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Mise à jour - Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Bar rayé (Morone saxatilis) au Canada

Répartition

Aire de répartition mondiale

L'aire de distribution naturelle du bar rayé couvre la côte est de l'Amérique du Nord, de l’estuaire du Saint-Laurent à la rivière St. Johns, dans le nord de la Floride. Des populations indigènes de bar rayé ont aussi existé dans des cours d'eau tributaires du golfe du Mexique, de la rivière Suwannee, au nord-ouest de la Floride, au lac Pontchartrain, en Louisiane (Lee et al., 1980; Bain et Bain, 1982).

L'espèce a été introduite dans l’estuaire commun du Sacramento et du San Joaquin, sur la côte du Pacifique, en 1879 (Bonn et al., 1976). À partir de ce premier groupe, des populations se sont graduellement établies dans des cours d’eau de la côte ouest des États-Unis (Hart, 1973; Lee et al., 1980; Setzler et al., 1980).

L'espèce peut vivre en eau douce et, dans certains cas, y compléter son cycle vital (Scruggs, 1957). Elle a été introduite, comme espèce sportive, dans plusieurs lacs et réservoirs aux États-Unis, en Russie, en France et au Portugal, avec un succès variable (Lee et al., 1980; Setzler et al., 1980). À certains endroits, des populations capables de se reproduire naturellement se sont établies. Ailleurs, le bar se développe bien mais ne peut pas se reproduire : des programmes continus d’ensemencement sont alors nécessaires pour soutenir l’activité de pêche (Lee et al., 1980).

Aire de répartition canadienne

Le présent rapport de situation porte sur les seules populations indigènes connues de bar rayé qui se reproduisaient dans cinq cours d’eau de l’est du pays : le fleuve Saint-Laurent et les rivières Miramichi, Shubénacadie, Annapolis et Saint-Jean (figure 2). Des captures de bars rayés immatures ou adultes ont été rapportées à plusieurs endroits dans les provinces Maritimes (tableau 1). Cependant, la présence de ces individus ne signifie pas nécessairement que des populations locales distinctes subsistent et se reproduisent à chaque endroit. La présence d’œufs ou de larves constituent les indices les plus couramment utilisés pour confirmer la reproduction.

Les populations canadiennes du bar rayé se trouvent à l'extrémité nord de l'aire de répartition de l'espèce. Elles forment trois groupements : 1) celui de la baie de Fundy, 2) celui du sud du golfe du Saint-Laurent et 3) celui de l'estuaire du Saint-Laurent. Trois populations reproductrices de bars appartiennent au groupement de la baie de Fundy : celles des rivières Saint-Jean, Annapolis et Shubénacadie. Les populations de ce groupement s'alimentaient dans la baie de Fundy pendant l'été, et des contacts peuvent avoir été possibles entre elles. Par ailleurs, ces trois populations fréquentaient des eaux dans lesquelles se retrouvaient aussi des bars migrateurs provenant de rivières américaines. La présence simultanée dans la baie de Fundy de bars d’origine canadienne et d’origine américaine a pu être démontrée par l'analyse des caractères méristiques et morphométriques, les recaptures de spécimens étiquetés, la fréquence de certains parasites, l'électrophorèse des protéines sanguines et l'analyse de l'ADN (Melvin, 1978; Dadswell et al., 1984; Hogans, 1984; Harris et Rulifson, 1988; Waldman et al., 1988; Wirgin et al., 1993, 1995; Diaz et al., 1997; Robinson, 2000).

On ne connaît qu’une seule population reproductrice dans le sud du golfe, celle de la rivière Miramichi. Des bars rayés ont été capturés dans plusieurs estuaires du Nouveau-Brunswick débouchant sur le sud du golfe du Saint-Laurent, par exemple les estuaires des rivières Nepisiguit, Miramichi, Kouchibouguac, Kouchibouguacis (Saint-Louis), Tabusintac, Tracadie et Richibucto (Melvin, 1991). Cependant, ces poissons semblent tous provenir de la rivière Miramichi, où se trouve la seule frayère connue de l’espèce dans tout le sud du golfe (Bradford et al., 1995; Robichaud-LeBlanc et al., 1996; Douglas et al., 2003). La population du sud du golfe serait isolée à la fois des populations de la baie de Fundy et des bars migrateurs des rivières américaines. Toutes les recaptures de bars étiquetés dans le sud du golfe ont été rapportées dans cette zone, à l'exception d'une seule, au Maryland (Hogans et Melvin, 1984).

Figure 2. Localisation de cinq cours d’eau de l’est du Canada ayant abrité des populations reproductrices de bar rayé.

Figure 2. Localisation de cinq cours d’eau de l’est du Canada ayant abrité des populations reproductrices de bar rayé.

Les cercles pleins identifient les populations encore existantes, et les cercles vides, celles pour lesquelles on n’a pas observé d’activité reproductrice depuis au moins vingt ans. Le pointillé délimite la zone d’occurrence probable, ou du moins sa partie connue. Dans le cas des populations de la baie de Fundy, les mentions de captures de bars rayés ne permettent pas, à elles seules, de délimiter la zone d’occurrence dans la baie, parce que celle-ci est aussi fréquentée par des bars provenant de cours d’eau américains. Sur la rive sud de l’estuaire du Saint-Laurent, environ 200 spécimens ont été recueillis entre 1975 et 1994 (symboles + sur la carte). Il pourrait s’agir d’individus vagabonds provenant de la Miramichi.

La population de l'estuaire du Saint-Laurent occupait un tronçon fluvial et estuarien long d’environ 300 km entre Sorel et Kamouraska. Selon toute l'information disponible, les bars rayés du Saint-Laurent étaient isolés des autres populations de la côte atlantique. On n’a jamais rapporté de recapture en aval de Kamouraska de bars qui avaient été étiquetés dans le Saint-Laurent (Beaulieu, 1962; Robitaille, 2001). Cela n’exclut pas toute possibilité de contacts, mais ceux-ci semblent exceptionnels. Au début des années 1980, la capture de quelques dizaines de bars, autour de la péninsule gaspésienne et jusque dans l’estuaire moyen du Saint-Laurent, a laissé croire au rétablissement de la population locale. Il semble qu’il s’agissait plutôt d’incursions de bars de la rivière Miramichi (R. Bradford, ministère des Pêches et des Océans, Direction des Sciences, Région des Maritimes, case postale 1006, Dartmouth, Nouvelle-Écosse B2Y 4A2, comm. pers.; Bradford et Chaput, 1996; Douglas et al., 2003).

On ne connaît pas de population dulcicole de bar rayé au Canada.

Tableau 1. Localités des provinces Maritimes où des captures de bar rayé ont été rapportées (Scott et Crossman, 1974; Scott et Scott, 1988; R. Curley, Protected Areas and Biodiversity Conservation, Conservation and Management Division, PEI Dept Environment and Energy, PO Box 2000, Charlottetown PEI C1A 7N8, comm. pers.). Le bar rayé est présent dans la moitié sud de la région atlantique canadienne. Il ne semble pas fréquenter les eaux de Terre-Neuve ni la partie nord du golfe.
ProvinceEndroit
Île-du-Prince-ÉdouardBaie Malpèque; Summerside; Tignish; rivières Midgell, Morell et Hillsborough, incluant ses tributaires, rivière West et lac St. Peters; plusieurs lagunes côtières.
Nouvelle-ÉcosseChéticamp; rivière Philip; Canso; baies Mira, Chédabouctou et Mahone; bassin des Mines; comté de Yarmouth; rivières Shubénacadie et Annapolis; lacs Shubénacadie et Grand.
Nouveau-BrunswickRivières Nepisiguit, Richibucto, Miramichi, Tabusintac, Tracadie, Pokemouche, Kouchibouguac, Saint-Jean et Aroostook; lac Grand; Long Reach, Nérépis; rivières Hammond et Kennebecasis; Grand Bay.