Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chêne de Shumard (Quercus shumardii) au Canada

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
chêne de Shumard
Quercus shumardii
au Canada

chêne de Shumard

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

Nota : Toute personne souhaitant citer l’information contenue dans le rapport doit indiquer le rapport comme source (et citer l’auteur); toute personne souhaitant citer le statut attribué par le COSEPAC doit indiquer l’évaluation comme source (et citer le COSEPAC). Une note de production sera fournie si des renseignements supplémentaires sur l’évolution du rapport de situation sont requis.

COSEPAC. 1999. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chêne de Shumard (Quercus shumardii) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 12 p.

White, D.J. 1999. Rapport de situation du COSEPAC sur le chêne de Shumard (Quercus shumardii) au Canada – Mise à jour, in Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chêne de Shumard (Quercus shumardii) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. Pages 1-12.

Rapports précédents

Waldron, G. 1984. COSEWIC status report on the shumard oak Quercus shumardii in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 25 p.

Note de production

La présente mise à jour contient de l’information générale tirée du premier rapport de situation, rédigé par Gerald Waldron.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Update Status Report on the Shumard Oak Quercus shumardii in Canada.

Illustration de la couverture

Gland et rameau feuillé de chêne de Shumard (Susan Laurie-Bourque, gracieuseté du Musée canadien de la nature).

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/406-2004F-PDF
ISBN 0-662-77991-6
HTML : CW69-14/406-2004F-HTML
ISBN 0-662-77992-4

Retournez à la table des matières

Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation -- Avril 1999

Nom commun : Chêne de Shumard

Nom scientifique : Quercus shumardii

Statut : Espèce préoccupante

Justification de la désignation : Il existe de nombreuses petites populations restantes et des arbres dispersés dans deux régions géographiques limitées. L’arbre a une capacité de régénération limitée et est menacé par l’hybridation avec d’autres chênes.

Répartition : Ontario

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d’un rapport de situation.

Retournez à la table des matières

Résumé

Chêne de Shumard
Quercus shumardii

Information sur l’espèce

Le chêne de Shumard est un grand arbre à branches massives et à cime claire très étalée. Les individus âgés ont un tronc à contreforts bien développés et une écorce gris foncé à sillons profonds. L’écorce des jeunes branches est lisse et gris pâle. Les rameaux sont brun rougeâtre ou grisâtre. Les bourgeons terminaux sont ovoïdes, pointus et gris. Les feuilles ont 5 ou 7 lobes séparés par des sinus dépassant le milieu du demi-limbe. La face supérieure des feuilles est luisante, et l’inférieure porte des touffes distinctes de poils à l’aisselle des nervures. La coloration automnale du feuillage est d’un rouge vin intense. Le gland, d’environ 2,5 cm de longueur, est enserré par une cupule grise peu profonde en forme de soucoupe.

Répartition

Le chêne de Shumard se rencontre dans l’est de l’Amérique du Nord, depuis l’Indiana et la Caroline du Nord jusqu’au Texas et au nord de la Floride. On en trouve des sites isolés dans le sud de la Pennsylvanie, en Virginie et au Kentucky, mais l’espèce est pratiquement absente des Appalaches. Au Canada, le chêne de Shumard est confiné au sud-ouest de l’Ontario.

Habitat

Le chêne de Shumard préfère les sols argileux ou argilo-loameux riches, humides et mal drainés des forêts décidues.

Biologie

Peu de données ont été recueillies sur la biologie du chêne de Shumard. Comme pour les autres chênes, l’établissement des semis nécessite le plein soleil, condition dont bénéficient en particulier les sujets poussant en bordure de clôtures ou de routes. Le chêne de Shumard peut se régénerer à la souche après des activités de débroussaillement le long des rangées de clôtures.

Taille et tendances des populations

Il n’y a pas eu de relevé exhaustif de l’effectif ni de l’aire de l’espèce dans le sud de l’Ontario. Cependant, plusieurs personnes ont exploré à différents moments les cinq comtés et municipalités régionales (voir figure 3) pour lesquels l’espèce est répertoriée et ont relevé le nombre d’individus et les dimensions de chacun (Waldron et al., 1987; Oldham, 1998). La plupart des sites comptent un seul individu religue poussant près d’une clôture ou en plein champ. On signale plusieurs cas de régénération en milieu forestier et quelques-uns en plein champ. Les individus poussant près de clôtures sont parfois coupés à ras du sol lors des opérations de débroussaillage, mais ils ne meurent pas pour autant, puisqu’ils sont capables avoir des pousses et donc, de persévérer dans ces endroits (Waldron et al., 1987). À l’heure actuelle, moins de quarante sites sont répertoriés, pour un effectif total probablement très inférieur à 1 000 individus, et peut-être même ne dépassant pas 250 individus.

Facteurs limitatifs et menaces

La population canadienne de chêne de Shumard se compose en grande partie d’individus isolés poussant le long de clôtures, en plein champ ou au bord de routes, où ils risquent d’être coupés lors d’opérations de défrichage ou de débroussaillage. Les individus de grande taille poussant en milieu forestier risquent d’être coupés pour le bois. L’espèce est d’autant plus vulnérable qu’elle peut facilement être méprise pour l’une ou l’autre des espèces étroitement apparentées, notamment le chêne rouge.

Importance de l’espèce

Le chêne de Shumard a une valeur ornementale et pourrait être planté dans les parcs.

Protection actuelle et autres désignations

Le chêne de Shumard ne bénéficie d’aucune mesure de protection particulière. Trois des sites de l’espèce sont situés dans des aires protégées.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD) Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P) Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP) Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI) Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de page1

Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de page2

Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de page3

Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de page4

Retournez à la table des matières

Information sur l’espèce

Nom et classification

Nom scientifique :

Quercus shumardii Buckl.

Synonymes :

Quercus texana Buckl.; Quercus schneckii Britt.

Nom commun :

chêne de Shumard

Famille :

Fagacées

Grand groupe végétal :

Dicotylédones

Description

Le chêne de Shumard est un grand arbre à branches massives et à cime claire et très étalée. Les individus âgés ont un tronc à contreforts bien développés et une écorce gris foncé à sillons profonds. L’écorce des jeunes branches est lisse et gris pâle. Les rameaux sont brun rougeâtre ou grisâtre. Les bourgeons terminaux sont ovoïdes, pointus et gris. Les feuilles ont 5 ou 7 lobes séparés par des sinus dépassant le milieu du demi-limbe. La face supérieure des feuilles est luisante, et l’inférieure porte des touffes distinctes de poils à l’aisselle des nervures. La coloration automnale du feuillage est d’un rouge vin intense. Le gland, d’environ 2,5 cm de longueur, est enserré par une cupule grise peu profonde en forme de soucoupe (figure 1).

Figure 1. Gland et rameau feuillé de chêne de Shumard (Susan Laurie-Bourque, gracieuseté du Musée canadien de la nature)

Figure 1.   Gland et rameau feuillé de chêne de Shumard (Susan Laurie-Bourque, gracieuseté du Musée canadien de la nature)

Morsink et Pratt (1984) ont étudié le chêne de Shumard dans le comté d’Essex et estiment que certains des sites répertoriés dans ce comté sont constitués d’hybrides entre le chêne de Shumard et d’autres espèces du groupe du chêne rouge et du chêne noir. Waldron (comm. pers. avec M. Oldham, 1998) n’est pas de cet avis; il estime qu’il y a peu de sites d’hybrides et qu’à proximité de ces quelques sites, on trouve des individus véritables de chêne de Shumard.

Retournez à la table des matières

Répartition

Répartition mondiale

Aux États-Unis, le chêne de Shumard se rencontre depuis l’Indiana et la Caroline du Nord jusqu’au Texas et au nord de la Floride. On trouve des sites isolés de l’espèce dans le sud de la Pennsylvanie, en Virginie et au Kentucky, mais l’espèce est pratiquement absente des Appalaches (Waldron et al., 1987) (figure 2).

Figure 2. Répartition du chêne de Shumard en Amérique du Nord (Fowells, 1965)

Figure 2. Répartition du chêne de Shumard en Amérique du Nord (Fowells, 1965).

Répartition canadienne

Au Canada, l’espèce est confinée au sud-ouest de l’Ontario, où on la rencontre dans les comtés d’Essex, de Kent, d’Elgin et de Lambton ainsi que dans la municipalité régionale de Niagara (figure 3).

Figure 3. Répartition du chêne de Shumard au Canada (Ontario)

Figure 3. Répartition du chêne de Shumard au Canada (Ontario).

Retournez à la table des matières

Habitat

Besoins de l’espèce

Au Canada, le chêne de Shumard fait partie de la Région forestière des feuillus du Canada. L’espèce pousse sur des sols argileux ou argilo-loameux riches, humides et mal drainés, dans des forêts décidues ou le long de clôtures (Waldron, 1984). En milieu forestier, il doit y avoir des ouvertures dans le couvert pour que l’espèce puisse se régénérer (Waldron et al., 1987).

Protection et propriété des terrains

La plupart des sites se trouvent sur des terrains privés ou des emprises routières. On en trouve trois dans des aires de conservation : l’un dans le comté de Kent et les deux autres dans le comté d’Essex.

Retournez à la table des matières

Biologie

Peu de données spécifiques ont été recueillies sur la biologie du chêne de Shumard. Comme pour les autres chênes, l’établissement des semis nécessite le plein soleil, condition dont bénéficient en particulier les individus poussant en bordure de clôtures ou de routes. Le chêne de Shumard peut se régénérer à la souche après des activités de débroussaillement le long des rangées de clôtures.

Retournez à la table des matières

Taille et tendances des populations

Il n’y a pas eu de relevé exhaustif de l’effectif ni de l’aire de l’espèce dans le sud-ouest de l’Ontario. Cependant, plusieurs personnes ont exploré à différents moments les quatre comtés et la municipalité régionale pour lesquels l’espèce est répertoriée et ont relevé le nombre d’individus et les dimensions de chacun. La plupart des sites comptent un seul individu poussant près d’une clôture ou en plein champ. On signale plusieurs cas de régénération en milieu forestier et quelques-uns en plein champ. Les individus poussant au bord de clôtures sont parfois coupés à ras du sol lors des opérations de débroussaillage, mais ils ne meurent pas pour autant, puisqu’ils sont capables d’émettre des rejets. À l’heure actuelle, seulement une quarantaine de sites sont répertoriés, pour un effectif total probablement très inférieur à 1 000 individus, peut-être même ne dépassant pas 250 individus.

Comté d’Essex

Le premier rapport de situation mentionne 13 localités où des spécimens ont été récoltés et 15 localités où l’espèce a uniquement été observée, l’ensemble révélant une répartition assez large de l’espèce dans le comté. Dans la plupart des cas où la mention est accompagnée d’une indication d’abondance, il s’agit d’un unique individu relique (Waldron et al., 1987).Depuis le premier rapport de situation, des spécimens ont été récoltés dans six autres localités, dont deux sont situées dans le sud-est du comté, où l’espèce n’avait encore jamais été signalée (Oldham, 1998); seulement trois de ces mentions sont accompagnées d’une indication d’effectif : un des sites ne compte qu’un individu, un autre en compte plusieurs, et, dans le troisième, le chêne de Shumard est l’espèce dominante des arbres bordant une clôture (Oldham, 1998). Selon Morsink et Pratt (1984), il y aurait aux alentours de 500 chênes de Shumard dispersés dans le comté d’Essex, dont certains sont peut-être des hybrides (Morsink et Pratt, 1984). 

Comté de Kent 

Le premier rapport de situation mentionnait cinq localités où le chêne de Shumard a été observé dans le sud-ouest du comté de Kent. Depuis, l’espèce a été observée dans une autre localité de la même région (Oldham, 1998). Plusieurs individus se trouvent dans l’aire de conservation Wilson, et plusieurs autres se trouvent juste en dehors de cette aire, de l’autre côté de la route. 

Comté d’Elgin

Un spécimen aurait été répertorié dans une localité du sud-ouest du comté d’Elgin; cela n’est cependant pas mentionné par Waldron et al. (1987). Un nouveau spécimen répertorié récemment (1993) dans le complexe des réserves naturelles de l’ouest du comté aurait été récolté près de la localité mentionnée dans le premier rapport de situation (Oldham, 1998). Il n’y a pas d’indication d’abondance quant à l’effectif de ce site.

Municipalité régionale de Niagara

Il n’y a aucune mention de l’espèce pour la municipalité régionale de Niagara dans le premier rapport de situation. Waldron et al. (1987) mentionnent l’espèce pour deux localités, et la base de données du CIPN renferme des mentions pour deux autres localités (Oldham, 1998). Une seule des mentions est accompagnée d’une indication d’abondance : on dit que l’espèce est « localement commune » (Waldron et al., 1987).

Comté de Lambton

Le premier rapport de situation ne contient aucune mention de l’espèce pour le comté de Lambton. Waldron et al. (1987) la mentionnent pour quatre localités, et la base de données du CIPN contient une mention pour une autre localité.Deux des sites ne comptent qu’un individu, l’espèce est « localement fréquente » dans une autre localité, un autre site compte « seulement quelques individus », et il n’y a aucune indication d’abondance pour la cinquième.

Des renseignements détaillés sur chacun des sites de l'espèce ont été remis au co-président, sous-Comité de spécialistes des plantes et lichens (COSEPAC).

Retournez à la table des matières

Facteurs limitatifs et menaces

La population canadienne de chêne de Shumard se compose en grande partie d’individus isolés poussant le long de clôtures, en plein champ ou au bord de routes, où ils risquent d’être coupés lors d’opérations de défrichage ou de débroussaillage. Les individu de grande taille poussant en milieu forestier risquent d’être coupés pour le bois. Les milieux forestiers propices au chêne de Shumard sont assez limités, puisque les comtés où on observe l’espèce ont été presque entièrement déboisés au profit de l’agriculture. Le comté d’Essex est celui où on compte le plus grand nombre de sites de chêne de Shumard; or, il n’y reste pas même 3 p. 100 de la superficie de forêt naturelle (Waldron et al., 1987).Par ailleurs, il arrive qu’on supprime des clôtures afin d’agrandir les champs et de faciliter leur culture, ce qui constitue également une perte de milieu propice à l’espèce (Waldron, 1984).

Le chêne de Shumard est un grand arbre qui ressemble étroitement aux autres chênes du même groupe, comme le chêne rouge (Quercus rubra), le chêne noir (Quercus velutina), le chêne des marais (Quercus palustris) et le chêne ellipsoïdal (Quercus ellipsoidalis), si bien qu’il risque par méprise d’être coupé comme l’une de ces espèces plus communes.

Retournez à la table des matières

Importance de l'espèce

Le chêne de Shumard est une espèce bien adaptée aux conditions du sud-ouest de l’Ontario (Waldron, 1984). Elle pourrait être plantée dans les parcs avec le même succès que le chêne rouge, plus commun.

Retournez à la table des matières

Protection actuelle ou autres désignations

Depuis que le statut d’espèce vulnérable a été attribué au chêne de Shumard, aucune mesure ne semble avoir été mise en œuvre pour augmenter les chances de survie de l’espèce. La plupart des sites se trouvent sur des terrains privés ou des emprises routières; trois seulement sont situés dans des aires de conservation, soit deux dans le comté d’Essex et l’autre dans le comté de Kent.

Retournez à la table des matières

Résumé du rapport de situation

Au moment où le COSEPAC lui a attribué le statut d’espèce vulnérable, en 1984, le chêne de Shumard était répertorié pour un grand nombre de localités des comtés d’Essex et de Kent et pour une localité du comté d’Elgin. Depuis, l’espèce a été découverte dans plusieurs localités du comté de Lambton et de la municipalité régionale de Niagara. L’aire du chêne de Shumard en Ontario demeure cependant très restreinte. Une proportion importante des sites ne comportent qu’un seul individu poussant près d’une clôture, en plein champ ou en bordure d’une route. La plupart d’entre eux sont très vulnérables et montrent peu ou pas de signes de régénération. Trois sites seulement se trouvent dans des secteurs protégés.

À l’heure actuelle, des spécimens ont été récoltés dans seulement une quarantaine de localités réparties entre quatre comtés (Essex, Kent, Elgin et Lambton) et la municipalité régionale de Niagara, pour un effectif total probablement très inférieur à 1 000 individus, peut-être même inférieur à 250 individus.

Retournez à la table des matières

Résumé technique

Quercus shumardii

Chêne de Shumard – Shumard Oak

Répartition au Canada :

Ontario

Information sur la répartition

Zone d’occurrence (km²)

>5 000

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?

non

Zone d’occupation (km²)

peut-être <50

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

stable?

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

non

Nombre d’emplacements existants

<40

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue) :

stable

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?

non

Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue) :

peut-être un faible déclin des milieux propices

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).

inconnue (il est possible que l’espèce ne produise pas de glands avant  que les arbres atteignent 25 ans)

Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles).

< <1 000, probablement moins de 250

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures (en déclin, stable, en croissance ou inconnue) :

peut-être stable

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

 

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

non

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

non; cependant, la majeure partie des sites sont regroupés dans deux régions du sud-ouest de l’Ontario

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

aucune donnée précise n’est disponible

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue) :

peut-être stable; une intensification des recherches a permis de découvrir d’autres individus

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?

non

Menaces

destruction involontaire lors des opérations de débroussaillage des bords de routes et par méconnaissance de l’espèce

Effet d’une immigration de source externe

faible (les sites canadiens sont séparés de l’aire principale de l’espèce, aux États-Unis)

L’espèce existe-t-elle ailleurs (au Canada ou à l’extérieur)?

aux États-Unis

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

espèce répandue dans le centre-sud des États-Unis

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

peu probable

Des individus immigrants seraient-ils adaptés pour survivre à l’endroit en question?

oui

Y a-t-il suffisamment d’habitat disponible pour les individus immigrants à l’endroit en question?

oui

Analyse quantitative

Retournez à la table des matières

Remerciements

Mike Oldham, botaniste au Centre d'information sur le patrimoine naturel, à Peterborough, a fourni des documents de référence ainsi qu'une liste des mentions de l'espèce, avec des précisions sur les confirmations récentes.

Le présent rapport a été financé par le Service canadien de la faune d'Environnement Canada.

Retournez à la table des matières

Ouvrages cités

Fowells, H.A. 1965. Silvics of forest trees of the United States. U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Agriculture Handbook No. 271.

Morsink, W.A.G., et P.D. Pratt. 1984. Shumard Oak, Quercus shumardii, in Essex County, Ontario. Canadian Field-Naturalist 98:470-478.

Oldham, M.J. 1998. Element occurrence records of Shumard Oak (Quercus shumardii). Extrait de la base de données du Centre d’information sur le patrimoine naturel, ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Peterborough. 43 p.

Waldron, G.W. 1983. Shumard Oak (Quercus shumardii) new to Ontario. The Plant Press 1:54.

Waldron, G.W. 1984. Status report on the Shumard Oak Quercus shumardii in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Service canadien de la faune, Ottawa. Rapport inédit. 22 p.

Waldron, G.W., S.W. Aboud, J.D. Ambrose et G.A. Meyers. 1987. Shumard Oak, Quercus shumardii, in Canada. Canadian Field-Naturalist 101:532-538.

Retournez à la table des matières

Sommaire biographique de l’auteur

David J. White détient un baccalauréat ès sciences en biologie et travaille depuis plus de 25 ans à répertorier les zones naturelles et à évaluer la situation et l'importance des plantes rares. Il a effectué ses premiers relevés en 1972, dans le cadre du Programme biologique international. De 1973 à 1983, il a occupé un poste de technicien de recherche au Musée canadien de la nature. Durant cette période, il a été coauteur de plusieurs publications sur les plantes rares, dont l’Atlas des plantes vasculaires rares de l'Ontario. Depuis 1984, il travaille à son compte à titre de consultant en sciences biologiques sur des projets variés, notamment des inventaires et des évaluations de zones naturelles et des rapports sur les espèces envahissantes. Il est auteur de trois rapports de situation originaux et auteur ou coauteur de huit mises à jour.

Retournez à la table des matières

Experts consultés

L'information sur les localités a été fournie par Mike Oldham du Centre d'information sur le patrimoine naturel, à Peterborough (Ontario).

Retournez à la table des matières