Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné long au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Rapport de situation du COSEPAC
sur le
mémé long
Clinostomus elongatus
au Canada
2007

Information sur l'espèce

Nom et classification

Classe :
Actinoptérygiens
Ordre :
Cypriniformes
Famille :
Cyprinidés (famille des carpes et des ménés)
Nom scientifique :
Clinostomus elongatus (Kirtland, 1841)
Nom commun français :
méné long
Nom commun anglais :
redside dace


Le genre Clinostomus, endémique à l’Amérique du Nord, est formé de 2 espèces décrites (Nelson et al., 2004). Aucune étude systématique du méné long n’a été réalisée, et aucune sous-espèce n’est décrite (Gilbert, 1980). L’autre espèce du genre, le Clinostomus funduloides, est composé de trois sous-espèces décrites, dont l’une a une situation qui se rapproche de celle du méné long (Gilbert et Lee, 1980).

Coburn et Cavender (1992) classe le genre Clinostomus dans le groupe des ménés avec les genres Notropis, Luxilus, Pimephales, Opsopoeodus et Cyprinella. La poitrine des mâles reproducteurs du genre Clinostomus présente des rangées spécialisées d’écailles pectinées, caractéristique également observée chez les genres Phoxinus, Couesius, Margariscus et Richardsonius (Cavender et Coburn, 1992). Coburn et Cavender (1992) ont émis l’hypothèse voulant que le genre Clinostomus soit le groupe sœur du genre Richardsonius (p. ex. méné rose [Richardsonius balteatus]) et que ces 2 derniers groupes soient apparentés aux autres membres du groupe des ménés.


Description morphologique

Le méné long (figure 1) est l’un des ménés aux couleurs les plus vives du Canada. Il atteint une longueur maximale de 12 cm. La bouche est grande (la mâchoire s’étend jusque sous la pupille de l’œil), et la mâchoire inférieure est protubérante. Les écailles sont relativement petites (de 59 à 75 écailles à la ligne latérale). Les adultes arborent une large bande mi-latérale rouge, qui s’étend depuis la tête jusqu’à sous la nageoire dorsale. Au-dessus de cette bande se trouve une ligne jaune brillante, qui part de la tête et se rend près de la nageoire caudale. La coloration s’intensifie au printemps et pâlit à la fin de l’été et à l’automne, période où les flancs peuvent présenter une teinte violacée. Les mâles sont de coloration plus vive que les femelles, et leurs nageoires pectorales sont plus grandes. Avant la fraye, les mâles développent de petits tubercules particulièrement proéminents sur la tête et les nageoires pectorales (Schwartz et Norvell, 1958; Scott et Crossman, 1973; Page et Burr, 1991).


Figure 1 : Méné long de la rivière Humber Est

Figure 1 : Méné long de la rivière Humber Est.

Photo prise par E. Holm, du Musée royal de l’Ontario.

Le méné long se distingue des autres Cyprinidés du Canada par une très grande bouche, une mâchoire inférieure protubérante et, chez les mâles, de grandes nageoires pectorales. D’autres Cyprinidés aux flancs rouges, par exemple le ventre rouge du nord (Phoxinus eos), le ventre citron (P. neogaeus), le naseux noir (complexe spécifique Rhinichthys atratulus) et le mulet perlé (Margariscus margarita), développent une bande rouge qui s’étend plus loin vers l’arrière (jusqu’à la queue comparativement à juste dessous la nageoire dorsale). La grande bouche et la mâchoire inférieure protubérante sont évidentes chez les jeunes ménés longs. Il est possible de distinguer les jeunes très petits (d’environ 20 à 25 mm) des autres ménés sympatriques par la présence, sur les premiers, de cinq dents pharyngiennes (au lieu de quatre) (Fish, 1932).


Description génétique

Aucune étude sur la génétique du méné long n’a été publiée, mais des analyses des alloenzymes et de l’ADN mitochondrial de plusieurs populations canadiennes et américaines sont en cours (Wilson, comm. pers., 2005). Des résultats préliminaires fondés sur l’électrophorèse des alloenzymes révèlent que des populations de l’Ontario, de l’Ohio et de l’État de New York partagent la même origine postglaciaire : elles proviendraient probablement d’un refuge glaciaire mississippien datant de la fin du Pléistocène. Les populations de l’Ontario divergent génétiquement les unes des autres, et ce, en dépit de leur proximité géographique. Elles auraient donc été réciproquement isolées les unes des autres juste après leur formation. La consanguinité au sein des populations échantillonnées ne constitue pas une préoccupation immédiate puisque ces dernières présentaient une diversité génétique plus élevée que des populations témoins de l’Ohio. Toutefois, la grande diversité au sein d’une même population, combinée à la disparition de populations autrefois connues, peut révéler un déclin plus rapide que ce que laissent croire les marqueurs génétiques (Wilson, comm. pers., 2005). Ces résultats préliminaires sont fondés sur des comparaisons entre seulement quelques populations. De plus, nous ne connaissons pas bien l’ampleur des différences entre toutes les populations ontariennes. Par conséquent, il est prématuré de traiter les populations comme des unités séparées ou génétiquement distinctes.


Unités désignables

Toutes les populations canadiennes se trouvent dans l’aire écologique des Grands Lacs – Ouest du Saint-Laurent (COSEPAC, 2003). Aucune distinction entre les populations de cette aire justifie de traiter les unités désignables à un niveau inférieur à l’espèce.