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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le massasauga (Sistrurus catenatus) au Canada – Mise à jour (2002)

Facteurs limitatifs et menaces

Depuis sa désignation comme espèce menacée par le COSEPAC en 1991, plusieurs des facteurs contribuant au déclin de l’espèce (figure 6) au Canada sont demeurés inchangés. Le plus grave d'entre eux, la destruction et la fragmentation de l’habitat, s’est même exacerbé au cours des dernières années. On note en outre, en étroite association avec la fragmentation continue de l’habitat restant, une augmentation du nombre des routes achalandées (figure 5), au point que la mortalité accidentelle des massasaugas sur les routes est devenue un grave obstacle à leur conservation. Le seul facteur limitatif qui s’est atténué depuis 1991 est peut-être la persécution directe par les humains, qui n’a toutefois sans doute pas disparu dans l’aire de répartition du massasauga. Cette diminution de la persécution par les humains, déduite de données anecdotiques, est en grande partie due aux efforts de sensibilisation soutenus mis en œuvre par des groupes intéressés du jardin zoologique du Grand Toronto, de même que par d’autres organismes et particuliers dévoués.

Figure 5. Répartition actuelle du massasauga et principales routes en Ontario


Figure 5. Répartition actuelle du massasauga et principales routes en Ontario.

Figure 6. Aires de répartition passée et actuelle du massasauga en Ontario

Figure 6. Aires de répartition passée et actuelle du massasauga en Ontario.


Les travaux d’exploitation potentiels et en cours qui portent atteinte à l’intégrité des populations locales de massasaugas dans les régions de la baie Georgienne et de la péninsule Bruce sont trop nombreux pour qu’on puisse tous les décrire ici. Mentionnons toutefois deux exemples notoires : l’élargissement et le prolongement de la route 69/400 le long de la rive orientale de la baie Georgienne, et le projet immobilier de West Bruce sur la rive occidentale de la péninsule Bruce. Lorsqu’ils seront terminés, ils auront un impact négatif sur la qualité de l’habitat des massasaugas situé dans leur voisinage immédiat; les données recueillies dans les zones déboisées en vue de l’aménagement du corridor de la route 69 montrent que les massasaugas ont également été perturbés pendant la phase de construction (Rouse et al., 2001). Ces exemples sont uniques, car les membres de l’équipe de rétablissement du massasauga ont pu donner leur avis ou du moins eu l’occasion de faire des commentaires sur la construction et la conception des deux projets. Selon toute probabilité, ce genre de projets de grande envergure continuera à être proposé, ce qui, parallèlement à la construction de chalets, moins dévastatrice, ne pourra que diminuer la quantité et la qualité des habitats dans les régions de la baie Georgienne et de la péninsule Bruce.

La survie des populations de Wainfleet et d’Ojibway est également menacée au premier chef par la destruction continue de l’habitat convenable (voir la section Tendances, sous la rubrique Habitat). Comme à Wainfleet, la superficie officiellement protégée est plus grande et que la population de massasaugas se trouve dans une région rurale où l’exploitation est plus lente, il est raisonnable de penser que la population d’Ojibway risque davantage de disparaître. Les massasaugas d’Ojibway pourraient également risquer davantage d’être tués sur les routes vu la petite taille des fragments d’habitat qu’ils occupent actuellement, dont certains continuent même de rétrécir (p. ex. le boisé de Sandwich West), et vu que la circulation automobile augmente par ailleurs. Les massasaugas de Wainfleet sont sans doute tués à l’occasion par des machines agricoles (Prior et al., 2000), car on a observé des individus qui passaient une bonne partie de leur saison active hors de leur habitat de tourbière (Pratt et al., 2000).