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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chêne de Shumard (Quercus shumardii) au Canada

Résumé

Chêne de Shumard
Quercus shumardii

Information sur l’espèce

Le chêne de Shumard est un grand arbre à branches massives et à cime claire très étalée. Les individus âgés ont un tronc à contreforts bien développés et une écorce gris foncé à sillons profonds. L’écorce des jeunes branches est lisse et gris pâle. Les rameaux sont brun rougeâtre ou grisâtre. Les bourgeons terminaux sont ovoïdes, pointus et gris. Les feuilles ont 5 ou 7 lobes séparés par des sinus dépassant le milieu du demi-limbe. La face supérieure des feuilles est luisante, et l’inférieure porte des touffes distinctes de poils à l’aisselle des nervures. La coloration automnale du feuillage est d’un rouge vin intense. Le gland, d’environ 2,5 cm de longueur, est enserré par une cupule grise peu profonde en forme de soucoupe.

Répartition

Le chêne de Shumard se rencontre dans l’est de l’Amérique du Nord, depuis l’Indiana et la Caroline du Nord jusqu’au Texas et au nord de la Floride. On en trouve des sites isolés dans le sud de la Pennsylvanie, en Virginie et au Kentucky, mais l’espèce est pratiquement absente des Appalaches. Au Canada, le chêne de Shumard est confiné au sud-ouest de l’Ontario.

Habitat

Le chêne de Shumard préfère les sols argileux ou argilo-loameux riches, humides et mal drainés des forêts décidues.

Biologie

Peu de données ont été recueillies sur la biologie du chêne de Shumard. Comme pour les autres chênes, l’établissement des semis nécessite le plein soleil, condition dont bénéficient en particulier les sujets poussant en bordure de clôtures ou de routes. Le chêne de Shumard peut se régénerer à la souche après des activités de débroussaillement le long des rangées de clôtures.

Taille et tendances des populations

Il n’y a pas eu de relevé exhaustif de l’effectif ni de l’aire de l’espèce dans le sud de l’Ontario. Cependant, plusieurs personnes ont exploré à différents moments les cinq comtés et municipalités régionales (voir figure 3) pour lesquels l’espèce est répertoriée et ont relevé le nombre d’individus et les dimensions de chacun (Waldron et al., 1987; Oldham, 1998). La plupart des sites comptent un seul individu religue poussant près d’une clôture ou en plein champ. On signale plusieurs cas de régénération en milieu forestier et quelques-uns en plein champ. Les individus poussant près de clôtures sont parfois coupés à ras du sol lors des opérations de débroussaillage, mais ils ne meurent pas pour autant, puisqu’ils sont capables avoir des pousses et donc, de persévérer dans ces endroits (Waldron et al., 1987). À l’heure actuelle, moins de quarante sites sont répertoriés, pour un effectif total probablement très inférieur à 1 000 individus, et peut-être même ne dépassant pas 250 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La population canadienne de chêne de Shumard se compose en grande partie d’individus isolés poussant le long de clôtures, en plein champ ou au bord de routes, où ils risquent d’être coupés lors d’opérations de défrichage ou de débroussaillage. Les individus de grande taille poussant en milieu forestier risquent d’être coupés pour le bois. L’espèce est d’autant plus vulnérable qu’elle peut facilement être méprise pour l’une ou l’autre des espèces étroitement apparentées, notamment le chêne rouge.

Importance de l’espèce

Le chêne de Shumard a une valeur ornementale et pourrait être planté dans les parcs.

Protection actuelle et autres désignations

Le chêne de Shumard ne bénéficie d’aucune mesure de protection particulière. Trois des sites de l’espèce sont situés dans des aires protégées.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD) Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P) Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP) Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI) Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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