Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la gonidée des Rocheuses (Gonidea angulata) au Canada

Importance de l'espèce

Cette espèce constitue le seul taxon vivant connu dans ce genre. Cependant, le genre monospécifique Gonidea comprend dans les parties occidentales des États-Unis de nombreuses mentions de fossiles remontant au moins au Miocène (5 millions d’années ou plus : Taylor, 1988; Watters, 2001; p. ex. Gonidea coalingensis, Taylor, 1985). Le genre n’a été observé que dans son aire de répartition actuelle depuis la fin du Cénozoïque (Néogène). Du point de vue taxinomique, le genre est isolé et n’est étroitement apparenté à aucune des nombreuses formes de l’est de l’Amérique du Nord (Lydeard et al., 1996; Watters, 2001). Il existe peut‑être une autre espèce vivante en Corée (Taylor, 1988), ce qui constituerait l’un des exemples les plus importants des affinités entre les mollusques d’eau douce de l’ouest de l’Amérique du Nord et ceux d’Asie. C’est une situation particulièrement caractéristique de la faune unique et dispersée des mollusques dulcicoles de la région du Pacifique (Taylor, 1985, 1988).

L’utilisation de cette espèce par les Premières nations a été documentée dans l’Interior Columbia Basin. On a trouvé des amoncellements de coquilles de mulettes en Colombie‑Britannique ainsi qu’au Montana, en Idaho, au Nevada, en Oregon, dans l’État de Washington et en Californie (Lyman, 1980). Par exemple, les Flathead du Montana et les Umatilla de l’Oregon ont utilisé des moules d’eau douce, comme le G. angulata, le M. falcata et diverses espèces du genre Anodonta, comme aliments, outils ou objets ornementaux. Les recherches sur les amoncellements de coquilles de moules d’eau douce de certains secteurs ont permis de déceler un changement dans l’utilisation des espèces, le M. falcata ayant été remplacé par le G. angulata pour des raisons inconnues. Cependant, on a de bonnes raisons de penser que l’alluvionnement de certaines rivières (tel que mentionné dans Vannote et Minshall, 1982) pourrait avoir provoqué un changement général dans la composition en espèces, ou du moins une augmentation de l’habitat propice au G. angulata accompagné d’une diminution de l’habitat favorable au M. falcata.