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Examen scientifique aux fins de la désignation de l’habitat essentiel de la population boréale du caribou des bois (Rangifer tarandus caribou) au Canada

ANNEXE 6.6 (Continuer)

RÉSULTATS

Évaluation des tailles de population critiques

Les résultats de l’analyse de la viabilité des populations non spatiale indiquent que les populations de caribous boréaux présentant de mauvaises caractéristiques démographiques (c.-à-d. survie des faons faible et survie des femelles adultes moyenne) courent un risque élevé de quasi-extinction, et ce, peu importe la taille de la population (figure 1; FEMM). Les populations dont la survie des faons était moyenne (CV élevé) et la survie des femelles adultes était également moyenne (CV moyen) devaient se composer d’au moins 300 individus pour réduire le risque de quasi-extinction à < 10 % (figure 1; MEMM). Si nous utilisons les mêmes taux de survie moyens, mais des CV élevés pour la survie des faons et des femelles adultes, il faut une population comptant 600 individus pour compenser le risque de quasi-extinction. Toutefois, lorsque la survie des faons est faible (CV élevé, mais survie des femelles adultes élevée et CV moyen), une population de 50 animaux présentait un risque de quasi-extinction < 10 %, laissant supposer que la survie élevée des femelles adultes compensait le faible taux de survie des faons (figure 1; FEEM). Lorsque les caractéristiques démographiques sont bonnes (c.-à-d. survie relativement élevée des femelles adultes et des faons, correspondant au 75e centile des taux de survie et des CV), une population de 50 caribous présentait un risque de quasi-extinction de 10 % sur une période de 100 ans (figure 1; 75e centile).

 

Annexe 6.6 – Figure 1.  Effet de la taille de la population sur le risque de quasi-extinction dans des modèles combinant différentes valeurs pour le taux de survie des faons, le CV de la survie des faons, la survie des femelles adultes et le CV de la survie des femelles adultes. La quasi- extinction se définit comme le risque que le nombre de femelles d’une population diminue à moins de 10 sur une période de 100 ans. Voir le tableau 3 pour une description de ces modèles.

Annexe 6.6 – Figure 1. Effet de la taille de la population sur le risque de quasi-extinction dans des modèles combinant différentes valeurs pour le taux de survie des faons, le CV de la survie des faons, la survie des femelles adultes et le CV de la survie des femelles adultes. La quasi- extinction se définit comme le risque que le nombre de femelles d’une population diminue à moins de 10 sur une période de 100 ans. Voir le tableau 3 pour une description de ces modèles.

 

Modèles de trajectoires des populations

Toutes les populations, à l’exception de la population de Corner Brook Lakes à Terre-Neuve (Mahoney et Virgl, 2003), ont disparu en moins de 100 ans, bien que le temps nécessaire à la disparition variait dans les différentes études (figure 2). Les trois populations ayant les caractéristiques démographiques les moins bonnes (Red Wine Mountains [fi n de période], Birch Mountains et Little Smokey) ont décliné jusqu’au seuil de quasi-extinction de 10 femelles sur une période de 20 ans, alors que la population antérieure de Red Wine Mountains avait décliné moins rapidement. Le risque d’extinction P(e) et de quasi-extinction P(qe) de toutes les populations à l’exception de la population de Corner Brook Lakes était > 10 % (tableau 7).

Annexe 6.6 – Tableau 7.Probabilités d’extinction (P[e]) et de quasi-extinction (P[qe]) sur une période de 100 ans de quatre populations de caribous boréaux étudiées

Population à l’étude P(e) P(qe)
Birch Mountains , 1976-1978 0,52 0,82
Corner Brook Lakes, 1994-1997 0,00 0,00
Red Wine Mountains, 1981-1988 0,30 0,55
Red Wine Mountains, 1993-1997 0,83 0,93
Little Smokey, 1999-2003 0,53 0,80

 

 

Annexe 6.6 – Figure 2. Changements prévus de l’abondance totale moyenne de quatre populations de caribous boréaux sur une période de 100 ans, en fonction de la taille de la population, de la survie moyenne des femelles adultes, de la survie des faons et des CV s’y rattachant tirés des études démographiques sur chaque population. Nous avons utilisé les valeurs de 15 études sur des populations de caribous boréaux pour estimer la mise bas, la proportion de jeunes d’un an dans la population et le rapport des sexes des faons.

 

Annexe 6.6 – Figure 2.Changements prévus de l’abondance totale moyenne de quatre populations de caribous boréaux sur une période de 100 ans, en fonction de la taille de la population, de la survie moyenne des femelles adultes, de la survie des faons et des CV s’y rattachant tirés des études démographiques sur chaque population. Nous avons utilisé les valeurs de 15 études sur des populations de caribous boréaux pour estimer la mise bas, la proportion de jeunes d’un an dans la population et le rapport des sexes des faons.

 

Analyse de sensibilité

Les essais que nous avons effectués sur les indices vitaux ont indiqué que la survie des femelles adultes et la survie des faons avaient l’effet le plus marqué sur la probabilité d’extinction (figure 3). Le CV de Sad et le CV de Sfaon avaient des effets peu marqués sur la probabilité d’extinction, selon la taille de la population modélisée (figure 3). En ce qui a trait au taux de survie, la taille de la population pour la plage modélisée (100 à 400 femelles d’un an et adultes au départ) avait peu d’effet sur le risque d’extinction (figure 3).

La variation cumulative en pourcentage du risque d’extinction était beaucoup plus marquée lorsque la survie des femelles adultes était plus élevée que lorsque la survie des faons était plus élevée (figure 4). Dans le cas où la Sad passait de moyenne à faible, la probabilité d’extinction augmentait de 72 %, alors que le changement de la Sfaon de moyenne à faible augmentait la probabilité d’extinction de 42 %. En revanche, la probabilité d’extinction ne variait pas de plus de 5 % lorsque le CV de Sfaon ou de Sad passait de moyen à faible. En ce qui a trait au taux de survie, la taille de la population pour la plage modélisée (100 à 400 femelles d’un an et adultes au départ) avait peu d’effet sur le risque d’extinction (figure 3).

Bien que la plage de la survie des femelles adultes modélisée était plus restreinte (de 0,70 à 0,94) que la plage de survie des faons modélisée (de 0,17 à 0,67), la variation cumulative du risque d’extinction était largement plus grande pour la survie des femelles adultes (78 %; figure 4) que pour la survie des faons (52 %), laissant ainsi supposer l’importance de la survie des femelles adultes dans la dynamique des populations de caribous boréaux.

 

Recrutement

La probabilité d’extinction diminuait lorsque les taux de recrutement augmentaient (figure 5). Lorsque le taux de survie des femelles adultes était relativement élevé (0,88), il fallait un taux de recrutement de 20 faons/100 femelles adultes chez les populations de 400 individus pour réduire le risque de quasi extinction à < 10 % (figure 1). Par ailleurs, lorsque le taux de survie des femelles adultes était plus faible (de 0,80 à 0,84), il fallait un taux de recrutement de 30 à 43 faons/100 femelles adultes chez les populations de 400 individus pour réduire le risque de quasi-extinction à < 10 % (figure 5).

 

Annexe 6.6 – Figure 3.Variation du risque d’extinction (%) selon l’augmentation du taux des paramètres suivants : survie des femelles adultes (Sad) et des femelles faons (Sfaon), et l’augmentation des coefficients de variation (CV) de la survie des femelles adultes (CV de Sad) et des femelles faons (CV de Sfaon), dans des populations de diverses tailles (Ai; 100, 200, 400 femelles).

 Annexe 6.6 – Figure 3.Variation du risque d’extinction (%) selon l’augmentation du taux des paramètres suivants : survie des femelles adultes (Sad) et des femelles faons (Sfaon), et l’augmentation des coefficients de variation (CV) de la survie des femelles adultes (CV de Sad) et des femelles faons (CV de Sfaon), dans des populations de diverses tailles (Ai; 100, 200, 400 femelles).

 

 

Annexe 6.6 – Figure 4.Variation cumulative du risque d’extinction selon le changement du taux de survie des femelles adultes et de survie des faons chez les caribous boréaux. Les paramètres représentent les taux de survie des femelles adultes (Sad) et de survie des faons femelles (S faon).

 

Annexe 6.6 – Figure 4.Variation cumulative du risque d’extinction selon le changement du taux de survie des femelles adultes et de survie des faons chez les caribous boréaux. Les paramètres représentent les taux de survie des femelles adultes (Sad) et de survie des faons femelles (Sfaon).

Annexe 6.6 – Figure 5. Effet du recrutement de caribous boréaux (faons/100 femelles) sur la probabilité de quasi-extinction selon une analyse de viabilité des populations non spatiale. Le risque de quasi-extinction est exprimé par le nombre moyen d’années (500 reprises d’essai) requis pour que le nombre de femelles d’une population atteigne 10 sur une période de 100 ans (en fonction d’une population initiale de 400 femelles).

Annexe 6.6 – Figure 5. Effet du recrutement de caribous boréaux (faons/100 femelles) sur la probabilité de quasi-extinction selon une analyse de viabilité des populations non spatiale. Le risque de quasi-extinction est exprimé par le nombre moyen d’années (500 reprises d’essai) requis pour que le nombre de femelles d’une population atteigne 10 sur une période de 100 ans (en fonction d’une population initiale de 400 femelles).