.); les données ne sont toutefois pas disponibles pour le moment. Pour comparaison avec les populations du Sud de l’Ontario, mentionnons qu’on y capture et « traite » chaque saison environ 80 massasaugas adultes et juvéniles, et entre 50 et 300 nouveau-nés; la majorité sont capturés à deux sites d’étude ayant chacun une superficie d’environ 150 ha. Des études intensives de marquage‑recapture réalisées dernièrement au nord de Moon River et à l’ouest de Mactier (le nouveau corridor de la route 69) ont recensé un nombre semblable de massasaugas : 100 adultes et juvéniles et environ 100 nouveau-nés (2000 et 2001; J. Rouse et al., données inédites). Malgré la plus vaste superficie de cette zone d’étude (environ 650 ha), ces données viennent effectivement confirmer la faible densité des populations du Sud de la province. On devrait pouvoir estimer les paramètres démographiques dans cette zone du corridor de la route 69 dès que la troisième période d’échantillonnage aura été menée à terme en 2002. Les populations de la péninsule Bruce ont également fait l'objet d'études de marquage-recapture, mais moins intenses et moins longues (Prior, 1996, cité dans Parker et Prior, 1999). En 2000, les autorités du parc national de la Péninsule‑Bruce ont mis sur pied un programme de surveillance à long terme des massasaugas (F. Burrows, comm. pers.). Enfin, une étude radiotélémétrique portant sur l’écologie thermique du massasauga a été amorcée dans ce même parc en 2001, et les chercheurs ont pu observer environ 50 massasaugas durant la saison de terrain (F. Burrows, comm. pers.; Weatherhead et al., données inédites).