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Examen scientifique aux fins de la désignation de l’habitat essentiel de la population boréale du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) au Canada

ANNEXE 6.3

6.3 Analyse documentaire de l'utilisation de l'habitat du caribou boréal (Rangifer tarandus caribou) dans les écozones au sein de leur répartition au Canada

Introduction

Les caribous des bois (Rangifer tarandus caribou) sont répartis dans neuf écozones de la forêt boréale du Canada. Plusieurs écotypes de caribous des bois ont été classifi és, dont le caribou boréal, toundrique, montagnard du Nord et montagnard du Sud, selon leur adaptation à divers environnements (Thomas et Gray, 2002). En 2002, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a inclus le caribou boréal parmi les espèces menacées (Thomas et Gray, 2002). Le caribou boréal est un écotype de caribou des bois sédentaire qui vit dans la forêt. L'aire de répartition du caribou boréal s'étend dans toute la forêt boréale, dans neuf provinces et territoires, du sud-ouest des Territoires du Nord Ouest au Labrador (fi gure 1).


L'habitat comprend l'ensemble des ressources et des conditions biotiques et abiotiques qui gouvernent la survie, la reproduction et la présence d'une espèce (Caughley et Gunn, 1996). Les facteurs limitants des populations de caribou comprennent la prédation (Bergerud, 1974, 1980; Bergerud et Elliot, 1986; Seip, 1991; Stuart-Smith et coll., 1997; Rettie et Messier, 1998; Whittmer et coll., 2005), les conditions météorologiques (Brown et Theberge, 1990), la disponibilité de la nourriture (Schaefer, 1988), le harcèlement des insectes (Downes et coll., 1986; Walsh et coll., 1992) et les récoltes des humains (Bergerud, 1967; Edmonds, 1988).


La clé de la compréhension de l'habitat est l'échelle. Les animaux individuels choisissent leur habitat à de multiples échelles afi n de répondre aux besoins de leur cycle vital et d'éviter
les dangers. Johnson (1980) a proposé une hiérarchie de sélections d'habitats, y compris une échelle des aires d'une espèce, une échelle du domaine vital dans les habitats des
aires de répartition (saisonnières), et des échelles plus fi nes de sélection de ressources, en s'efforçant de réduire au minimum les effets des facteurs limitants.


Rettie et Messier (2000) ont émis l'hypothèse voulant que, dans les échelles spatiales, les facteurs limitant les populations puissent être liés à la sélection de l'habitat. Cet argument comporte deux éléments : premièrement, la sélection de l'habitat peut se faire sur plusieurs échelles simultanément, et souvent sous la forme d'une hiérarchie. Par exemple, les animaux peuvent choisir un domaine vital, des lieux d'alimentation dans ce domaine vital et des aliments dans un lieu (Senft et coll., 1987). Deuxièmement, la sélection à chacune de ces échelles représente un classement de facteurs limitants. Les animaux choisiraient des ressources (ou évitent certaines conditions) en vue de surmonter la principale limite à chaque échelle; s'ils sont incapables de le faire, ils continuent de choisir cette ressource à des échelles de plus en plus fi nes. Les échelles de sélection de l'habitat peuvent donc révéler une liste ordonnée de facteurs limitants. Les échelles plus larges sont les plus pertinentes pour la survie et la reproduction (Rettie et Messier, 2000).

Il y a consensus à l'idée que le principal facteur limitant immédiat des populations de caribous boréaux est la prédation, déterminée par des changements de paysages naturels ou causés par les humains qui favorisent les premiers stades de succession écologique et des densités plus élevées de proies alternatives (Bergerud et Elliott, 1986; Bergerud, 1988; Ferguson et coll., 1988; Seip, 1992; Cumming et coll., 1997; Stuart-Smith et coll., 1997, Rettie et Messier, 1998; Schaefer et coll., 1999; Courtois, 2003; Courtois et coll., 2007; Vors et coll., 2007). La répartition du caribou des bois semble se faire en refuge, souvent loin des densités élevées de prédateurs et de leurs proies alternatives (Bergerud et coll., 1984; Bergerud, 1985; Cumming et coll., 1996; Rettie, 1998; James, 1999; Racey et Armstrong, 2000). Si le caribou peut trouver ce refuge, la neige semble agir comme facteur à des échelles légèrement plus fi nes, comme les secteurs de nourriture ayant une couche de neige plus légère et moins épaisse (Stardom, 1975; Brown et Theberge, 1990). Enfi n, la sélection des lichens a lieu à des échelles encore plus fi nes, comme des cratères d'alimentation choisis pour leur contenu élevé en lichen (Schaefer et Pruitt, 1991) ou les graminées et la prêle.


L'échelle de sélection de l'habitat doit indiquer l'importance relative des facteurs limitants, alors qu'un facteur limitant doit déterminer le comportement de sélection à des échelles de plus en plus fi nes jusqu'à ce que le prochain facteur limitant le plus dominant remplace la sélection (Rettie et Messier, 2000). Bergerud et coll. (1984) ont émis l'hypothèse selon laquelle la diminution de l'exposition à la prédation est le moteur le plus fort de sélection de l'habitat du caribou à l'échelle brute. Par exemple, à grande échelle, le caribou boréal choisit les forêts de conifères matures et les complexes de tourbières, qui hébergent peu de prédateurs ou de proies alternatives. Durant la saison de mise bas, les femelles choisissent habituellement les îles arborées entourées d'eau libre dans les tourbières ou les lacs afi n de réduire davantage le risque de prédation. On croit que l'eau libre facilite la fuite contre les prédateurs. Bien que certaines de ces îles puissent favoriser une qualité et une quantité de nourriture sous-optimale, l'inférence est que le risque de prédation dépasse le besoin de nourriture de haute qualité et que la prédation demeure le principal facteur limitant dans un domaine vital.


Aux échelles spatiales fi nes, la disponibilité de la nourriture et les facteurs liés au microclimat sont considérés comme d'importants moteurs de sélection de l'habitat du caribou (Rettie et Messier, 2000). Au printemps, les femelles se nourrissent de nutriments importants pour la lactation (prêle et graminées), et durant l'hiver, elles se nourrissent de carex riches en protéines (Carex spp.), de prêle, de lichens terrestres et, dans certains secteurs, de lichens corticoles (p. ex., Bryoria spp. et Alectoria sarmentosa; Helle, 1980, dans Rettie et Messier, 2000). Durant l'été, lorsque les insectes piqueurs sont abondants, le caribou boréal utilise les crêtes peu boisées près des lacs, censément pour échapper au harcèlement des insectes (Shoesmith et Storey, 1977; Hillis et coll., 1998).


Bien que les caribous boréaux soient considérés comme non migrateurs, leurs déplacements entre les aires de répartition saisonnières (particulièrement avant la mise bas et le rut) varient
considérablement, allant de presque aucun déplacement entre les saisons en Alberta, au centre de la Saskatchewan et au sud-est du Manitoba (Fuller et Keith, 1981; Darby et Pruitt, 1984; Bergerud, 1985; Edmonds, 1988; Stuart-Smith et coll., 1997; Rettie et Messier, 2000), à des déplacements de plus de 20 km au nord-ouest de l'Ontario (Ferguson et Elkie, 2004a) ou de 40,5 km de distance moyenne (aire de 12 à 119 km) au nord-est de la C.-B. (Culling et coll., 2006) et de 75 km au Labrador (aire de 10 à 520 km; Brown et coll., 1986). Les caribous boréaux du Manitoba se déplaçaient à des distances de plus de 200 km (V. Crichton, commentaire personnel). La connectivité entre les habitats saisonniers remplit une fonction essentielle dans la réduction du risque de prédation du caribou boréal durant les périodes de déplacements accrus. Les caribous qui migrent en provenance et à destination des aires d'hivernage utilisent les forêts de conifères (Ferguson et Elkie, 2004a; Darby et Pruitt, 1984; Lefort et coll., 2006). Au nord-ouest de l'Ontario, les caribous évitaient habituellement les eaux libres, les zones perturbées et ouvertes, et ils utilisent les forêts de conifères durant la migration en provenance et à destination de leurs aires d'hivernage (Ferguson et Elkie, 2004a).


Les conditions de l'habitat dans toute l'aire de répartition ont une incidence sur la viabilité des populations du caribou boréal. La plus grande menace du caribou boréal est l'augmentation
de la prédation, apparemment liée aux changements d'habitats qui accroissent le nombre et la répartition d'espèces prédatrices alternatives et des prédateurs qui leur sont associés dans l'habitat du caribou. Par conséquent, même si des pratiques de gestion spéciales peuvent être nécessaires pour protéger les habitats de nourriture saisonniers, les terrains de mise bas et la connectivité de la migration, il est également important de gérer les habitats environnants afi n de diminuer les risques de prédation, même si le caribou n'« utilise » que rarement sinon jamais ces habitats. Le caribou ne réagit pas au paysage terrestre à des échelles humaines; leur « utilisation » des habitats semble s'étendre sur des kilomètres (Mayor et coll., 2007), bien au-delà des limites de la perception humaine traditionnelle. L'importance de la gestion de l'habitat dominant entourant l'habitat principal pour diminuer le risque de prédation est reconnue pour l'écotype du caribou montagnard, qui est également aux prises avec un risque accru de prédation lorsque le nombre et la répartition d'ongulés aux premiers stades de succession a été modifi é à la suite d'un changement d'habitat (gouvernement de la Colombie-Britannique, 2005).


L'objectif du présent rapport est de faire la synthèse de l'utilisation de l'habitat du caribou boréal à partir d'études publiées dans la documentation spécialisée et de rapports gouvernementaux et non gouvernementaux.


La description de l'utilisation de l'habitat est organisée par écozone (fi gure 1), la classifi cation la plus généralisée du cadre canadien de hiérarchie de l'unité écologique (Groupe de travail sur la stratifi cation écologique (GTSE), 1995). La plus grande écozone, le bouclier boréal, est divisée en cinq régions forestières adaptées à partir de Rowe (1972). L'utilisation de l'habitat a été étudiée chez les populations vivant à l'extérieur de l'aire de répartition du caribou boréal (c. à d. les montagnes du sud ou Terre-Neuve) lorsque les résultats étaient considérés comme utiles pour la défi nition de l'habitat essentiel du caribou boréal. Pour chaque écozone, l'habitat du caribou à grande échelle est décrite, suivi de l'habitat à plus petite échelle pour chaque saison (mise bas, élevage, rut, hiver [début et fi n]) et les périodes de déplacements entre les saisons.

Figure 1. La répartition du caribou boréal dans neuf écozones au Canada


Annexe 6.3 - Figure 1. La répartition du caribou boréal dans neuf écozones au Canada

Dans la mesure du possible, les noms communs et uniformes d'espèces végétales et les types d'habitat ont été mentionnés. Dans certains cas, les noms communs variaient d'une écozone à l'autre (p. ex., bog, bog structuré, bog de bassin, complexe de tourbière, muskeg arboré, zone humide arborée, etc.).

 

ÉCOZONE DU BOUCLIER DE LA TAÏGA


Hautes terres de la rivière Coppermine, hautes terres du lac Tazin, hautes terres du lac Selwyn, collines La Grande, sud de la péninsule d'Ungava, Plateau central du Nouveau-Québec, bassin de la baie d'Ungava, rivières Kingurutik et Fraser, réservoir Smallwood et Michikamau, landes côtières, nord du lac Winokapau, ouest de la rivière Goose, rivière Mécatina, Plateau Eagle, lac Harp, lac Nipishish (68, 69, 71, 72, 73, 74, 75, 77 (81), 78, 79, 80 (83, 86), 82, 84, 85)


L'écozone du bouclier de la taïga se trouve à l'est de la baie d'Hudson, au nord du Québec et au sud du Labrador (fi gure 2) et comprend la forêt de la taïga et le Bouclier canadien sur un relief vallonné (GTSE, 1995). Le paysage terrestre est dominé par des erratiques du substratum, des eskers et des dépôts de morainiques en bosses et en crêtes. Cette écozone contient de nombreux lacs, tourbières et forêts claires parsemés de forêts d'arbustes et de prés. L'épinette noire (Picea mariana) est l'espèce dominante dans cette écozone, sauf au sud, où dominent les peuplements mixtes d'épinettes blanches (Picea glauca), de sapins baumiers (Abies balsamea), de peupliers faux-trembles (Populus tremuloides), de peupliers baumiers (Populus balsamifera), et de bouleaux à papier (Betula papyrifera). La toundra arctique ouverte domine au nord de l'écozone. Les forêts claires d'épinettes noires et de pins gris (Pinus banksiana) dominent au centre de l'écozone, et les lichens (Cladonia et Cladina) constituent les principales espèces en sous-étage. Les forêts à lichens apparaissent généralement dans les sols légers et pauvres en nutriments des dépôts glaciaires.


Les hautes terres sont bien drainées et vulnérables aux incendies. Le bouleau à papier et le mélèze laricin (Larix laricina) sont considérés comme les espèces pionnières dominantes après les incendies et elles sont remplacées peu à peu par l'épinette noire. Au sud et au centre de l'écozone, les élévations sont dominées par la toundra arctique ouverte et de petits arbustes. Les précipitations vont de 500 mm à plus de 1 000 mm par année. La moyenne annuelle de la superfi cie brûlée par les incendies de forêt est de 0,14 % (RNCAN, 2002).

Populations locales de caribous


Six populations locales de caribous boréaux vivant dans le bouclier de la taïga sont décrites dans la documentation. La zone d'occurrence de certaines de ces populations locales empiète sur l'écozone du bouclier boréal. Les populations locales suivantes sont énumérées dans la documentation portant sur l'utilisation de l'habitat : QC : Magpie, Caniapiscau et Lac Bienville; Labrador : lac Joseph, rivière McPhadyen, monts Red Wine, monts Mealy. La population de la rivière McPhadyen était associée à celle du lac Joseph, mais elle n'existe plus. La population des monts Red Wine était associée à deux populations locales qui n'existent plus

Figure 2. Répartition du caribou boréal dans l'écozone du bouclier de la taïga.

Annexe 6.3 - Figure 2. Répartition du caribou boréal dans l'écozone du bouclier de la taïga.

: lac Dominion et rivière Saint-Augustin. Lac Joseph et Magpie ont la même population, qui
partage la frontière entre le Québec et le Labrador

Habitat du caribou à grande échelle


L'habitat du caribou dans le bouclier de la taïga se décrit comme une toundra en milieu sec composée de collines chauves et rondes dominées par des arbustes éricacés (Ericaceae spp.), des lichens, des herbes (graminées), des carex, et des basses terres composées de nombreux lacs et de nombreuses tourbières (muskegs et bogs structurés), rivières et vallées riveraines. Les habitats du milieu humide forestier et les forêts de conifères denses sont nombreux (Brown et coll., 1986). Courtois et coll. (2004) ont décrit l'habitat du caribou comme étant des forêts de conifères denses et matures et des forêts de conifères claires ayant beaucoup de lichens. À l'est du bouclier de la taïga, les caribous ont accès aux zones côtières et aux îles situées au large (Schmelzer, 2004).

Habitat saisonnier et nourriture


Terrain de mise bas


Bergerud (1963, dans Schmelzer et coll., 2004) a indiqué que les aires de mise bas traditionnelles étaient les bogs structurés et les grands muskegs. L'utilisation des péninsules ou des îles varie selon la quantité d'eau libre dans l'aire de répartition. Les femelles ont tendance à mettre bas sur des îles plus souvent dans les populations de Caniapiscau et du lac Bienville, où il y a plus d'eau libre.


La fi délité aux sites de mise bas semble varier chez les caribous individuels; certains retournent au même site d'une année à l'autre, d'autres ont leurs aires de mise bas séparées de plusieurs centaines de kilomètres d'une année à l'autre, et plusieurs retournent dans un secteur général dans leur aire de répartition. La fi délité au site de mise bas général a été citée par Brown et coll. (1986; ~87 % des 103 caribous munis d'un collier émetteur dans trois populations ont choisi un site de mise bas dans un rayon de 10 km de celui de l'année précédente et 33 % ont mis bas dans un rayon de 3 km du site de l'année précédente), et Hearn et Luttich (1987; dans un rayon de 15 km du site de mise bas de l'année précédente, dans Schmelzer et coll., 2004).


Certaines femelles ont parcouru plusieurs centaines de kilomètres pour se rendre à ces aires de mise bas générales. Brown et coll. (1986) ont constaté que des femelles de la population de Caniapiscau parcourent entre 200 et 500 kilomètres pour se rendre à leurs aires de mise bas chaque année. Les aires de mise bas représentent une petite partie de l'aire de répartition; Brown et Theberge (1985) ont indiqué que l'aire cumulative de tous les emplacements de mise bas représentait moins de 3 % de l'aire disponible.


Durant la période de mise bas, le caribou se disperse dans toute l'aire de répartition. Les densités ont été estimées à moins de 0,03 caribou par km2 (Brown et coll., 1986). Les caribous de la population des monts Red Wine choisissaient leurs sites de mise bas dans des tourbières arborées (Brown et Theberge, 1985) ou de petites zones humides (< 1 km2) et habituellement, il y avait une femelle par zone humide (Brown et coll., 1986). De nombreux sites de mise bas étaient situés sur des îles ou des péninsules (Brown et coll., 1986).


Habitat d'élevage


Les caribous étaient relativement sédentaires pendant tout l'été et demeuraient dans les zones humides boisées (Brown et coll., 1986). La fi délité des femelles adultes peut être plus prononcée durant cette période de l'année. Les femelles des troupeaux des monts Red Wine retournaient, en moyenne, à un rayon de 6,7 km du site de l'année précédente (Schaefer et coll., 2000).


Habitat de rut


Les caribous se déplaçaient à de plus grandes distances durant la saison de rut et formaient de plus grands groupes de rut. Ils ont été observés dans des milieux humides ouverts durant
la saison du rut (Brown et coll., 1986).


Habitat hivernal


Bergerud (1994, cité dans Schmelzer et coll., 2004) a décrit l'aire de répartition hivernale comme des hautes terres et des plaines de sable à proximité des rivières. Durant l'hiver, les caribous du lac Joseph utilisaient davantage les milieux humides boisés que la toundra des hautes terres (Brown et coll., 1986; Saint Martin et Theberge, 1986; dans Schmelzer et coll., 2004). L'extrême épaisseur de la neige dans l'écozone de la taïga limite la capacité des caribous d'accéder au lichen terrestre. Brown et Theberge (1990) ont constaté qu'aucune activité de creusage de cratères n'avait lieu dans la population des monts Red Wine lorsque l'épaisseur de la neige atteignait 125 cm et des valeurs de dureté d'environ 500 kg. Lorsque la neige est très épaisse, les caribous recherchent des erratiques de substratum où la neige se défait facilement (I. Schmelzer, commentaire personnel). Les caribous formaient de petits groupes et choisissaient des lacs pour le repos et la rumination durant l'hiver, où ils maintenaient une vue claire des prédateurs (I. Schmelzer, commentaire personnel). Lorsque l'épaisseur de la neige était inférieure au seuil, les caribous formaient des groupes et creusaient ensemble des cratères pour accéder à la nourriture. Durant l'hiver, les caribous des monts Red Wine du Labrador choisissaient les bords des tourbières et les erratiques glaciaires, où les lichens terrestres étaient abondants (Brown et Theberge, 1990). Durant les années 1980, certaines populations des monts Red Wine hivernaient dans des peuplements matures d'épinettes blanches et de sapins qui fournissaient une importante source de nourriture de remplacement sous forme de lichens corticoles (Brown, 1986). Folinsbee (1975, 1978; cité dans Schmelzer, 2004) a constaté que l'épaisseur de la neige dans les aires utilisées durant l'hiver étaient beaucoup moins importante que celle des aires non utilisées, et que la neige sous le couvert forestier était plus molle et moins épaisse que la neige à l'extérieur des forêts. Durant les années où l'épaisseur de la neige était importante, les caribous des monts Mealy formaient des groupes et se rendaient aux monts Mealy alpins bercés par le vent ou dans les bogs le long des lacs ou de l'océan (Bergerud, 1967; Hearn et Luttich, 1987). Durant les hivers où les chutes de neige étaient peu abondantes, les caribous ne se rassemblaient pas en groupes et utilisaient les régions très boisées (Bergerud, 1967).


Habitat de la fi n de l'hiver


Les caribous dont l'aire de répartition comprend des habitats montagneux se déplaçaient vers les habitats de la toundra des montagnes à la fi n de l'hiver, probablement pour éviter la neige épaisse des élévations plus basses (Brown et coll., 1986; Brown et Theberge, 1990).Les déplacements entre l'habitat des milieux humides forestiers et les hautes terres de la toundra étaient de 16 km à 86 km.


Habitat et saison des déplacements


Avant la mise bas, les regroupements de la fi n de l'hiver laissaient place à la dispersion des caribous, et les plus grands déplacements des femelles munies d'un collier émetteur entre les réinstallations successives avaient lieu durant la saison des déplacements, avant la mise bas (Brown et coll., 1986). Les déplacements quotidiens les plus élevés avaient lieu avant la mise bas (jusqu'à 38 km) et durant l'automne, après la saison du rut (jusqu'à 51 km, I. Schmelzer, commentaire personnel).

 

ÉCOZONE DES PLAINES HUDSONIENNES


Basses terres de la baie d'Hudson, basses terres de la baie James (216, 217)


L'écozone des plaines hudsoniennes comprend des parties du nord de l'Ontario, de l'ouest du Québec et du nord-est du Manitoba (fi gure 3) et consiste en une plaine peu élevée appelée basses terres de la baie James. Cette région est une zone de transition entre les forêts de conifères au sud et la toundra au nord. Les zones mal drainées comportent des bogs et des fens sont nombreuses et parsemées de crêtes couvertes d'épinettes noires ou de peuplements de mélèzes laricins. Des carex, des mousses et des lichens dominent la couverture végétale. La moyenne annuelle des précipitations est de 400 mm au nord-ouest à 800 mm au sud-est (GTSE, 1995). La moyenne annuelle de la superfi cie brûlée par des incendies de forêt est de 0,09 % (RNCAN, 2002).

 

Populations locales de caribous


Trois populations locales de caribous boréaux vivant dans l'écozone des plaines hudsoniennes sont décrites dans la documentation en plus de la répartition continue de caribous boréaux dans toute l'écozone. La zone d'occurrence de certaines de ces populations locales empiète sur l'écozone du bouclier boréal. Les populations locales suivantes sont énumérées dans la documentation sur l'utilisation de l'habitat : La Sarre, Rupert et Michipicoton.

Figure 3. Répartition du caribou boréal dans l'écozone des plaines hudsoniennes.

Annexe 6.3 - Figure 3. Répartition du caribou boréal dans l'écozone des plaines hudsoniennes.

Habitat du caribou à grande échelle


L'habitat du caribou le plus convenable dans cette région comprend tous les âges de muskegs arborés riches en arbustes et les résineux mûrs (Brown, 2005). Magoun et coll. (2005) ont décrit l'habitat du caribou comme étant des paysages terrestres mal drainés dominés par des carex, des mousses et des lichens et des peuplements ouverts et dispersés d'épinettes noires et de mélèzes laricins. Les domaines vitaux du caribou dans cette région étaient plus grands que ceux qui sont mentionnés dans la documentation pour les autres régions du Canada (Brown et coll., 2003).

 

Habitat saisonnier et nourriture


Durant toute l'année, les caribous des basses terres de la baie d'Hudson évitaient les fens de mélèzes laricins (Magoun et coll., 2005). Courtois (2003) a constaté qu'à l'échelle du domaine vital, le caribou préférait les habitats susceptibles de diminuer le risque de prédation en choisissant des conifères matures, des plans d'eau, des secteurs comportant du lichen et des milieux humides, et en évitant les habitats perturbés. Toutefois, la fragmentation de la forêt contraignait les habitudes de sélection de l'habitat du caribou. Les individus vivant dans des paysages très fragmentés ne choisissaient pas leur habitat dans des endroits perturbés, probablement parce qu'ils ne pouvaient trouver suffi samment d'habitats convenables dans ces paysages ou parce qu'ils accordaient la priorité à la dispersion comme stratégie antiprédateurs. Les zones d'activité principales de l'hiver et de l'été ne se recoupaient pas dans cette région (Brown et coll., 2003).


Terrain de mise bas


Durant la mise bas, les caribous préféraient les peuplements de conifères matures sans lichens, les peuplements de conifères avec du lichen et les zones humides (Courtois, 2003). Les caribous ont été vus plus souvent en haute altitude durant la mise bas que durant les autres périodes.


Élevage


Dans la zone de rétablissement nord-est de l'Ontario, les caribous étaient associés aux fens, aux bogs et aux lacs durant l'été (Pearce et Eccles, 2004).


Habitat de rut


Durant le rut, les caribous préféraient les peuplements de conifères ayant du lichen et les zones humides, suivis des conifères matures et des conifères en régénération (Courtois,
2003).

Habitat hivernal


Durant l'hiver, les caribous préféraient les conifères denses (Pearce et Eccles, 2004), les zones humides et les conifères matures ayant du lichen (Courtois, 2003). Les caribous choisissaient des zones où les lichens terrestres abondaient sur des dépôts de tourbes ombrotrophiques (Brokx, 1965). Ils évitaient les forêts à lichens et les bruyères à lichens. La plupart des caribous hivernaient dans des bogs élevées, particulièrement dans des complexes de tourbières dotés de nombreux bogs (Brokx, 1965).


Habitat de la fi n de l'hiver


À la fi n de l'hiver, les caribous utilisaient de grandes parcelles d'épinettes noires d'âge moyen et mûr, les muskegs arborés riches en arbustes et les forêts de conifères mixtes, et évitaient les forêts comportant d'abondantes espèces de feuillus (Brown et coll., 2007). À la fi n de l'hiver, les caribous choisissaient des zones où l'épinette noire mature était abondante et où
les parcelles contiguës d'habitat préféré étaient plus étendues. Les caribous évitaient les forêts où abondaient les feuillus (Brown et coll., 2007).

 

Habitat durant la saison des déplacements


Dans les basses terres de la baie James, une corrélation positive a été établie entre la superfi cie du domaine vital du caribou et la densité des orignaux (Alces alces) durant les périodes de déplacements à grande échelle, et une corrélation négative a été établie avec la densité des orignaux durant les périodes sédentaires, ce qui indique que l'évitement des orignaux réduit le risque de prédation pendant la majeure partie de l'année (Brown, 2005). Les déplacements étaient plus importants durant l'automne et à la fi n de l'hiver, lorsque les caribous se rendaient dans leurs aires de répartition de l'été et du début de l'hiver, et en revenaient (Brown et coll., 2003).

 

ÉCOZONE DU BOUCLIER BORÉAL


L'écozone du bouclier boréal est vaste. Elle s'étend du nord de la Saskatchewan jusqu'à Terre-Neuve, au nord du lac Winnipeg, aux Grands Lacs et au fl euve Saint Laurent (GTSE, 1995; fi gure 4). Le paysage est vallonné et contient une abondance de hautes terres et de zones humides. Les tourbières prédominent dans les zones humides du centre du Manitoba, du nord-ouest de l'Ontario et du Labrador. L'écozone contient également des lacs petits et moyens. Les conifères constituent la végétation dominante au nord de l'écozone, alors qu'au sud, il y a davantage de forêts mixtes de résineux et de feuillus. Les affl eurements rocheux exposés et le lichen qui leur est associé dominent le paysage. Les arbustes et les plantes herbacées non graminoïdes dominent les zones non boisées. La moyenne annuelle des précipitations est de 400 mm à 1600 mm (GTSE, 1995). La moyenne annuelle de la superfi cie brûlée par des incendies de forêt est de 0,36 % (RNCAN, 2002).

Figure 4. Répartition du caribou boréal dans l'écozone du bouclier boréal.

Annexe 6.3 - Figure 4. Répartition du caribou boréal dans l'écozone du bouclier boréal.

En raison de l'immensité du bouclier boréal et de la variation du climat, de la topographie et des types de végétation, les descriptions de l'habitat du caribou boréal dans cette écozone ont été délimitées en cinq sous-régions :


1) Est du bouclier boréal (Labrador/NE du Québec) : écorégions du plateau de la rivière Rupert, du centre des Laurentides, du plateau de Mécantina, de la rivière Paradise et du lac Melville (100, 101, 103, 104, 105)


2) Sud-est du bouclier boréal (sud du Québec) : écorégions des plaines de l'Abitibi et du sud des Laurentides (96, 99)


3) Centre du bouclier boréal (ouest du Québec, NE de l'Ontario) : écorégions des plaines de l'Abitibi et des basses terres du lac Témiscamingue (96, 97)


4) Centre-ouest du bouclier boréal du lac Supérieur : (écorégions des hautes terres du lac Seul et du lac Nipigon (90, 94)


5) Ouest du bouclier boréal (NO de l'Ontario, Manitoba, Saskatchewan) : écorégions de la plaine de l'Athabaska, des hautes terres de la rivière Churchill, des hautes terres de la rivière Hayes, du lac Big Trout (87, 88, 89, 95)

 

EST DU BOUCLIER BORÉAL


Écorégions du plateau de la rivière Rupert, du centre des Laurentides, du plateau de Mécantina, de la rivière Paradise, du lac Melville (100, 101, 103, 104, 105)


Cette région s'étend du centre-ouest du Québec à l'est de la partie nord-est du Québec (fi gure 4). Des peuplements denses d'épinettes noires et de sapins baumiers dominent à l'ouest de cette sous-région (GTSE, 1995). On trouve des peuplements ouverts d'épinettes blanches avec du lichen et de bouleaux à papier dans les sites bien drainés. Des peuplements denses d'épinettes noires et de sapins baumiers dominent les basses terres alors que des peuplements clairs d'épinettes noires et d'épinettes blanches, et les lichens et hypnums qui leur sont associés, dominent les sites bien drainés. Ces sites contiennent également des bouleaux à papier et des trembles. Le thuya occidental (Thuja occidentalis) et l'épinette noire dominent dans les milieux humides. Des peuplements denses d'épinettes noires et blanches, et de sapins baumiers dominent les sites humides le long de l'habitat riverain. Les affl eurements sont dominés par le lichen. Les bogs dominent dans les basses terres et les vallées, et des hauts marais en dôme se trouvent à l'est de la sous-région. On trouve de la végétation rabougrie sur les sommets des collines exposées. La moyenne annuelle des précipitations est de 650 mm à 100 mm (GTSE, 1995). La moyenne annuelle de la superfi cie brûlée par des incendies de forêt est de 0,24 % (RNCAN, 2002). Populations locales de caribous


Les noms de populations et de régions locales suivants sont mentionnés dans la documentation
sur l'utilisation de l'habitat pour cette région : lac Joseph/Magpie, Petit lac Manicouagan
(Manic) et Manouane-Manicouagan (Manou); Pipmuacan (Pipmu).

 

Habitat du caribou à grande échelle


L'habitat du caribou boréal dans le nord de son aire de répartition du Québec comprend des forêts continues de conifères et d'hypnums sur les sites mal drainés et des hautes terres de conifères ayant une couverture de lichen terrestre presque continue (Cladina spp., Cladonia spp. et Cetraria spp.; Arseneault et coll., 1997). Les caribous préféraient les conifères matures ayant du lichen, les plans d'eau et les milieux humides, et évitaient les habitats perturbés (Courtois, 2003).

 

Habitat saisonnier et nourriture


Habitat durant toute l'année


Pendant toute l'année, les caribous vivant au sud de cette région évitaient les brûlis et les coupes à blanc, les forêts de feuillus et mixtes et les bruyères sans lichens (Courtois et coll., 2007) ainsi que les peuplements de pins gris de moins de 40 ans (Crête et coll., 2004).


Terrain de mise bas


Les caribous des quatre populations de l'est du bouclier boréal choisissaient des tourbières, des péninsules et des îles ouvertes pour la mise bas (Brown et coll., 1986). Au printemps, les caribous de Terre-Neuve choisissaient des carex, des éricacées, des bryophytes, des aulnes (Alnus spp.) et des mélèzes (Bergerud, 1972). Dans l'ouest de la région, les caribous choisissaient les peuplements denses de sapins baumiers, d'épinettes noires, les forêts mixtes d'épinettes et de sapins âgées de plus de 40 ans et les terrains secs et nus qui contenaient des densités élevées de lichens (Crête et coll., 2004). Durant la saison de mise bas, les caribous évitaient les peuplements récemment brûlés ou coupés, les peuplements de pins âgés de moins de 40 ans et les peuplements de pins gris. Au sud de la région, les femelles préféraient les peuplements de conifères matures avec et sans lichens, et les tourbières durant la saison de mise bas (Courtois, 2003). Les femelles n'utilisaient pas les îles ni les plans d'eau pour la mise bas, mais se trouvaient à des altitudes plus élevées que durant les autres périodes.


Habitat d'élevage


Durant l'été, les caribous choisissaient les zones humides ouvertes et boisées au nord-est du Québec, et continuaient de fréquenter les îles et les péninsules (Brown et coll., 1986).À Terre-Neuve, les caribous choisissaient les plantes aquatiques, les bouleaux glanduleux (Betula glandulosa), les arbustes à feuilles caduques, les éricacées et les mousses (Bergerud, 1972).


Habitat de rut


À l'est du bouclier boréal, les caribous se déplaçaient sur de plus grandes distances durant la saison du rut et formaient de plus grands groupes de rut. Les caribous ont été observés dans les zones humides ouvertes durant la saison du rut (Brown et coll., 1986). À Terre- Neuve, les caribous choisissaient les lichens terrestres et corticoles, les plantes herbacées non graminoïdes, les carex, les mousses et les arbustes résineux et feuillus durant l'automne (Bergerud, 1972). Au sud de la région, le rut avait lieu dans les peuplements de sapins baumiers, d'épinettes denses, les forêts d'épinettes et de sapin âgées de plus de 40 ans et les terrains secs et nus (Crête et coll., 2004). Les peuplements comportant abondamment de lichens et de milieux humides étaient préférés, suivis des résineux mûrs et des jeunes résineux aux premiers stades de succession écologique (Courtois, 2003).


Habitat hivernal


Les caribous dans cette région évitaient les lichens corticoles, peut-être parce que le lichen disponible était non pendant (Brown et Theberge, 1990). Les caribous des autres populations du Labrador et du Nord du Québec choisissaient des zones humides boisées durant l'hiver (Brown et coll., 1986). Certains caribous utilisaient la toundra en milieu sec pour se reposer, mais retournaient aux forêts à lichens pour se nourrir (Brown et coll., 1986). Au sud de la région, les caribous choisissaient les peuplements de sapins baumiers, les peuplements denses d'épinettes et les peuplements mixtes d'épinettes et de sapins âgés de plus de 40 ans, les terrains secs et nus (Crête et coll., 2004), les résineux mûrs et les zones humides(Courtois, 2003).

 

SUD-EST DU BOUCLIER BORÉAL


Écorégions des plaines de l'Abitibi et du sud des Laurentides (96, 99)


Cette région comprend deux populations de caribous boréaux isolées au sud ouest du Québec et dans les Laurentides du Centre-Sud du Québec (fi gure 4). Cette région est caractérisée par une forêt mixte d'épinettes blanches, de sapins baumiers, de bouleaux à papier et de trembles (GTSE, 1995). Dans les sites secs, les forêts de pins gris ou les forêts mixtes de pins gris, de bouleaux à papier et de trembles prévalent, et les sites humides contiennent des peuplements d'épinettes noires et de sapins baumiers ou de mélèzes laricins. Le sous-étage de la forêt est en grande partie composé de mousse ou de lichen. Les bogs de bassins sont abondants au nord de la sous-région alors que les affl eurements sont plus fréquents au sud.L'est de la région est plus vallonné. Les précipitations annuelles sont de 725 mm à 1000 mm (GTSE, 1995). La moyenne annuelle de la superfi cie brûlée par des incendies de forêt est de 0,06 % (RNCAN, 2002).

Populations locales de caribous


Cette sous-région ne contient que deux populations de caribous boréaux isolées : Charlevoix et Val-d'Or.

 

Habitat du caribou à grande échelle


L'habitat du caribou boréal dans cette région comprend des basses terres dominées par des épinettes noires au dernier stade de succession écologique et des hautes terres où domine le pin gris (Duchesne et coll., 2000). Dans l'aire de répartition de la population de Charlevoix, au sud de l'aire de répartition continue du caribou boréal, les forêts claires d'épinettes noires composées de bouleaux glanduleux et d'éricacées dominent (Duchesne et coll., 2000). Les nombreux types de lichens, la base de l'alimentation hivernale de la population, comprennent Cladina spp., Cladonia spp. et Cetraria spp. (Duchesne et coll., 2000).


Habitat saisonnier et nourriture


Terrain de mise bas


Au printemps, les caribous choisissaient les forêts de résineux claires et semi claires (Lefort et coll., 2006).


Habitat avant et pendant le rut


Avant la période de rut, les caribous choisissaient des forêts de résineux denses, matures et claires, entre autres, d'épinettes, de mélèzes laricins, de pins gris, ainsi que des forêts de résineux plus jeunes âgées de 30 à 50 ans (Lefort et coll., 2006). Pendant les périodes de rut et d'élevage, les caribous choisissaient des jeunes forêts matures et claires de résineux.


Habitat hivernal


Du début à la fi n de l'hiver, les caribous de la population de Charlevoix choisissaient des peuplements ouverts âgés de plus de 70 ans constitués des espèces suivantes : sapin baumier, sapin baumier-épinette noire, épinette noire, épinette noire-mélèze et pin gris (Lefort et coll., 2006). Les caribous choisissaient également les terrains secs et nus et les peuplements de sapins baumiers ou de sapins-épinettes noires âgés de 30 à 50 ans, de jeunes pins gris de 50 ans et les peuplements denses de 70 ans (Lefort et coll., 2006). Sebbane et coll., (2002) ont indiqué que les caribous de Charlevoix choisissaient les résineux mûrs et les lichens corticoles et terrestres durant l'hiver.