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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné long au Canada – Mise à jour

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COSEPAC
Résumé

Méné long
Clinostomus elongatus

Information sur l’espèce

Le méné long est un poisson coloré d’une longueur maximale de 12 cm. Au printemps, une bande rouge vif longe la moitié avant du corps. Au-dessus de cette bande se trouve une ligne jaune brillant. Le méné long se distingue des autres Cyprinidés du Canada par une bouche très grande, une mâchoire inférieure protubérante et, chez les mâles, de grandes nageoires pectorales. Le méné long est l’une des deux espèces du genre Clinostomus, lequel on considère actuellement comme étant le plus étroitement apparenté au genre Richardsonius.

 

Répartition

L’aire de répartition du méné long est discontinue : sud-est du Minnesota; nord du bassin versant du lac Supérieur, dans le nord du Michigan, et extrémité nord du lac Huron, en Ontario; est de l’État de New York, dans le bassin de la Susquehanna; sud de la Virginie-Occidentale et Kentucky.

Au Canada, on trouve l’espèce seulement en Ontario, dans des affluents de la portion ouest du lac Ontario, depuis Oshawa à Hamilton, dans des affluents de la rivière Holland (bassin du lac Simcoe), dans un affluent de la rivière Grand (bassin du lac Érié) et dans trois affluents du lac Huron.

En Ontario, l’espèce se rencontrait autrefois dans de petits affluents isolés (< 10 m de largeur) de 24 bassins versants. Elle a probablement disparu de 7 de ces affluents entre 1940 et 1980. Une population (rivière Humber) semble avoir étendu son aire de répartition de 1950 à 1980, mais la plupart des populations des autres bassins versants sont devenues fragmentées ou confinées à de petites sections isolées d’une aire de répartition passée plus vaste. Des échantillons récents (de 2000 à 2004) révèlent clairement que 2 populations (rivière West Don et ruisseau Morrison) sont disparues ou sur le point de disparaître.

 

Habitat

Les ménés longs vivent dans des fosses et des tronçons à faible courant de petits cours d’eau d’amont à eau claire, modérément à fortement inclinés et présentant à la fois des radiers et des mouilles. Ces cours d’eau, surplombés par une végétation riveraine abondante, coulent généralement à travers des prés, des prairies ou des forêts dominées par des arbustes. Les ménés longs vivent dans des mouilles et frayent dans des radiers ou dans des sections à faible courant se trouvant dans la partie aval des mouilles. Des populations ont disparu de plusieurs cours d’eau où l’habitat a subi des changements majeurs associés au développement urbain intensif et à l’aménagement de réservoirs. Environ la moitié des sites existants se trouvent dans des zones qui seront probablement développées au cours des 16 prochaines années, ou à proximité. Le lit des cours d’eau abritant des ménés longs est de propriété privée ou, dans le cas des cours d’eau navigables, appartient à la Couronne. La majorité des terres adjacentes sont privées, mais celles dans les lotissements urbains sont généralement retournées à la Couronne.

 

Biologie

Les ménés longs ont une durée de vie relativement courte : ils vivent jusqu’à un maximum de quatre ans, et la plupart des poissons atteignent la maturité à deux ans. Les ménés longs frayent dans des mouilles de gravier en mai, à des températures de 16 à 18 °C. Les œufs non adhésifs sont normalement déposés dans les nids graveleux d’espèces de ménés sympatriques telles que le mulet à cornes (Semotilus atromaculatus) et le méné à nageoires rouges (Luxilus cornutus), et ce, même lorsque des individus de ces espèces se trouvent encore dans les nids. La fécondité des ménés longs varie de 409 à 1 971 œufs par femelle. L’espèce se nourrit en surface; elle bondit souvent à plusieurs centimètres au-dessus de l’eau pour capturer des insectes aériens. Ses principales proies sont des insectes terrestres, dont les mouches adultes (Diptères). Aucun déplacement de populations de ménés longs sur de grandes distances n’a été rapporté. En Ontario, les ménés longs partagent leur territoire avec des poissons d’eau froide communs et tolérants, par exemple le mulet à cornes, le méné à nageoires rouges et le naseux noir (complexe spécifique Rhinichthys atratulus). Il vit occasionnellement avec des espèces de truites avec lesquelles il peut entrer en compétition ou dont il peut se nourrir.

 

Taille et tendances des populations

La taille absolue des populations n’a pas été estimée. Selon une analyse des données tirées d’un échantillonnage dans des sites historiques d’occurrence, le nombre de ménés longs est en déclin dans la plupart des réseaux fluviaux du Canada, sauf à quelques endroits. D’importantes baisses ont été observées dans 8 bassins versants qui, d’après l’examen du statut en 1985, abritaient des populations saines et stables. Cette constatation était fondée sur la présence de populations saines dans les années 1970 et 1980. Les populations de ménés longs sont les plus abondantes dans les affluents de la rivière Humber, de la rivière Rouge et du ruisseau Sixteen Mile. Des activités de recherche n’ont pas permis de détecter la présence de l’espèce dans les cours d’eau suivants : ruisseau Pringle, portions du ruisseau Duffins (cours principal, ruisseaux Urfe et Reesor), ruisseau Highland, cours inférieur de la rivière Rouge, tronçons moyens de la rivière Don, ruisseau German Mills, ruisseau Mimico, ruisseau Etobicoke, un ruisseau de la localité de Clarkson et ruisseau Mountsberg (affluent du ruisseau Bronte). L’espèce a probablement disparu de ces cours d’eau. Des relevés indiquent également des déclins dans le ruisseau Lynde, des portions du cours supérieur de la Rouge, des affluents de la rivière Credit (ruisseau Silver et ses affluents, ruisseaux Huttonville et Fletcher’s), du ruisseau Fourteen Mile, des portions du cours supérieur des trois bras du ruisseau Sixteen Mile, du ruisseau Spencer, des ruisseaux Kettleby et Sharon (affluents de la rivière Holland), du ruisseau Irvine (affluent de la rivière Grand), de la rivière Saugeen et de son affluent (ruisseau Meux). Les populations de la rivière West Don et du ruisseau Morrison sont probablement presque disparues. Il n’y a aucune possibilité d’immigration des populations des États‑Unis.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Les ménés longs de l’Ontario sont principalement menacés par l’altération et la détérioration des habitats, qui modifient la qualité et la quantité de l’eau ainsi que la végétation riveraine, par le développement urbain et les activités agricoles et par l’introduction d’espèces exotiques.

 

Importance de l’espèce

Les ménés longs se nourrissent principalement d’insectes terrestres, ce qui assure l’importation d’énergie terrestre dans les écosystèmes fluviaux. L’espèce peut être un indicateur utile de la santé des écosystèmes puisque, dans les cours d’eau de l’Ontario où elle vit, elle est plus sensible aux perturbations de l’environnement que la plupart des autres espèces de poissons.

 

Protection actuelle

Les habitats des ménés longs font l’objet d’une protection générale aux termes des dispositions sur l’habitat de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral. La pêche au méné long est interdite en Ontario. L’espèce est protégée par le Règlement de pêche de l’Ontario de 1989. L’espèce est désignée menacée en Ontario et en voie de disparition (« Endangered ») au Michigan et en Indiana.